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i\c \ie a «II' si hicii rlalili. (|u';i \u'[iu' songera il -on a le iin'llrt' «'Il (jur.slioii. Kn |irali<|U('. les alVairos se sont sul)>tiliu't'> à la ;^'U<'ii«' «'oiiiMic liiit (rcxislriuf.
(l»'l iilt'al iiKMlt'iiic (loi(-il siiixiMc (Liii> Idut l'avcoir? Je d-' II' cniis pa'^. IN'inlaiil <|ii<' Idiilcs .mire» chnsfs subissent ties eliaiiL'eiin'iils cunliimcU. il est impossible ipie I idéal reste li\e. Laiieien idéal était approprié aux siéeles de eoiupiétt' de llMMume SUT riioiiime, et de din*usion des races K's plu> lortes. L'idéal moderne est approprie au\. siéeles où la eoncjuéte de la terre et l'assujettissement des l'oree> de la naliiie à rnsa;j:e de l'Iiounne, sont le lifxiin piéddhiinaiit. Mais, plus l.nd. ipiand ces deux lins .iiirniil été réalisées, l'idéal formé dilVérera |)robaldemeiit |»e;iiie(»up de l'idéal actuel. Ne pouvons-nous prévoir la nature de la dilléienee? Je pense (|ue oui. Il y a (|uel(pie vin^'t ans. un de mes bons amis, et un de vos bons amis aussi. John Sluart Mill, prononea à Saint-.\ndre\v un discours d'ouverture à l'occasion de sa nouïination de Lord-Hecteur : ce discours contenait, comme tout ce qu'écrivait Mill. beaucoup de choses admirables. Toutefois, le fond, la trame de ce discours était le postulat tacite que la vie appartient au savoir et au labeur. A ce moment-là, je me sentais enclin à défendre la thèse opposée. J'aurais aimé soutenir que la vie n'est pas pour le savoir, ni pour le travail, mais que le savoir et le travail sont pour la vie. L'usage primaire du savoir c'est de guider la conduite dans toutes les circonstances qui feront la vie complète. Tous les autres buts du savoir sont secondaires. Il est à j)eine utile de dire ijue l'usage primaire du travail, c'est de fournir les matériaux et les accessoires pour la vie complète, et que tout autre but du tra\;iil est secondaire. Mais dans les conceptions humaines, ce qui est secondaire a, dans une grande mesure.
Us PROIU-f.MKS DE MORALE ET DE SOCIOLOGIE
usiirpr la place lif ce qui csl primaire. l/apùlre de la enlture telle (pi'on la eoiivoit ^'énéralemenl, M. Mallhew Aniolil, lie lail tpie peu ou poiiil irallii>ioii an l'ail ipie le premier emploi du savoir osl la bonne «lireclicm ilr toutes les actions, et M Carlyle, cpii expose si lialiilcMitiit les idées eonranles >ur le travail, insiste sur les \i'rlii> de rv deriiitT |uiiir des raisons toutes dillérentes de la raison ijue c est |)ar lui (pie s'opùre l'entretien de lindividu. Nous trouNons parloiil, dans les alïaires humaines, des traces de la tendance à transformer les moyens en fins. Nous voyons tous l'avare lairc cela. acciMnidanl de lai-^M'iit pour >a >culc salislaclion, et oul)lianl ipie l'ar^'cnt n a i\o \alcur (pic |)aree(pril achète des satisfactions. Mais nous ne voyons |)as si clairement, d'ordijiaire, (pie c'est tout aussi vrai du travail j)ar le(piel rar;j;ent est accumulé. — et (jue l'activité aussi, soit mentale soit corporelle, n'est (piun moyen, et (pi'il est tout aussi irrationnel de la reciiercher à l'exclusion de ccllt! vie complète à la(pielle elle sert, (piil l'es! |)our l'axare d'accumuler de l'argent dont il ne lait rien. IMiis tard, (juand ce siècle de progrès matériel actif aura donné à l'humanité tous ses bénéfices, il y aura, j'esjjère, un meilleur ajustelucul (lu lra\ail et de la jouissance, l'armi les raisons (jue j'ai de le croire, il y a celle-ci. (pie le processus d'évolution à travers le monde organi(pie en général, apporte un excédent croissant d'énergies (jui ne sont pas absorbées par la satisfaction des besoins matériels, et (juil in(ii(jue un excédent plus considérable encore pour l'humanité de l'avenir. Kt il y a d'autres raisons encore que je ne dois pas n(''gliger. Bref, je puis dire que nous avons un peu troj) d' « Évangile du Travail ». Il est temps de passer à l'Évangile du Délassement.
Voici un discours bien en dehors des règles communes.
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(ïi. ir.iiixiT.i *îii^iilî.i iiir.i\ ml il. ■>%. iii ilo VOUA rciiJrff
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j'ai p«MiM^ qu^ ji» ne |K>ii\aiH mieux vou«« iriinTi'iiT qu'en vuus «*\|iniii4iiit une «\ui|i.ilhic (|ui suis^n'n* une craint
"ii le iMiinpn'iitlre, relli» iiit(*iii|>< ' U.i^ m MM . !•• plus ^|M*t'jal<'|||lMlt la partie aii;.'rM .uik n< ihktl«' la pupiilalioii. — >"il en ré>uUe que le pli\>i<|ue h'en tntuve miné, nuii seulement chez len adultes, mais aussi rhez Ifs jeunes «pii, ainsi que me l'apprennent vos journaiiv quotidiens, S4mt aussi surmenés |»tir un exc^s de tra- \ail. — si la eonv'-quciu'e ultime doit tMre le «1 'it
de ceux d entre nous qui ont hérité des iiistituii",,. ,,,.,, , ,l \ "ont le mieux adaptés, il y aura alors une plus grande «iiftieulté dans le f(»netioiuiement de ce ^nniid avenir qui attend la nation américaine. N'atlriliuez le caractère de mes remaniues qu'à mon inifuiétude à ce sujet.
Kl liiainteiiant. je dois \ous dire adieu. ïai m emltar- «|ii.i!il sur la (U'riiiania samedi. jemjMirterai un doux sou- \«itirde mes rapports avec nombre d'Américains, avec le n*;.Tel que l'état de ma santé m'ait empêché d'en voir un plus ^rand nombre.
1! convient d'ajouter ici quelques mots concernant les < ..uses de cette excessive activité de la vie américaine. — causes qu'on peut identifier avec celles qui ont, en partie, ' ' muis dans des tenqis peu éloi«;nés, et qui ont pn>u.iM i-^ effets de même lamiile. bien cpie moin> maniués. C t'st d'autant plus la |K'ine de retracer la f:enése de cette ab'^oriilioii indue des forces à l'ipuvre, qu'elle sert bien à nK'iiti.i l.i \< iiié générale qui de\rait être toujours pré-
130 PRORLÈMKS DK MORALE KT DE SOCIOLOGIE
sciilo il lespi'il (le Ions les Icf^isla leurs et hommes politiques, que les résultats indirects et imprévus d'une cause quelcoiupie inlluaul sur une société, sont frécpiemment, si ce n"esl habiluellement, plus j^rands et jjIus iniporlanls cpie les résultats directs et prévus.
La haute pression sous laquelle vivent les Américains, et (pii est à son maximum d'intensité à des endroits Ij Is que Chicago, où la prospérité et le taux de croissance sont le plus grands, est reconnue par beaucoup d'Américains intelligents comme résultant indirectement de leurs institutions libres et de l'absence de ces distinctions de classe et de ces restrictions qui existent dans de plus anciennes communautés. Une société où l'homme qui meurt millionnaire est si souvent le même qui a commencé la vie dai s l'indigence, et où, pour emprunter aux Français une expression concernant le soldat, chaque crieur de journaux peut porter dans son sac le sceau d'un président, est, par conséquent, une société où tous sont soumis à une concurren( e pom' la fortune et l'honneur, plus grande que celle qii existe dans une société dont les membres sont presque tous empêciiés de sortir du rang où ils sont nés, et n'ont que des possibilités lointaines de faire fortune. Dans les sociétés européennes, qui ont, dans une grande mesure, conservé leurs anciens types de structure (comme la nôtre l'a fait jusqu'au temps où le grand développement de l'industrie a commencé à ouvrir des carrières toujours plus nombreuses pour les classes de production et de distribution), il y a si peu de chances de surmonter les obstacles qui s'opposent à une grande élévation ou à dévastes possessions, que presque tous sont forcés de se contenter de leurs places, ne conservant que peu ou point de pensée d'améliorer leur situation. Un concomitant manifeste, c'est que, en remplissant, avec
LKS AMÙtlCAINS lit
IVflicacite* i]\U' |)('niM'l iiiif (•(tiiciiiifiicr initdi'n'o, les tàclu»* <|iioli(liciiiii ^ il«' l(•lI^•^ >ilii.itinii> ropcchNcs. la majorilt'* s't'sl lial»iUn''t' a lircr If iiii'ijlrur |)arli di'S plaisirs quo |»ernu'l leur |iosili«»n, pendant le loisir ipii leur ndioit. Mais il cMi «'s( anlrcnirnt la on nnr iinincnsc an^'nicntalinn de cninincrcc nniltiplic ^'landcnuMit les chances de snecès ponr les audaeienv, et il en esl encore plus là où les dislineliiuis de classes snnl en parlie sn|»priinces, on enlièit'iiMiii ahsenles. Non seulenieiil il \ a plus d'éner^Me cl {\c pensée dans le U'nips occupe (|uolidiennenient par le travail, mais le loisir vient à iMre diminue, soit liltcraicment parce (ju'on ralirc<j:e. sût par les incpiicludes au sujet des allaires. 11 esl évident ijue plus le nombre est grand de ceuv (jui, sous ces conditions, acquièrent la propriété, ou parviennent à de hautes positions, et plus le reste se trouve fortenjent stinnilé. lii type croissant dactivité s'établit, et continue à s'élever. Les applaudissements du public accordés à ceux (|ui réussissent, devenant dans des connnunautés ainsi placées lespéce la jilus conunune d'encourajj:enient public, augmentent le stimulus à l'action. La lutte devient de plus en plus âpre, et une crainte d'échouer sur\it'iit. une crainte d'être u laissé en airiére », comme disent les Américains, m)t significatif, jjuisqu'il suggère une course où plus l'un C(mrt vite, et plus tous les autres ont à se hâter pour rester à sa hauteur, mot suggérant cette hâte à perte d'haleine où chacun passe d'un succès obtenu à la poursuite d un autre succès. Et si nous comjiarons les Aiiglais d'aujiuud'hui avec ceux d'il y a un siècle, nous pouvons voir, en une grande mesure, cpie les mêmes causes ont amené des résultats analogues.
Ceux mêmes (pii ne sont j)as directement éperonnés par celle lutte, devenue si intense, pour la fortune et 1 hun
i.i-l PROBLÈMES I>K MORALE ET DE SOCIOLOGIE
nmir, s'y Iroiivcnl iiulirectement poussés, car im do ses eiïets est (l'rlcvcr Ir type do la vie, et cmi (lôliiiilivc iraii^nienler le lau\ inovcn ilc (lôpensc pour tous. En pailie pour en jouir personnelleuicnt, mais bien plus encore pour Télalage qui attire radniiralion, ceux qui gagnent des fortunes se (listin,mi('iil pai- des l)a])itudes de luxe. Plus ils deviennciil noiuhnMix, et plus âpre devient la concurrence pour cette sorte daltention publique donnée à ceux qui se font remarquer par de grandes dépenses. L'émulation de dépense se répand, en descendant, pas à pas, jusqu'à ce que. pour être « respectables », ceux qui ont des ressources ivl;ili\('in(Mil i)etites se sentent obligés de dépenser davantage pour leur maison, leur mobilier, leur costume et leur nourriture, et sont obligés de travailler d'autant plus pour obtenir les revenus plus grands qui sont nécessaires. Ce processus de causation est assez manifeste parmi nous, et il Test encore plus en Amérique, où l'extravagance de la manière de vivre est plus grande que chez nous.
Donc, itien qu'il semble hors de doute que le déplacement de toutes barrières politiques et sociales, et le fait de laisser à chaque homme une carrière que rien n'entrave, soit purement avantageux, il y a pourtant, d'abord, un revers à la médaille. Parmi ceux qui, dans les communautés plus anciennes, ont par des existences laborieuses con([uis une position honorable, on en a pu entendre avouer tout Ijas que « le jeu ne vaut pas la chandelle », et quand ils entendent parler d'autres, qui veulent marcher derrière eux, ils secouent la tète et disent : « S'ils savaient ! » Sans accepter entièrement cette appréciation pessimiste du succès, nous devons pourtant dire que d'une manière très générale le prix de la chandelle opère une grande réduction dans le gain de la partie. Ce qui est
U.S. AHf.niiiAiNs !;i3
«»\«M'|»lioiiiu*ll«Min'nl vrai, rlu»z nous, !'rsl |M>au('<>u|) plus p'iuTaitMaeiil tvi AiiiQri(]ue. Une vi<* plus iiiU'iise. «pii peut se résumer eu ^m* nui travail, pand profit, ^'rauili* (Icpcuiie, a pour accompa^Mienient une usure «pii diuiinue eousidiVa- Mein ;il liaus une direction K> bien ae<;uiN dans une autre. Ajoutez à cela cpie IVlTorl journalier pcmlanl des heures, et les inquiétudes qui en nMUplissenl beaueojip d'autres — r«K'eupati()ii di' la conscience par des sentiments ipii sdiit indilTércjiÎN <mi pcnildes. laissant relativement peu de tenqis pour (juViie soit occupée d'a^'réaldes sentiments, — leuilent à abaisser davanta<;e le niveau, cpie ne peuvent le relever les satisfactions d»' la réussite et les avanta^'es qui accouipaj^ment celle-ci. De sorte qu'il se peut faire, et (ju'eii beauct)up de ca> il se fait, (pi'un bonheur iii(»indre résulte d'une au^'uientation de prospérité. Il n'y a point de doute <pie, tant (pie l'ordre est maintenu, l'absence des restrictiiuis sociales et politiques ()ui donne libre cours aux luttes pour le gain et pour l'honnetir, contribue grandement au progrès matériel de la société, développe les arts industriels, étend et améliore les organisations d'affaires, augmente la richesse; mais il ne suit aucunement de là qu'elle élève la valeur de la vie indi\iduelle, telle qu'elle est mesurée par l'état moyen de son sentiment. Il est certain qii'elle le fera, en délinitive, mais quelle le fasse maintenant, voilà qui. à tout le moins, est fort douteux.
La vérité, c'est qu'une société et ses membres agissent et réagissent de telle fa«;on cpie. tandis ipie diuie pari la naluie de la société est déterminée par celle de s«'s iuend)res, «.l'autre part les activités de ses membres et bicnt«')t leurs caUiresi sont déterminées de nouveau par les besoins de la bociété, à mesure cpie ceux-<M changent; le changement dans les uns entraîne le changement dans les autres. Liiu-
j.'ît PROnLf:MF.S DE MORALE ET HE SOCIOLOCIE
|)li('.ili(M". r\iilt'ntr c't^sl (|U(\ (l;ins vue LTnnde mesure, la vieduno soeiétr ir^'il les voloiUrs dcsos in(Mul»resf*e façon à les diriger vers ses lins, ('c (|iu est manifeste, pendant la phase militante où l'auMviial soeial forée ses unités à eoopérer poiii- la drfensi' d sierilie nombre de leurs vies pour conser\ (M' le corps, se trouve vrai, sous une autre /"orme, pendant la |)hase industrielle, ainsi que nous le savons mainlciinnl. Mien (\\ic la coopération des citoyens soit, à présent, volontaire au lien d'être forcée, les forces sociales les obligent, pourtant, à accomplir des fins sociales, en ayant l'apparence de n'accomplir que leurs projmîs fins. L'homme qui, par une invention, ne pense qu'au bien-être personnel qu'il en retirera, est dans une bien plus grande mesure à l'œmTe pour le bien public. Comparez la fortune de Watt et celle que la machine à vapeur a donnée à l'humanité. Celui qui utilise de nouveaux matériaux, qui améliore un procédé de production, ou qui inaugure une meilleure manière de faire les affaires, et le fait dans le but de gagner de vitesse ses concurrents, gagne peu pour luimême, en comparaison de ce qu'il gagne pour la communauté en facilitant l'existence de tous. Inconsciemment» ou pour ainsi dire malgré eux, la nature dirige les hommes, par des motifs purement personnels, vers l'exécution de ses lins, la nature étant une de nos expressions pour la cause ultime des choses, et la fin, éloignée si elle n'est pas prochaine, étant la forme la plus élevée de la vie humaine.
D'où il suit qu'aucun argument, si serré qu'il soit, ne saurait produire beaucoup d'elTct; ici et là seulement, on peut être influencé. Comme dans une phase militante active de société il est impossible de faire croire à bien des gens qu'aucune gloire soit préférable à colle de tuer ses ennemis, de môme, là où se produit une rapide croissance matérielle