CHAPITRE VII
SUITE DE L’EXAMEN DE LA QUESTION RELATIVE A LA PRÉTENDUE DISCORDANCE ENTRE LES CAUSES AN- CIENNES ET LES CAUSES ACTUELLES.
Des diverses causes qui ont donné lieu aux modifications du climat. — Remarques sur la distribution actuelle de la chaleur à la surface du globe. — Du rapport qui existe entre la température moyenne et la position relative des continents cl des mers. — Des lignes isothermes. — Des courants venant des régions équatoriales. — Des glaces flottantes. — De la différence de température qu’on observe entre l’hémisphère nord et l’hémisphère sud. — De la combinaison des causes qui pourraient produire le maximum de froid que la surface de la terre est susceptible d’éprouver. — Conditions nécessaires à la production d’un climat de chaleur extrême, et des effets probables qu'un tel climat exercerait sur la vie organique.
Des diverses causes qui ont donné lieu aux modifications du climat. — Après avoir énuméré dans le chapitre précédent les preuves des changements considérables qui , depuis la formation des strates sédi— menlaircs les plus anciennes, se sont produits à la surface du globe, dans les climats, il nous reste
CHAP. vil.) CAUSES DE CUANGKM. DU CLIMAT. 257
à examiner comment de tels changements peuvent se concilier avec l’ordre de choses actuel. Les cosmogonistesse sont emparés de cette question, comme ils ont fait, du reste, de toutes celles qui, en géologie, semblaient présenter quelque obscurité, afin de confirmer leurs idées, relativement à une époque où les lois du monde animé et inanimé différaient essentiellement de celles qui existent aujourd’hui; et dans ce cas, comme dans beaucoup d’autres encore , ils ont réussi, jusqu'au point de détourner l’attention d’une classe de faits qui, bien compris, eussent conduit probablement à une explication vraie des phénomènes. On supposait jadis que l’axe de la terre avait été, pendant des siècles, perpendiculaire au plan de l’écliptique, et que, par suite, il avait dû y avoir à cette époque, équinoxe perpétuel, et uniformité de saisons pendant toute l’année. On prétendait, en outre, que notre planète était restée dans ce bienheureux état jusqu’à l’époque du Déluge ; mais qu’alors, la terre ayant perdu son équilibre soit par le choc d’une comète, soit par quelque autre cause, il en était résulté l’inclinaison de son axe, et par contre-coup , la diversité des saisons qui règne actuellement dans les zones tempérées, ainsi que les longs jours et les longues nuits des cercles polaires.
Plus tard, l’astronomie ayant, dans sa marche progressive, fait justice de cette théorie, on supposa