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le devoir, saos douti», umis iio:i parca que U decoir l'exigf. n'nuiro pajt. si ra<lvtMsUù et im chagrin san«* l'Sjmir ont coiiipl.t.Mnt'iil ôln l'r.inour do la vi(\ <'t si le nialh'Miroiix, d'pspril v&ilIftTït, plus indifriié contr»» la doslinôo qu'ahallu et dj^couragé, soiihail.^ la luurt, »'l cependant conserve la vie saus l'aimer — non par inclination on par craint»', mais par devoir, — alors, vraiment, sa maxinie a nno valenr morale.
«. C'est nndovoir de faire le bien quand on In peut, ot on outre, il y a beaucoup d'esprits ronstilu»^ de telle sorte que sans aucun autre motif do vanité ou d'inténH personnel, ils prennonl plaisir à répandre la joie autour d'eux, et jouissent do la satisfaction des autres, comme étant leur propre ouvrage. Nais je soutiens qu'en un tel cas une action d.î ce p:enre, si convenable, si aimable qu'elle puisse être, n'a néanmoins aucune valeur morale, mais qu'elle est au niveau des autres inclinations. «
J'ai donné cet extrait tout au long afin que soil l>icn comprise la doctrine ivinaniuable qu'il explique, — doctrine surtout remarquable dans l'exemple de la dernière phrase. Examinons, maintenant, ce que cela veut dire.
Toutefois, avant de faire ceci, je puis reniarquer (pie, si l'espace le permettait, on pourrait prouver assez clairement que la distinction admise entre le sentiment du devoir et rinclinalion n'est pas soulenable. L'expression m<^me de sens du devoir implique que Tétat mental si^jnifié est un sentiment^ et s'il est un senlimeut, il doit, comme d'autres sentiments, être satisfait par des actes d'une certaine sorte et blessé par des actes de la sorte opposée. Si nous prenons le mot conscience, qui équivaut à sentiment du devoir, nous voyons la même chose. Les expressions communes d' « une conscience délicate », d' «< une conscience endurcie », indiquent la perception que la conscience est un sentiment — un sentiment qui a ses satisfactions et ses mécontentements, et qui dispose un homme, qui le fait incliner vers des actes i^ui donnent les premièi-es et qui
évilenlles deniiors, — proiluit une inclination. La vérité, c'est que la conscience ou le sentiment du devoir est une inclination d'une espèce complexe, distincte des inclinations d'espèces plus simples.
Mais admettons sans réserves la distinction faite par Kant. Ce faisant, admettons aussi sa proposition que les actes d'une espèce quelconque accomplis par inclination n'ont pas de valeur morale, et que les seuls actes ayant une valeur morale sont ceux qu'on exécute par un sentiment de devoir. Pour éprouver celte proposition, suivons l'exemple qu'il nous donne. De même qu'il voudrait qu'on jugeât la (pialité d'un acte en le supposant universel, jugeons de la valeur morale, telle qu'il la conçoit, en faisant la même supposition... Pour ce faire d'une manière efficace, supposons qu'il s'en trouve un exemple non seulement dans chaque homme, mais dans tous les actes de chaque homme, k moins que Kant ne prétende qu'un homme peut être digne, moralement, à un trop haut degré, nous devons admettre que plus grand est le nombre de ses actes et plus grande sera sa valeur morale. Regardons-le donc comme ne faisant rien par inclination, mais tout par un sentiment de devoir.
Quand il paie l'ouvrier qui a fait une semaine de travail pour lui, ce n'est point parce que retenir les gages d'un homme serait contraire à son inclination, mais uniquement parce qu'il voit que c'est un devoir de remplir ses engagements. Il prend grand soin de sa vieille mère, mais ce n'est point par tendresse pour elle, mais parce qu'il a conscience d'une obligation filiale. Quand il porte témoignage en faveur d'un homme qu'il sait avoir faussement accusé, ce n'est pas pas parce qu'il serait blessé en voyant l'homme injustement puni, mais simplement pour obéir à une intuition morale lui montrant que le devoir public
LA MdllAI.K I>K KANT il
xitzc (luil (K'pose en juslice. (juainl il \^>\{ un |»i'lil «Mifaiit .11 (lan^'iT iltMre t'crasé,. vl i\{i'\\ se (lélouriic pour l'en anaeluT. il ne le fait point parée (jue la pensée de la mort iiuniinente de renfaiit lui est pénible, mais parée (pi'il sait ijue e'esl son deNoir de sauver la \ie. ICt ainsi de même, •Jans tous ses rapports de mari, d ami. de eitoyen, H |)ensc toujours à ce »pi Ordonne la loi de la bonne conduit»', et le lait parée (jue e'esl la loi de la bonne coiuluite, non parc-c (pi'il satisfait ses affections ou ses sympathies en le faisant. (!e nest pas tout, cependant. La doctrine de Kaiit le mène bien au delà de ceci. Si les actes (jui sont faits par devoir ont seuls une valeur morale, nous ne devons pas seulement lire nue la n aleur iiKualc dun homme est plus f,Tande en proportion du plus^Mand nombre de ses actes; nous devons lire aussi que sa valeur morale est plus grande en proportion le ce (lue son sentiment du devoir lui fait faire le bien non s 'ulementsansinclination, maisconlre son inclination. Selon ■ Kafiî, donc, l'homme le plus moral est Ihomme dont le sentiment Ju devoir est si fort qu'il s'abstient de voler bien qu'il en soit fort tenté, qui dit de quelqu'un autre la vérité lorsqu'il limerait à lui nuire oar un mensonge, qui prête de l'argent à son frère bien qu'il préférât le voir dans la misère, qui va appeler le médecin poui" son enfant malade bien que la mort le soulaij;eàt de ce qu'il sent être une charge. Oue penser, maintenant, d'un monde peuplé d'hommes du type moral de Kant. — d'hommes qui, dans un cas, en faisant le bien, le font avec indiflérence, et respectivement, savent les uns des autres qu'ils le lont ainsi, et d'hommes qui, dans le cas opposé, sont justes les uns envers les autres, malgré les suggestions des mauvaises passions, et qui se savent, respectivement, entourés d'autres hommes disposés de même? La plupart liroid, je pense, que, même dans le pre-
mier cas, la vie serait à peine siipporlal^le, el que, dans le seeontl, elle sérail absolument inloléiahle. Si les hommes avaient de telles natures, Schopenhaiier aurait réellement eu raison d'insister poui' que la race s'achevât le plus vite possible.
Examinons, maintenant, les agissemenis de r<Mre qui, selon Kant, n'a pas de valeur morale. Il accomplit son labeur quotidien non pas en pensant à son devoir envers sa femme et son eniant, mais ayant l'esprit plein du plaisir d'assister au spectacle de leur bien-éti'e; et en amvant chez lui, il est heureux de voir sa petite fille, aux yeux rieurs et aux joues roses, mangeant à belles dents. Quand il rend à un marchand la monnaie que celui-ci lui a donnée en trop, il ne s'iUTéte point à demander ce qu'exige la loi morale; la pensée de profiter de l'erreur de cet homme lui répugne iastinclivement. Il se jette à l'eau pour sauver un homme qui se noie, sans idée d'obligation, mais parce qu'il ne peut contempler sans horreur la mort qui le menace. Si, pour un homme qui se trouve sans occupation, il prend beaucoup de peine pour le placer, il le fait parce que la conscience des difficultés de cet homme lui est pénible, et parce qu'il sait que son patron et l'homme lui-même y trouveront égal avantage ; aucune maxime morale n'entre dans son esprit. Quand il va voir un ami malade, les tons doux de sa voix et l'expression amicale de sod visage montrent qu'il ne vient point par un sentiment de devoir, mais parce que la pitié et le désir de distraire son ami l'ont ému. S'il contribue à quelque mesure publique ayant pour objet d'aider les pamTes à se suffire, ce n'est point pour obéir à rinjonclion : « Faites ce que vous voudriez qu'on vous fit », mais parce que les misères qui l'entourent le rendent malheureux, et que l'espoir de les adoucir lui fait plaisir. Et