XIV
un enseignement dogmatique, séparant les règles des faits et les dégageant une à une, pour les montrer au néophyte, abstraites et dégarnies, en un édifice exclusivement échafaudé de charpentes creuses, laissant partout paraître le vide entre les poutrelles et les madriers.
De même qu’aujourd’hui la botanique est enseignée une fleur à la main, la littérature doit l’être un livre à la main. De même que, pour étudier la fleur, on arrache les pétales, on montre les étamines, on dégage le pistil, il faut analyser le livre page à page et, à l’occasion de ce qu’on y rencontre, exposer les vérités, les ingéniosités, les préceptes de l’art d’écrire. Et il faut passer de livre en livre, comme on passe de plante en plante, choisissant les exemples les plus caractéristiques, variés surtout, s’opposant en contraires, révélant lmépuisable puissance de changement qui fait de la fée artistique la plus capricieuse et la plus séduisante des fées.
Si le maître adopte cette méthode, les disciples le suivront gaiement. L’intérêt du voyage se renouvellera sans cesse et, pour la vie, ils auront le goût des distractions littéraires parce qu’il leur aura appris à les ressentir à l’occasion de toute œuvre nouvelle. Il leur aura donné l’aptitude à discerner le beau en