‹ Problème de la classification des sciences d'Aristote à St. ThomasChapitre 17 sur 24 · SCIENCKS MORALES · texte numérisé non relu

SCIENCKS MORALES

L'objet propi'e de la Pliilosopliie morale n'est autre que l'action humaine ordonnée à une fm, ou encore, l'homme en tant qu'il ag"it volontairement pour une tin^ ((J'appelle actions humaines, ajoute saint Th(jmas, celles qui procèdent de la volonté de l'homme selon Tordre de la raison et non point celles qui, ne procédant ni de la volonté ni de la raison, ne sont pas proprement des actions humaines, mais des actions naturelles-. » Dans une première partie appelée « monastica » la Philosophie morale étudiera donc les actions de l'homme considéré comme individu-^ Mais comme l'homme est par nature un animal sociable, en tant qu'il a besoin pour vivre de beaucoup de choses qu'il ne peut se procurer lui-même, il fera natuielleuient partie d'une première société dont il recevra l'existence, l'entretien et l'éducation. Tel est le but de la société domestique. L'homme a besoin, de plus, d'une société qui lui fournira tous les secours nécessaires pour mener une vie parfaite, c.-à-d. tranquille, etc. Telle esl la raison d'être de la société civile*. Mais dans chacu-

^ Corn, in l Ethic, lect I, p. 232 (vol. 25): « Subjectum moralis phiiosophiae est operatio humana ordinata in fînem, vel etiam homo prout est voluiitarie agens propterfinem ».

^ Ihid., p. 232.

^^ Ihiâ., p. 232 : «Prima (pars) considérât operationes unius honiinis ordiiiatas ad finem, quae vocatur monastica ».

^ Coin, in I Ethic, lect. I, p, 232.

ne de ces sociétés, riiomme doit accomplir certaines actions conformes à la fin que se propose cliaque société. La seconde partie de la philosophie morale, la science économique aura pour objet les actions de rhomme considéré comme membre de la société domestique'. Dans une troisième partie appelée « politique )> la Philosophie morale étudiera les actions de l'homme en tant que membre <le la société civile'^.

C'est ainsi, dit saint Thomas, que la politique a pour but le bien commun de la maison ou de la famille; la f science monastique, le bien privé de Tindividu^. Parmi les sciences morales, la Politique ou science civile tient le premier rang^ : comme elle a pour but le bien de toute la cité, elle a le di'oit de se servir des autres sciences pratiques. Il est beaucoup plus parfait de procurer le bien de toute une cité que le bien d'un seul homme"\ La Politique commande même aux sciences spéculatives non pas quant à la manière de procéder dans leurs recherches, mais quant à l'usage auquel elles doivent servir, en ce sens, p. ex., qu'elle ordonne à (juelques uns d'enseigner, à d'autres d'apprendre la Oéométrie*"'. Cependant^ malgré l'empire exercé par

' Ihid., p. 232-233 : « SecLinda autem (pars) considérât operationes nuiltitudinis domestica;, quas vocatur œconomica. »

'^ Ibul., p. 233 : « Tertia auteni (parsj considérât operationes muititudinis civiles, quas vocatur politica. »

' Suiii. theoJ., 2» 2a<-\ q. XLVII, a. XI, « Diversit scientiae sunt politica qu^ ordinatur ad bonum commune civitatis, et œconomica, quas de his est quîe pertinent ad bonum commune domus vel familiae : et monastica quai est de his quœ pertinent ad bonum unius personoi. »

"* Corn, in î Ethic, lect. II, p. 236.

•' Ibid., p. 237.

^' Cf. Ih'uL, p. 237.

l;i Politique swv les sciences pi'ali<{ii(;s, ces ((erniéres sont et i'est(^nt spéciiiqiietrient dillérentes. Ainsi l'îii'l (le réquitatiori, l'ail militaire et la science civile «lillèrent spécilîquement^

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