‹ Problèmes de morale et de sociologieChapitre 16 sur 30 · I.KS \Mhll(.AIM · texte numérisé non relu

I.KS \Mhll(.AIM

qui (liïre uu (.-iiaiii|i sans liiiiiles auvénerpes dr tous, on ne pt'Ul iHU'rv n'ussii .1 |x*rsuadert|ue la vi«* a (li'stMii|)luis|ilus nobles (]u<' le tnix.iil •■( rairuniulatioii de lortuiK*. Tant <|ue Ips sentiments les plus puissants eontinueront a l'être le désir (le l'approltation pulili(|ue et la erainle du Idànie pulilic; tant ipic l'ardeur à ohtenir les dlNtlix-tions, tantôt en ballant renn«'ini. lantôl en ballant le eoncurn-nt, continuera à dominer; tant (|ue la erainle de la ré|)r(»l»ation pultli(iue indueneera plus les honnnes ipie eclle de la Nenp»anee divine (ainsi cpie la lon^'ue survivance du duel chez les sociétés chrétiennes ralleste), cet excès de travail «pie su;;;:ére lambition semble devoir continuer avec peu de nuKlilications. Le désir de l'honneur accordé au succès, d'abord dans la *;uene, et puis dans le commerce, a été indispensable connue moyen de peupler la terre de types d'hommes su|)érieurs. et de subjupier sa surface et ses forces à l'usa^'e de 1 humanité. L'ambition peut. Ié;:itimemenl. être en moindre proportion avec d'autres motifs, maintenant que le l'onclionLiement de ces besoins est près d'être complet, et où aussi, par conséquent, le champ où se satisfait l'ambition se rétrécit. Ceu.v qui savent tirer les corollaires évidents de la doclriue de l'évolution, — ceux qui croient que le processus de modilicalions successives qui a amené la vie à sa hauteur actuelle doit l'élever encore da\antaj^'e, s'allendronl à ce que <• la dernière inlinnité d'un noble esprit » décroîtra lentement, dans un avenir encore éloi^Mié. A mesure que la sphère de l'accomplissenjent se rapetissera, le désir d'être applaudi perdra sa prédominance. Un meilleur idéal de vie p«>urra prévaloir, simullanénjent. Lorscpi'on aura bien reconnu la Nèrité que la beauté morale e>l plus élevée (pie la puiss.ince inlellecluelle ; quand le dcsir d'être admiré sera en grande mesure remj)lacé par le

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(Irsir d\Mre aiiiu', ci'tle l)ri^Mi(' do disliiiclKm (lue nous ^montre la pliase présente de rivilisalion sera grandement modérée. A eùlé d'antres r.vanlagos, il |)onrray avoir, alors, une proportion rationnelle de travail et de repos, et les di'oits relatifs d'anjo^jrdhui et de demain seront peut-être convenablement balancés.

L'ORr.AMSMi: bOLlAl/

On a fail un ^'laml iiitriic a Mr Jaiuo Mackinlosli d'avoir ilil (juc u les Coiistiliiliuns ne sont |>(iiiil faites : ««Iles se font ...

ht' nos jours, ce qu'on trouve déplus élonuanl danseette phrase, c'est qu'on ait pu s'en étonner. De mt^nie que la surprise dun homme, en présence d'un fait famiher, peut faire ju^'er de la culture do son inleiHgencc, on peut apprécier le <!e;,'ré d'instruction d'un siècle par l'admiration qu'il accorde I une jjcnsée nouvelle. Kn citant si sou\ cnt cet apophthc;/me le .Macivintosh. on n"a fait que révéler une profonde it:norance de la science s(»ciale. Un faible rayon de luniicre a paru éblouissant, connue une chandelle, à distance, fait l\'iïet dune étoile dans les ténèbres qui l'environnent.

Cette conception ne pouvait manjpier, en réalité, de faire sensation, en tondjant au milieu d un système de raisonnement aucpiel elle était entièrement étran«;ère. Du temps de Mackint(»sh, tout s'evpliquait par l'hypothèse de la création, plutôt que par celle du développement, et peut-ctre en est-il encore ainsi, dans la plupart des cas, de nos jours. On estimait (pie les planètes étaient pn)jetées, autour ilu Soleil, par la iiiaiit du (litatciir. avec la vitesse rctjiii-M' |iwur

> Fublié pour la preiuu're foi* daus la Westmuuter Heview, de janvier 1860.

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contrebalaneer rallraclion du Soleil. La foniialion de la Terre, la séjiaration entre la mer el la terre, la eréati(in des animaux, étaient autant d'œuvros mécaniques dont Dieu se reposait ensuite, comme un artisan fati*;ué. On supposait (pie riiomme avait élr pétri (rime niaiiièrr analogie à eell(> dont un sculpteur modèle une statue d'argile. Et, naturellement, d'accord avec ces idées, on supposait, tacitement, (jue les sociétés avaient été an'an^ées, ainsi, ou autnMiient, par l'intervention directe de la Providence, ou par les règlements des législateurs, ou par les deux à la fois.

Il est pourtant si manifestement vrai que les sociétés ne sont point agencées artificiellement, qu'on s'émerveille (pie les hommes aient pu méconnaître ce fait. Rien ne mon Ire plus clairement, peut-être, le peu de valeur des études histori(jues telles qu'elles ont été habituellement suivies. 11 suilil de jeter un coup d'œil sur les changements qui se produisent autour de nous, ou d'observer les traits principaux de l'organisation sociale, pour voir qu'ils ne sont ni surn; turels, ni déterminés par les volontés d'individus, ainsi que rim|)liquent les anciens historiens, mais qu'ils sont la conséquence de causes naturelles générales. Le seul fait de la division du travail suffirait à prouver cela. Ce n'est point par Tordre d'un chef quelconque que certains hommes sont devenus manufacturiers, tandis que d'autres restaient cultivateurs du sol. Dans le Lancashire, des millions d'hommes se vouent à la fabrication des étoffes de coton; dans le Yorkshire, un autre million s'occupent des tissus de laine; les poteries du Staflbrdshire, les coutelleries de Sheffieltl, la quincaillerie de Birmingham, occupe chacune des centaines de milliers d'ouvriers. Ce sont là des faits considérables de la structure de la société anglaise; mais nous ne pouvons les attribuer ni à des miracles, ni à la législation.

LORliAMHM»: tiOCIAI. |:)9

Ce n'psl |M)iiil par « l«* lirn>s devenu roi •. par la «« «afjessi» colltHiiNf . i|»ie les lioiiiiiies se sonl divisés en ppulueleurs. Cl» dislriluileiirs en pros, et m di.slriliiiteiirs en détail. Notre orjjanisalioii indiislrieile, depuis ses p-aiidett Hjmes jus(iu';i ses détails les plus inliines. est drveiiue ce quelle est. non seulement sans direction léj^islalixe, mais, à un de;n^' eonsidérahle. mal^'ré les obstacles lé«nslalifs. Klle s'est fornuf sous la pn-s^ion des besoins de riioinnie. et des activités résultant de ces besoins. Tandis que ehaipie citoyen avait pour objectif son bien-être individuel, et qu'aucun ne se préoccupait de la division du tnivail ou ne soupçonnait qu elle fût nécessaire, c«*ttc division a toujours été croissiuit et devenant plus complète. Klle a fait son «euvre lentement et silencieusement, et, jusquà nos temps les plus modernes, bien peu l'ont reujarquée. l*ar dejxrés si faibles que d'année en année les arran^'ements industriels semblaient rester les mêmes, par des changements aussi imperceptibles que ceux par lesquels une graine devient un arbre, la société est dexeinie le corps complexe de travailleurs dépendant les uns des autres, que nous voyons maintenant. Kl remarj^uez bien que cette organisation économique est Torganisation essentielle. Par la combinaison qui s'est ainsi, sjMintancnient, produite, chaque citoyen est pourvu du nécessaire quotidien, et en même tenqjs il cède (juelque produit ou quehjue aide aux autres. Si nous sommes tous \i\ants aujourdhui, nous le devons au fonctionnement régidier de cette combinaison pendant la semaine passée ; et s'il était possible de suspendre bruMjuement ce fonctionnement, des multitudes périraient avant la lin d'une autre semaine. Si ces arrangenients principaux et vitaux de notre structure sociale sont ainsi nés, sans dessein préconçu de qui que ce

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soit, par les etTorIs iiuli\ idiicls des eiloyiMis |)()m- salisfaire leur propres besoins, nous pouvons (Mre assurés (pie les arrangements secondaires, moins imj)ortanls, ont du avoir la même origine.

" Mais, dira-l-on, assurément, on ne peut classer comme dévelojipements spontanés les changements sociaux |)roduils directement par la loi ? Lorsque des parlements, ou des rois, ordonnent telle ou telle chose, et nomment des fonclionnaires jiour les exécuter, ce processus est évidenniient artificiel, et la société, en ce cas, est fabri(pu''e plutôt (pi\l!e ne se développe. > Non, ces changements même ne l'ont pas exception, s'ils sont réels et permanents. Les véritables sources de changements semblables sont placées bien plus profondément que les actes des législateurs. Prenons un exemple des plus simples. Nous savons tous que les actes législatifs de gouvernements représentatifs dépendent, en définitive, de la volonté nationale: ils peuvent, par moments, ne pas s'accorder avec cette dernière, mais par la suite ils doivent s'y conformer. Et dire que la volonté nationale les détermine en fin de compte, c'est dire qu'ils sont le résultat de la moyenne des désirs individuels ; en dautres termes : de la moyenne des natures individuelles. Une loi ayant une telle origine, par conséquent, est réellement le produit du caractère du peuple. Dans le cas d'un gouvernement qui représente une classe dominante, il en va de môme, bien que cela ne soit pas si manifeste. Car l'existence môme d'une classe aydui le monopole de tout le pouvoir est due à certains sentiments dans la communauté. Sans le sentiment de la féauté chez les adhérents, un système féodal ne saurait exister. Nous voyons, par la protestation des Highlanders contre l'abolition des juridictions héréditaires, qu'ils iiréféraienl cette sorte de législation

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