PLANTES FOSSILES
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général les feuilles ne peuvent y séjourner sans être bientôt détruites, à l’exception, toutefois, de celles de fougères qui conservent leurs formes, même après une immersion de plusieurs mois (*). 11 paraît assez naturel de croire, d’après cela, que les plantes du terrain houiller ont vécu sur le sol même qui, par sa destruction, a servi à la formation des grès et des conglomérats dans lesquels elles se trouvent enfouies : cette supposition est d’autant plus probable que la rugosité que plusieurs de ces roches ont conservée, atteste qu elles n’ont pas été amenées de lieux très-éloignés.
Mais nous en resterons là de cette digression, et nous nous bornerons à résumer le présent chapitre en disant que la flore de la période Carbonifère semble indiquer une haute température atmosphérique, en même temps que les fossiles du calcaire de montagne (formation contemporaine de la houille) , qui comprennent un très-grand nombre de coraux lamellifères, de grands céphalopodes cloisonnés, et de crinoldes, conduisent naturellement à supposer qu’à l’époque que nous étudions, les eaux de l’Océan septentrional étaient d’une température très-élevée. D’autres strates, plus anciennes que le terrain houillcr, renferment aussi, à de hautes latitudes septentrionales,
(•) Les expériences de M. Lindlcy ont prouvé la vérité de cette assertion. Foss. Fl., N° XVII.
OIIAP. VI.)
CHANGEMENT DE CLIMAT
d'énormes masses de coraux, qui doivent avoir vécu et s’être développés dans les lieux mêmes où on les trouve. On y rencontre également de grandes univalves cloisonnées, telles que des Ortliocératites. Ces fossiles indiquent la haute température dont jouissaient autrefois les régions situées sur les limites du cercle arctique.
L’époque où la chaleur et l’humidité de l’atmosphère atteignirent leur plus grande intensité, semble coïncider avec celle de la formation de quelques-unes des strates fossilifères les plus anciennes. C’est à cette époque aussi que doit être rapportée la plus grande uniformité du climat qui ne commença à être modifié que lors de la formation des terrains tertiaires. Dès ce moment, le climat se rapprocha de celui qui règne aujourd’hui dans les hautes latitudes, et la température ne cessa de décroître; son abaissement continua même après qu’un grand nombre des espèces actuellement vivantes eurent commencé à se développer. .
(livre I,