DIALOGUE
20 octobre 1882.
— Ce que vous avez vu a-t-il répondu à votre attente?
— Mon attente a été, de beaucoup, dépassée. Les livres -ur l'Amérique (pic j'avais lus, ne m'avaient donné aucune idée ;i(lé(piate de l'immense développement de civilisation matérielle que j'ai trouvé partout. L'étendue, la richesse, la magnificence de vos villes, et la splendeur de New-York,
' Essai publit' primitivomcnt en Amérique, et imprimé ensuite en Angleterre, dans la Conlempornrji lievlrw, de janvier 1883, précédé de la note suivante de l'éditeur: « L'état de lu santé de M. Spencer ne lui permettant malheureusement pas de donner sous forme d'articles le résultat de ses observations sur la société américaine, on a cru utile de reproduire, revu par lui et enrichi de quelques remarques nouvelles, ce qu'il a dit à ce sujet, surtout eu raison du fait que les comptes rendus qui eu ont par.i en ce pays sont inexacts, des récits de conversation ayant été abrégés, et le discours n'ayant été connu que par résumé télésrraphiquc.
o Les premiers paragraphes de la conversation faisant allusion à l'habitude qua. M. Spencer d'exclure les reporters, o.l h ses objcclions on système <le \'inlervieu\ sont omis comme étant sans intérêt pour le lecteur de ce volume. M. Spencer ne s'esijamais départi de sa régie comme on l'a supposé. Ce nest point à un journaliste que les opinions suivantes ontété exprimées, mais il un ami américain ; le but essentiel étant de corriprer les nombreuses <>rreurs de fait auxquelles les reporters avaient donné cours, l'occasion de <louncr des inqiressions sur le» alfaires d'Améii(|ue étant favorable a été mise à profit. >
m'ont alKiilijiii(>nl ôloniu'*. Bien qut* je n'aif |><i^ xi^iti* la ^^•^ fille dt» l'Ouest, Clvca^'o, ()ueU}iie}»-ijiieH d»* voh rn*alidij^ > «niulain'H n'cntes. tell«'«n|ui' Clcvel.ifid. in'oiil a**<*z «i.iim- |».ir i'i'* n'*5iillnts dr r«<*ti\itrtriiiie M'iilr;:«'iM'ralioii. I'.ii:(ii<«. (|iiaiid j'ai >i<«ilr di's localilrs n'.i\aiit i\ur dix inill«* liahilaiits, où le téléphone e»! d'un usii;;e paierai, je me >uis senti ()ue!((ue peu humilié pour nos propre» \illeN, si peu andtitieuses. dont iKMueoup ayant ein(piante mille haliiiants ne font encore pas u>a^e de cet in>lt uinent
— Je suppose (|ue vous reroimaisse-z. dans ees résultats, lc> -.Tands avanta^^'es des institutions libres?
— Ah! voila linconvénient des interiietcs. Je nai pas <*ncore passé deux mois dans \otie pays, je n'en ai \u <|uune partie relativement petite, et n'y conn.nis que peu de inonde, et pourtant \nus me demandez une opinion délinie •>ur une (piestion diflieile.
— Vous me répondrez j)eut-étre, avec la ré>erve que vous ne faites que me donner vos premières impressions?
— Eh bien, cela posé, je puis répondre (jue bien (jue les institutions libres en aient été, en partie, cause, je ue pense pas qu'elles en aient été la cause principale. En premier lieu, le peuple américain est entré en possession dune furlune sans éj;ale, — la richesse minérale et d'innnenses espaces de sol vierge produisant abondamment avec peu
le frais de culture. Il est manifeste que cela seul est un fac-
t"ur important de cette énorme prospérité. Puis ils ont pro-
nté de Ihéritage des arts, des instruments et des méthodes
*U'> sociétés les plus anciennes, tout en laissant en arriére
1rs obstacles existants. Ils ont pu choisir, dans les produits
!'* toute l'expérience passée, s'ajipropriant ce (|ui est bon
l rejetant ce (|ui est mauvais. Donc, en dehors de ces
i>eurs de la fortune, il y a des facteurs qui leur appartien-*
112 pnoni.f:MF.s dk Mt)n.M,K. et dk sociOLor.iE
nciit iMi [iidpic. Jf n'iuai(|iit', dans les (i^^Mircs anirricMincs, un^iiaml canicItTc d»' lU'rision — une cspùce d'expression de « vaincre ou mourir », — ol ee trail de raraetc're, ajo\ité à une puissanei^ de travail (lé|iassanl celle de tous les autres peuples, a produit loiit nalurt>lli>ui(Mit une rajudilé de progr("s sans préeédcnl. l'uis encore, il \ a la lacullc dinv cnti(»n ipii, slinnilcr par la neccssilc d'ccoiiuniixi' la niaindœuNre, a clc si sa^enienl encouragée, (llic/. nous aulrcs Anglais, il y a Itien (\cs sots qui, pensant (pi'un liononc ipii tra\ aille de ses luaius a Icgilinieinenl droit au |M'(Kluil, >oiitiennent |)ourtant (pie si un homme travaillant du ceiNeau pendant des années peul-èlre, el unissant le génie à la persévérance, fait une invention précieuse, le publie a droit d'en réclamer le l)énéjice. Les Américains ont eu la vue longue. L'énorme Musée des Hn^vets (pie j'ai vu à Washington est signilicatif et montre latlenlion donnée aux droits des inventeurs; et la nation lire d immenses profils d'avoir dans celte direction ((juoiipie pas dans toutes) reeonmi la propriété des produits de lintelligence. Nul doute (pie, en ce (]ui concerne les ajjpliealions de la mécani(jue, les Américains ne soient à la léte de toutes les nations. Si, à C(')té de votre progrès matériel, vous aviez le progrès d'une espèce plus élevée, rien ne serait plus à désirer.
— Voilà une réserve ambiguë. Ou'enlendez-vous |)ar là?
— Vous me comprendrez quand je vous dirai à cpioi je pensais l'autre jour. Après avoir rêvé à ce que j'ai vu de vos vastes élahlissements manufacturiers et commerçants, au flot du trafic dans vos tramways et dans vos chemins de fer suspendus, à vos hôtels giganlesqiies, et aux palais de la Cinquième Avenue, j'ai pensé, soudain, aux répuhli(jues italiennes du moyen âge, et me suis rappelé le fait que tandis que se développaient chez elles une grande activité com-
LU AVrilCAlilS 113
nierrialc et une floraiMiu (1t«4artii qui le» faisaient envier (t<* itiute l'Kuroi^e «l «luo m* ÎKUiii^aifMit d«'H palai» princier» qu'atlmin-iil fiiror*^ le» voya^'eur^, leur |»eu|tle |»erclait, |i«ni à peu, M IiIktIi'.
— V(>ulei-v(ius (lire que c'esl là ce que nous faiAOns?
— Il me soiulije que oui. Vous partiez les funnes de la lilH*r(é, mais, autant (|ue j'ai pu lecomprendn'. il y a eu perte
•n>idérable de la substance de la liberté. 11 est vrai que \ ous n'j^tes pas j;ouverii«''N par des j?ens ayant des p
aijiHs d ipi'es, mais ils vctus gouvernent avec de> i- , i^
d hommes pourvus de bulb'tins de vote, qui ubt'issent au mot d'ordre avec autant de lidrliti' que le faisaient les S4>rfs des nidiles de la féodalité, et (jui permettent ainsi à leur» chefs de dominer la volonté de la niasse, et la faire >e soumettre à leurs exactions aussi effectivement que l«Mirs anciens prototypes. Il est vrai, siins doute, que chacun de NOS citoyens vote pour le candidat qu'il choisit |>our telle ou telle fonction, depuis le Président jusqu'au moindre fonctionnaire, mais sa main est guidée par un pouvoir, derrière lui. qui ne lui laisse j.aière de rhoix. « Servez-vous de votre pouvoir politique comme \ous nous l'ordonnons, <»u lii»Mi renoncez-y »; telle est railfrnative qui e>t offerte au
itoyen. La machine politique, telle qu'elle fonctionne maintenant, a peu de resseniblances avec ce qu'on attendait d'elle au début de votre vie politique. Il est manifeste que ■ fux qui ont rédigé votre Constitution n'ont jamais ima'.'iné
{lie \in^'t mille citoyens iiiarclieraient au scrutin sous la
onduite d'un « boss ». L'Amérique est un exemph*. .1 l'autre bout de l'échelle sociale, d'un changement analo<nie à celui qui s'est produit sous divers despotes. Vuus savez qu'au Japon, avant la dernière révolution, le chef religieux, le mikado, nominalement souverain, était en
HA PRonLfiMES HK morm.k kt dk sociologie
praliiH»e une inarioniu'tlo ciiIp' les mains de son premier ministre, le shogun. Il me semble que « le peuple-souverain " «'st en passe de devenir une marionnette qui se meuL et (pii parle selon Tordre des polilieiens.
— V<nis pensez donc que les iuslilulions repultlicaint's sont un iii«^ueers?
— \ii(imemt'nl ; je n'inipliiine rien de pareil. II v a Irenlr ans. ipiand non-^ disentions p(diti(pie, un de mes amis jinizlais et moi, je drfendais ees institutions, comme j(> l'ai toujours fait et le fais encore, et (piand il invo(juail contre moi le mauvais lonctionnemeMi dinstitulions sendtlaliles fiiez nous, je iv|)li(|uais d'ordinaire (|ue les Ann'iieaiiis aNaient eu leur foiine de /.^oun emement j)ar un liriiirii\ accident, non par un prof^'rès normal, et qu'ils auraient à retomner en arrière avant de pouvoir avancer. Ce (pii est arrivé depuis, me send)le avoir justifie cette oj)inion, et ce que je vois maintenant m'y confirme. LWmcrique montre, sur une échelle plus grande (luil n'en fui jamais, (jue les « Constitutions de papier » ne fonctionnent pas comme on comptait (jnelles le feraient. La vérité, reconnue d'abord par Maekintosh, que les Constitutions ne sont pas faites, mais quelles se font ', ce qui fait partie de la vérité plus gcm'Tale que les .sociétés, dans toute organisation, ne sont pas faites mais qu elles se font, celle vérité une fois reçue met à néant l'idée que l'on peut faire fonctionner à son gré tout système de gouvernement artificiellement construit. Il est inévitable de conclure delà que si votre structure politique a été faite, au lieu de se faire, elle commencera inunédialemenl à se développer en quelque chose de difiérent do ce(pii avait été i)rojelé, — quelque chose d'accord avec les
♦ Constitutions are nol maile,^but grow, c'esWi-dire qne les Coof^titutions •ont le ré?ultnl d'une évolution naturelle et d'un développement. (Trad.)
u* \nijuijki\i IIS
iuiliir«*6 «leikciUiVcu*» i?l It»» oundiliuiiii dans \rnt\ut»i\e* vxitU 1.1 v,M«.u^. Va il ni a fU-, r\itif*tiiiiii*ii(. «iuM |Miur \utt«. |)4ll^ II»» ftiniu-f» Uo \u4n* (:lt|l^ll(uUull a pri» iiiiiMjinrv «vil.' urKmuKilioii de |M»liliri<iis «|u'«m n'jivail |ms pn^ur
au (irbul, «•! (|UI «ni dr\«liii. .Lui. m..- ^laiiilr iiifMiiv, |.'
pouvoir K^uveniaiil .
— Mais Ictluiatioii el la Jinfusion drs tonnai »»aii«v% |M»tilii|iie« ne nii«iruiilH;ll<» pan K's Ikuhiik» propres au\ iii^UUilioiis liluvs?
— Nom. (iï'M la. CîkSeiUielli'iiirni un. .ju. simii dv rar.ir- Irn*. «*l w nr>l une quesliiui de sa\oir ipi a un *le;:ré ﻫHi»iuU»rc. Sans lillusioii uiiiverM^llenient repaiulue que ItHlmalion est une panaccV |>our les luauK p«ilili(|ues. ceci auiail paru a&sw daircjueiil daii!» les léiiioi;:na;:es qut»lidieiis (|uenvèlenl vos journaux. Les liouiines qui foiK-lioitnent el •:ou\enienl dans \«.s or;:anisalionv soil f..l.f.il.-. MHl de> ÊlaLs, soit inunicipale. qui luanipulenl vos irumons pre|Miraloires et vos ron\eiilioiis, el ftHit vos eainp.i-iKH» el«»elorales. ue sonl-ils pas lous des hommes inslruils » ÏÀ leur éducaliou les a-4-elle euipériiés de sVii^'af:er daiin d.- «-omiplions. de> inlrij^nies de couloir, ou de les per- UKilre. ou de les aliMiudn-. et eu d autres luéthodeN frauduleuses qui vicient l'action de V(»tie administration.' Il se peut que k»s journaux des partis extrêmes eva-èrenl ces
« Uoses, mais que dois-je croire du témoi^niaj.-e que rendent NON réformateurs du service civil. — hommes appartenant a tous les partis .'Si je coiupniids bien, ils attaquent, comme • tant vicieux et dan«:ereu\. un ^N>leme qui s'est dt''vel. ;. >ous l'action naturelle et spontame de vos libres in>i.;.. tiMiis, — ils meUent à nu des vices que I éducation s est montrée impuissante a prévenir.
— iî e^i naturel que les hommes ambitieux et sans scrii
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pilles s'assurent les places, el l'éiliicilion les aide à ces lins éj^oiNlrs; mais ces lins ne scraieiil-clles pas conlrecarrées, et un meilleur ^'iniveinciiH'iil .issiiré, si l'on élevait l'idéal de la counaissanee parmi le piîuple en général?
— Très peu. La théorie courante, c'est que si l'on appriMul aux enfants ce (|ui est bien, el les raisons pour lesquelles cela est Men, ils feront ce (|ui est bien (piand ils seront grands. Mais si l'on considère ce que les pinj'esseurs de religion ont fait dans ces deux derniers mille ans, il me semble cpic l'histoire s\)pj)ose à celte conclusion, tout comme la conduite de ces citoyens instniits au\(|uels j'ai fait illn>i(tn, el je ne vois |ias de raison j)()ur (jue nous attendiez, des masses, des résultats meilleurs. L'intérêt personnel influencera les hommes dans le rang, tout conmie il agit sur ceux qui sont dégrade |)lus élevé, et l'éducation, qui ne réussit pas à faire consulter, parles derniers, le bien public plutôt que l'intérêt privé, ne réussira pas davantage à le faire faire aux premiers. Les avantages de la probité politique sont si généraux et si éloignés, et leur prolil pour chacpie individu est si peu apparent, que le citoyen ordinaire, que vous l'éleviez comme vous voudrez, s'occul)era habiluellemenl de ses alTaires j)ersonnelles, el trouvera qu'il ne vaut pas la peine de combattre chaque abus à mesure qu'il se produit. La racine du mal, ce n'est pas le manque de savoir : c'est le manque de certain sentiment moral.
— Vous voulez dire que l'on n'a pas un sentiment suffisant du devoir public?
— Soit, c'est peut-être une manière d'exprimer les choses; mais il y a une formule plus spécifique. Vous serez peut-être surpris si je vous dis que l'Américain n'a pas, je crois, un sentiment assez vif de ses propres droits, et en
un AMUtlCAl^* HZ
mt^me l(*ni|><. r u à \v\% non
j '"- •"! M*(ilitii, ... ..^- . ..... juIp*i». — car
■ \ traiU >oul alli**^, i»i-;.inii|ii<'iii«'nt. Je nMniin|ii(* qu'il» toh^rent dos InterveiilionN vl ronuiiantlcnifnU auNqufl$ 1rs An^'lnis sont enclins h i^nister. On mt* dit «pic 1rs An^'his unt une trndaiirr nMiinn|ual)lr à ^Tupicr dans des cas seniliKiMcs, et je ne dcmte pas que ce ne soit vrai.
— Truu\ei-vt»us qu'il vaille la p«*ine, p<»ur les ffcns, de se rendre doa^nables en hc fâchant |H)ur des xrtilles? Nous autres Américains, nous immimuis que cela fait perdre Ixmucoup de temps et de bonne humeur, et que cela ne tire pas à consè<|uence.
— KxacteiiMMU . « «^i là ce que j'entends par caractère. CV>t cette Itonhumie facile à permellrede petites péradilles pan*e qu'il faudrait se déranpT |)our s'y opposer ou qu'on n'> f;a|jrnerait ni arj:ent ni popularité, tpii mène à consentir ce qui est mal, et cause la décadence des institutions libres. Les in>(itutions libres ne peuvent être maintenues que par des riltiyeus dont chacun est prêt à .s^qiposer à tout acte illégitime, à toute Ifiitative de doininalion, à tout excès ofticielde pouvoir, quelque triviaux qu'ils semblent. Comme le dit Hamiet. il y a manière de «* se disputer beauroup à pro|x»s d'un fétu »>, quand ce fétu implique un prineijM'. Si. eonune vous le dites de l'Américain, il s'iU*rète à examiner s'il a le temps de prendre la peine, s'il en profitera, la c«irnq»tion e>t à la porte, sûre d'entrer. Toutes ces chutes, d'une fonne su|K'rieure à une forme inférieure, commencent par des bagatelles, et ce n'est que par une vijfilance incessante qu'elles peuvent être empêchées. Comme l'a dit un de vos premiers hommes d'État : <■ I^ liberté est le prix d'une vi;:ilance éternelle ». Mais c'est bien moins contre les aj.'ivs>ion> ciiaiif:eies a l'éir.ird de la
118 l'r.iMUKMKS HK MKIIM.K KT UK SOCIOI.OCIB
lihtMir ii.ilioii.ilr, (pic («'lit' vii^'ilancc osl nrces^aii*-, «pK» coulrc la ivprljtioii iiisitlinisc des inli'rvcnlioiis (Itmifsli<pi«'s (Miiiliv la liluTlr pcrsoniiillc. I)ans (pichpH^s adiniiiistralimis |)ri\r«'s ddiil j'ai eu à iimmcmiut. j'ai si m \ ri il iiisis|(« jiour ipi'aii lit'ii d'adriit'llii'. (-(mimi' (tii le fait ^m'IK r;ili'iiifiit, <pn' les choses mmiI liiiij. juscpi'à ce (pi'il soil prouve «pi'elles Vf)nl mal. la niarehe à suivre est iradmellre (pie les <'liose«i voiil mal, jus(ju'à re qu'on ait prouvé (ju'elli'*. \oiil 1m«mi. \ niis ifiiianpierez toujouis (pir les eor|)oralioiis parlieulières. t('||r-« ipie les (•ompa;.'iiies de liaïKpie en p.iilieipalion. fniirnenl mal précisément parce (pi'elles n'a^'isseiil pas <rapres ce jirincipe; et ce (pii est vrai de ces petites administrations privées et simples, l'est encore plus des ^Mandes administrations pult!i(pies complexes. On ensei^Mie, et Ion croit, je suppose, (pie le ediinlc Ihoinme « esttrom|)eiir par d<*ssns toutes elioses, et désespérément malin ", et poui- I ml il e«st assez élrauL^e que, croyant cela, on |)laee une <-onrianee implicite en ceux qui sont nommés à telle ou telle place, .le n'ai j)as une aussi mauvaise oj)inion de la nature humaine, mais d'autre part je n'en ai |)as une ausi h(uine. (pie je la croie caj)ahle de marcher droit sans ôtre >-ur\eill(''e.
— \(»us avez insinué que tandis que les Américains n'at'lirment pas suriisamment leur j)roj)re individualité dans les petites choses. réci|)ro(piement ils ne respcclenl j)as siillisammenl l'individualité d'autrui?
— Ai-je dit c<'la ? Alors voilà encore un des ineonv(''nients deVintercieu'; si vous ne ma\ie/. pa^ (jn:'sti(»niié. j'aurais^ardécetteopinion pour moi. et maintenant, me voici iddi^ré ou de dire ce que je ne pense pas. ce que je ne puis t.iiTB, ou de refuser de répondre, ce qui |)eut-étrc sera interprété comme signifiant plus que je ne veux, ou bien il me
UJ iiiiJtu AIN* 1 r»
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tiiaux. Lr Irait aut|U('l j<* |i«*iim* m* |iru(ltiil ilt* tli\<
laiiii'irii. p<*litr« ou fn'iiii«l<*>. il ne r^\i^li* |iar la iiiaiiirrr
pru rv<i|HH'lii<'UM> axH* la<|U(*lli* Ii*k int^hiim'a mhiI irai-
- vos jouni.iux. la iiiiiiii«-n* dont ou aiflirhi* U^
I -> .lU |M)U\oir (I.1IIS (les |tar.ipra|)li('<i à M'ii'^alioii. rt
«tout un traiiH* (i«*s parti(-uli«'r> <'t lfur<« alfain***, «lann la utiirirtt* d<' la liicKso. Il M*nililt* claiili (|uc Iv pulilic a \c »lniil df siuuuiMHT a jmhi ^h- dans la vit* privi'o; c*«l là ce «|U(* j'appi'lli* uuc sorl<> d ollractiou uioralc. Puis, d'uuc uiaiiitTt* |du> ^M iicralc. uii n'ruuuaît ce lui^uii* Irait daus le '"ji (ju'ou |Mtrl«* a la proprirlt* privô' par Ifs rlicuiius iW f»*r
- ir pilii'f>, tpii Ut' pau'iil pa> d«* <*oui|MMi>.'iliou. et il m* trouve eucoiv daus IfS pnicédés dr?» auliK'ralcs de«
lu'Uiius de fer. umi seulciufut tpiaud il> l'uipicleiit sur \r* droits des actionuain's, mais cpiaud ils douiiueul les cours de justice et les piuveriK'Uieuts d'F^lals. Le fait est «jue les institutions Iilm'> ue peuvent fonctionner con\eual>leuient qu'au muyen d'Iiouuues dont chacun est jalouv de ses * pri'pres druits, et a uue jalousie sympathique |M»ur ceux d'autrui, qui n'attaquera 4)as lui-même ses voisins, dans un daii;:er petit ou ^Taud. et qui ne tidère pas non plus que d'autres les attaquent. L«i forme républicaine de ;.'ou>er- ■ fuient est la (orme la plus élevée de ^gouvernement, mais cause de cela même, elle exi^e le type le plus élevé de
t nature humaine. — lyjK» qui, à celte heure, n'existe nulle part. Nous ne nous sommes |>as encore élevées à cette hauteur, ni vous non plus.
— Mais nou> avions cru. monsieur Sprucri, «ju.- \nuN
- uei eu fa\eur d'un ^«lu^ernenient lihre daun le mmis de gouveruemenl à restrictions ran*s, et de iaissi'r honuues et