‹ Principles De GeologieChapitre 95 sur 159 · OÜAP. VI.) DU CHANGEMENT DE CLIMAT. SW · texte numérisé non relu

OÜAP. VI.) DU CHANGEMENT DE CLIMAT. SW

On prétend qu’à moins d’ôtre dans un état d’engourdissement complet, les plantes ne peuvent, sans souffrir beaucoup, séjourner dans l’obscurité, ne fùlee que pendant le court espace d’une semaine. Ainsi donc, lors même qu’elles seraient exposées à la chaleur et à l'humidité, il ôst évident que si elles sont privées de lumière, elles périront inévitablement dès qu’elles auront acquis un certain développement; la chaleur et l’humidité étant précisément ce qui met obstacle à leur engourdissement, c'est-à-dire, à la seule condition qui pourrait leur permettre de vivre dans l’obscurité. Or, comment se pourrait-il, d’après cela, que des plantes dont les formes rappellent celles des plantes tropicales, eussent prospéré à la latitude de l’île Melville, c’est-à-dire, au 75e parallèle nord , où, suivant toute probabilité, régnaient une haute température, et par suite, une grande humidité, à l’époque où les mers arctiques étaient remplies de coraux et de grandes coquilles multiloculaires? line lumière aussi éclatante que celle des régions équatoriales ne devait-elle pas être pour le développement de ces plantes une condition non moins indispensable que la chaleur brûlante de ces mêmes contrées? et comment, dans ce cas, auraient-elles pu résister, chaque année, à une nuit de trois mois (*).

(*) Fossil Florn, N° IV.

2Ô0 . PLANTES FOSSILES. (litre i.

Pour répondre à celte objection, il faut se rappeler d’abord, que d'après les diverses expériences faites à ce sujet, il y a tout lieu de croire que les limites de l’intensité de la lumière nécessaire au développement des plantes sont infiniment plus étendues que celles de la chaleur. Aucun palmier, aucune fougère arborescente ne peuvent vivre sous nos latitudes tempérées s’ils ne sont 'garantis du froid qui y règne souvent ; mais aussitôt que ces végétaux sont placés dans une serre chaude, ils acquièrent un développement très-énergique, môme sous un ciel nuageux, et lorsque la lumière est en grande partie interceptée par le verre et le châssis des serres. A Saint-Pétersbourg . c’est-à-dire , au 00° degré de latitude nord, ces plantes ont été cultivées avec succès dans des serres chaudes, bien qu’au lieu de trouver sous ce climat l’équinoxe perpétuel de leurs régions natales, elles eussent à y lutter contre une extrême inégalité des jours et des nuits, dont la durée varie de dix-neuf heures à cinq. On n’a pas encore déterminé les dernières limites auxquelles, en se rapprochant du pôle, elles pourraient continuer à vivre; il est probable toutefois, que ces limites dépassent Saint-Pétersbourg, et atteignent au moins le 65e parallèle, latitude où le soleil ne reste jamais caché vingt-quatre heures consécutives. Il va sans dire que de telles limites ne sont admissibles qu’en y supposant le degré de chaleur et

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d’humidilé nécessaire aux plantes dont il s’agit.

Quant aux fougères arborescentes, on doit se rappeler aussi qu’elles viennent très-bien dans les parties les plus sombres des forêts situées dans les régions chaudes et tempérées. On en trouve même jusque dans la Nouvelle-Zélande, tout près du 46* degré de latitude sud. Dans les contrées équatoriales, ce sont, dit M. de Humboldt, les parties les plus tempérées, les plus humides et les plus ombragées des montagnes qui offrent le plus grand nombre de circonstances favorables à cette sorte de végétation. Or, comme on sait que l’élévation compense souvent l’effet de la latitude, par rapport à la distribution géographique des plantes, on comprend aisément que les végétaux qui, dans la zone torride, croissent à une certaine hauteur, pourraient tout aussi bien prospérer jusqu’à de grandes distances de l’équateur si , entre autres conditions nécessaires à leur existence, ils étaient dans la plaine au lieu de se trouver dans une station élevée, et si la température et l’humidité de l’atmosphère environnante restaient parfaitement uniformes pendant toute l’année.

Le lecteur ne doit pas perdre de vue que, dans tous les exemples qui viennent d’être cités, c’est à des espèces vivantes qu’on a toujours fait allusion. Quant aux plantes houillères elles appartenaient à des espèces complètement distinctes, et devaient, par la

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