‹ Problèmes de morale et de sociologieChapitre 12 sur 30 · I- > qui rrfuM'nl d«* r«*d«T U-ui ... •• M · texte numérisé non relu

I- > qui rrfuM'nl d«* r«*d«T U-ui ... •• M

>uii> nuu* rneunibn*r p4r dri^ prfu\t*» ih . t

qui* ift nui^M* d<'> lionujit'N n'a pa» la nalun* rt*quiM*|Niurarrr tfr Ir d^V(*|opp<-ni(*nt du funclionnariMue t>ranniqut*, il Miflir.i d«A.imiii«'rlespn*u\t'sdiiViir» fournies |*ar ce» cUmm^i.

I '• Mju«-llr> pn-ilmiiiiir !«urtuu( 1 idiV >4KMaiiM(*. i*( qui

iil k'> plu«» inl«n>Tf> H la |)ro|Mp'r. — le» rla»M*^ ouvritTes. G*llf»-ri t*ou!»litU(*niient U» f^aud corpn d«» rorj:ani^atiun sooialislt*, et leurs camctèrei) en drlennini*rait*nl la nature. (JueU i»ont dune leurs caractères, tel.s que 1**^ luuiitrenl le> urfjanisations iju'ils ont drja furniées?

A la place de I c^oi>nu* des cla»<> cuipl(i\antes, el de l'è^oiMiie de la concurrence, il parait que nous aurons l'altruisme d'un système d'aide mutuelle Or, jusqu a qu«l point M* manifeste maintenant cet altruiMne dans la conduit** de> ouvriers entre eux? (jue dinin^num» des rc^'les limitant ' ' re des ouvriers admis dan> chaque métier, ou des

i . ,iii em|HH-henl que le^ .1 .n>.s inférieures d"uu\ners n'- .•» < lr\ent aux classes suj- .' On n'apervuit p«»int

dans de telles réglementations, de traces de cet allruiniie dont le socialisme doit être pt'nètri^. Bien au contraire, «m yvoil«*bercher les inlénHs privés ave«' tout autant d à prête qu il > en a chez le> > ■•ant"*. D'où il ' • ; . a moin^

dune amélioration - . et presijue i um' de la

nature humaine, nous devons conclure que la recherche de> i.i < iéts particuliers inHuencera les a^*«>ements de toutes L*i» cla»»es qui composent une so4'iété MH'ialiste.

Le mépris passif des droits d'autrui s'accompagne d'un empiétement actif sur ces mêmes droits. « Soyez des nôtres ou bien nous vous couperons les vivres », telle est la menace habituelle de chaque membre des corporations ouvrières à ceux qui travaillent, en dehors d'elles, au même métier. Tandis que leurs membres insistent sur leur propre liberté de combiner et de fixer les taux de leurb salaires, comme ils en ont parfaitement le droit, la liberté de ceux qui ne sont pas de leur avis n'est pas seulement niée, mais l'affirmer devient un crime. Les individus qui soutiennent leurs droits à faire leurs propres contrats sont vilipendés comme des « escrocs », et des « traîtres », et traités avec une violence qui n'aurait pas de bornes, sans la police et les peines légales. A côté de ce mépris des libertés des hommes de leur propre classe, il y aune arrogance de dictateurs envers la classe qui les emploie ; il ne leur suffit pas que l'on se conforme aux termes prescrits et aux arrangements du travail, mais nul, en dehors de ceux qui appartiennent à leur corporation, ne doit être employé; même, en quelques cas, il y aura grève si le patron a des transactions avec des commerçants donnant du travail à des hommes n'appartenant pas à la corporation ouvrière. Donc, nous voyons ici, chez les corporations ouvrières, ou tout au moins chez les plus récentes, la résolution d'imposer leurs règlements sans égards pour les droits de ceux qui doivent les subir. L'inversion des idées et des sentiments est telle que le maintien de ces droits est regardé comme un crime, et leur violation comme chose légitime'.

' 11 est merveilleux de voir à quelles conclusions arrivent les hommes quand iis abandonnent le principe simple que chacun ait la liberté de poursuivre les buts de la vie, sans être retenu par d'autres limites que celles que lui imposent les poursuites semblables de ces buts par d'autres hommes. Il y a une génération, nous avons entendu hautement affirme;'

DR LA LIBEhTÉ A LA SKUV1TII>R H)5

A cAtt^ de cetlt' humeur agressive dans iiik' diicctioii. il y a un esprit de soumission dans 1 autn*. Ka eoercilion des non-unionistes par les unionistes ne peut se comparer ({u'à leur suji'Mion à leurs chefs. Pour vaincre dans la lutte, ils abandonnent leurs libertés individuelles, leur jugement individuel, et ne montrent aucun ressentiment contre les dictateurs cpii Iciiriniposcnl drs lois. Nous \(»\ons partout une subordination telle (pic des armées d'ouvriers quittent à l'unanimité leur travail, ou y retournent, sur l'ordre de leurs autorités. Us ne résistent pas davanta'^e quand on les pressure de taxes pour indemniser des ^grévistes, dont ils peuvent ou non approuver les actes, mais, au contraire, ils maltraitent les membres récalcitrants de leur corporation qui se refusent à souscrire.

Les caractères qui se font ainsi voir devront se manifester dans toute nouvelle organisation sociale, et la question se pose : « Que résultera-t-il de leur action quand il n'y aura plus rien pour leur faire contre-poids ? » Présentement, les corps séparés des hommes qui les présentent au milieu dune société moitié passive, moitié antagoniste, sont soumis aux critiques, à la réprobation d'une presse indépendante, et sont passibles de la loi, que soutient la police. Si. en de telles circonstances, ces corps prennent, habi-

<i le droit au travail », c'est-à-dire le droit à être pourvu de travail, et il existe pas mal de gens qui pensent que la communauté est tenue h fournir de l'ouvrape à tous. Comparez cela avec la doctrine ayant cours en France lorsque le pouvoir monarchique était à son apo<îée, savoir : que « le droit de travailler est un droit rojal que le prince peut vendre et que les sujets doivent acheter »; le contraste est assez frappant, mais nous en avons un plus frappant encore. Nonsassistuns aujourd'hui .'t la résurrectioQ de la doctrine despdtique. avec cette seule différence qjiie les Trades- Unions (corporations ouvrières) ont remplacé les rois. Car maintenant qu'elles sont devenus universelles, et que ehaiiue artisan doit payer une somme fixe à l'une ou l'autre, sans autre allernalive que d'être un nort-ttnio7}isle à qui Ton refuse l'ouvrage, on en est arrivé à ceci «jue le droit au travail est un droit de Trade-Union. que celle-ci peut vendre, et que le travailleur individuel est forcé d'acheter 1

106 PRORLKMES DE MOHALK F,T DE SOCIOLOGIE

lupllcincnl, (les mesures (jui drpnsstMU la liberté îndivf- (liiellc. (|irarrivera-l-il lorsciuau lieu (Krlre seulenien! de:? parties dispersées de la eonununaulé, gouvernées par leurs séries séparées de gouvernajils, elles eonstilueronl Ja eommunauté enlière. ré<.':ie par un système eousolidé de tels p)uvernanls? (piand des lonclionnaires de tout ordre^ y compris lélal-major de la presse, formeront partie de l'organisa [ion régulatrice, et (piand la loi sera, à la l'ois, décrétée et appliquée par cette organisation régulatrice? Les adhérents fanatiques d'une théorie sociale sont capables de prendre n'importe quelles mesures , si extrêmes quelles soient, pour réaliser leurs projets, professant, comme telles corporations religieuses d'autrefois, que la (in justifie les moyens. Et quand une organisation socialiste générale sera établie, le corps vaste, ramifié, consolidé, de ceux qui dirigeront ses activités, se servant, sans frein aucun, de toute coercition qui leur semblera utile aux intérêts du système (qui deviendront, en pratique, leurs intérêts propres), n'hésiteront aucunement à imposer leur règle rigoureuse sur la vie tout entière des travailleurs, jusqu'à ce qu'en définitive se développe une oligarchie officielle, avec des degrés divers, exerçant une tyrannie plus gigantesque et plus terrible qu'aucune de celles que le monde a vues jusqu'ici.

Je veux encore dissiper une conclusion erronée. Quiconque conclurait du raisonnement qui précède que l'état de choses actuel est satisfaisant, se tromperait étrangement. L'état social actuel est un état de transition, de même que les états sociaux passés. J'espère et je crois qu il y aura dans l'avenir un état social différant autant du présent que celui-ci diffère du passé avec ses barons en cotte de mailles et ses serfs sans armes. Dans les Social StaticSr

bï. l.V l.lUKRTl^: A LA SKIlVITl l»E loT

comme dans la Studi/ of Socioloinj , ol «laiis Potitlcat Institutions, on peut voir chiirtMiirnt if (i(''>ir (iiiiu' or^aiii>ation plus aple à faire l«* ImmiIu'ui* «les liomiii«*s en p'nrral. cpic celle cpii existe. Mon opposition au socialisme résulte «le ma <Tovance qu'il arnMenit le pro;jn''S vers (-««t rlat supérieur, et en amènerait un inférieur. S«Mile. la moilili<';ition lente de la natin-t> humaine, sous la disei|)lin«' de la vie sociale, peut punluire des clian/^iements avantageux, de fa^on permanente.

lUc erreur fondamt'nlale qui |)én'"'tre la pensée de presque tous les partis, poiilicpies ou sociaux, c'est que les maux peuvent être corri;^'és par des remèdes immédiats et radicaux : " Vous n'a\e7. qu à faire ceci pour ciuj>éclicr le mai "■, - Suivez mon plan et toute souIVrance disparaîtra »»; « La corrupli(»ii cédera, inévitablement, devant ci'tic mesure ». Nous avons tous rencontré des gens ayant explicitement ou implicitement des oj)inions de ce genre. Mlles sont toutes mal fondées. 11 est possible d'éloigner les causes ipii exaspèrent le mal: il est possible de changer de forme le mal, et il est possible, et très commun, d'exaspérer le mal par les elforts mêmes destinés à l'empêcher, mais tout ce qui ressemble à une guérison immédiate est imj)ôs>ible. Au cours de milliers d'années, l'humanité, en senudtipliant, a été tirée de cet état sauvage |)rimitif où de petits nombres se nourrissaient dune nourriture sauvage, pour arriver à Tétai civilisé dans lecpiel la nourriture rcipiise pour maintenir (le grands nombres ne peut s'oîitenir ipie par un travail continuel. La nature que demande ce dernier modo de vie est grandement dilTérente de celle (pi'exigeail le premier, et il a fallu traverser des soulTrances longtemps contiimées pour remodeler le premier étal et en faire le second. Une constitution qui n'est pas en harmonie avec ses condi-

108 pnoni.f:.MKS kk Mi>n\ir. f.t dk sociDior.iR

lions doit iK'ccssiunMiKMil sdiiIVrii", ol celle (iiToii ;i hériléo (riioiiiiiie> |iiiiiiitils e>l en ih's.ieord Awr les condilions imposées aux liommes (liiiijoiiidhiii. D'où il suil (]ii"ii est impossilile d'étahlir iminédiateiiieiit un ét;il social salisfaisant. La nalure (jui a ivnipli ri*]uroj)e de millions d'Iuumnes armés, ici aiïamés de concpiéle, et là altérés de vengeance, — la nature (pii |>ousse les nations soi-disanl chrétiennes à lutter ensendile pourenvoyer des e\]ié(ii!ions de llilnistiers à travers tout le monde, sans é<j:ard pour les droits des al)ori^u'nes, tandis que leurs dix milliers de prêtres de la reli^Mon d'amour eontem|)lent avec a|)prol)ation ces agissements, — celte nature (pii dans ses transactions avec les races plus faibles outrepasse la loi primitive de « vie pour vie », et pour une vie en prend plusieurs, celte nature, dis-je, ne peut par aucun arrangement devenir le lond d'une communauté vivant en bonne barmonie. La racine de toute action sociale bien ordonnée est un sentiment de justice, qui insiste à la fois sur la liberté personnelle et veut assurer aux autres une liberté pareille; et pour le moment, il n'existe qu'une somme très inadéquate de ce sentiment. D'où suit la nécessité de continuer, longtemps encore, une discipline sociale exigeant que chaque homme exerce son activité avec un respect légitime pour les droits semblables qu'ont les autres d'exercer leur activité, et qui, tout en insistant j)our qu'il ait tous les avantages que sa (•(juduite lui apporte naturellement, insiste aussi pour qu'il ne fasse pas payer aux autres les maux que sa conduite lui cause naturellement, à moins que ceux-ci n'entreprennent, librement, de s'en charger. D'où ro|)inion cpie toute tentative pour se dérober à cette disci|jliiie, non seulement échouera, mais encore amènera de pires maux que ceux auxquels on veut échapper.

D£ U UbLKTÉ A U HKIIVITL'DC tOl

C« n'esi ildiu' \Kï^ pniici|)alenieiit dniiH l'iiilér^t tien lasses eiii|tluyaiit('> ()ii« le MUMalisinc doit ^(n* ('nnil*a(tii. mais bien plus eiii'orc dans celui i\r>i classf^s omployécii. I a priHliifiion d<»il Hn* n'*j:U'*«*. d'une manit^n* ou tl«* l'auln*, «•l l«'> iv^'ulalour<. «lauN la iialuiv drs cIhim's, doivent toujour> former un pelil nombre, «m» comparaison avec celui de;» producteurs véritaliles. Avec la coopération voliuilaire tjui s'opère maintenant, les régulateurs, suivant leur> intértMs personnels, prennent du produit la part la plus ^n*ande (pi'ils peuvent avoir, mais, ainsi que nous le munirent journellement les succès «les crjopérations ouvrières, ils sont arrêtés dans la poursuite de leur.*» lins égoïstes. Avec la cotjpéralion forcée que le socialisme nécessiterait, le> ré«:ulaleurs. poursuivant avec un égal égoïsnie leurs intérêts personnels, ne pourraient pas être réprimés par la résistance cond)inée des travailleurs libres, et leur pouvoir, n'étant plus entravé, comme maintenant, par des refus de travailler >auf à des conditions prescrites, se manifesterait, croîtrait, et se consoliderait jusqu'à devenir iiTésistible. Le résultat ultime, ainsi que je l'ai déjà indiqué, serait une société comme celle de l'ancien Pérou, déplorable à contempler, où la masse du peuple laborieusement enrégimenté en groupes de dix, cin(|uante, cent, cinq cents, et mille liommes gouvernés par des ofliciers de grades correspondants, et fixés à leurs districts, était surveillée dans sa vie privée comme dans ses industries, et travaillait, sans espoir, pour soutenir l'organisation gonvernemeutale.

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