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LES PRINCIPAUX PRODUITS DE LA NIGERLV

S'il est difficile d'estimer la capacité de rendement des immenses territoires de la Nigeria, ce n'est pas pour déterminer quels sont les produits du sol, de quelque importance économique, qu'on y rencontre, c'est bien plutôt pour reconnaître ceux qu'on n'y rencontre pas. La Nigeria est la terre privilégiée de l'Afrique occidentale, et en réalité, on doit trouver dans ses limites toutes les espèces de végétaux qui sont spéciaux à l'Ouest africain, ou que l'Ouest africain partage avec d'autres régions de la zone tropicale, moins favorisées. Un sol d'une richesse surprenante, des cours d'eau nombreux, une population prolifique et laborieuse, tels sont les éléments qui peuvent faire de la Nigeria, sous une administration habile, un

second empire tks Indes, plus petit il est vrai, mais garanti contre la sécheresse et ces terribles fléaux si funestes à la prospérité intérieuie de l'Hindoustan ; en somme, peut-être, un empire plus heureux et plus riche que celui des Indes.

A l'exception de l'industrie de l'huile de palme, tout est à ses débuts dans la Nigeria. On en est partout aux premiers rudiments. Si l'on retranche l'huile et les amandes de palme, la valeur totale des exportations de la Nigeria en 1900, — la seule année dont on puisse citer les résultats, — s'est élevée à la somme relativement faible de 212,457 livres. Le caoutchouc, l'ivoire, les bois, l'arachide, le café, le cacao, la gomme copal et le beurre de harité sont au nombre des autres produits d'exportation. Les fleurs parfumées et blanches de la liane à caoutchouc se voient très fréquemment dans les forêts de la Nigeria. Les arbres, arbustes et lianes caoutchoucfères s'y rencontrent partout en même temps. La valeur du caoutchouc exporté de la Nigeria en 1900 représentait 137,289 liv. Elle peut s'accroître dans une proportion indéfinie pour peu que les autorités, profitant de la triste expérience faite à Lagos, constituent un groupe de travailleurs exercés à la récolte du caoutchouc, et capables d'enseigner aux chefs les procédés qu'ils emploient ; pour peu aussi qu'ils empêchent, ce qui leur est facile, l'exportation d'un caoutchouc mêlé de grossières impuretés et que de la sorte le produit demeure d'une excellente qualité, car, dans la situation difficile où se trouve actuellement le marché, les caoutchoucs (1) do catégories inférieures sont à peu près invendables. Là encore on est amené à recommander, pour la cinquantième fois, la collabo* ration des fonctionnaires et des commerçants. En Guinée française, le même mal (dont les négociants étaient, j'en ai peur, les premiers responsables) a été combattu avec succès par la coopération, pour ainsi dire, de tous les intéressés. Il n'est pas nécessaire de restreindre la liberté qu'ont les indigènes de récolter ce produit dans leurs forêts, mais il est essentiel de maintenir un cadre permanent d'instructeurs recrutés parmi eux pour l'enseignement des procédés de récolte. Cela serait peu coûteux, et l'expérience, si elle était dirigée avec patience et intelligence, donnerait de magnifiques résultats.

(I) An moment où ce livre étnit écrit, le marché du caoutrhouc était dans vn état déplorable. La situation, depuis, s'est améliorée. {Nouvelle note de l'Auteur.)

Il faut citer ensiiite, presque à l'égal du caoutcliouc comme importance, l'ivoire, qui toutefois doit être regardé comme formant l'objet d'un commerce temporaire. Presque tout l'ivoiie sur lequel portent les transactions de la ^Nigeria vient de la région de la Bénoué et pendant longtemps Yola a été le piincipal centre où se faisaient les achats de la Compagnie du jSiger, allant parfois jusqu'à 40 tonnes clans le cours dune année. Les elïets de l'accord anglo-allemand, de 1893 et de la convention franco-allemande de 1894 ne peuvent que se traduire par une diminution importante de ce commerce. Les opérations sur l'ivoire sont monopolisées par les négociants liaoussas, qui font ou plutôt avaient l'habitude de faire la plus grande partie de leurs achats dans les marchés fameux de Banyo, de aS'gaoundéré et de ïibati, qui ensuite transportaient les défenses par terre jusqu'à la Bénoué, puis les acheminaient par cette rivière, de façon à les offrir soit au ponton de la Compagnie du Niger à Yola, soit aux factoreries d'Ibi, du lac Bakundi, de Lau et d'Amageddi, soit enfin à Kamo, où elles étaient échangées contre des tissus et dirigées à toute aventure vers l'Europe par la route du désert et les ports de la Tripolitaine. C'est ce qui se fait encore, mais, comme ou l'a vu, l'importance de ce commerce diminuera presque sûrement à mesure que les années s'écouleront. Quand l'ivoire est vendu à la Compagnie du Niger, on achète en échange des tissus manufacturés, qui sont à leur tour troqués encore une fois à Kano par les commeiçants haoussas contre l'article de confection indigène. Quelquefois du sel, du tabac, des baguettes de cuivre et de la poudre de traite sont demandés, à la place de tissus, par les vendeurs d'ivoire. C'est une question que n'ont pas encore résolue les commerçants haoussas de savoir ce qui pour eux est le plus rémunérateur ou la vente (îirccte à Kamo ou la double transaction qu'ils accomplissent en traitant avec la Compagnie du Niger. La monnaie principale de ces régions est maintenant le coquillage appelé cauri, et ces cauris ont sur les marchés indigènes une valeur aussi précise que celle de toute autre monnaie ; par exemple un quintal de sel vaudra 25 mesures de cauris ou environ 12 s. G d. Quand on apporte une défense à la factorerie, on la pèse sur une balance de boucher. Le tarif, par livre (poids), est de 10 mesures de cauris. Si la défense pèse, par exemple, 28 livres, elle vaut 280 mesures de cauris, environ 7 livres sterling ou 660 livres sterling par tonne en marchandises d'échange;

le prix actuellement payé dans ce cas sur la Bénoué pour de l'ivoire de dimensions variées est toutefois inférieur à 500 livres sterling par tenue depuis plusieurs années. L'arrivée d'une caravane divoire provoque toujours un vif émoi. Ceiiaines de ces caravanes forment un cortège long de plus d'un mille. En tête viennent, à cheval, le commerçant et ses amis ; ils sont suivis des femmes du premier et des difiérentes personnes vivant dans sa maison. Derrière eux les esclaves vont péniblement à pied (notons qu'il s'agit d'esclaves de Haoussas, et non de Peuls), s'avançant avec efforts sous leurs précieux fardeaux. Les défenses sont portées tantôt sur la tête, et tantôt surles épaules. On s'explique que ces caravanes se déplacent seulement dans la saison sèclie, car, pendant les pluies, les longues marches n'auraient lieu qu'au prix d'énoimes difficultés. Le commerce de l'ivoire est fécond en supercheries, et nos amis les Haoussas introduisent volontiers des matières lourdes à l'intérieur des défenses, sachant bien que, si la ruse n'est pas découverte, le poids sera accru d'autant, à leur profit. Les Haoussas désignent l'ivoire sous le nom de « owry » (1) et l'éléphant sous celui de a giwa ». Très souvent, ils apportent la chair de l'animal qui vaut plus cher sur les marchés indigènes que celle du bœuf ou du mouton.

Les gommes, dont il existe beaucoup d'espèces difterentes dans la Nigeria, constituent aussi une source de richesses futures. H y a la gomme arabique (Acacia sencgalcnsis) qui coule de l'écorce, — comme la sève s'échappe d'un cerisier vénérable — , et la gomme a copal » que l'on trouve en cristaux solidifiés et translucides, en fouillant les racines d'acacias et qui se vendent parfois jusqu'à 50 livres par tonne sur les marchés européens. Certains spécimens de ces gommes sont superbes ; ils sont de couleur variée, allant du jaune pâle à l'orange sombre et sont aussi clairs que l'ambre le plus éclatant. Ces beaux arbres qui produisent la gomme constituent souvent l'un des traits marquants des paysages de la Bénoué. On les trouve en abondance dans diverses régions du Bornou et souvent il arrive que des cavaliers bomouans, revêtus selon l'usage antique de ces armures de fer qui ont si bien excité l'intérêt et la curiosité des explorateurs de ces pays, parviennent à un poste commercial de la Haute-Bénoué avec une charge de gomme arabique

(1) C'est là un mot emprunté A une sorte de sabir, de « pidgeon-english ». Le mot haou^-sapour désigner une défense d'ivoire, une pièce d'ivoire, est /m/eorm ou haute in Qiica. {Note de V Auteur.)

qu'ils se proposent de vendre. Les indigènes de Hamarua (Mouri) sont signalés également comme se liviant à la récolte des gommes. Comme il est arrivé pour la plupart des produits de la Nigeria, l'absence de concurrence entre les acheteurs européens (la Compagnie du îsiger, on ne doit pas l'oublier était l'unique acheteur) a jusqu'à présent empêché les indigènes d'apporter des cargaisons vraiment considérables de gommes, et, là oii l'on peut se procurer de l'ivoire, il est difficile d'amener les Haoussas à prendre toute la peine qu'il faut pour recueillir et amasser des gommes. Il est presque certain que le commerce de ce produit est susceptible d'î se développer jusqu'à ce que la vente porte chaque année sur des milliers de tonnes. L'offre est destinée à être presque illimitée. Après de nombreuses années de récolte assidue, les forêts de pins de Kauri en Nouvelle-Zélande fournissent encore 8 à 10,000 tonnes par an d'une gomme recueillie au-dessous de la surface du sol et plus ou moins semblable à la gomme copal de l'Ouest africain. On peut dire sans crainte d'exagération que des centaines de milliers de tonnes de ce précieux produit attendent en Afrique occidentale qu'on aille les récolter. Quelque jour la réalité de ce fait sera plus manifeste, et nous pouvons nous attendre alors à voir le commerce de ce produit se développer de façon remarquable. Parmi d'autres essences d'arbres également précieuses qui croissent librement dans la Nigeria, mais dont l'importance économique n'a pas encore été sérieusement étudiée, deux au moins méritent une attention spéciale. C'est d'abord l'arbre kedenia (Kcdcnya) ou l'arbre produisant le beurre de karité (Butyrospermum ou Bassia parlai (1) ; on l'appelle aussi parfois et à tort l'arbre à suif et le papayer (Carica papaya). C'est depuis peu de temps qu'on voit exporter du Niger, de façon régulière, mais en quantités encore faibles, le beurre de karité (2). L'arbre qui le produit forme d'immenses forêts dans l'arrière pays de Lagos, ainsi qu'au Dahomey où les Français comptent l'exploiter quand le chemin de fer pénétrera dans la zone où on le rencontre. Le beurre de karité se vend en Europe environ de 24 à 26 livres sterling la tonne. Il possède des

(1) Ainsi nommé en l'honneur de Park que l'on suppose avoir été le premier Européen à en signaler l'existence. {Note de l'Auteur.)

(2) On l'exporte aussi de Lagos, depuis l'ouverture du chemin de fer. (Noie de V Auteur.) Il a été de faron appréciable utilisé comme lubréfiant sur le chemin de Lagos. [Nouvelle note de l'Auteur.)

propriétés médicinales et agit, je crois, comme purgatif ; on dit aussi qu'il forme l'un des éléments constitutifs du baume bien connu, r a EJliman's embrocation ». Les kabitants de la îsigeria tiennent le beurre de karite en grande estime et l'utilisent en des circonstances nombreuses et variées ; comme remède, pour la cuisine, etc. Les Peuls en font absorber à leurs cbevaux ; ils en enduisent aussi les plaies que produisent fréquemment sur leurs cbevaux les selles encombrantes et surélevées en usage dans le pays. Les Kanouris ou les Bornouans s'en servent pour allumer leurs lampes et d'autres peuplades le considèrent comme un remède très sûr contre les rhumatismes. Il semble qu'on puisse utiliser encore autrement l'arbre qui produit le beurre de karité ; de récentes expériences ont en elïet montré que le latex fourni par cet arbre a des propriétés analogues à celles de la gutta-percba (1). L'arbre à beurre ou arbre à suif (Pendatesma hutyracœ) que l'on confond souvent avec le karité en diâère complètement ; le premier appartient au genre Guttifera, tandis que le second est du genre Sapotacœ. Les Français semblent avoir été les premiers à tirer parti commercialement de cet arbre à suif ; ils l'ont fait pour la première fois l'année dernière (1901) grâce à un envoi d'amandes que la principale des maisons françaises de Conakry dirigea sur Marseille. Les amandes, après avoir été broyées, se trouvèrent produire une buile non dépourvue de valeur et que certains éléments rendent particulièrement propre à la fabrication des chandelles. Le W Ballay, cet administrateur remarquablement avisé qui fut de son vivant gouverneur général de l'Afrique occidentale française, a laissé après lui un héritage d'une valeur inestimable en la personne des fonctionnaires formés à son école et imbus de ses principes ; aussi, M. Cousturier, qur gouverne actuellement avec compétence la Guinée française, a-t-il donné à cotte exploitation des amandes de l'arbre à suif — des o lamys », comme on les désigne — une impulsion très énergique, agissant en cela d'accord avec les représentants du commerce de la colonie. D'après les derniers renseignements que je possède à ce sujet, de nouveaux envois de ces amandes ont été faits en Guinée française à destination de Marseille, de Hambourg et de Brème, et, selon toutes prévisions, l'on pourra, à des prix rémuné-

(1) Jusqu'à présent néanmoins, les envois qui ont eu lieu de ce latex tout préparé n'ont eu que peu de succès. (Note de l'Auteur.)

rateurs, livrer ce produit aux établissements qui, dans un but industriel, en pratiquent le broyage. Il reste à savoir si la Guinée française peut fournir des quantités suffisantes de cette amande. Je ne puis, d'autre part, affirmer de façon positive que l'arbre à suif existe dans la JS'igeria ; c'est néanmoins très probable, et, dans ce cas, il faut ajouter un produit de valeur à la liste déjà longue des richesses naturelles de cette contrée (1).

Il est rare, les jours de marcbé, dans la Nigeria, de ne pas voir étaler pour la vente les fruits dorés et ayant la forme de poires que produit le papayer. Les indigènes font cas de ces fruits en tant qu'aliments et comme produits qu'il est possible d'utiliser largement. Le jus laiteux des fruits et leurs feuilles larges, élégantes, possèdent la singulière propriété d'attendrir la viande, particularité qui a donné lieu sur la côte à plus d'une anecdote. Lo bifteck le plus résistant devient tendre, agréable au palais, pour peu qu'il soit assaisonné au jus, ou enveloppé dans les feuilles du papayer. Le principe actif de ce liquide, lorsqu'on l'analyse, participe de la pepsine, dont il est d'ordinaire un adjuvant en France et en Allemagne. Jusqu'à présent il est d'un usage limité, mais il semble que son emploi doive s'étendre.. A propos du développement futur du papayer dans la Nigeria, il est intéressant de noter qu'un établissement s'est créé depuis quelques années, sur des bases modestes, pour la préparation du liquide ainsi extrait, dans l'île de Montserrat. Enfin, en outre des arbres qui viennent d'être mentionnés, il convient de dire quelques mots de la kola (StercnUa acuminata, appelée aussi parfois sterculia cola), de la gutta-percha, du baobab

(l) Dans le a Rapport de la Compagnie de Sicrra-Leone » (Londres : James Pliilipps, imprimeur, 1794) on trouve le passage suivant qui, sans doute, concerne le Pendatesma butyracœ : « Arbre à beurre et à suif. Cet arbre est commun dans les terres basses aux environs de Freetown; il fournit en abondance un li(iuide rappelant la gomme-gutte par sa couleur et parla facilité qu'il a de se conserver. Ce liquide apparaît à la moindre lacération de l'écorce; il se coagule, devient visqueux et de couleur plus sombre. Le bois de cet arbre est résistant et semble destiné à différents usages industriels. Le fruit est presque ovale, et gros environ deux fois comme le poing; l'écorce est épaisse, molle et d"un goût agréable; à l'intérieur on trouve des graines, dont le nombre varie de cinq à neuf, qui ont chacune les dimensions d'une noix et qui renferment une substance oléagineuse, que les indigènes extraient pour la mêler au riz et à d'autres aliments. -> Un de mes amis qui connaît cet arbre me dit l'avoir vu pousser à Sierra-Leone, et il n'y a pas de raison dès lors pour que des expériences semblables à celles de la Guinée française ne soient pas tentées dans notre colonie, qui confine à cette dernière possession. (Note de l'Auteur.)

géant (Adansonia digitada) ou arbre à pain de singe et du palmierbambou (Raphia vinifera). La noix de kola est pour les Peuls, les Haoussas, les Kauouris, les Sonraïs, etc., ce que le café est pour les Arabes et l'opium pour les Chinois, une panacée universelle. La kola est tellement indispensable à l'existence quotidienne des populations de la Nigeria septentrionale, la consommation en est si considérable que les Haoussas font des milliers de kilomètres jusqu'aux paj's de la boucle du îsiger (jusqu'à Tbinterland de la Côte d'Or notamment) et même jusqu'à Tbinterland de la Gambie et au bassin du Sénégal pour échanger leurs cotonnades bleues contre un fruit aussi recherché. La science européenne réussira sans doute quelque jour à améliorer la culture de la kola du Niger de manière à rendre moins nécessaires chaque année ces longs voyages. Les plantations de kolas deviendraient alors l'une des entreprises rémunératrices de l'industrie du Niger.

La gutta-percha possède une valeur commerciale aussi grande, et dans les manufactures européennes reçoit une utilisation aussi étendue que le caoutchouc lui-même. Dans la Nigeria, la guttapercha est recueillie, sitôt la saison des pluies terminée, car la sève, à cette époque de l'année, coule de l'arbre avec plus d'abondance. En se coagulant, le liquide prend une teinte roussâtre.

Le baobab a été justement appelé le roi des végétaux africains. De l'écorce de cet arbre, dont le nom en haoussa est Tiulm, on extrait d'excellentes cordes destinées à des instruments de musique, tandis C[ue s€s fruits, après avoir été broyés et séchés, sont fort bien utilisés à la place d'épongés par les indigènes.

On rencontre en mainte région de la Nigeria méridionale des groupes étendus de palmiers bambous (R. vinifera). Bien que dans la pratique on n'ait guère encore tiré parti de ce palmier, l'expérienc-e a montré qu'on pouvait extraire de ses branches une fibre excellente et pouvant se conserver (1), dont la qualité rappelle celle qu'on obtient d'espèces analogues, le Rafûa ru f fia de Madagascar, et dont la vente est déjà considérable sur les marchés d'Europe.

Le dattier, le cocotier, le citronnier, le bananier, la patate, l'igname, la canne à sucre, le chanvre, le tabac, la graine de

(1) C'est ce qu'on connaît dans h commerce sous le nom de « piassaiva ». On en importe du Libéria de prande^ quantités. On remploie dans la fabrication des brosses. (Note de l'Auteur.)

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benui (1), le poivrier, le manioc, le ricin, le capaiva — la ^Nigeria produit tous ces végétaux en quantités plus ou moins grandes selon ks pays ; on y trouve aussi l'arackide, et, en abondance, le poivre rouge. La précieuse culture de l'indigo est largement praticiuéc par les Haoussas et les Peuls, et Kano doit en grande partie sa prospérité à ses teintureries indigènes. Le tissu indigène de Kano, teint à l'indigo en bleu sombre, est réputé dans toute l'Afrique du nord, de l'ouest et du centre. L'industrie européenne pourra peutêtre assurer l'avenir de la culture de l'indigo, bien que le présent ne soit guère encourageant.

Le cotonnier croît de façon luxuriante dans la Nigeria septentrionale, et le tissu que les indigènes lui font produire peut se comparer avec avantage, pour la résistance et la finesse, au meilleur aiticle de Manchester. L'industrie du coton peut devenir importiiute dans la Nigeria, mais cette question du colon dans l'Afrique occidentale est assez grave pour être traitée en un chapitre spécial.

L'ébène, l'acajou et d'autres bois précieux d'ameublement abondent dans les forêts immenses et non exploitées encore de la Nigeria méridionale. Si des restrictions puériles n'entravent pas son développement, le commerce des bois atteindra de grandes proportions. Sapelli commence à prendre de l'importance comme étant le port le mieux indiqué par sa situation pour le chargement des bois de la Nigeria du sud.

La Nigeria produit aussi de nombreuses céréales, telles que le maïs ou blé de Turquie, le mil, le riz, l'orge, le sorgho, etc., et sur les plateaux on pourrait cultiver le café, le thé, peut-être même la vanille.

En ce qui concerne les minéraux, on sait que l'argent (2), l'étain, l'antimoine et la potasse (3) existent dans diverses parties de la Nigeria, mais on n'exploite aucun d'eux, sauf le dernier^ Quand

(1) Elle fournit, lorsqu'elle est broyée, une liuile comestible, de belle qualité. (Note de l'Auteur.)

(2) Sur la rive droite de la nénoué, dans le pays de^Iit<"lii ou Munshi. {.Vote de l'Auteur.)

(3) La potasse était monopolisée par les Igarras, qui la vendaient aux tribus du bassin inférieur du fleuve, mais la Compagnie du Niger a racheté depuis quelques années le monopole aux Igarras et exploite elle-même la i)otasse à Lagos, réalisant ainsi, dit-on, des bénéfices considérables, — 200 à 300 0/0. (Note de l'Auteur.)

le pays aura été mieux parcouru, mieux étudié, il est possible qu'on trouve aussi du cuivre et de l'or (de petites c^uantités de poudre d'or sont vendues parfois par les Kanouris aux marchands du Fezzan et de Gliadamès), mais la présence de minerais en filons étendus est jusqu'à présent problématique.

On sait que l'étain existe sur la Haute-Bénoué et un syndicat anglais s'est constitué pour recbercber et constater les possibilités de gîtes dans certains districts. La Compagnie du Xiger est sur le point d'entreprendre, dans le même but, des opérations de prospection (1), et les Allemands se livrent aussi, dit-on, à des études analogues, à Garoua.

Tels sont, brièvement énumérés, les principaux produits naturels de la Nigeria, la région la plus fertile, la plus féconde de l'Afrique centrale, celle où se j^orte depuis des siècles un mouvement commercial, venant du nord, de l'est et de l'ouest. Des voyageurs éminents, comme Barth, jS^aclitigal, Monteil, Tbomson, etc., parlent avec enthousiasme de la fertilité et de la beauté de ces pays, et tous les renseignements recueillis par des explorateurs moins célèbres ne font que confirmer cette affirmation du grand géographe Reclus, à savoir que les régions du bassin du Tchad sont les plus riches de l'Afrique.

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