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CONSTITUTION DE L'ÉTAT ET DE LA FAMILLE

comporter dans le développement successif de ces deux ordres d'idées aucun classement successif marqué.

Il est, dans la plupart des cas, impossible de dire si c'est l'organisation politique qui réagit sur celle de la famille, ou vice versa. Le parallélisme est le plus souvent absolu, et il serait par exemple singulièrement difficile à l'observateur le plus sagace de décider si, dans le dernier siècle de notre histoire, la pensée de réformer le pouvoir absolu du prince avait le pas sur celle d'atténuer le despotisme paternel, ou s'il était permis d'assigner h ces deux idées un ordre inverse. Les liens de cette réforme ont été intimes, et il serait possible de montrer, même dans la pléiade des réformateurs de cette époque, tel personnage célèbre allumant dans les souffrances et les oppressions domestiques le flambeau dévorant qu'il a porté dans la charpente vermoulue de la constitution de son pays.

Les lois de la famille et celles de l'Etat ne sont pas filles les unes des autres : elles nous semblent plutôt pour ainsi dire collatérales et sœurs.

Montesquieu a vu dans l'antiquité une sorte de contre-poids apporté à la faiblesse de l'autorité politique par la force de l'autorité domestique (*) dans les constitutions républicaines. Je ne sais si l'opposition était aussi grande qu'il a cru la trouver dans des républiques aristocratiques dont il parle. Il est difficile, en tout cas, de retrouver ce balancement dans l'Europe moderne, et on y est plutôt frappé de l'harmonie véritable des pouvoirs dans la famille et dans l'Etat.

{*) V. VEsprit des Lois, édit, de 1828, t. I", p. 113, liv. V, ch. vu.

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