‹ Problème de la certitudeChapitre 11 sur 21 · PaOBLiflfE · texte numérisé non relu

PaOBLiflfE

pose f d une part, 1 action de la sensibilité et de l'entendement , et , d autre part , l'expérience. La sensibilité opère directement sur la matière de Inexpérience, en. lui imposant les formes d'espace et dé temps; l'entendement opère sur le» matériaux, pour ainsi, dire, prépan^ par la sensibilité et leur impose les formes à' unité et de multiplicité ( catégorie de quantité), de substance et d'accident^ de cause et d'effet^ etc. (catégorie de relation).

La sensibilité et l'entendement constituent le domaine de la psychologie empirique et de la logique. L'on a, en effet, d'un côté, l'expérience et les matériaux qu'elle liTre à la pensée , et, d'un autre côté, un ensemble de formes que celle-ci y ajoute et sous lesiquelles elle les conçoit.

Au-dessus de la sensibilité et de l'entendement s'élève la liaison.

La raisott aspire à l'unité de la science et à Tabsolu par les idées. Ces principes suprêmes de la connais* sànœ sont au nombre de trois.

1 *" L'idée d*un sujet absolu, fondement et principe de tous les. phénomènes internes, de toutes les fa- * cultes et de toutes les opérations de rintelligeuce. C'est ce que nous appelons le moi;

2'' L'idée de l'unité absolue des phénomènes dumonde physique ;

Z"" L'idée d'un être suprême contenant la raison dernière de toutes les existences.

Ces trois idées forment la majeure de 'trois syllogismes. ].a première, d'un syllogisme catégorique;

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la seconde, d-uû syllogbnie colKlitiûiinely et là troisième fd'ub syllogisme disjonçtif^ qui sont, comme l'on sait, les trois formes possibles du raisonnement. En c^et,' par la première, nous.cherdlioris un dernier sujet éh affirmant de lui les différents prédicats (ftrcultés, opérations, phénomènes ititeUectuels). Gomme les phénomènes du monde physique sont conditionnés, soit qu'on les envisage sous le rapport de' leur grandeur dans l'espace, ou de leur qualité (composition ou simplicité de la matière), nous cherchons, par la seconde, la condition dernière et absolue dé ces phénomènes. Enfin, comme toutes les existences ne présentent que des divisions de la réalité, ou, ce qui revient aum^e, ne contiennent qu'uîie partie de Tétre et de,ses pei*fections, nous nous élevons à l'idée, d'un étrçqtii ne soit plus, lé membre d'une! division, niais qui renferme 6n lui toutes les réalités, Ens realissimum. .

Ces troift syllogismes sont le fondement de la métaphysique que Kant divise en trois «parties i psychologie rationnelle f cosmologie et théologie rationr nellé,

Kant aniilyse ces idées, et il s'attache à démontrer : i"" que la première né produit que ce qu'il appelle A^ paralogismes, c'est-à-dire des raisonnements qui ressemblent à des y^//aczV6 diciionis, où un mot (la substance) serait pris comme idée (logiquenient) dans la majeure, et comme réalité (ontologiquement) dan^ la conclusion; 2"" que la seconde donne lieu à des propositions contraires, ou comme il les

SB pumiaiB

appelle ^ dts sBlitkMiMes,>i]BÎ jconduîient à^des g^hiotnioiis .également dppo^ëês ; 8^ que ià dmilhe me dunwB €fm>dea pétîdbhB de p»ifioi|>e«

lAinsi 9 la >ii3jélftphfnqae t»t impqsMble. yea^îdéas delà miaoi), : l'abiolu,)t'incotiditkinn€l> K infiqi'ii tint qu'inné )valeq;r r^gahtive^ elles ndus «fii^vçtiti à oèdDcma* nos {iieiuiëes', à fies Mmeiiar à uac cerinoe «iiitëi aAm»BUesLro'dhtipas«ine ap}rfMBatîeiiitmfisbeB-^ dâiiie I ellei» ne noo^ «aintar isent points à affirmer dea Mûftepcea iiifee^ placées en dehote ^ iici^H

BériMce. ^ «.

' .Bar âBnflëqueptyth réalil3>de>noa90tsnaii»aiiûetf'!ae va pas «^uKièlà des phénomènes. Le notmwne, l'élMy b eho9& en soi, eommeil Tappelk, 11003 léchitjlpe. Nous petisoms^ ti est rmi, par les eat^i^ies tt pap les4déês« Mats penser ti'est psis coonaitre. iJne pensée peut4^re iogiqaejnent Tnie^ olafectitem^tk^lasseu Il suffit, pour qu'elle soi'i h>giquemeiit.i^raie/qnelfo n'împiiqfné pas de eontradieticoi. Mais le :princîpe de eonlradîetroiii ne donné -que ta simple p(is»iil>ili|é. G'^esi Si ce qui faît qu'elle peut être matériellettient fausse. Les'eat^'Ortes de l'enteiidement n'acquiesçai une réalité ^^ par leur appliwiion aux objets de l'eiepérienee* Les idées de laraîson, n'ayant pasd'ob^ jet correspondant dans rexpérieuGe, ne wntqnede pure» GouNseptions lo^'iques, des formes vides de k peUiftt. «

Xdi$ sotft Jes principaux «Mits de h Critiqué de la raison pure, tel en 4ftt le résultat.

A part retendue et la prafondeur ctes recber*^

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^hes y roriginatitë dn' point 4e «^ue , la réserve sous 'la^ielle >Katft donne ee rémltet odmtaie |irovisoîfe ^ non comme définitif poilr ta science; i jmrt tout €efa ,41 l'ot» contffdèrt le nisulut en^lui-m^me , Toti -veiT^qu'ait'folid)!! coïKiant la n^^lion «iie^a con^ «aissemce. Kemt recoupait bien , oontrtii'emeiit awL ^tttres^'seeptiqu^ tpii pattetittou^ 'd'une doctrine aenanaliaDe^que l'estpérientie nepentiexpliiiiier l'intellîgence , el -qU'il y a 'dans oellt^oi des déments •nécessaire^ et primitifs qui ont; une aiitte«origiil«. Mais que 'font ces déments à la réalité de fci^eodnàivsance y s'ils ne sont que desibriMS puremeiit k>gî-' qu€s et sub^eotiTcs ? qu'ils yiennent'de ^retcplérièncè tw de la raison y <^e l'idée de cause ^ par exemple, aoift un prodiut de la sensation ou de l'faabîtiMie, on une forme pure de l'eiHendement y le résultat sera exactement le même ; dans les deux cas l'on n'aura qu'uqe entité logique .

La pensée sceptique y qui apparaît à la fin de cette thédSrie / se retrouve aussi à son point de dé* past^ ce qui fiiit qu'elle rencontre une objec^tion analogue à celle qui s'adresse à toute doctrine sceptique. * .

Katit part de ce point qu'il faut^ avant toute affir# mation, s'enquérir de )a légitimité elde la valeur de notre feculté de connaître. Mais cette recherche ne petit être faitç qu'à Taide d'une faculté dont nous tmrons préalaÛement - i«econnu la légitimité. Or quelle sera cette faculté ? sera-ce celle-lk même sur laqtCéUe se portent nos recheix^hes? Mats alors; ou

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il y aura cerçje , puisque ce sers^ cette même facullié qui se jugera elle-même, ou bien, ces recherches n'auront plus d'objet puisque nous aurons déjà admis sa légitimité. Ce sera donc une awtre £aicult^ Mais cçtte feculté aussi se légitimera elle-même , ou bien elle sera légitimée par une ^tre. Daiis le premier csLS, l'on est en présence de la^dême difficulté; dan^ le jsecondy il faudra que cette troisième faculté soit légitimée par une autre , laquelle devra l'être à SOI) tour par une nouvelle faculté, et ainsi à l'infini. Cette recherche est donc oiseuse , ou impossible.

Un^ seconde objection , qui s'adresse également à tout sceptii^isme., mais, plus particulièrement à la. doctrine, actuelle , est celle-ci. Toute négation sup- ^seune affirmation. Or, quand on prétend, comme Kant, que les idées de cause/, de substance, d'infini ne nous autorisent point à affirmer des causes, des substances et un infini réels, il faut que cette opinion ait un fondement. Mais quelque raison que l'on doitfie, elle reviendra toujours à celle-ci , savoir: que toute négation repose sur une affirmation » Quand on nie que l'idée de substance exprime uqc réalité^ c'est que l'on compare cette idée à une notion plus Ji^uteet plus vraie de cette même réalité; quand on nie que l'idée d'infini corresponde a une existence réelle , c'est que l'on niet cette idée en présence du vrai infini. En d'aujtres mots, toute négation suppose un critérium , une connaissance supérieure préalar blement affirmée et relative à la chose même que l'oB nie, Ou si l'on veut encore, et d'une manière

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plus générale^ pour dire que Pétre n'^ pas, il faul avoir aulériéureinent affirmé qu'il est.

Examinons maintenant quelques uns des princi-' panx pointa de cette théorie.

Et d'abord la division des facultés en sensibilité^ entendement et raison nous parait plus artiticieUe que réelle. Qu'est-ce en effet qu'une sensatioii? c'estr uti jugement. Que l'acte intellectuel ne vienne pas s'ajouter à l'impression extérieure, et la sensation n'aura piasljeu. C'est donc un jugement qu'une cause Cictériéure sollicite , mais qui , comme tout autr^ jugement, ne peut se produire qu'avec l'intervention de l'entendement. Par conséquent la sensibilité et l'entendement ne sont pas deux facultés distinctes | ce que Kant avoue implicitement lui-même, lorsqu'il attribue des càtégOines à la sensibilité tout aussi bien qu'à l'entendement. De fait, le tempâ et l'espace sont des concepts purs de l'intelligence, tout comme la cause , la substance , etc. , et les premiers né sont pas moins les conditions essentielles de toute pensée que les seconds. On ne voit donc pas en quoi diflîè-^ rent ces deux facultés puisqu'elles sont le siège de notions de même nature.

Voyons pour l'entendement et la raison. Oequi ' distingue, suivant Kant, ces deux facultés, c*est que les notions de la raison représentent l'absolu, tandis que les notions de l'entendement , tout en étant né^ cessaires et absolues , ne s'appliquent qu'au contingent et au relatif . Ainsi, il y a parmi les catégories de l'entendement , celles de cause , de substance , etc.,

«2 nidMAiii'

quWrelroiureeiurtiite parmi lies idées de la taisoiî^- Mais telles qu-dltff sont prësentées^ par Kant> ceft tycKions ne peuvent, différer entre elles. Preoous la notion de oause. Gomme nous' venons de k' reipar^ quer/elle se trouve d^ibord ràjlgée pavœi les câlégfiries de reotendemeut ) qui sont de» formes' pure» et absolues y sous lesquelles s'exeree eétte fa^uké^ puis, on .la retrouve p$Krmi les idées de la- rai^nv* Mais y considérée en elle-même et indépendamm<$nt de so« ' api^îcatioa 9 la causecaiégorie w^^âiffè^ pas de Iftc^u^e-idée. Car elle est,, comme eette der^. Iiière, 4ifie forme logique et absolue delà pensée.* Elle s^applique^; il est viaii aux phénomène» j tatidis qu'à laisecopde ne correspond aucun objet de Jl'ei^pé^ rienoe. Maïs »! elles so^nt identiques en eUe»4xuémes, pourquoi sera-^ce Tune plutôt que Tautre^ l^cau^e^ caiégone plutôt que la cçtuse-idée , qui s^'appliquera' aux phénomène» et q^i sera. la condition de l'expo rienceZ On ne voit donc pas trop sur quoi est fon-* dée la disUnctimi de ces deux notions, et {^r^ant^ des ûicttlté» où elles résidant.

Passons à. iu> autre point. Suivant Kant nous nous ékvonsà la conception de Tabsolafiar-trois* vt>ieS| ou eu. subordonnant les phénomènes et Jes facultés à un si^et absolu, ou e» remontant deis^ existences eonditionnées à- un^ principe inoondi** tiputté^ou enfin en réunissant les memlu^es d'une division dans un. tout indivisible.

Mais cette classification nous ^parait tout à»fai4 arfaÂtraire. Eu effet , l'on peut suivre la forme eaté^

DB M/.OMITUDB.

I^qne dtoa t^ utoÎMème&yttogkvié tètikiiufigiilMii que dans le premier i'.Qiiteitfffle cpe ciiêrelier* un iujiet'aiiisoltt;? CfeskchfKoher remetioeu E^ poiir(|uoi ne- po^inruit^^on paa conoevotr rÈtre^absolQ cOiume eateôce, et ^ reaionter à( loi par des jugeméals edté^ goriqties?

Ia .forAiexdii. raisonnement que Kai)4> rapporl!e<à la. prep«^ d^l'eKistencede Dieuast égalanrçnt forcée etjpèt^^mtureHe^ Je iiesais à^skcrà si o'esl se Aiire un^riioCion adéquate de IHeu^ que dm'» se le^eprë;^ senb^i? oomme. uq tout. G'esè- là une eoncefitioii plutôt exlériei^e et logique > d'après laquelle «Dieii serfài. gonçu oomme le genre suprême contenant toutes les. espèces* Noua;pensons Dteu^ il est vrai / OQpnif^rétre qui renferma dans la plénitude de;son exÂsteiyia tontes îles réalités^ mai» qui Jesi renfermé ëmLuemmentetdlins leur essence^ De toutemaniirre^ et en? admettant que nous pensions^ Dieu comme un tout» par cela même qu'il est uo toart, nous i)6 noua y élevons pasjp^* cW jugement s disjtonotifaqm sépaxient^ mais, par des jugements copcdàtifti qui uuisaent* De même, oé tout ne' peu^ Iti^e^eSKpiiimé par un jugement^disjonctif » mais^ par qp jugemjpnl oopulatif^ ^ôus ne disons pas; l'Être par&it ^est ou boni'ou.sage, oa justf, eto^, mais bim^» l'ECrç par-^ faîft est bon r sage et juste.

Eufin^ Ton p&irrait.déinontrerquercettei multiplicité delbrmea logiques nnest pas applicable à VëSi soliik> et que l'abaolnme peut être conçu que sans une seule forme; si c'est un absolu possible, soliS' la

forme hypothétique , sic'est uii absolu réel, soi» |a

forme cat^orique ou alHnhatiTe.

Un autre point ipii ne nous parait pas fondé, ce. sont les antinomies. Kant ne trouve des oppositions que dans les questions qu'il place dans les syllogismes conditionnels ( éternité et; Gnité du monde dans le temps, simplicité et composition de la matière, etc.). Mais ne peut-on pas trouver des oppositions , des thèses et des antithèses, dans les autres syllogismes et pour les qUiCStions qui y sont renvoyées.? Ne peuton pas présenter des arguments pour et contre l'immortalité, la simplicité de l'âme, et l'existence de Dieu? Toute pensée appelle une pensée contraire, toute démonstration une démonstration opposée. L'on pourrait nous dire : les questions que l'on traite dans lesantïnomies ont un caractère par- • ticalier. Jci l'opposition est dans l'Idée même- de la chose. Ainsi l'idée de matière contient la composition et la simplicité, l'idée du monde, l'éternité et le commencement dans le temps, etc. Mais ce serait là une affirmation qui nepourraltétrejustIBée. On peut le démontrer de plusieurs manières. Nous cholsù-onscet ai^umentqul nous paraît décisif. Toute idée, en tant ne difïèrepasd'uoe autre idée. A ee titre, ou kexclut son contraire, ou elle le contient et i. Dans le premier cas, il n'y aura pasd'antii relativement à Tidée de lâ* matière, ni relativement à l'idée de l'âme, ou de tout autre objet. Dans le second , l'antinomie se ti-ouvera dans toutes les idées.

Nous avons jusqu'ici examiné l'ensemble de cette thiéorie, et signalé lés vices que nous avons cru y ^marquer. Nous allons maintenant discuter quelques* uns dé ses points les plus essentiels, ce qui nous mettra à même de mieux en apprécier la valeur. Notre attention se pQrtera principalement sur deux points. Kantsedemaiïde: Que pouvons-nous connaître? Nous percevëlis biefa des phénomènes; mais ce n'est pas là I9 science. La raison, la cause, Tessence de ces phénomènes, pouvons-nous la connaître? Si nous le pouvons, q^ ne sera que par les idées. Il faut donc examiner ce que contiennent les idées , si , par exemple, les idées de cause et de substance représentent une cause et une substance réelles. Dr, nous l'avons vu, ces idées ne représentent, pour lui, que des possibilités.

Mais par cela même que Kant est portera* ne voir dans les idées que des éléments logiques, il n'y aura pour lui d'autre connaissance légitime que la connaissance démontrée. En effet, ou une connaissance se suffit à elle-même, ou elle repose sur une connaissance supérieure. L'on né pourra trouver une connaissance de la première espèce dans les limftes de la logique, puisqu'elle ne contient que des posgibitîtés, et qu'il n'y a que le réel qui soit évident de 'soimême. Si je veux démon tger, par exenaple, que tellf^; chose est belle, et belle à tel dq||^é, par sa conformité à ridée de beauté , et que cette idée ne soit qu'une possibilité, ou il n'y aura pa&de démonstration, puisque le réel ne peut se démontrer par le possible , ou

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