rnoni.f:MKS df. Mor.Ai.i 1 1 i^i Mu.i..i,iM,iK
choses livs iiiil«''|»t'ntl;iiiis. tMi favoiir de ce (jn'oii appi^llc
le laisscz-fairc?
— C'osI là un inalcntondii où ])f»rsisl<'Ml inc^ advprsniros. Partdut. tout cil i('|)riiu\ aiit 1 iiiini^ion ilu i^'oiiNtM'iicmMit dans les diverses spluTcs où les nctivilés privées (hîvrairnl C'\vo laissées à elles-mêmes, j'ai souteiiinpic (!aii< sa s|>hi re spéciale ipii est le mainlien de ra|)|)orls éqiiilahlcs entre les citoyens. l'action gouvernemmlale devTait être clcndue et élaborée.
— Hf'venons à vos diverses critiques; dois-jc en conclure (pic NOUS avez mauvaise opinion de notre avenir?
— Nul ne saurait formcT autre chose que des conclusions vapues et <;v-nérales (juant à votre avenir. Les facteurs sont trop nombreux, trop vastes, trop démesurés en nombre et on intensité. Le luoiulc n'a jainais \ u auparaxanl de plicnomcnes sociaux comparables à ceux qu(^ présentent les États-Unis.
Une société s'étendant sur d'énormes espaces, tout en conservant sa continuité polilicjue, est une chose nouvelle; cette incorporation progressive de vastes corps d'émigranls de races dilTérenies ne s'est jamais produite, sih' une scmblablc é<'helle, en aucun temps. De grands empires, composes de peuples dilTérents, ont, en des cas précédents, été formés par la conquête et l'annexion. Et puis votn; immense réseau de chemins de fer et de fds télégrajjhi- 'pies tend à consolider ce grand agrégat d'I^^tals d'une façon dont aucun agrégat n'a jamais été consolidé. Kt il y a bien d'autres causes coopérantes, d'ordre secondaire, dissemblables de celles qu'on a connues jusqu'ici. Nul ne peut dire comment tout cela fonctionnera. Il semble très probable que dans la suite vous aurez des troubles de diverses sortes parmi lescjuels il y en aura de très graves,
Il ••» i< * ii,ui>'u«» l'I» «Mit ru, Oll iMi .uii'Uit \mi'« .iM-t
. ::j|tli(* (luiir grande iliflirulté, ft VuUi |)OU\r/. rai-
..«lili-iiiriit. <»»i|i^nT tIVii vaiiu-n» d'miln's. Ou p«*ul, je
rois, conriun» (|u«'. a la foi*» paroo quelle esi grande* H |tanv qu'cllo (»kI do rom|Misi(ioM hrlrntp'iK*, la nation am^ic aura uiit* cvoUilioii lente a\ant d'attrindrt* >a fnnnt* miiiin'. nKii> <|u«' n'tle forint* srra d'un t>|M' rirvr. Il y a un ^and iv>ultat, qui est a<^ez é>ident. On |R'Ut conclure des M'ritt^s liiolo^nques que le niélan^^'c éventuel îles \ariélé$ alliées de la race aryenne fonnant la population, produini un t>pe d'Iionnne plus U'au que celui qui existe; un type d'homme plus plastiipie, plus adaptable, plus capalile de subir les modifications nécessaires pour la vie soeiale conqilcle. Je pense que. quelles que soient les difli-
idtés qu'ils auront à surmonter, et quelles que soient les tribulations qu'ils auront a traverser, les Américains |>euvent léptivemenl prévoir un tenqis où ils auront produit une civilisation plus grandiose qu'aucune que le monde ait '•onnue.
DIStKM HS
PRONONCÉ A l'occasion UtN BANOLET A SEW-YORK, LE 9 NOVEMBRE 1882
Monsieur le Pi*ésident, Messieurs,
A côté de votre jn"acieuseté, me vient une \raie disjn'àce lu sort, car maintenant que. plus qu'à tout autre moment de ma vie. j'ai besoin de toul«'S les facultés d'expression que je p«»SM*de. ma santé troublée menace tellement de me les ùter que je crains de ne pouvoir m'exprimer que d une
122 PROULflMKS 1>K Mdl'.MI. Il 1>K SOnOI.OGIE
niaiiirrc liv> in>unis;iiilt'. NOiis Muidrc/. Iticn .illiilnici' tout l'c (|ui poil lia 1 lia ii(| lier (laii> ma rc|iuii-M'. a un >\ >triiic ikt- \ tMi\ ;^rainlciii('iil (Icliaqiic \ tins ciiii^iilciaiil <'(>iiiiin' n'|ircsiMilant li's Aiucricaiiisi'u ^'l'iiciiil. je >ai> (ju'il mmis csI du un anrra;zt* (Ici'ccniiiiaissanct*. Je ilt'\ laisccMiiiiiciiccr au Iciiips où, il \ a (|url(|U(' viuf;l-(l('U\ ans. uiuii rviimalilc ami le prolesscur Vouuiaus, s'clïon aul tic r(''|)aii(li<' ici nirs liMrs. me rcciMuuiamIa à MM. A|i|ilcl(m. (|ui iiMtiil Iniijdurs. (Ic|)iiis, traite si liunoralilfiiirul et si ^riiricux'iiit'ul. il y devrais raconter eu dclail toutes les nianjucs ou tous les actes de s\iu|iathie j)ar lcs(|uels. depuis ce temps, j'ai clé eiicoura;4é à continuer une lutte (pii, |)eudaul iioiiilirc d'années, ne m'a apporté que découra«j:einenl. Mais, loiil en reconnaissant ce (pie je dois à mes iiomlirciix amis, dmil lieaueoiip me >(iiit ineoimus.de ce côté de rAllaiiliipie. je ncux plii> parlieiilièrenienl vous remercier des iiomliieuscs attentions et des hospitalités cpic j'ai reçues dans ce dernier voya^'C, et. surtout aujourd'hui, de celle expression de mis sympatliii'S <'t (le vos bons vœux (pie ItiMncoup dViiIre nous sont venus de oiii me pnfh i'. à ^^laiids Irais de ce Icmp^ i|iii e>l >i précieux |ioui' 1' \iii(''rieaiii. .le eroi^ poiiMiir dire (pie celle meilleure santé que v^us me souhaitez si cordialement, jtî serai aidé par vos souhaits à la retrouver, car toute émolion agréable prolile à la santé, et vous pou\ez croire (pie le souvenir de celte journée continuera à être pour moi la source d'une éiimlioii agréable, Tune des plus douces d'entre tous mes sdincnirs.
Kl inainlenanl, après vous avoir remerciés, sincèrement mais brièvement, je vais vous critiquer. Déjà, en qiichpies observations sur les alTaires américaines et le caractère américain, j'ai fait des critiques qui ont été accueillies avec inliiiimeiil plus de grâce et de bonne liiimeur (jue je naii-
us AIIJIU AINS \ : '■
^ 1^ |Mi r.ii^<'iiiMM«-Hniil 1 an<*ii«lrt'. «•! il mmiiIiI.* rtr.tn;;i «pii- ,'. mr pn»|M»M* fiircin* il y ri*>riiir. (IcimmuIuiiI. !«• ili-faut Mir liH|m*l j«» >»Mi\ frtin* d«*> i'oiiiiiifiiUin*> cM un »lr rru\ i|iir
• iii roiiNiiit'n* à |N>iiie ('oiiiiiic un lirf.tiil. Il me ^«•iiiltli* (|ii'«
un rrrtjiin t'^ani. les \iu<Tiniin!i m* mmU tni|i éraiiés ilt*K
Jf ne \<'u\ |Kis (lire |tar i.i (|u ii> sont (*i\iliHi''^ a
. M,.,.<ii. . Dansdr ^Tan(lt'S(li>i>ions (le la |Mi|»ulati(in. inf^nir
dans ch's rt'*j:i«»ns «-oloniMn'H (K'|i(iis lnn;:t«'iii|i», il n'\ a pas
\rt^s des vertus re(|uise3 |M»ur niainU'uir I harmonie sociale. Dans l'Ouest, surtout, les transarlions des honnnes ne trahissent |wis eneon* tn»|) •■ la dourcur et la linnière » j|ui, nitus dit-on. distin^'uent Ihoninic enilivé du liarhare. Néjinnjoins. dan> un sens, num a»ertion «-st \rai«*. Vous sa\ez • )ue Ihonune primitif man(|ue de la faculté de >'a|)pli(|ucr.
IKToiuié par la faim, par le tlanpT. |»ar la ven^'eance. il jH'ut a^irpendant un temps avec énerj;ie. mais cette éner^rie
A Npasmodique. In travail (piotidicii. monotone, lui est im|Ntssible. lien est autrement avec l'homme |dus développe. î .1 <li>cipline sévère île la vie so<'iale a au«:meiité. praduelk'-
lent. l'aptitude à rindu«^trie persistante, jusipi'à ce «pie,
!iez nous, et encore plus chez vous, le travail soit devenu, jK)ur heaucoup. une vraie pa>sion. Ce oontntste de nature
tTrc ini autre aspect. Le sauvajre ne i)ense qu'à des satis- 1 u'tions présentes, et ne se soucie aucunement des plaisirs \cnir. T«uit au c«»ntraire. l'Américain. pour^ui>ant a\ec •rdcur un hien futur. i*:iiore pres(jue ce que le présent peut lui offrir de bon. et quand ce bien futur est atteint, il le néjrli«:e à son tour pour s'err<»rcer d'atteindre <piel(|ue bien plui éloigné encore.
Ce «pie j'ai vu et entendu pendant mon sejuur panni vous m'a imposé la cn»\ance que ce chanp'nient lent «l'une inertie habituelle eu une activité puissante, a atteint un
Ijl i'noni.f:MKS dk mor.vlk kt i>k sociologir
eXlnMne qui appoll»' (Irsormais im chaii;::!'!!!!'!!! opposf^, — une rt^artinu. J .li, |);irlnMl. rlr IVappi' tlu iioihImhmIc visajjfos qui (lisaient, en lignes proloniles, les faideaiiN porlrs. Jai été étonné aussi, de la (pianlité iriionnnes ;j:ris(nmanls. et des rerh'Mches ont amené la conslalalio!! du fait ijur. clic/ vous, les chi'vtMi\ coiiunencenl à Itianehirdix ans jilus loi que ehez nous. Kii (Uilri', daii> Idiilcs les spliéiis, j'ai n«iiconlré des honimi'^ ipii a\ aiciil xiiiIVrrl iri'piii^ciiniil iiciveu\ par suite de désastres liiiaiicicrs. nu (jui ,i\,iiiiii des amis qui s'élaieul, les uns, tués jiar >MriM('ii.i;j;t' d alfaire-*. ou étaient réduits à une ineapacilé pcrmancnl*", ou avaieut passé de lon^jues |)éri()des de t<iii|)s à essayer de rec(>u\ rer la saute .!•' in' s^i>^ tpu- 1 V-cIk» de pciM)iiiii'> a\ ;uil observé (pirl immiMise mai fait crllc sic ;i liaiilr |ii('ssi(iii. — Il' pli\si<pit' eu est nmp'' iiilériciircim'Ml. Ce penseur sulilil. ce |)Oéle, que vous avez |)leuré tout réeeirunenl. Emerson, dit, dans son Essai .sur le Gcntlanan, (jue la pnMuiére ehose requise du gentleman e'est qu'il soit \\\\ bon animal. Cela est \rai aussi de riioiiiiiie. du père, du citoyen. On nous |)Miie beaucoup de nolie . eoi|)> \j| ... et cette phrase encourage bien des gens à négliger les lois de riivgiéne. Mais la nature su|»|)rime trancpullemenl ceux qui trait«Mit irrespectueusement un île ses plus beaux produits, et laisse peu|)ler le nu)nde par les descendanls de ceux (pii ne sont pas si sots.
Kn dehors de ces doinmages inunédials, il en est de jdus éloignés. Un attachement exilusilau travail a pour résultat que les amusements cessent de |)laire, et lors(jue le délassement s'impose, la vie devient ennuyeuse faute de son uni(|ue intérêt, — linlérét des alVaires. Je retrouve ici la remarque (pii a cours en Angleterre : c'est (|ueii voyage, l'Américain a jiour bul de \oir le plus de choses possible
iii«» K* lf*iii|iH l(* |ilu)t (*uurt |M>!kMltl<* : un rrruniull quf U
i(i»ra(iioii tlo (.'A^Micr do i'arvnit (|i^\ un* |irrM|uc Uiulrt
liuii!». Lor^iur jViAif». diTiii ■ «u
.1 .... ,,..,,, ,.\iui«» |iiiH ItiiiU* uiir Hrni.iiiii* »|i |.i iiMi j'ai
, N ilu |ir(i|)ii< Uirr ilr I ln'l«'l t|ur la |ilu|Mrt drs Aiiit-n-
iiiis rrtMitl<-iit i(* Iriidciiiaiii do lt*ur arnvô«. Le viruY
I ix>i>Miii. (|iii di^il d(*H Vii^'lais do m)Ii t('iii|i» qu'il»
i»'aimiM*til trif^lotiioiil, selon leur iiiude ••, dirait saut
dt»iilf. s'il MX ait d<* nos jour<«. «luc lc*s Aniérioains s'aniu-
bent on j;raiido halo. M*lon lour modo. (^Iioz nous, ot rnrure
plus clio/ >ous. il n'y a |kis rot abandon a l'houro prcM-nto
«|ui ost ro(|uis pour la jouissance complote, et cet abandon
-( omp^oho |Mir lo sonlimont t<»ujours prôsont do ros|Ntiisa-
litos nombreuses. De sorte que, en dehors du mal ph>-
>ii|uo oaus*'" par l'oxci^s do travail, il y a on outre lo mal qui
dolniil la xalourdo co (pii sorait aulromonl lo ohanuo «h* la
>ie.
Nous non avons pas fini avec les inconvénients. Il \ a le
li qu'on fait à la progéniture. Les atteintes aux con>titu-
tions se transmettent aux enfants, et les pères lèguent |»lus
. de maux que les grandes fortunes no ditnnont de biens.
î '«rscpio la science aura réglé rationnellomont la vie, on
ipone\ra qu'un des premiers dooirs do l'hommo «•>t le
in de son corps, non seulement à cause de son bien-être
personnel, mais aussi par égard pour ses descendant^. On
•nsidértTa sa constitution comme un bien dont on a l'usa-
iruit ot qu'on doit faire passer, Nans le diminuer, et >i |mis-
siblo en l'augmentant, à ceux ()ui viendront ensuite, ot on
tiendra |>our certain que lo legs de millions ne compen>eniit
pas une santé aiïaiblie et une capacité amoindrie de jouir de
la vie. Et puis encore, c'est un tort fait aux concitoseus,
prenant la forme d'un dédain illégitime des conqK'titeurs. J'ai
OUÏ dire quil y a eu chez vous un grand négociant qui a essayé, de propos délibéré, de ruiner quiconque avait des alTaires en concurrence avec les siennes, et il est manifeste que riiomnic qui, se rendant esclave de la soif d'acquérir, absorbe une part illégitime du métier ou de la profession quil suit, rend la vie plus dure à tous ceux qui y sont employés, et en exclut beaucoup qui, sans cela, y auraient gagné leur pain. Ainsi, outre le motif égoïste, il y a deux motifs altruistes qui devraient détourner de cet excès dans le travail.
A dire le vrai, nous avons besoin de reviser Fidéal de la vie. Si nous regardons le passé, ou si nous regardons autour de nous, dans le présent, nous trouvons que l'idéal de la vie est variable et dépend des conditions sociales. Chacun sait qu'être un guerrier victorieux était le but le plus élevé chez les peuples remarquables du passé, comme cela est encore chez beaucoup de peuples barbares actuels. Si nous nous rappelons que dans le Ciel du Norseman le temps devait s'écouler en combats quotidiens, où les blessures se guérissaient par magie, nous verrons combien peut devenir profondément enracinée l'idée que la vraie affaire de Thomme consiste à se battre, et que l'industrie n'est bonne que pour les esclaves et les gens de rien. C'està-dire que, lorsque les luttes chroniques entre les races nécessitent des guerres perpétuelles, il s'établit un idéal de vie adapté à ces exigences. Nous avons changé tout cela dans nos sociétés modernes civilisées, surtout en Angleterre, et encore plus en Amérique. Avec le déclin de l'activité militante et le développement de l'activité industrielle, les occupations autrefois déshonorantes sont devenues honorables. Le devoir de travailler a remplacé le devoir de combattre, et dans l'un comme dans l'autre des cas, l'idéal