‹ Problème de la classification des sciences d'Aristote à St. ThomasChapitre 6 sur 24 · SO · texte numérisé non relu

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ment, (ît foufriil hîs moyens d'arriver à la vertu ; '2" lu science dis'per^.sa^we ou économique quin'(îst autre chose j que l'ordre sagement établi dans tout ce quicon(!erne les afïaires domestiques, etenfiii 3" lascience civile qui a pour but de procurer, par une sage administi'ation, l'utilité de tous les citoyens^.

A cet exposé de la division de la Philosophie, Cassiodore ajoute un certain nombre de définitions de la Philosophie empruntées à différents auteurs. « Elle est la science probable des choses divines et humaines. » Ou encore la philosophie est l'art des arts, la science des sciences. Ou bien : ff la philosophie est la méditation de la mort: ce qui convient mieux aux chrétiens. Elle consiste dans l'assimilation de l'homme à Dieu, autant que cela est possible. » Cette dernière est exprimée en grec et en latin^. Tout cet assemblage de définitions prouve une fois de plus, l'état de confusion qui règne dans l'esprit des écrivains de cette époque ; car nous rencontrerons la même indécision chez fsidore de Se ville.

On reçoit de divers côtés des lambeaux de systèmes souvent opposés, que l'on rapproche naïvement ne sachant pour quel parti philosophique se prononcer et ne voyant aucune issue dans ce labyrinthe où s'entrecroisent tant de définitions et de divisions diverses de la Philosophie. Cet état de choses s'explique, comme nous l'avons dit déjà, par l'abîme creusé pour ainsi dire, par les invasions barbares entre le passé philo-

^ Cassiod,, Op. cit., col. 1169.

^ Cf. Cassiod., Op. cit., col. 1167.

sopbique et l'époque du premier moyen-âge. Quand on se représente les nombreuses diUieultés que durent .surmonter les écrivains de ces temps difficiles pour sauver le tlambeau de la science, en réunissant ces fragments épars d'un brillant passé philosophique, on ne doit point s'étonner, comme paraît le faire Hauréau, d'un manque de système et de l'absence d'une synthèse philosophique. D'ailleurs, nous verrons peu à peu cette synthèse se reconstituer. Chaque écrivain, en apportant le fruit de son travail, élargira le cadre reçu de ses prédécesseurs.

CIIAPITHK V.

Distinction entre le mot k art » et le mot » science » — Origine de cette distinction d'après Hauréau — Influence de Martianus Capella sur Isidore de Séville d'après Hauréau — Isidore adopte la division attribuée à Platon et non celle de Boèce — Raison de cette préférence — Isidore élargit le cadre des études en introduisant dans la Classification un nouvel art : la Médecine.

Ainsi Isidore de Séville dont nous allons examiner la théorie par rapport à la classification des sciences et à ridée qu'il se fait de la Philosophie marque un progrès déjà. Il admet évidemment comme Cassiodore les sept arts libéraux qu'il ^numére au second chapitre de ses c( Etymologies » en donnant la détinition de chacun d'eux. Il rappelle aussi la distinction entre « art » et (( science ou discipline ». Selon [sidore, elle remonte à Platon et à Aristote^ Cette indication, l'évêque de Séville l'a puisée dans Cassiodore à qui il fait de nombreux emprunts -.

Hauréau semble n'avoir pas eu connaissance de l'existence de cette distinction dans Cassiodore. Il pré-

' Isid. Hispalensis, / Etyniolog., c. I, col. 73.

- Voici quelques exemples: Chap. de « Statibus » dans la Rhétorique. Cassiod., col. 1162 & sq. ; Isidorus Hisp., /ot:. r//., lib. II, col. I28&:sq.

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