SAINT AUGUSTIN
Nata est illa librariorum et cal-
me communes existunt quas librarii culonum professio, veiut qusedam
et calculatores sequuntur, quorum disciplina velut quaedam grammatical artis infantia est. Unde et eam Varro litterationem vocat. l Etymoh, c. 3, col. 74
Quarum fMusarum) sonus quia sensibilis res est pritterfluit in prœteritum tempus, imprimiturque mémorial, inde a poetis Jovis & Mémorial filias Musas esse confictum est. ni EtymoL, col. 163, c. 15.
Ratio numeri contemnendanonest :
in multis enin sanctarum scripturarum locis quantum mysterium habeant elucet. Non enim frustra in laudibus Dei dictum est : Omnia in mensura et numéro et pondère fecisti. loc. cit., col. 155, c. 4.
grammatical infantia, quam Varro litterationem vocat.
// De Ordiiie, Patr. 1., T. 32, cap.
12, col. 1012.
Sonus autem quia sensibilis res est prceterfluit in praeteritum tempus, imprimiturque memoriae ; rationabili mcndacio jam poetis favente ra-
tione Jovis & Memoriae filias
Musas esse confictum e^t. Joe. cit., col. 1014.
Unde ratio numeri contemnendi non est, quas in multis sanctarum scripturarum locis, quam magni w^stimanda sit elucet diligenter intuentibus. Nec frustra in laudibus Dei dictum est, omnia in mensura &:
numéro et pondère disposuisti (Sap.
XI, 21) A7 De civit. Dei, Patr. lat., T. 41, c. 20, col. 344.
' Ce qui a rapport à la Philosophie se trouve en effet renfermé dans les traités de la Rhétorique et de la Dialectique ; car Isidore a réuni ces deux arts pour en former un seul livre. Cf. Isid., // Etyniol., col. 123.
corps. Elle s'occupe des maladies et des blessures.* » Après avoir énuméré les difïérentes maladies et les remèdes à employer contre chacune d'elles^, Isidore répond à la question suivante : Pourquoi l'art de la Médecine n'est-il pas compté parmi les Arts libéraux ^7 C'est, dit-il, parce que cet art renferme tous les autres, (^ar le médecin doit connaître la g-rammaire pour comprendre et exposer ce qu'il lit; la rhétorique, pour détinir, au moyen d'arguments convaincants, l'objet qu'il traite, la dialectique pour scruter, à l'aide du raisonnement, les causes des maladies ; l'arithmétique pour connaître le nombre d'heures relatif à la durée de la maladie ; la géométrie, pour être en état d'indiquer à chacun ce qu'il doit observer selon la contrée où il se trouve. Il ne devra pas non plus ignorer la Musique, car nous lisons que beaucoup de guérisons ont été opérées par l'emploi de cette discipline. Ainsi en se servant de cet art, David délivra Saul de l'esprit mauvais. Le médecin doit de plus connaître l'astronomie, puisque les changements de temps exercent une influence sur nos corps*.
C'est donc avec raison, conclut-il, que la médecine est appelée seconde philosophie. « Elle embrasse en effet, dans son étude, l'homme tout entier, aussi bien que la Philosophie première. L'une s'occupe de
^ Medecina est quse corporis vel tuetur vel restaurât salutem, cujus materia versatur inmorbis et vulneribus. Isid., IV Etymol.,c. I, col. 183.
2 Loc. cit., cap. VI & sq.
•^ « Quaeritur a quibusdam quare inter cœteras libérales disciplina:; niedicinae ars non contineatur. » Isid., IV EtymoL, c. 13, col. 196.
^ Isid., îoc. cit., c. 13, col. 197-198.
rârne et l'autre du corps K » A cela Isidore ajoute liii traité des lois^, qui a été, croyons-nous, l'orif^ine d'une nouvelle science : la Jurisprudence^ que l'on verra figurer plus tard dans les programmes scolaires à côté de la Théologie. C'est ainsi qu'avec Isidore dont les Etymologies sont une véritable (( Encyclopédie 3, » le cercle des études s'élargit notablement. On s'aperçoit dès lors que le cadre des sept arts libéraux est trop restreint : les nombreux problèmes que soulève la raison humaine, à mesure (jue Ton avance^ dépassent les limites de la science reçue jusqu'alors. De là la nécessité d'étendre la classification des sciences. Isidore de Séville indique la première étape dans cette voie nouvelle qui conduira à la grande synthèse scolastique.
^ « Hinc est quod medicina secunda philosophia dicïtur. Utraque enim disciplina totum sibi hominem vindicat. Nam sicut per illam anima, itn per hanc corpus curatur. » Isid., IV Et)inoî., c. 13, col. 198.
2 II forme la première partie du cinquième livre des Etymologies, ch. 1-27, col. 197-214.
^ Denk, Geschichte des gallo-frànkischen Unterrichts-und Bildungsiveseiis, p. 215.