‹ Problèmes de morale et de sociologieChapitre 9 sur 30 · L.\ ^ÎOIlALi: DE KA>T tl · texte numérisé non relu

L.\ ^ÎOIlALi: DE KA>T tl

prul penser l'acliou el ia réaction aulremeiil <|u'é^ales et opposées. De même, elwupu* jiourquoi eU*tia(|ue par conséquent empli»yés dans un iu>;iimeiil malliéinaliipie, eoiinr»lo une pioposiilion iloiil les lermes soiil absoluiiifiil eoluTfiils dans le mode allé«^ué ; c'est prouvé par le fait (pie la leiitalive de réunir dan^ la conseionce les lermes de la proposition opposée est futile. Kl cette méthode d'éprouver, à la fois, les propositions fondamenUiles cl toutes les parties des as.senild;!p's de propositions élevés sur elles, est poursuivie d'une manière lo^'iquc dans la vériliealion de la conclusion. On compare l'inférence et l'observation, et quand elles sont d'accord, on liei»l j)our inconcevable que l'inférence soit autre chose (jue vraie.

Kn opposition avec la méthode que je viens de décrire, distiof^uée sous le nom de la méthode a priori légitime, il y a ce qu'on peut appeler, j'allais dire la méthode a priori illéi;ilime, mais le mol n'est pas assez fort, il faut l'appeler la méthode a priori renversée. Au lieu de débuter par une proposilion dont la né^Mlion est inconcevable, elle débute par une proposition dont raflirmation est inconcevable, et pari de là pour tirer des conclusions. Elle n'est point logique, loutefois, elle ne continue pas à faire ce qu'elle fait d'abord. Axant établi une proposition inconcevable pour conmiencer, elle ne forme pas son argument d'une série de propositions inconcevables. Passé le premier pas, tous les autres sont de l'espèce qui compte connnunément. Les par conséquent et les parce que successifs ont les connotations ordinaires. La particularité consiste en ceci : (jue dans chacpie proposition excepté la première, le lecteur doit admettre la nécessité logique dune Inférence tirée, par la raison que l'inverse ne peut éln' pensée; maison ne suppose pas qu'il -attende à une telle coniormité à la nécessité logique dans

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la proposition primaire. Le dlctum d'une conscience logi- (jne, qui doit cire reconnu comme valide à chaque pas conséculil, doil cire négligé dans le premier pas. Nous passons mai menant à un exemple de cette méthode qui nous concerne ici.

La première j)hrase du premier chapitre de Kant est celle-ci :

Rien de ce qu'on peut concevoir dans le monde, ou môme en dehors, ne peut être appelé bon, sans qualification, sauf: une Bonne Volonté' .

Et])uis, à la page suivante nous toml)ons sur cette définition:

Une bonne volonté est bonne non à cause de ce qu'elle opère ou effectue, ni par son aptitude pour atteindre quelque fin qu'on se propose, mais simplement par la vertu de la volilion, c'est-à-dire qu'elle est bonne en soi,, et, considérée en soi, doil être estimée beaucoup plus haut que tout ce qu'elle peut réaliser en faveur de quelque inclination, même de la somme totale de toute^s les inclinations 2.

La plupart des idées fausses résultent de l'habitude de se servir des mots sans les traduire enlièremenl en pensées, de les utiliser avec connaissance de leurs significations dans l'emploi qu'on en fait d'ordinaire, mais sans s'arrêter à examiner si ces significations peuvent leur être données dans les cas énoncés. Ne nous tenons pas pour satisfaits en pensant vaguement à ce qui est compris comme « une Bonne V^olonlé », mais interprétons les mots d'une manière définie. La volonté implique la conscience d'une fin (luelconque. Si vous en excluez toute idée de but, la conception de la volonté disparaît. Une fin de quelque espèce étant

» KdUl . Critique de m uuison pratique, p. 11.

LA IIOIIAI.R I)K KANT 20

luVessaiivnKiii iiupliijin'c par la roiicrptiuii tl«» vulontô. la qualilr île la voloiiU* est (h'U'nuiiMM' par la «pialil»'- dt* la lin t\\ï\m a on vu»'. LavoIoiitriilt'-iiu^iMc, coiisidrn* • «mi dehors de tout adjeetif (pialilicalif, ii'esl pas «•oimaissalii»' par la Moralité. Klle ne devifiit eoimaissahle que lorMpi'elle aeipiierl un caracU-rr lion ou mauvais, eu V(*rtu de sa lin Imnne ou inauNaise. Si queUpiun doute de eeei, qu'il essaie de Noir s'il peut iiua<^Muer une Ixinni' volonté (|ui ail un but inau\ais. Toute la (pirslion, |)ar eonsécpient, ;,mI dans la si^Miilicatinu du mot « l)(»n ". Examinons les si^^'nilieations (pi'on lui donne d'ordinaire.

Nous disons: de bonne viande, de bon pain, de bon vin; parées mots, nous entendons soit «pie ces substances sont savoureuses et nous |)rocurent du plaisir, soit qu'ell*f»s sont saines, et en amenant la santé amènent le plaisir. Nous disons: un bon feu, de bons vêtements, une bonne maison, |)arce (jue ces choses contribuent au confort, (jui est synonyme de plaisir, ou encore flattent le sentiment esthéti«iue, qui sijj:nilie aussi plaisir. Il en est de même pour les choses qui. indirectement, contribuent à notre bien-être, comme de bons outils et de bonnes routes. Quand nous parlons d'un bon ouvrier, d'un bon professein*, d'un bon médecin, il en est de même : nous entendons par là, indirectement, l'efficacité à contribuer au bien-être des autres. Et encore un bon gouvernement, de bonnes institutions, de bonnes lois, connotent des avantages procurés à la société où ils existent, avantages (jui sont équivalents à. certaines sortes de bonheur, positif ou négatif. Mais Kant nous dit qu'une ]>oime volonté est celle qui est bonne en soi et pour soi, en dehors de ses lins. Nous ne devons pas nous la représenter comme suggérant des actes profitant à l'homme lui-même, pour sa santé, pour son éducation, ou pour l'amélioration

de ses inclinations; car loiites ces choses, en fin de comple, ^•onlrilniont au bonliour, et ne sont recommandées que ^)arce qu'elles le font. Nous ne devons pas considérer une volonlé comme honne parce que, en raccomplissanl, de^ amis sont sauvés de la soulTrance, ou ont une augmenti.' lion de plaisir, car ceci impliquerait qu'on l'appelle bonne à cause de fins avantageuses en perspective. Il ne faut pa.« non plus tenir compte de ce qui mène à des améliorations sociales, présentes ou à venir, quand nous essayons de ccncevoir une bonne volonté. Bref il nous faut former notre idée d une bonne volonté sans aucun des matériaux avec lesquels on forme l'idée de bon; ce terme ne doit s'employer dans la pensée que comme un terme éviscéré

Nous avons donc, ici, un exemple de ce que j'ai appelé plus haut la méthode a priori renversée : celle où Toit débute avec une proposition inconcevable. La métaphysique de Kant commence par affirmer que l'espace n'est (( rien que » une forme d'intuition, qui appartient entièrement au sujet et nullement à l'objet. Ceci est une proposition verbalement intelligible, mais c'en est une dont les termes ne peuvent être réunis dans la conscience ; car ni Kant, ni aucun autre, n'a jamais réussi à amener en unitc de représentation la pensée de l'espace et la pensée du Soi, comme étant l'un un attribut de l'autre. Et nous voyons ici, que, de la même manière, la morale kantienne commence par établir une proposition paraissant avoir une signification, mais qui n'en a pas en réalité; une chose qui, sous les conditions imposées, ne peut être exprimée du tou! par la pensée. Car ni Kant, ni aucun autre, n'a jamais pu r*. ne por.rra jamais, former l'idée d'une bonne volonté^ I quand du moi bonne sont banniea louLes ies pensées des ^ fins que noua distinguons sous le iium de boiiuc».

LA MUKAU: l)K KANT :(l

tAi(i('iiiiu«'iit. Kaiil liii-imMiie voil que son atlituilr pn • vu4|iu' l'atta(|u<'. rar il se défend. Il dit:

Il y a, toutefois, qui-Ique chose do si étranj:»» dans celts ulve do la valeur absolue do la pnro volonté, ou l'on ne îieni aucun rvini^itc do sou utilité, qu*'. niulf;rû l'ASSontiincht complet de la raison de tous h cette idéo (!) il doit naître quelque «^•«upçon qu'elle peut, peut-être en réalité, être le produit lUMi- pure exairératiou de l'ima^'ination, etc.

Kl juiis, pour préparer une juslilication, il ajoute:

Dans la constitution physique d'un être orj^anisé, iwjus admettons comme priitci|>e fondamental qu'aucun or;.'ane, pour un but quelconque, ue s'y trouve, qui ne soil aussi le plus apte et le mieux adapté à ce but.

Mainleuaut, si mùme c-etle supposition avait été valide, 1 arjL'ument qu'il base sur elle, si tin'* [lar les cheveux qu'il suit, aurait pu être euusidéré eunime insuftisant pour autoriser ridée qu'il peut y avoir uue volonté, conçue comme clanl lx)iine, sans aucune référence à de boikoes tins.

.Mais, malheureusement pour Kanl, cette supposition est absolument sans valeur. De son temps, elle a peut-être passé >aiis discussion, mais, de nos jours, nos biologistes ne l'admellraieut pas. Avec l'hypothèse de la création spéciale on pouiTait essayer quelque défense, mais l'hypothèse de l'évolution lui est opposée, tacitement, du tout au tout Commençons avec quelques faits secondaires qui militent contre la supposition de kant. Prenons, d'abord, Ics Mjjanes rudimenlaires. Ils sont nombreux, dans tout le rè^Mie animal. Représentant des or«jranes qui étaient utiles chez les iNpes ancestraux, ils ne sont plus utiles chez les types qui les jxjssèdent actuellement, et étant rudimenr tîiires, ils sont nécessairement imparfaits. En (»atre, étant nuisibles en ce qu'ils im[)Oseut une charge à la nutrition

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sans aucun bul, ils sont, presque cerlainenient, en (juelques cas, nuisibles et iiènanls. Puis, outre Targumenl lire des organes rudinienlaires, il y a celui des organes « kIc pis-aller », qui forment une grande classe. Nous en avons un cas remarquable dans l'organe natatoire du phoque, formé par l'apposition des deux membres postérieurs, organe manifestement inférieur à celui qui aurait été spécialement formé pour cette fonction, et q\ii, pendant les premières étapes des changements qui l'ont produit, a du être très peu satisfaisant. Mais on verra mieux l'inexaclilude de la supposition en comparant un organe donné dans un type d'être inférieur, avec le môme organe dans un type supérieur. Par exemple, le canal alimentaire, chez les êtres très inférieurs, est un simple tube, pratiquement homogène d'une extrémité à l'autre, et ayant, à travers toutes ses parties, la même fonction. Mais chez un animal supérieur ce tube se différencie en bouche, en œsophage, en estomac (ou estomacs), en petit et gros intestins avec les diverses glandes qui y sont attachées et y déversent leurs sécrétions. Si cette dernière forme de canal alimentaire doit être considérée comme un organe parfait, ou quelque chose d'approchant, que dirons-nous de la forme primitive, et que dirons-nous de toutes ces formes qui se trouvent entre les deux? Le système vasculaire, de même, fournit un exemple frappant. Le cœur primitif n'est qu'une dilatation du grand vaisseau sanguin, — un sac à pulsations. Mais un mammifère a un cœur à quatre chambres avec des valvules à l'aide desquelles le sang est, poussé à travers les poumons, pour s'aérer, et à travers le corps entier pour des buts généraux. Si ce cœur à quatre chambres est un organe parfait, qu'est-ce que le cœur primitif, et que sont les cœurs des multitudes d'êtres qui sont au-dessous des vertébrés

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suiHiifurs? Ilot iiianifcNt»' que !e urocessus dV'Volulion imjiliiiuc un (•(nitiiiucl rciiiplacomoiit des tMrrs uyaul des or^Miits infiricurs, par des cic.;lures ayant des organes supérieius, tandis que les Hres inférieurs caoaMes de survie occupent les sphùres inférieîîres de la vie. 11 n'en est pas ainsi seulement dans tout le règne .;ninial juscpi.i l'homine mÔme, mais encore dans les limites de lu née huiuaine. Le cerveau et les membres inférieiu-s de diverses races inférieures sont des or^'anes stériles, "uFnfiîrés à ceux des races supérieures. D'ailleurs, même dans le tNpe le plus élevé, chez l'honune, nous avons des imperfections évidentes. La structure de l'aine est inq)arfaite ; les hernies fréquentes qui en résultent auiaient été empêchées par la fermeture des anneaux inguinaux jjendant la vie du fœtus, après qu'ils auraient renqjli leur office. Cet organe d'importance suprême, la colonne vertébrale, aussi, n'est, jusqu'ici, qu'imparfaitement adaptée à la position droite. Ce n'est que grâce a une vigueur considérable que peuvent être conservées, sans effort appréciable, ces contractions musculaires qui produisent la flexion sigmoïde, et qui amènent la partie lombaire dans une position telle que la « ligne de direction » se rencontre avec elle. Chez les jeunes enfants, chez les garçons et les filles auxquels on dit de se « tenir droits », chez les personnes faibles, et chez celles qui sont àgées^ l'épine dorsale prend cette forme convexe qui caractérise les primates inférieurs. Il en est de même pour l'équilibre de la tête. Ce n'est que par un effort musculaire, auquel l'habitude nous rend insensibles, comme aussi elle le fait contre l'exposition du visage au froid, que la tète se mainlienl droite. Dès que certains muscles du cou se détendent, la tète tombe en avant, et quand la débilité est grande, le menton repose sur la poitrine d'une manière permanente.

S.^ENCER. — ProbL 3

La supposition de Kanl est. en effet, si loin d'ôlre ^Taie, qu'il est probnltle que c'est l'inverse seul (pii est vrai. En voyant les exemples innombrables d'iniperfeetions que présentent les types inférieurs d'organismes, imperfections qui vont en diminuant à mesure qu'on remonte vers les types supérieurs, tout en y étant encore représentées, quiconque conehu'a, ainsi qu'il est raisonnable de le faire, que l'évolution n'a pas atteint sa dernière limite, doit inférer qu'il n'existe probablement pas d'organe parfait. Ainsi la base de Targument par lequel Kant essaie de justifier son idée, quil existe une bonne volonté à part d'une bonne lin, disparaît entièrement , et laisse son dogme dans toute son incogitabilité*.

i Je m'aperçois que dans les paragraphes précédents j'aî été à la fois injuste et trop indulgent envers Kant, — injuste, en admettant que sa vue de l'évolution était liuiilée à la genèse de notre système sidéral, et trop indulgent, en admettant qu'il ne s'était pas contredit lui-même. Ma connaissance des écrits de Kant est extrêmement limitée. En 1344, une traduction de sa Critique of Pure Reason (alors récem aient publiée, je crois), me tomba entre les mains, et je lus les quelques premières pages énonçant sa théorie du temps et de l'espace; mais comme je la rejette péremptoirement, je fermai le livre. Il m'est arrivé, depuis, denx fois, d'en faire autant car. étant un lecteur peu patient, il m'est impossible de continuer un ouvrage quand je ne suis pas d'accord avec les propositions cardinales qu'il renferme Je savais aussi une autre chose : je savais par des références indirectes que Kant avait avancé l'idée que les corps célestes ont été formés par l'agrégation de matière diffuse. Ma connaissance de sea idées n'allait point an delà, et ma supposition que sa conception, évoluliouiste s'était arrêtée à la genèse du Soleil, des étoiles et des planètes, était due au fait que la théorie du temps et de l'espace, comme formes de pensée préC'^dant reïpi'TieDce, impliquait une origine surnaturelle, incompatible avec l'hypothèse de la genèse naturelle. Le docteur Panl Carus, qni, peu de temps après la publication de cet article dans la Fortnightl;/ R>rvlevj, de juillet 1888, entreprit de défendre la morale de Kant dans le journal américain dont il est l'édileur, The Open Court, a maintenant (14 septembre 1890^ traduit, dans un autre article de défense, divers passages de la Critique of .hidf/ment, l'rcsutnahle Orifjin of Ihunanit!/, et Upon the Différent Races of Mfmkind, de Kant, ouvrages qui montrent que, bien que celui-ci ait été, en partie, évolntioniste dajis ses sp<^eulatioiis sm* les êtres vivants, il y a, peut-être, quelque raison de douter que le docteur Carus ait fidèlement traduit ces passages en anglais. Lorsque, comme dans le premier des articles qu'on vient de nommer, il n'a pas réussi à distinguer entre être conscient et être consdencieux, et lorsque comme dans le dernier article, il blâme les Anglais d'avoir mal traduit Kant et d'avoir dit : « Kaat soutenait qne l'espace et le temps sont des intuitions j>, ce qui est tout

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Vue des proposilions t-uiitiMiues dans Ir preinitT chapilir de Kunl r>l que « plus une raison eullivee 8'a|)(ili«|ue, a\i-c un but (lélini,à jouir de la vie el du bonheur, et moins llioiniue éprouNe de satisfaction vrritable ». La première rcmanpie appelée par eetle assertion, e'est cpie dans sa forme absolue elle n'est point vraie. J'aflinne, d'apn-s mes Npérienees personnelles, (pi'elle n'est pas vraie. J'ai eu, dans le eours dr ma vie, beaucoup d'intervalles, chacun «le pins d un mois en moyentie, où je n'avais pour objet (jue

'i fait inexarl. car ils l'ont partout drcrit comme Fouteiiaut que l'espace it If lernp» sonl dfii formet d'ititniliou, on *-nl excusable de ptii--> ■<"''< ^it possilile que le »iort»iir Carus nit vu Annf quelques-unes dei> de Kant des »i|»nificution» quelles n'ont ivellement pas. Fouil...; . . ;j8 jîéuénil des pas»af.(v6 cités rend assez évident que Rant a du croire eo l'opération des causes naturelles comme aj^issant en grande mesure, quoii|ue pas couiplelemenl, dans la production des formes or<{auique« ; et qu'il a étendu cette croyance (■ que l'on peut nommer u dit-il, •• une tentative hanlie de la raison «•) en quelque mesure à l'orijjine de l'homme lui-Miéme. Il ne va pas, pourtant, jiisqu â étendre sa théorie de la f;ej».se naturelle au point d'exclure celle de la peué?e surnaturelle. Quand il parle d une habitude organique • qui, «laus la stigesse de la nature, semble avoir été ainsi arrangée pour que l'espèce fût conservée ■; et quand, plus loin, il dit : » .Nous voyons, en outre, qu'un germe de raison est placé eu lui, par lequel, après le dével.»ppeuient de ce môme germe, il est destiné au commerce social *, il implique une interve'utioa divine. Ceci montre que j'avais raison d'affirmer qu'il croyait que l'espace] et |le teiup». comme fonues de pensée, sont des dons surnatureU. S'il avait cncu l'évolution organique dune manière logique, il aurait nécessairement regardé l'espace et le temps comme des formes subjectives engendrées par le commerce avec des réalités objeclÎTes.

Les passages traduits par le docteur Carus, outre qu'ils montrent que kant avait une croyance partielle, si ce n'est complète, en l'évolntion organique (bien que sans aucune idée de «es causes , témoignent aussi d'une croyance qu'il m'incombe particulièrement de faire remarquer comme ayant trait à sa théorie de la • bonne volonté ■. Il cite avec approbation nne leçon du docteur .Moscati, montrant que •• la manière de marcher debout, de l'homme, est forcée et n'a rien de naturel ». et mettant en lumière aussi les arrangements viscéraux imparfaits et les maladies qui en sont la consèqaence : uou seulement il adopte le raisonnement du docteur Moscati, mais il en donne des exemples. Si donc, ici, il admet distinctement, ou {m'orne affirme, que divers organes hum.tins sont iiiiparfuiteuient ajustés à leurs fonctions, que devient le postulat déjà cité : « qu'aucun organe ayant un but quelconque n'y sera trouvé qui ne Soit aussi le plus apte et le mieux adapté à ce but ■• ? Et que devient l'argument qui débote par ce postulat? Il e<t évident que je dois au docteur Carus de m'avoir mis à même de prouver qoe la défende de sa théorie de la << bonne volonté », par Kant, est, de sou propre aveu, sans aucune base.

la recherclie du bonheur, et pendant lesquels j'ai réussi aie coûter. On peut juger à quel point j'ai réussi, uar le fait que je revivrais volontiers chacune de ces périodes, sans y rien changer, — affirmation que je ne puis assurément pas faire à l'égard des parties de ma vie passées dans l'accomplissement quotidien des devoirs. Kant aurait dû dire que la recherche exclusive de ce que nous distinguons sous le nom de plaisirs et d'amusements, est décevante. Nul doute que ce ne soit là la vérité, et par la raison évidente que, en exerçant avec excès un groupe de facultés, on les épuise, et on laisse sans exercice un autre groupe qui, par conséquent, ne donne pas le plaisir qui accompagne cet exercice. Ce n'est point, comme le dit Kant, la direction d'une « raison cultivée », qui cause un désappointement, mais bien la direction d'une raison qui n'est pas cultivée ; car la raison cultivée enseigne que l'action continue d'une petite partie de la nature, jointe à l'inaction de tout le reste, doit finir par le mécontentement.

Mais, en admettant que nous acceptions l'assertion de Kant en bloc, qu'implique-t-elle? Que le bonheur est la chose désirable, et d'une manière ou d'une autre, la chose qu'il faut obtenir. Car autrement, que signifierait l'assertion qu'elle ne sera pas conquise quand on en fera l'objectif immédiat? Celui à qui l'on ferait cette réflexion pourrait légitimement répondre : «. Vous dites que je ne parviendrai pas au bonheur si j'en fais le but de mes recherches? Supposons que je n'en fasse pas le but de mes efforts : l'aurai-je alors? Si je l'ai, alors votre avertissement revient à ceci : c'est que je l'obtiendrai mieux en le cherchant d'une autre manière que celle que j'adopte; si je ne l'ai pas, alors je reste privé de bonheur en suivant votre manière de faire, tout comme en suivant la mienne, et il n'y a rien de gagné »,

LA MOIIALK DK KANT .'17

Vi\ o\('in|iI«' iih)iitivra ;iiieu\ la chose. Le inaître-an-lier (lit à un comiut'iiranl : « Ne visez pas avec votre llrche direcleineiil au Itul. Si nous faites ainsi, vous le inani|uerez infaillililt'intiil II faut \iscr haut, au-<lessus de la cil)Ie, et pcul cire alors nicllrc/xous votre flèche dans le noir ». Ouiinplicpicnl ravcrtisscnicnt et le conseil? K\idcnnncnt(jue

I «thjcctif est d'atteindre la cihic. Autrement il n'y aurait aucun sens dans la reinanjue qu'on la manquera en la visant irop directement, et encore moins de sens dans la remar- (jue (lue, pour mettre dans le noir, il faut viser au-dessus.

II n'y a aucun sens dans la remanpic (pie le bonheur ne sera pas obtenu s'il est cherche directement, à moins (jue le iionheurne soit une chose à obtenir dune façon ou d'une autre.

« Oui. il y a du sens », j'entends dire. «Tout comme il se |»cut (pie la cible ne soit pas du tout la chose qui doit (Mre atteinte, en la visant directement ou indirectement, mais (jue quelque autre chose doive être atteinte, de nu^'ine il se peut que la chose à conquérir. imnR'diatement ou plus tard, ne soit pas du tout le bonheur, mais quelque autre chose; l'autre chose étant le devoir. » L'interlocuteur de tout à l'heure peut très bien répondre à cela : « Que veut donc dire Kant en affirmant que l'homme qui recherche le JKHilieur « manque de \Taie satisfaction?» Tout bonheur est compose de satisfaction. La « vraie satisfaction » ne veut |)as dire un plus grand bonheur du Soi — éloigné si ce n'est prochain, dans une autre vie si ce n'est dans celle-ci ; — et si cela ne signifie pas un bonheur plus grand que celui de rendre les autres heureux, alors vous me proposez comme but un bonheur plus petit au lieu d'un plus grand, et je n'en veux pas ».

De sorte que, dans cette soi-disant répudiation de la

tliéoric du bonheur comme but, se trouve l'inévitable implication qu'il est le but.

La dernière considération nous amène naturellement à Tuio autre doctrine cardinale de Kant. Je dois en extraire une longue citation, afin qu'il ne puisse y avoir d'erreur dans 'exposition de celle-ci :

« J'omets ici toutes les actions qui sont déjà reconnues comme incompatibles avec le devoir, bien qu'elles paraissent être utiles à tel ou tel but, car avec ces dernières il ne peut être question de savoir si elles sont faites par devoir, puisqu'elles sont même en conflit avec le devoir. Je mets aussi de côté les actions qui se conforment réellement au devoir, mais pour lesquelles les hommes n'ont 'pas d'incUnalion directe, mais les accomplissent parce qu'ils y sont poussés par quelque autre inclination. Car, en ce cas, nous pouvons aisément distinguer si l'action qui s'accorde avec le devoir est faite par devoir, ou avec quelque but égoïste. Il est bien plus diflîcile de faire cette distinction quand l'action s'accorde avec le devoir, et qu'en outre le sujf^t y est porté par une inclination directe. Par exemple, c'est toujours une affaire de devoir qu'un négociant ne trompe pas un acheteur inexpérimenté, et partout où le commerce est considérable, le marchand, prudemment, ne surfait pas, mais a un prix fixe pour tous, de sorte qu'un enfant peut lui acheter tout comme une autre personne. Les hommes sont donc servis honnêtement, mais ce n'est point assez pour vous faire croire que le commerçant a agi ainsi par un sentiment de devoir et des principes de probité; son propre avantage l'exigeait. 11 n'est pas question de supposer qu'il ait eu, eu outre, une inclination directe en faveur des acheteurs, de façon à ne donner, pour l'amour d'eux, aucun avantange à l'un sur l'autre (!). Par conséquent, l'action n'a été faite ni par devoir, ni par inclination directe, mais purement dans un but égoïste. D'autre part, c'est un devoir d'entretenir sa vie, et, de plus, chacun est porté naturellement à ce faire. Mais, à cause de cela même, le soin souvent inquiet qu'en prennent les hommes, n'a plus de valeur intrinsèque, et leur maxime n'a pas de portée morale. Ils conservent leur vie, comme l'exige

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