CHAPITRE XX
rXE INDUSTRIE COTONNIERE EN AFRIQUE OCCIDENTALE.
Au cours des derniers mois qui se sont écoulés on a discuté de façon précise une question du plus haut intérêt pour l'Afrique occidentale et d'un intérêt vital pour une fraction considérable des habitants de la Grande-Bretagne, et il y a tout lieu d'espérer, — et même on peut être certain — que des résultats pratiques s'ensuivront. Je veux parler de l'agitation qui s'est produite pour le développement de la culture du coton en Afrique occidentale.
Ce qu'on a déjà fait peut s'indiquer en f|uelques mots. Le 8 mai 1902, une réunion mémorable se tenait à l'Albion Hôtel, à Manchester, sous les auspices de M. Arthur Hutton, président de la
(1) Pour apprécier clairement les sentiments des indigènes sur cette question, le lecteur pourra se reporter aux discours prononcés par le D"" O. JoJinson, membi'c du conseil législatif de Lagos, en vue de faire rejeter l'ordonnance amendée sur le régime forestier (mai 1902). On se rendra compte de la situation personnelle que le U' Johnson occupe dans la colonie si l'on considère qu'un mémoire très savant sur l'histoire indigène de Lagos, présenté par lui l'année dernière au « I-agos Institule », a été publi.j i)ar radininislration à l'égal d'un document officiel. [Note de V Auteur.)
chambre de commerce tle cette ville. Les chambres de commerce de Londres, de Liverpool et d'Oldham étaient représentées à cette réunion, en même temps qne le directeur de la compagnie de navigation anglaise de l'Ouest africain, sir Alfred Jones (1), les syndicats de filateurs d'Oldham et de Manchester, diverses autres associations de même nature de Blackburn et des villes du Lancashire, les commerçants de l'Afrique occidentale, les négociants en coton, courtiers, tisseurs et manufacturiers, etc. Le but de la réunion était d'élargir la zone britannique des cultures cotonnièics, plus spécialement en Afrique occidentale, et, avant la clôture de la séance, une a Association britannique de cultures cotonnières » était constituée avec un premier capital de 10,000 livres, destiné à être exclusivement consacré à des essais dans les territoires de l'Ouest africain et autres possessions d'outre-mer. Cette réunion fut suivie d'une autre assemblée tenue à Manchester au mois de juin, et au cours de laquelle la résolution primitive fut confirmée et accentuée, en même temps qu'on décidait de porter le fonds d'études à 50,000 livres. Les résolutions votées à cette seconde réunion furent les suivantes :
Résohitiorv.
1° Dans l'opinion de cette assemblée, le maintien de la prospérité de l'industrie cotonnière britannique dépend d'une augmentation de la matière première, et il est désirable qu'on développe les zones où nous nous approvisionnons de cette matière première;
2° Afin d'atteindre ce but il est constitué une association qui prend le titre d'Association britannique des cultures cotonnières;
3° Le principal objet de cette association est la culture et l'exploitation du coton dans les colnies, possessions et iDrotectorats britanniques;
4° Un fonds de garantie de 50,000 livres est constitué, pour être dépensé en cinq ans, aucun souscripteur n'étant tenu de verser chaque année plus d'un cinquième de la quote-part souscrite;
5° L'Association aura la faculté de former une ou plusieurs com-
(1) Qui depuis longtemps a personnellement déployé le plus grand zèle à favoriser en Afrique occidentale la culture et l'exploitation du coton.