‹ Problème de la classification des sciences d'Aristote à St. ThomasChapitre 13 sur 24 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

LA CLASSIFICATION DES SCIENCES DANS LES ÉCRITS d'ABÉLARD

SOMMAIRE

Le cercle des études s'élargit. — Importance que conservent les arts libéraux, en particulier l'arithmétique et la dialectique. — Rôle de la Théologie et de l'Ethique. — La tendance à reprendre la division aristotélicienne s'accentue.

Le Xlle s. va reprendre le problème de la classification et s'en occuper activement. Il apparaît déjà avec Abélard non moins célèbre par ses infortunes que par ses ouvrages. Toutefois les écrits de cet auteur ne nous offrent rien de bien explicite relativement au problème dont nous nous occupons. Abélard n'en a point pai'lé (( ex professe. » Nous constatons sans peine cependant que les arts libéraux ne sont plus le cercle habituel des études considérées dans leur plus haute expression. Abélard parle encore des arts libéraux. Il en démontre l'importance en s'appuyant principale-

ment sur le témoignage de saint Augustin. ^ « Ce n'est pas sans raison, dit-il, que les Saints P.P. recommandent avec tant d'insistance l'étude des arts libéraux* comme étant nécessaire pour l'intelligence des Saintes Lettres. 2 « A chaque page, en elïet, le texte sacré présente des locutions, des expressions figurées, des allégories, des paraboles^ qu'on ne comprendra bien qu'à la condition d'avoir étudié les arts qui ont pour but de nous initier à tous ces secrets de langage. Les arts qui traitent en particulier des matières qui viennent d'être énumérées sont la Grammaire, la Dialectique et la Rhétorique.*

Parmi les disciplines du Quadrivium, celle qu'Abélard préfère à cause de son importance pour l'étude de la S**' Ecriture, est évidemment l'arithmétique.-'^ Du reste cette science est la mère et la maîtresse de tous les autres arts, car de la diiïérence ou de la séparation des nombres dépend la connaissance de toutes les choses.*^

* Pétri Abaelardi, Theohgia christiana, lib. II, Patr. lat., éd. Migne, T. 178, col. 1026.

"^ «... unde et a sanctis postmodum Patribus, non incongrue liberalium artium studia tanquam sacrœ paginai admodum necessaria plurimum commendantur. « Pétri Aba,4., Introd. ad TbeoL, lib. If, col. 1042 ; cf. le même texte, Thcolof^. christ., lib. II, col. 1207.

■^ Cf. Tl)cohcr. christ., lib. II, col. 1210 : c Quiae sunt gênera locutionum, qui ornatus vcrbotuni, quœ sacra Pagina non hebeat, maxime parabolarum et allegoriarum œnigmatibus referta, et ubique fere mysticis redundans involucris ? «

'* Pétri Aba;l., op. cit., lib. II, col. 12 10.

■"• Cf. bitrodtictio ad Theolocriant, lib. II, col. 1040-104 1.

'■ « Hinc est etiam quod arihmetica, quœ tota circa proportiones numerorum consistit, mater et magistra cœterarum artium dicitur, quod videlic.t ex discretione numerorum cœterarum rerum vestigatio Csic) doctrinaque pendeat. » Theolog. christ., lib. 1, col. 1147.

Abélard ne (ait point mention «le la ^^éornétfic, jjiobablement jjarce qu'elle est^l'urKHitililé inoiiHlic [joiirla Sainte Ecriture. Par contre, il a f)oin' la musique (les paroles pleines d'estime. « Il n'y arien, dil-il, rjui charme, qui attire les esprits avec autan! de suavité que la mélodie. Il n'y a rien de tel pour former, pourémouvoir, pour apaiser l'âme^

Quant à l'Astronomie, Abélard la considère comme une discipline et comme une partie de la Physique ou Philosophie naturelle.^ iMais il en est qui prétendent, par cet art, découvrir les futurs contingents ; dès lors l'astronomie est quelque chose de diabolique, mais non plus un art^. Car les arts ne sont pas mauvais puisqu'ils sont un don de Dieu*.

Parmi les arts libéraux, il en est un dont l'importance et la noblesse méritent d'attirer notre attention. C'est la dialectique, cette discipline à laquelle Abélard s'est adonné, comme il nous l'apprend, presque depuis le berceau^. Abélard croit avoir raison de préfé-

* « Nihi] quippe est quod ita oblectet et nimia suavitate sui alliciat animos, sicut melodia. Nihil est ita pronum ad eos componendos vel commovendos vel pacandos. « Theoloi^. christ., 1. I, col. 1147.

^ Expontio hi Hexamcron, col. 754.

^ « De contingentibus vero futuris, quae, ut diximus, nature quoquc SLint incognita, quisquis per documentum astronomie certitudinem aliquam promiserit, non tam astronomicus quoni d iabol iciis hâh^ndus est ». Expositlo in Hexameron, col. 755.

^ Theolocr. christiana, lib. III, col. 1228.

^ Introductio ad TbeoJ., Prolo;jm, col. 979. Sur la vie d'Abélard, voir l'ouvrage de Ch. de Résumât, Abélard, 2 vol., Paris, 1845 ; Prantl, op. c, II B. p. 161, remarque très j-ustement qu'Abélard s'est lancé dans l'étude de la Dialectique avec l'ardeur passionnée qu'il mettait dans tout ce qu'il entreprenait ».

rer cet art à tous les autres, à l'exemple, dit-il, de saint Augustin. Seule, en elïet, au ténioignat^e de ce Père, la dialectique l'ait savoir, et seule aussi, elle mérite le nom de science'. De plus — el ceci montre assez le cas que Ton doit Faire de la dialectique — , cet art est Tunique arme dont nous puissions nous servir contre certains hommes ([ui rejettent l'autorité des saints et des philosophes. Gomme on ne peut opposer à ces hommes que des raisonnements humains, Abélard veut répondre aux insensés selon leur folie, et il emploie pour les combatti'e le glaive de la dialectique, dont eux-mêmes se servent pour attaquer la simplicité des fidèles^.

• « Agnoscant igitur eam, quam vehementius detestantui% artem, hoc est dialecticam quasi sacnt lecùoni contrai iam, quantum ecclesiastici doctorcs coniniendent, quantum eam sacrai Scriptural nece.jSariam judicent. Hanc quippe scientiam tantis prseconiis efferre beatus ausus est Augustinus, ut comparatione cœterarum artium eam solam facere scire fateatur, tanquam ipsa sola sit dicenda scientia. ;; AbœL, Epistola XIII, col. 353 ; cf. Introductio ad Thcolo^., lib. II, col. 1040.

2 Introductio ad Theolo^iatn, lib. II, col. 1040, et Thcolog. christiana, lib. III, col. 1227. Abélard, après avoir dit qu'il se servira des arguments humains pour répondre aux insensés selon leur folie, ajoute en parlant du mystère de la Sainte-Trinité : « De quo quidem nos docere veritatem non promittimus, ad quanl neque nos aliquem sufficere credimus, sed saltem aliquod vcrisimile, atque huiiiaïuv rationi l'icinum, nec sacra: fidei contrarium, proponere libet adversus eos qui humanis rationibus fidem se impugnare gloriantur, nec nisi humanas curant rationes... Sufficit autem nobis quocunque modo summorum inimicolum no.trorum robur dis^ipare, pra^sertim cum aliomodo non possimus, nisi lias quas noverunt rationes ex ipsorum artibus afferamus. » loc. cit., col. 1040 et 1 227-1 228. Ce texte seul suffirait à montrer qu'Abéîard n'a pas voulu, comme on Ta trop longtemps affirmé, expliquer le mystère de la Sainte-Triniré par la raison d'une manière adéquate. Il veut essayer de dissiper la force des ennemis de quelque manière que ce soit, en se servant de similitudes, de ce qui se rapproche le plus de

Mais les arts lihéi'aux tkî forment pas la seule division que connaisse Abélard. 11 nous paihi en ellei rie la Philosophie naturelle dont IWstronornie^ est un<' partie et surtout de cette science par excellence qui est la théologie, mais qu'Abélard appelle pldlo^ophia altissima ^ C'est à cette dernière qu'Abélar 1 s'est spécialement adonné.

La Philosophie morale ou FEthique occupe également dans les écrits d' Abélard une place importante. Le (( Scito teipsum))^ et en particulier le «Dialogue entre un philosophe, un Juif et un chrétien))^ forment un véritable traité de Philosophie Morale. Le dialogue rappelle la Morale d'Aristote à Nicomaque. Après une introduction dans laquelle on voit apparaître le Juif et le Philosophe, la discussion s'engage entre les trois interlocuteurs sur le souverain bien. On sait que c'est par cette question que commence l'Ethique d'Aristote. A l'exemple du Stagirite, Abélard fait de la grammaire, de la dialectique et des autres disciplines des servantes de cette philosophie qui s'occupe du souverain bien.^

la raison humaine. Il ne prétend' donc nullement apporter des arguments expliquant le mystère lui-même. Aussi ajoute-t-il : « Quidquid de hac altissima philosophia disseremus, umbram, non veritatem esse profitemur, et quasi similitudinem quamdam, non rem ». Theol. christ., lib. III, col. 1228.

' « Cum enim astronomia species sit physicje, hcc est naturalis philosophiae...» Expositio in Hexan^eron, col. 754.

'^ Cf. rbeoîog. Christ., lib. III, col. 1228 et lib. IV, col. 13 14.

^ Cf. Pair, lat., éd. Migne, T. 178, col. 633 et sq.

'^ Cf. Ihid., col. 161 1 et sq.

■' Cf. Abael.. Dialogus inter Philos., ludaeum et Christianum . , col.

Le cercle des études est donc bien changé. Depuis Cassiodore, Isidore et Alcuin, le cadre s'est agrandi. Aussi n'est-il plus étonnant que les arts libéraux ne soient plus la classification fondamentale et que Ton revienne peu à peu à Tancienne division aristotélicienne. Nous venons d'observer cette tendance chez Scot Erigéne et cliez Abélard. Mais ce dernier, avonsnous dit, ne nous a rien laissé de bien formel au sujet de la classification générale.

CIJAPITHK II.

HUGUES DE ST-VICTOR KT LA CI.ASSIFICA'J lO.N DES SCIENCES

SOMMAIRE

Hugues attribue une grande importance au [troblème de la classification. — Définition et extension de la Philosophie. — Division en théorique, pratique mécanique et logique.— Subdivision de la Philosoplii.théorique en théologie, mathématique et physique. — Nature de chacune de ces sciences. — Les mathématiques comprennent le Quadrivium. — La Physique au sens large et restreint. — Triple subdivision de In Philosophie pratique : solitaire^ privée et publique. — Objet et division de la science mécanique appelée adidterina. — Importance et subdivision de la logique. — Place qu'elle doit occuper. — Les arts liléraux; leur importance et leur rapport avec la Philosophie.

InteiTogeoiis un autre représentant de cette période, un contemporain d'Abélard; nous trouverons des renseignements plus précis et plus nombreux. Ce contemporain s'appelle Hugues (-{-^44),^ prieur de Tabbaye de St Victor et second maître^ de la célèbre école justement appelée le c( Sanctuaire du mysticisme.^»

Dans son ouvrage intitulé : « Eruditio didascalica^D, Hugues de S* Victor nous a laissé une classification

' de Wulf, Hist. de la Philos. niédu'vaJc, p. 220, fixe la date de la mort de Hugues de Si ^"ictor à l'année 1141. Hauré.iu, Histoire de la Philos, scolastiqiie, L'c Paitie, p. 424, indique l'année 1141 ou 1143.

2 Le premier professeur de cette école avait été Guillaume de Champeaux. Cf. Hauréau, Op. cit., p. 423.

■^ de Wulf, Op. cit., p. 220.

^ Tatr. ht., éd. Migne, T. 176. — Eniditionis didascalicœ lihri septem, col. 739 et sq. Ce traité est un des plus célèbres qu'ait composé, Hugues de St Victor. Aussi le trouve-t-on fréquemment cité par les auteurs du moven âge.

(les sciences ou une division de la Philosophie très détaillée. Depuis Aristote, aucun auteur n'était entré dans autant et de si minutieux détails. Il offre même sur ce point plus de renseignements que le Philosophe de Stagire.

Demandons d'abord à ce mystique comment il définit la Philosophie. Après avoir rappelé l'origine du mot (( philosophie )) il donne la définition de Boèce'. Nous ne la repr'oduirons pas puisque nous l'avons déjà fait connaître. Du reste, bien que Hugues s'arrête avec complaisance à cette définition propre à enthousiasmer un Mystique, il ne paraît cependant pas l'adopter. Car il nous avertit un peu plus loin qu'il définit la Philosophie cela Science recherchant, dans leur entité', les raisons de toutes les choses divines et liiimaines. a- De cette définition empruntée à Gicéron, Hugues en fait une application bien plus large que le Philosophe romain. Personne en effet, jusqu'au mystique de St Victor n'avait, songé à comprendre sous cette définition, les arts qu'on était convenu d'appeler servîtes et que Hugues lui-même appelle a mécani- (|ues3. » Quelle est donc la raison de cette extension extraordinaire attribuée à la Philosophie? Hugues de St Victor va nous la donner. Partant de ce principe que l'étude de la sagesse est un privilège qui n'appartient qu'à l'homme, Hugues conclut qu'il est juste

' Cf. Eruditio. didasc, lib. I, c. III, col. 742-743.

^ « Philosophia est disciplina oinnium rerum humanarum atque divinaruni plene investigaiis ». Hugo de St Vict., Eriidit. didasc.^ lib. I, c. V, col. 744.

•^ Cf Erud. didasc, lib. II, c. XXI, col. 760.

(ie coiisidérei' la sagesse comme la diï'ectrice de Ions les actes humains J Mais, s'il en est ainsi, les actes que pose riiomme dans l'étude des arts mécaniques sont des actes de raisonnement; il appartient dès lors à la sagesse de les étudier. Toutefois F fugues de S^ Victoi* établit une distinction à propos de ces arts. Le même acte, dit-il, peut appartenir à la Philosophie dans ce qu'il a de rationnel ou dans son essence, et non dans ce qu'il a de purement mécanique ou dans ce qui concerne l'exécution elle-même de l'acte^. «Verbigratia, ajoute-t-il, ut de prsesenti loquamur, agricultuf-r ratio philosophi est, administratio rustici. » e Vous voyez donc, continue-t-il, pour quel motif nous devons étendre la Philosophie à tous les actes de l'homme^. » Cette notion établie, on n'est plus surpris de voir Hugues de S^ Victor diviser la Philosophie en Théorique, Pratique, Mécanique et Logique. Ces quatre subdivisions embrassent toute la science* ; car toutes les sciences particulières dérivent des sciences nomméeL-.^

^ « Quia enim de studio sapientiœ loqui suscepimus, idque solis hominibus quodam naturai privilégie competere attestât! sumus : consequenter nunc omnium humanorum actuum moderatricem quamdam sapientiam posuisse videmur... Quod si verum esse consistent, jam non solum ex studio, in quibus vel de rerum natura vel disciplina agitur morum, verum etiam omnium humanorum actuum seu studiorum rationes non incongrue ad philosophiaiii pertinere dicimus ». Erud. didasc lib. I, c. V, col. 744.

"^ (( Potest namque idem actus et ad phiJosophiam pertinere secundum rationem suam, et ab ea excludi secundum administraticnem ». Op. cit.. col. 74/ .

3 Cf. Eriid. didasc, lib. I, c. V. col. 745.

■^ « Philosophia dividitur in theoricam, practicam, mechanicam et ogicam. Ha^ quatuor omnem continent scientiam ». Er^id didasc, lib. II, c. II, col. 752.

■' « Qiiatuor igitur sunt piincipale^ scientia.', a quibus omnes alla;

La Philosophie lliéoriqiie, appelée aiisf^i spéciihiti"

ve*, a pour objet la contemplation ou la spéculation de

la vérité^. Cette partie de la Philosophie inérite seule,

à vrai dire, le nom de sagesse^*; les autres doivent

■être appelées « sciences, w

La Philosophie théorique se subdivise, à son tour, et comprend la science tliéologique, mathématique et physique*. Cette subdivision, dit Hugues, a été exprimée en d'autres termes par Boèce ; il s'est servi, pour désigner la pi-emière de ces sciences, du mot <(intellectible», pour la seconde, du mot « intelligible» et la troisième enfin, il l'a appelée cf naturelle-^ ». Ces trois sciences ont encore reçu une autre dénomination : la théologie a été appelée f< science divinale », la mathématique, «science doctrinale» et la Physique a reçu le nom de « Philologie ; » de sorte que la même science est connue sous trois noms différents : théologie, intellectible et divinale, pour la première subdivision; mathématique, intelligible et doctrinale, pour la seconrle subdivision et enfin pour la troisième, nous

descenduni : theorica, practica, niechanica, logica )>. Oik cit., lib, VL c, XVI, col. 809.

' Cf. Erud. (iùiasc, lib. II, col. 752.

■^ «Qux ^theorica) in speculatione veiitatis laborat ». Op. ciL, lib. L c. XIII, col. 750.

« Solani autcm theoricani propter specuhitioneni vcritatis reruni sapiciitiani nominamus ». Op, cit., lib. II, c. XIX, col. 759.

* « Theorica dividitur in theolcgiam, mathematicam et Physicam ». Op. cit., 1. II, col. 752 ; lib. III, c. I, col. 765.

"■^ Cf. Op. cit., lib. II, c. II, col. 752.

avons les noms de Physique, <ie science naturelle et de Philologie.'

Cette nomenclature faite avec tant de précision et de soin montre que Mugues de St Victor s'est occupé d'une rtianière particulière du problème de la classification des sciences. Mais laissons parler Hugues luimême et demandons lui quel est l'objet propre à chacune de ces sciences et bs subdivisions qu'elles renferment

1» La théologie est la science qui s'occupe de Dieu et de la spiritualité de lame. Hugues dit encore que la théologie étudie la nature ineffable de Dieu ou quelques créatures spéciales. ^ On voit que le mot « théologie», dans le sens chrétien emb»'asse tous les êtres spirituels. Chez Aristote, la théologie comprend lêtre divin, rame en tant que spirituelle et les substances séparées. Pour Aristote, la théologie n'est autre que la Philosophie première, avons-nous dit. Hugues de St Victor comprend évidemment aussi, sous l'expression de (( science théologique » toute la Métaphysique, comme le fondateur du Lycée. L'usage avait prévalu d'appeler la Métaphysique du nom de théologie, par déférence sans

' Eadem est igltur hxc theologia, intellectibilis et divinalis. Eadem niithematica, iiitelligibilis et doctrinalis. Eademque physica, Philologia et naturalis ». Op. cit., lib. II, c. XIX, col. 739.

■2 « Qua; res ad speculationem Dei atque ad animi incorporalitateiii considerationem vera:^ philosophie indagatione componitur quam, inquit (Boelius) Gn^ci Theologiam nominant... Theologia igitur est, quandc aut ineffabilem natura.n Dei auî spéciales creaturas ex aliqua parte profundissima qualitate disserimus ». Op. cit., lib. II, c. III, col. 752-7)5.

Page 1