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Rien, donc, n'est, si ce n'est d'une existence logique 9 mais dans la réalité tout se «fait^ tout devient^ l'acte et la pui^âiltaLnce^ telle forme dans.telle matière, telle âalè dans tel. corps. La forn|e n'est donc p4us l'essence, mais ce n'est qu'unemodifiqation, un état transitoire deja matière, et qui peut se ramener à la figure du corps et à l'arrangement extérieur deleurs . molécules. Cette fornie intelligible, c|tii est l!essence npur Âristote, n'est qu!une abstraction deùet arrangement et de cettiB figure; c'est cette figure séparée par la pensée de la matière et, pour ainsi dire, spiritualisée. £t, en t^ffet, s il n'y a pas une formç ^n soi, l'on ne \oit pas comment la forme individuelle et inséparable de la matière puisse être autre chovse que le résultat de la combinaison des éléments matériels; et, s'il -en est ainsi, ce sera une forme également matérielle; ce sera une harmonie, comme le disait de l'âme le péripatéticienAristoxène. Seulement dans l'individu, c'est-à-dire dans tel état déterminq, de la matière , la pensée distinguera les parties et leur ensemble, les éléments composants, et le tout qui en est le résultat : les éléments constitueront la matière, et leur réijnion la forme. Voilà donc la théorie de l'acte qui aboutit. à une sorte d'atomisme;
Et, en effet, s'il n'y a que des individus (et c'est là la véritable pensée d'Axistdte), les der^rniers individus, seront les rnfiniment petits, les dernières divisions de la matière, en d'autres mots, les atomes. Or, que peuvent être ces atomes dans ce système ? ce ne sont pas des forces simples comme
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la. monade de Leibnitz; cai\a)ors en quoi différeraient Ja forme et la matière? Ce, sont, par conséquent, des mplécules matérielles ^mais ces mç>)écules ont nécessairement une forme, puisque la "Qp^^e est inséparable de la matière«Or, comme ces molécules, leur forme, ainsi que leur matière, sont les éléments constitutifs des êtres, ceux-ci ne se distingueront * plus que par la disposition et l'arrangement de ces éléments. C'est donc à tort, suivant nous, qu' Aristote^ reproche à Démocrite d'avoir fait consisterl'essence des choses dans.la forme corporelle, et ce qu'il dit à cet égard pour établir une distinction entre la forme extérieure et ta forme intelligible ne nous parait pas concluant.
Si la lorme matérielle, dit-il, était l'essence des choses, le cadavre, qui conserve la forme humaine , serait un homme, une main de bois serait une main véritabfe. .
Mais la. forme matérielle ne consiste pas seulement dans le contour et la disposition de la superficie d'un coi^s, comme semble l'entendre ici Aristote ; elle coné9fete plutôt dans l'arrangement de toutes les molécules qui le composent. Ainsi une main de bois est bien encore une main, c'est-à-dire , la matière ^ns tel état déterminé; mais ce n'est plus une main vérhable, parce que la matière n'y est pas disposée de^manièreà ce qu'il y dit des nerfs, du sang, en un mot, toutes. les conditions. qui se réunissent pour former. la main. De mêmjB le cadavre est un état dé<terminé de. la matière, mais ce. n'est plus un corps
vivant, parce que la matière y a pris aiie nouvelle disposition. Mais, dans les deux cas, ce qui fait la main de bois et la jpatAn vériteble, le (^avre et le oorpe vivant^ c'est la nmtière et les difiérénts arrangernepts de ses molécules. De même ce qui fait Tacte 'de telle matière ce n'est pas une forme intelligible qui n'existe pas indépendamment d'elle, mais c'est lel état déterminé de la matière elle-même. Et c'est * ^cette déterminalion qui constitue la forme, forme* matérielle comme ies éléments qui la composent. Voilà y ce , nous semble , ce qu'aurait pu répondre Démocrite.
Ces conséquences.naissent de la conception même de l'acte qui n'est pas, co^me nous l'avons remarqué au commencement, une essence, mais- un état, nné modification de l'essence, et qui, comme tel, peut être tout aussi bien un état et mie forme de la matière que de toute autre essence.
Mais l'on nous dira : De ce que l'acte n'a qu'une existence individuelle, et qu'il est inséparable de la matière, il ne suit pas qu'il ne paisse s'en distiu- ^er. L'acte tel qae le conçoit Aristote est Vhe force, une^ergie infinie qui, bien qu'engagée dans l'individu, ne se confond pas avec lui, lui survit, passe rie telle matière à telle autre et perpétue ainsi l'unité dé Tespècedans la multiplicité des individus. D'ailleurs ce qui prouve l'indépendance de Tacte, sa distinctionsubstantielle 4'avec la mati|^ c'est qi^jAristote nous représente Dieu comme acj(e p^p et sépaf^ du monde.
■Nous examinerons par ta" suite ce second argu-
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ment, el si la conception de Tacte |>ur satisfiiit à la vraie notion de Dieu.
Quant an premier, nous jyLvqns déjà implicitement i^^mdu.^Sans doute , Tessence est une force infinie, et l'on ne conçoit pas comment elle puisse devenir^ ou cesser avec l'individu. Mais il s'agit de savoir si Tacte^isfait aux difficultés de la question. En admettant que l'acte soit une énergie infinie, l'on demandera toujours où réside cette énergie. Et il faut bien qu'elle réside dans l'individu. Ainsi il y aura, dans l'individu, d'abord l'acte qui constitue son être, et puis Tacte infini, cause de tout acte individuel. Mais cette coexistence est inadmissible. Car il y aurait une double essence dans le même individu ; et puis, laquelle de ces deux essence^ serait en ac^e? Ce serait plutôt l'essence individuelle. Voilà donc l'essence infinie qui ne serait qu'en puissance, et c'est pourtant d'elle qu'il faut tirer lèsessenaes individuel les. Ensuite, comme il y a plusieurs individus de même espèce, &udra-t-îl supposer autant de ces doubles essences qu'il y s^ d'individus? Ou bien faudm-t-^il disséminer l'essence en soi dans tous les individus? Tout cela est inadmissible.
Mais pour mieux juger cette théorie il faut J'embrasser dans son ensemble; il faut consMérer l'acte T||||i-seulement en lui-tûême, mais au point de vue des rapports des choses. 11 ne suffit p^s en effet, qu'un prinejpe expli^tlj^ l'existence ^dividuelle des êtres, mais il faut aussi qu'il rende wmpte de leurs rapports. C'est àr cette coipdition que l'unité de la
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scienceriest possible. Ov, il n'y a 'pa$f, etU ne peut y avoir une unité réelle et intérieurjedaiis ce système.
En effet, il n'y a (||^ qu^rtre principes quLpourraient ici expliquer cette unité et cesjt*ap^Mp C'est ou l'acte, ou la matière^ ou le mouvement, ouïe premier moÇeur.
% Quant à Taclç, nous l'ayons déf^ vu^ ce ueéK qu'une^essence indi,viduelle> et si on en fait une esr sence généralci ou ce ne sera qu'une ^abstraction, ou Ton .se trouvera en présence d'autres difficultés. D'ailleurs, l'acte pourrait, tout au plus, expliquer les rapport^, de^ iiidividus de même espèce, mais pour les espèces entre elles, il ne le pourrait pas. Quel rapport y a-t-il entre l'acte qui constitue l'espèce homme, et l'acte qui constitue l'espèce plante? Ce sont la deux unités simples et complètement distinctes. *"
Ce serait donc la matière, cesubstralurn de l'essence^ et où chaque essence vient,, pour ainsi dire, laisser son empreinte, qui formerait le lien des êtres. Mais, en ce cas, il n'y aurait entre les choses, entre les cqrps, comme entre les esprits ^^ que des rapports matériels. Et cependant ce rapport même ne peut exister ; car il faudrait pour cela qu'il y eût une matière généi^Je, et distincte de la matière qui entre dans la composition de chaque individu. Si doncfflt * n'y a pas une matière commtine aux individus, il n'y aura pas non {dus de rapport -entre eux.
En outre, l'A ne conçoit pas comment les formes , qui sont ici considérées comme le. {Principe de toute.
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activité dans la nature^ puissenl être omises en rapport, c'est-à-dire se communiquer lem^ activité, par l'intermédiaire d'un principe passif et inerte, tel qua la manière. '^ ;^
Serasrpe dans le mouvement que Ion trouvera la raisoq de la communication des substanci^s? C'est ei) effet par le mouvement qtie s'opère Ta transforma- ' tion des êtres , l'union de l'acte et de la puissance , et le passage réciproque de la puissance à l'acte/ et de l'acte à la puissance; et comme tout se meut, et que^^ le mouvement est, pour ainsi dire, la vie même de la nature, la communauté de mouvement formerait le lien des choses, et son unité, l'unité méme'de l'univers.
Mais cette explication ne peut être admise. En effet, où réside le mouvement, pour Aristote? Dans les choses mêmes, et il n'y a pas de mouvement en dehnS^^ d'elles ^ ^^insi, chaque individu aura son çiou|^ment partiel et isolé, comme son existence, et il n'y aura pas un mouvement commun qui établisse un rap[k)rt entr.e les mouvements divers et qui les ramène à l'unité.
Mais supposons qu'un tel mouvement existe; il ne pourra tout au plus mettre en rapport que ks substances matérielles, car, pour les essences qui sont immobiles, l'on ne conçoit pas comment il pourrait les m|îttre en communication; et lôrs même que ces substances pourraient se mouvoir; leur rapport ne serait pas expliqué par te mouveimetit; car deux
* ^oj*. yétaph. liv>XI, chap. X et XI.