HOBLÈHE '■ '
L'on nous objectera : Toute connaissance peut se rnmenet- à une double affirmation, à l'affirmation de l'effet: et du fini , et à l'affirmation de la cause et de i'inlini. Quelle est celle qui précèiJeV C'est l'affirmation de l'etïét. Avant d'affirmer la f!i}%e de mon existence , il faut que je m'affirme moi-ntême. Cette seconde affirmation doit donc précéder la" première. Et cependant dèsqtie la cause m'est connue, j'y trouve ta raison de mon être. Peu li^^vte que la notion de cause j l'se fo^e par
l'expérience. De to ira»cei"cle.
Accordons un m intellectuelle
débuté par l'affirm mdra ensuite
examiner ce que v m, quelle est
la valeur que lui a< «, et si c'est
là une affirmation p )r toute affir-
mation du fini est une affirmation imparfaite et relative, etdest à ce titre que Tadrnet l'intelligenas, c'e:«t-à-^ Ire qu'aussitôt et en même tem^ qu'elle affirme le fini elle affirme l'infini. Cette notioa peut se ^CBDver à l'état de germe et, pour ainsi dire, d'enveloppemenEj mais sons cette forme obscure et confuse elle n'est pas moins présente à l'intelligence. Quand j'affirme que je suis, je n'affirme pas que je suis par moi-même; ce qui veut dire que j'affirme ^n même temps que je suis par une cause. Quand j'affirme la bonté, la beauté et les autres perfection» de chos^ finies, cette affirmation implique la perception simultanée de la bonté et de la beauté infinies. Ainsi l'infini se trouve au début comme à la fin de
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la connaissance ; c'est par lui que Ton dëiuontre aux deux limites '(apposées de la science^> et tout le tra* vail de la pensée ne consiste quÇ épurer, à mettre de plus en p4us en lumière cette «otion , ainsi que ses rapports avec le fini. Cela 'deviendra plus évident si l'on envisage le rapport réel des deux termes de la démonstration ^e ve^i^^ dire de l'infini et du fini. ^
Séparons par hypothèse le fini de l'infini dans la pensée. L'on affirmera d'abord le fini , et puis l'infinie Or tant qtle l'on n'affirme que le fini, il n y pas de démonstration. Il n'y a donc pas non plus cercle. Par conséquent; la démonstration ne commence qu'avec l'affirmation de Tinfini. Mais dès que l'infini est connu lé cercle est impossible ; car c'^st toujours de l'infini qu'on partira pour démontrer. En d^autres mots : il faut un principe à la démonstration , éf le cercle n'existe réellement que loi'squ'en mettant en apport les éléments de la démoiAtration , les principes et les conséquences, les causes et les effets, l'on pourra se servir indistinctement de^lous les deux potir démontrer. Dr c'est ce qui ne peut se faire ici ; car on démontre l'effet par la cause et non là cause par l'effîet. L'on conclut, il est vrai, souvent de l'effet à la cause, 4u' phénomène à son principe, rtiais ce n'est pa&' là une véritable démonstration. *»
On peut aisément voir le rapport et l'origine de ces deux objectionsé Toutes les deux partent de la négation d'une contiâissance rationnelM^^ toutes les deux ont pour objet d'établir Tindétermuiation de la
connaissance par T impossibilité d'arriver à un der-^ nier principe. Qpe la connaissance recule à l'infini , ou qu'elle tourne en cercle, le résultat est le même* Dans le premier «as la série aes termes «'étend indé<* Uniment en ligne droite , dans le second elle tourne indéfiniment autour d'elle-même. Dans les deux cas tout est à la fois princij)e et conséquence , cause et effet y ou, poul^ nîieux dire, il n'y a ni cause ni princij)e.
Passons aux objections qui sont dirigées contre l'objet de la connaissance. Elles peuvent se rédttire à deux.
La première est fondée sur l'opposition des opinions. Les opinions se partagent et se combattent, et les opinions contraires trouvent en leur faveur des arguments également vraisemblables et également solides. Souvent on abandonne ses anciennes croyances et l'on admet tour à tonr les jugements les plus'Opposés. Où est la vérité? où est l'erreur ? C'est ce que Ton ne saurait dire.
La seconde objection est dirigée contre le principe de causalité. Elle a. été différemment présentée par les anciens sceptiques et par Hume.
1° Suivant les anciens sceptiques, Tons les rapports de cause et d'effet peuvent ^ ramener à un rapport d'impulsion et de contact. Mais le contact de deux corps ne saurait se concevoir; car deux corps ne peuvent se toucher qu'autant qu'ils se joignent par leur surfaciçr Or , le contact ne peut être la réunion des sui^aces , autrement l'on n'aurait plus deux
corps f mais un seul. Il ne peutdonc y avoir de contact entre e}^ Donc aussi le rapport de cause et d'effet n'est pas plus concevable^^ue le contact de deux corps.
2^ La cause et l'effet doiveat être simultanés. Quant à la cause, il est évident qu'elle ne peut éti*e postérieure à l'effet. Mais celui-ci ne peut non plus mtre à la cause ; car une cause n'est telle que par son effet , et une^qause sans effet, c*est-à-dire une cause qui ne caus^ rien, implique contradiction. Mais si la cause et l'effet sont simultanés, comment les distinguer? Car, s'ils sont simultanés, il faudra qu'ils se trouvent tous les deux dans le même état, c'est-àdire en mouvement ou en repos. Or, dans les deux cas, Ton ne pourra dire lequel est la cause et lequel l'effet. Si l'on voit quelqu'un lourner une roue, l'on pourra également dire que c'est son bras qui tourne la roue, euVjue c'est Ta roue qui tourne son bras. Une colonne ne soutient pas plus une poutre qu'elle n'en est soutenue.
Hume partait, pour rejeter la réalité de ce rapport, de l'origine de l'idée de cause. Gomme tout vient, suivant lui, de la sensation, l'idée de cause n'a pas une autre origine. Nous obsei^vons dans la nature des phénomènes qui se suivent constamment dans le même ordre. Lorsque l'un de ces phénomènes vient à paraître, nous sommes naturellement portés à attendre le phénomène qui suit ou ,à conclure l'existence de celui qui précède. C'est ainsi que se forme dans l'intelligence l'habitude d'établir