‹ Problème de la classification des sciences d'Aristote à St. ThomasChapitre 12 sur 24 · SAINT AUGUSTIN · texte numérisé non relu

SAINT AUGUSTIN

Unde ratio numeri contemnenda non est, quas in multis sanctarum scripturarum locis, quam magni aestimanda sit, elucet diligenter intuentibus. Nec frustra in laudibus Dei dictum est : Omnia in mensura & numéro & pondère disposuisti. IX de Civ. Dei, Patr. 1., T. 41, c. 30, col. 344.

reproduire la classification reçue jusqu'alors et ne consacra pas à It Philosophie phis de temps et de soins que ses prédécesseurs. I^s grands problèmes philosophiques ne paraissent pas encore préoccupeî' fortemont les esprits. Telle est, croyons-nous, la raison pour laquelle la division des sciences ne subit aucune modification. Cependant le siècle même où nous sommes verra le pix)blènie de la Classification entrer dans une phase nouvelle.

Après avoir exposé la théorie des sept arts libéraux, Raban ajoute : {op. cit., T. 107, c. 26, col. 404) (( Iliud adhuc adjicimus, quod philo>ophi ipsi qui vocantur, si qua forte vera et fidei nostr^ accommodata. in dispensationibus suis seu scriptis dixerunt, maxime Platonici, non solum formidanda non sunt, sed ab eis tanquam injustis possessoribus in usum nostrum vindicanda. » Cette conclusion est empruntée a saint Augustin, // De doctrina christ., c. 40,

D'Isidore de Séville, Raban reproduit textuellement la distinction ei.tre l'astronomie et l'astrologie. Cf. Raban., op, cit., c, 25, col. 403, et Isid. Hisp., /// Etymolog., c. 27, col. 170.

A Cassiodore, Raban emprunte mot pour mot presque tout ce qui

a rapport à la géométrie Cf. Rabani M., op. cit., col. 400, c. 23, et

Cassiodore, De Artibus ac Disciplinis liheralium artium, c. 6, « De

I Geometria » col. 1212-1213. Dans une partie du chapitre « De Musi-

ca » Raban, op. cit.j c. 24, col. 401, reproduit également Cassiodore,

I De artibus ac disciplinis, etc. c, 5, coL 1208- 1209. Raban emprunte

f encore à Cassiodore, en partie du moins, ce qu'il dit de l'Astronomie.

Cf. Rabani M., op. cit., c. 25, col. 403, et Cassiodore, op. cit., c. 7,

col. 1216.

la.^.

— iu — CMAPITKK Vflî.

SCOT laUGKNE KT LA CLASSIFICATION DKS SCIKNCKS

(iX'' sièglk)

SOMMAIRE

Erigène imprime au problème de la Classification un mouvement nouveau — La Philosophie redevient souveraine absolue — Définition et division de la Philosophie en active, physique, théologique et logique — Objet de chacune de ces parties de la Philosophie — Place faite aux arts libéraux : ils sont considérés comme des études préparatoires : définitions des différents arts — Conclusion : Erigène rétablit la subordination entre les différentes branches du savoir humain, mais n'exerce pas une influence durable.

Un homme qui a été regardé «par ses contemporains et par les âges suivants comme un prodige d(^ science ^^ et qui est connu pour avoir devancé son temps, ^ vint imprimer aux études philosophiques un mouvement qui devait être, pour le problème qui nous occupe, le signal d'une ère nouvelle. Nous avons vu que, depuis Boèce, la philosophie avait été complètement abandonnée. Tout ce que Ton connaissait encore de cette science par excellence se bornait à la dialectique, et les sept arts hbéraux formaient la grande division classique.

Avec Scot Erigène ^ ff vers 877*.) la philosophie re-

^ Huber, Johanues Scotus Etl^ena, Miinchen, 1861, p. 43.

'^ Cï. de Wulf, Histoire de la Philosophie -Médiévale, p. 182.

■' Doit-on écrire Erigène ou Eriugène. ? C'est là un point discuté. Cf. Patr. lat., éd. Migne, Proennuiu, p. VIII-IX ;Th. Christlieb, Lehea uiid Lehre des Johanues Scotus Erigeiui, Gotha, 1860, p. 15 et sq ; Huber. op. cit., p. 37 et sq., dii Wuif, op. cit., p. 182, not. 3, prétend que l'on doit adopter cette seconde forme : Eriugène.

'' La date de sa mort est incertaine. Chri^tlieb, op. cit., p. 53, pense

paraît comme la souveraine absolue et ou voit Jean Sc'ot s'occuper de toutes les questions les nlus im.portantes tant de Tordre moral que de l'ordre spéculatif. <( Tandis que ses contempoi*ains, remarque de Wulf, ne font que bégayer en philosophie et que pendant pkisieurs siècles, ses successeurs se bornent à agiter un nombre restreint de questions, Erigène élabore au ÎX'' s. une synthèse complète ^ »

Mais qu'est-ce que la Philosophie pour Jean Scot? i^ vraie Philosophie est la vraie Religion et la vraie Religion est la vraie Philosophie. Ces deux mots sont convertibles. Car traiter ou s'occuper de Philosophie, est-ce faire autre chose qu'exposer les règles de la vraie religion, grâce à laquelle nous honorons Dieu, la cause suprême de toutes choses, en esprit d'humilité et nous étudions cette cause supi'ême d'une manière conforme à la raison^.

Cette philosophie ou u Sophia » se divise en quatre parties dont Erigène donne d'abord le nom grec; ce sont: la philosophie dite n^axiixi] ou active, la philosophie ovmyJ] ou naturelle ; en troisième lieu vient la ftEo'Aoyifx , qui traite de Dieu et enfin la partie ap-

qu'Hrigène peut avoir vécu jusque vers l'an 891. Il donne toutefois cette date comme douteuse. Huber, 0/?. cit., p. 121, et de Wulf, op, cit., p. 183, se bornent à dire qu'il mourut après 877. Prantl, op. cit.^ II B., p. 20, place la mort d'Erigène entre 872 & 875.

' de Wulf, op. cit., p. 182.

"^ (f Qiiid est aliud de Philosophia tractare, nisi verce religionis,

qua summa et principalis omnium rerum causa, Deus, et humiliter colitur, et rationabiliter investigatur, régulas exponere ? Conficitur inde, veram esse pbilosophiam veram religionem, conversimque veram religionem esse veram philosopliiam » |. Scotus Erigena, de divina prxdestiuatione, c. I, Patr. lat., éd. Migne, T. 122, col. 357.

pelée Âo/ix/} on philosoptiie ratiumielle qui a poui' objet de nous apprendre les règles à suivre dans l'étude ou la discussion de chacune des trois autres parties de la Sagesse ^

La première de cesphilosopides, appelée ((Ethique»^ chez les Grecs 2, étudie les vertus grâce auxquelles on parvient à détruire les vices ^. Les vertus morales qui s'occupent des mouvements naturels de l'âme forment l'un des membres de la division des vertus qu'Eiigène répartit en théologiques^ physiques et morales ^ Ailleurs Jean Scot nous dit que l'Éthique étudie les mouvements rationnels ou irrationnels de la naturel

La science naturelle ou physique a pour objet Tétude des essences des choses soit dans leurs causes soit dans leurs effets^. Erigène attribue une très grande importance à cette science. Aidés de la grâce de Dieu et portés^, dit-il, sur les ailes de la spéculation physique, nous pourrons pénétrer les secrets du Verbe et voir, autant que cela est donné aux argumentations humaines cherchant Dieu, comment tout ce qui a été fait par le Verbe vit en Lui et est la Vie '. On

'^ " ' J. Scotus Erig,, T>f' diviione natiira:, lib. III, ccl. 705.

'^ J. Scotus Erig., Hoiuil. in Prolog. Evang. sec. Joan., col. 291.

•^ « Quaruni una (pars) virtutes, quibus supplantantur vitia, pcnî tusque eradicantur, investigat. » T)c divisionc fiat., lib. III, col. 705.

■'^ J. Scot. Erig., Expositiones FUpcr ierorchiani cxlestem S. TDiouyni col. 227.

■• Scot. Erig., De dlvis. tiahinr, lib. III, col. 700.:.

•' « Altéra (parsj rationes naturaram, sive in causis, siv^ in effectî bus (investigat). » 'De divis. nat., lib. III, col. 705.

'' Scot. Erig., Hoiuil. in Prolog. Ev. sec. Joan., col. 289(c... ex qui bus (naturalibus exemplis) velut physicîe theoriœ pennis ultra omni •.ubvectus, divina gratia adjutus, illuminatus, potcris arcana Verbi nien

peut se demander quelle est, d'après Erigène, Textension de cette science appelée Physique, ou encore ((Physiologie)) ^ Ce mot, croyons-nous, est l'équivalent de science spéculative ; cest à dire que, sous le nom de Science Physique sont comprises et la Physique proprement dite et la science Mathématique et la Métaphysique. Nous verrons que ce mot a été employé parfois dans la suite pour désigner également les trois subdivisions de la science spéculative. Que ce soit bien la portée attribuée par Erigène lui-même au mot (( Physique )), c'est ce que semble indiquer assez clairement la définition suivante : « La Physique est la science... des natures pouvant être perçues par les sens et par l'intelligence^, )) Les natures de la première catégorie sont celles dont s'occupe la Physique proprement dite et les natures perçues par l'intelligence représentent les êtres mathématiques et métaphysiques que Boèce avait appelés, pour cette raison, intelligibles et inteUeciibles. Quant à la science que nous appelons aujourd'hui (^ Psychologie >> Erigène la considère comme faisant partie de la Physique. Grâce à la science physique, nous savons ce que les animaux ont de commun avec l'homme dont ils ditïèrent en ce qu'ils ne possèdent ni l'intelligence ni la raison -^ La science physique a donc un domaine très

tis acie inspicere, et, quantum datur hunianis argumentationibus Deum suum qucerentibus, videre quomodo omnia, qu3e pcr Verbum facta sunt, in ipso vivunt et vita sunt. »

^ Scot. Erig., T>e divis. nat., lib. IV, col. 750.

'^ « Est enim Piiysica naturarum sensibus intellectibusque succumbenlium naturalis scientia. » De divisione mit., lib. III, col. 629.

"'' Cf. J. Scot. Erig., De divisione nat., lib. IV, col 749.

vaste. Elle s'occupe, en un mot, devons les êtres, à l'exception de l'être par excellence qui est Dieu <(... aureus rubet fulgor physica% naturalis scilicet scientiaî omnium rerum, qu?e post Deum sunt^ )) On voit que cette science embrasse non seulement les êtres corporels ou physiques proprement dits, mais encore les êtres spirituels ou immatériels. Elle représente par conséquent toute la Philosophie spéculative.

Dans la division citée plus haut, Erigéne nomme en troi«iième lieu la Théologie. 11 avoue pourtant qu'elle mérite d'être regardée comme la première partie de la Sagesse ^. « La Théologie, dit-il, est la science qui nous apprend ce que nous devons pieusement penser de la cause unique de toutes choses, c'est-à-dire de Dieu^ ou encore, «la théologie a pour but l'étude ou l'investigation de l'essence divine*. » Parlant de cette science par excellence, Erigéne l'appelle « sapientis-

sima, sancta,.... provida Theologia^. La Théologie

est même la seule partie de la Philosophie qui mérite véritablement le nom de «sagesse ))^. Le nom qui convient en réalité aux autres parties est celui de « science» ^. D'après Jean Scot, cette sagesse, dite Théologie, comprend deux parties: l'une affirmative appelée par les Grecs xaia<^auxi] et l'autre négative ou ànoéaiinri

^ J. Scot. Erig., Super ierarchiam cœlestem s. TDionysii, col. i66. ^ 2 « Nunc itaque ad Theologiam redeamus, quae pars prima est et summa sophiœ. » De divis nat., lib. II, col. 599.

^ « Tertia (pars) quid de una omnium causa, quae Deus est, pie debeat a^stimari finvestigat). » De divis. nat., lib. III, col. 705.

^ ]. Scot. Erig., De divis nat., lib. I, col. 463.

^ |. Scot. Erig., Super ierarchiam cœlestem s. Dtonysii, col. 158.

•• Cf. J. Scot. Erig., De divis. nat., lib. III, col. 629.

"' Cf. J. Scot. Erig., De divis. nat., lib. III, col. 629.

Celle-ci nie que l'essence ou substance divine soit Tune quelconque des choses qui sont, c'est-à-dire qui peuvent être dites ou comprises ; celle-là attribue à cette même substance divine tout ce qui est, non pas qu'elle prétende affirmei que cette essence soit l'une des choses qui existent ; mais elle veut dire que tout ce qui vient d'elle ou par elle peut lui être attribué ^ Enfin le quatrième membre de la division de la Philosophie renferme la science appelée ^o/«x?} ou rationnelle. Cette dernière, connue aussi sous le nom de «Dialectique ))2 a pour objet d'enseigner les régies à suivre dans l'étude des trois autres parties de la Philosophie^. Erigène ne considère pas la logique comme un mstrument, mais bien comme une partie de la Philosophie*. La dialectique se subdivise en deux parties : Tune est appelée àt^a'Avuxri parcequ'elle remonte des individus aux genres ; la seconde âiai()6icxï] par-

* « ... si quis duabus principalibus Theologia; partibus utens, affirmativa quidem, quae a Grsecis xazafpauxi) et abnegativa, quae aTio- (pauxY] vocalur. Una quidem, àno(paiixri divin?.ni essentiam seu substantiam esse aliquid eorum quae sunt, id est qua:; dici aut intelligi possunt, negat ; altéra vero, xatac^atixr] omnia qu;t sunt, de ea prsedicat, et ideo affirmativa dicitur, non ut confirmet aliquid esse eorum quœ sunt, sed omnia, quœ ab ta sunt, de ea posse praedicari suadeat. » T)e 'Divisioue uat,, lib. I, col. 458.

* De divis. nat., lib. I, col. 463.

•^ « Quarta (pars), koyixr] rationalis, quae ostendit quibus regulis de unaquaque trium aliarum sophiae partium disputandum ». Dedw. nat.j lib. III, col. 705, j

* Scot. Erig,, De divis. uat., lib. I, col. 463. Prantl, op. cit., II B, p. 24, observe que ]. Scot fait de la logique la forme de sa Philosophie et que c'est la cause de l'influence qu'il a exercée et de l'accusation d'hérésie portée contre cet homme.

ce qu'elle divise et descend des genres suprêmes aux individus '.

Nous venons de doruier la division générale de la Philosophie d'après Scot Krigène. Il nous reste à voir la place faite par ce philosophe aux arts lihéraux.

Dans la synthèse philosophique de Jean Scot, les disciplines libérales reprennent le rôle que leur avait attribué Saint Augustin. Elles sont considérées comme des études préparatou'es soit à l'Ecriture Sainte soit à la science des choses,- c'est-à-dire aux sciences philosophiques. Avec Scot Erigéne, la Philosophie, étant entrée en possession de sa souveraineté, n'est plus soumise aux arts libéraux qui avaient usurpé sa place durant les siècles que nous venons de traverser. Depuis Boèce, en effet, la Philosophie avait été réduite à l'état de servante, en quelque façon, et la dialectique devenue la science maîtresse n'avait réservé à la Philosophie qu'une place bien étroite et un i-ole bien effacé. Nous avons vu déjà que la Dialectique devient avec Jean Scot ime partie de la Philosophie « Pars Phi-

^ « Duse quippe partes sunt dialecticse disciplinas, quarum una âiaïQSzixfj, altéra àfaXvzixr] nuncupatur. Et âiaïQsiixri quidemdivisionis vim possidet ; dividit namque maximoruni generum unitatem a summo usque deorsum, donec ad individuas species perveniat, inque iis divisionis terminum ponat ; ài^aXvitxr] vero ex adverso sibi posiia; partis divisiones ab individuis sursum versus incipiens, perque eosdem gradus, qûibus illa descendit, ascendens cumvolvit et coUigit, easdemque in unitatem maximorum generum reducit. » Expo\. super ierarchiam cœlest., s. Dionysii, cc\. 184-185. ^ /■'/.•-;

'^ « Ipsas (libérales discipl.) autem sacras disciplinas (fis^oâixà:; nominat (Dionvsius), 'hoc est psrvias, quoniam intelligentibus eas pervia; sunt et plan^, vel quoniam qucedam viiE sunt, per quas ingreditur rerum scientia. n Expo^. super ierarch. colest., s. Dionyii, col. 139.

sophia^* . » C'est ainsi que l'ordre et la subordination sont rétablis.

Il ne faudrait pas croire cependant (|u'Erigène méprise les arts libéraux. Nous venons de dire qu'il les considère comme des études préparatoires; i! leur attribue par conséquent une réelle importance. Bien plus, Jean Scot les regarde comme éternels et comme si intimement unis à l'âme qu'ils paraissent en être des vertus et des actions naturelles plutôt que des accidents. Cette union est même si étroite qu'Erigène se demande si c'est en vertu de leur intime adhérence à l'àme que les arts sont éternels ou si ce ne sont pas les arts eux-mêmes qui rendent l'àme éternelle. ^

Eriqéne donne de chacun des arts libéraux des déj initions qui ne semblent pas empruntées aux auteurs dont nous avons parlé jusqu'ici.^ La Grammaire est la discipline gardienne et régulatrice de la voix articulée. La Rhétorique est l'art de discuter avec pompe et richesse une cause en tenant compte de la personne, <ie l'objet, de l'occasion, de la qualité, du lieu, du temps, etc.

La Dialectique est la discipline investigatrice des conceptions communes et raisonnables de l'esprit. La Grammaire et la Rhétorique sont considérées par Eri-

^ J. S. Erig., De division' nat., lib. I, col. 463.

■^ « Siquidem a philosophis veraciter qu^e situra repertumque est, artes esse alternas, et semper immutabiliter anima; adhaerere, ita ut non quasi accidentia quaedam ipsius esse videantur, sed naturales virtutes

actionesque naturaliter ei insitas, ita ut ambiguum sit, utruni ipsae

X'ternitatem ei pra^stent, quoniam a^ternae sint, eique semper adhaereant, ut lEterna sit, an ratione subjecti, quod est anima, artibus a:ternitas administretur. » De divis. nat., lib. I, col. 486

■' Cf. de iJivisiofie nat., lib. I, col. 475.

l^ène comme des parties (Je la dialectique; ce sont, ditil, comme des ruisseaux qui sortent de la dialectique, ou assurément des instruments dont se sert cette fliscipline^ appelée la mère des arts '^.

L'arithmétique, dont le principe est la monade,^ est la science pure et invariable des nombres soumis aux contemplations de l'esprit *. Elle a pour objet, dit-il ailleurs, l'étude des nombres intellectuels, invisibles et incorporels •\

La Géométrie étudie de son regard pénétrant les espaces et les superficies des figures planes et solides ^K

La Musique est la science qui connaît, grâce aux lumières de la raison, l'harmonie de tout ce qui existe et possède, soit à l'état mobile soit à letat stable, des proportions naturelles^.

L'astrologie étudie les espaces des corps célestes, leurs mouvements, leur retour à des époques fixes ^.

Ainsi se termine le cycle des études libérales dont Erigène reconnaît l'importance, sans vouloir toutefois

' «... ipsa; duaeartes (Gram. & Rhetor.) veluti quaedarn membraDialecticae a multis philosophis non incongrue exisiimântur... sunt enim veluti quaedam ipsius brachia rivulive ex ea mariantes, vel certe instrumenta, quibus suas intelligibiles inventioneshamanisusibus manifestât.» De divis. nat., lib. V, col. 869 & 870.

^ Cf. Ibid., col. 870.

^ Cf. De divis. naiurœ, lib. III, col. 652.

^ « Arithmetica est numerorum contemplationibus animi succumbtntium rata intemerataque disciplina. » De divisione uat., lib. I, col. 475.

■'• Cf. De divisione naturœ, lib. III, col. 651.

^ « Geometria est planarum fîgurarum solidaru^nque spatia superficiesque sagaci mentis intuitu considerans disciplina. » De div. nat., lib. I, col. 475.

' Cf. Ihid.,

^ Cf. Ihid., col. 475.

leur attribuer le rôle de représenter tout le savoir humain et de former la grande division classique.

Le tableau de la classification des sciences que nous venons d'exposer prouve que dans l'évolution du problème qui fait l'objet de cette étude, Erigène occupe une place à part. Jean Scot est l'initiateur d'un mouvement nouveau qui, toutefois, ne semble pas avoir exercé une grande influence sur les Xe et Xle siècles. Durant ces deux siècles, en effet, le problème de la classification tel que venait de le laisser Erigène ne parait pas même avoir été connu, du moins aucun auteur ne semble s'en être préoccupé sérieusement. Saint Anselme agite, au XI^ siècle un grand nombre de questions métaphysiques. La psychologie commence à faire l'objet de sérieuses études et c'est là, remarque de Wulf, ^ (d'indice non équivoque du progrès philosophique. » Mais la question de la classification des sciences est laissée complètement de côté.

' de Wulf, Hist. ck laThilos. Médiévale, p. 152.

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