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LES INCOHÉRENTS

Comment faut-il lps nommer, ceux qui composent le deuxième groupe des malades littéraires réunis désormais sous la qualification générale de Déliquescents ? Soit dit en passant, le mot est vieux, il est de Flaubert l’appliquant à soi-même dans un jour de passagère impuissance ; ce n’est pas une trouvaille, mais une retrouvaille, comme dirait Marius Tapora.

11 s’agit de ceux qui semblent poser des énigmes. De ceux qui, dès qu’une phrase est translucide et ne voile pas l’idée, la fêlent, letoilent d’un coup du bec de leur plume, et s’extasient devant l’image troublée que cela fait. De ceux qui, si l’image surgit nette en ses contours, dessinant bien ses angles et ses creux, ses clartés et ses ombres, abattent toutes les aspérités, rembourrent les vides, et même, tant l’indécis, et le confus, et le bizarre, le sans-queue-ni-tête ou plutôt le tête-à-la-queue apparaissent dans leurs œuvres, cassent, dirait-on, tout en morceaux, puis

remettent les morceaux ensemble, au hasard du ramassage, comme une servante qui, renversant par terre une statuette, se hâterait d’en recueillir les débris dans son tablier.

Un jour, nous étions plusieurs à en causer. Ce sont les Impressionnistes de la Littérature, dit l’un. — Ah! que non, reprit un autre; l’impressionnisme c’est la vérité des choses; nous n’en sommes plus, n’est-ce pas, à le confondre avec la claquade à la volée des couleurs sur la toile ? — Eh bien, voulez- vous Rébusiens? ce ne serait pas mal pour ces faiseurs de devinettes. — Peuh ! le mot est dur à loreille. — Nébuleux s’appliquerait assez, dit Lemonnier, l’écrivain de belle santé par excellence, prenant en cordiale compassion ces infirmes et ces détraqués de lettres.

Impressionnistes, Rébusiens, Nébuleux! L’approximation était de plus en plus exacte. Incohérents nous a pourtant paru meilleur; et autant pour justifier cette opinion que pour permettre de mieux apprécier ce cas médical, mettons-en deux échantillons sur la table aux opérations. Quelque habiles que soient les pastiches d’Adoré Floupette, on verra que la réalité est bien plus typique encore.

Voici d’abord un remarquable morceau de Verlaine, celui dont l’auteur des Déliquescences fait Bleucoton.

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