‹ Problèmes de morale et de sociologieChapitre 18 sur 30 · I. (tlK.AMSMK SOCIAL Hî'J · texte numérisé non relu

I. (tlK.AMSMK SOCIAL Hî'J

les serfs de l'aiilir; la slruelure sociale o^t wWv (jue ce transport des objets de iiccessil('" s'elT<'ctiiedirccteineiil entre les esclaves et leurs maîtres. Mais, dans des sociétés d'un type plus ùlevé, «miIic ces deux classes primitives, il s'en èlùve une autre, — la classe commervante ou classe moyenne. Nous voyons, dtS le début, comme maintenant, parliuil d'une manière j;énéralc, (pie cette classe moyenne correspond à la couche moyenne dans l'embryon. Car tout commerçant est essentiellement itistributeur. Soit qu'ils lassent le conmierce de gros, recueillant en grandes masses les denrées de divers producteurs, soit qu'ils vendent en détail, partageant, entre ceux qui en ont besoin, les masses de marchandises ainsi réunies, tous les marchands sont des agents transportant les choses des endroits où elles ont été produites à ceux où on les consomme. Ainsi, l'appareil distributeur dans la société répond à l'appareil distributeur dans le corps vivant, non seulement pour ses fonctions mais par son origine intermédiaire, sa position subséquente, et le temps de son apparition.

Sans énumérer les diiîérencialions secondaires que ces trois grandes classes subissent ensuite, nous noierons simplement que jusqu'au bout elles suivent la même loi générale que les différenciations de l'organisme individuel. Dans la société, comme chez l'animal rudimentaire, nous avons vu que les divisions les plus générales et les plus franchement différentes sont les premières à apparaître, et cela est vrai aussi des subdivisions qui se produisent, et dans les deux cas elles se produisent selon un ordre de généralité décroissante.

Faisons observer, ensuite, que dans l'un et l'autre cas les spécialisations sont d'abord très incomplètes, et approchent de leur perfection à mesure que l'organisa-

lion progresse. Nous avons vu que chez les tribus sau- >ages, comme cliez les animaux les plus simples, il subsiste une grande communauté de fonctions entre les parties qui sont nominalement dilTérentes ; que, par exemple, la classe des chefs reste longtemps, au point de vue de l'industrie, identique à la classe inférieure ; tout comme dans Thydre, la faculté contractile appartient aux unités de lendoderme aussi bien que celles de l'ectoderme. Nous avons aussi remarqué comment, à mesure que la société avançait, les deux grandes classes primitives partageaient de moins en moins leurs fonctions respectives. Il nous faut remarquer ici que les spécialisations subséquentes sont d'abord vagues, et deviennent distinctes par degrés. « Dans l'enfance de la société, dit M. Guizot, tout est confus et incertain, il n'y a encore aucune ligne précise et fixe de démarcation, entre les différents pouvoirs d'un État. » « Primitivement, les rois vivaient, comme les autres propriétaires, du revenu que leur rapportaie it leurs propriétés. » Les nobles étaient de petits rois, et les rois n'étaient que les nobles les plus puissants. Les évêques étaient des seignem^s féodaux et des chefs militaires. Le droit de battre monnaie appartenait à des sujets puissants et à l'Église, tout comme au roi. Chaque homme considérable exerçait à la fois les fonctions de propriétaire, de fermier, de soldat, d'homme d'État, de juge. Les clients de ce chef étaient tantôt soldats, tantôt manœmTcs, suivant qu'il en était besoin. Mais, peu à peu, l'Église a perdu toute sa juridiction civile ; l'État a exercé de moins en moins d'influence sur l'enseignement religieux; la classe militaire est devenue distincte ; les métiers se sont concentrés dans les villes, et les rouets des fermes isolées ont disparu devant les machines des districts manufacturiers. Non seulement tout

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|)ro«;n''s va de rh()nio'^'(''iu' à riii'lt'rof^ôiie, mais, en nu'^mo temps, de ee qui est iiulrliiii à ce (jui est déliiii.

l'ii anlic (ail ne iloil |)as Hn' oiildié, c'est (jue, dans le développement d'une j^'iande société hors don f,Toupe de petites sociétés, il y a une ol)liléralion ^Maduelle des lij^'nes primitives de séjjaiation — et de ceci, aussi, nous trouvons des exemples dans les corps vivants. Le groupe des Annelés en fournit de bons exemples. Parmi les types inférieurs le corps consiste en nombreux segments qui se ressemblent en presque tous leurs détails. Chacun a son anneau externe; sa paire de pattes, si c'est un anmial qui en ait; sa portion égale d'intestins, ou bien aussi son estomac séparé; sa quote-part de grand vaisseau sanguin, ou, en quelques cas, son cœur séparé; sa portion de chaîne nerveuse, et peut-être sa paire de ganglions séparés. Mais dans les types les plus élevés, comme chez les grands crustacés, beaucoup de ces segments sont fondus ensemble, et les organes internes ne sont plus uniformément répétés dans tous les segments. D'autre part, les segments'dont se composent les nations, à l'origine, perdent leurs structures internes et externes séparées de manière semblable. Dans les temps féodaux les communautés les moins grandes, gouvernées par des seigneurs féodaux, étaient organisées de celle même manière primitive, et n'étaient tenues que par la fidélité à leurs chefs respectifs comme suzerain. Mais, avec la croissance d'un pouvoir central, les démarcations de ces communautés locales deviennent relativement sans importance, et leurs organisations séparées sont absorbées dans l'organisation générale. On voit cela siu* une plus grande échelle, dans la fusion de l'Angleterre, du pays de Galles, de l'Ecosse et de l'Irlande, et sur le Continent, dans l'agglomération de provinces pour former des royaumes. Dans la disparition

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môme des divisions établies par les lois, le processus est analogue. Chez les Anglo-Saxons, l'Angleterre était divisée en dizaines, en centaines, et en comtés; il y avait des cours de comté, des cours dccentaines, des cours de dizaines. Celles-ci furent les premières à disparaître ; puis ce furent les cours de centaines, qui, toutefois, ont laissé des traces; la juridiction de coçilé existe encore. Toutefois, il faut surtout prendre note qu il se produit une organisation qui n'a aucun rapport avec ces divisions primitives, mais qui les traverse en diverses directions, comme cela arrive pour les êtres appartenant au groupe cité plus haut ; et, en outre, que dans les deux cas c'est l'organisation de soutien qui traverse ainsi les vieilles limites, tandis que, dans les deux cas, c'est Torganisation gouvernementale, ou coordonnatrice, qui garde les traces des bornes primitives. Ainsi, chez les Annelés supérieurs, le squelette tégumenlairè et le système musculaire ne perdent jamais les traces de leur segmentation primitive, mais, à travers une grande partie du corps, les viscères qui y sont contenus ne participent aucunement à la segmentation externe. Semblablement, chez une nation, nous voyons que, tandis que dans des buts gouvernementaux les divisions telles que les comtés et les paroisses existent encore, la structure qui ^'est développée pour la nutrition de la société ignore entièrement ces limites, notre grande manufacture de coton s'étend du Lancashire au Derbyshire Septentrional; le Leicestershire et le Nottinghamshire ont, depuis longtemps, partagé entre eux l'élève du bétail ; un grand centre pour la production du fer, et des objets en fer, comprend des parties du Warwickshire, du Slaiïordshire et du Worcestershire ; et les spécialisations variées d'agriculture qui ont fait la renommée de différentes parties de l'Angleterre pour différents produits,

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ne montrent pas i)lu> de respect pour les limites des comtés que ne I» font nos \illes croissantes pour les limiter des paroisses.

Si, aprt's avoir eunsidéré ces analogies de structure, nous demandons s'il y en a de semblables dans les processus do rhan^'ement organique, la réponse est afiirmative. Les causes <pii poussent à uiie augmentation de volume dans une partie ijuelconiiur du corps politique, sont de même nature (|ue celles qui augmenlt-nl le volume d'une |)arlie quelcoiupie d'un corps individuel. Dans les deux cas, rautécédent est une acHivil»' foneticnnelle plus grande répondant à une demande plus grande. Cliaipie membre, chaque viscère, chaque glande, ou autre partie de l'animal, est développé piu- l'exercice, en remplissant activement les devoirs que le corps, en général, en exige ; et, semLlablement, toute classe de travailleurs ou il'arlisans, tout centre manufacturier, toute administration officielle, commencent à croître quand ia communauté leur inq)ose plus de travail.

En chaque cas, aussi, la croissance a ses conditions et ses limites. Il faut, pour que chaque organe dans un être vivant croisse par l'exercice, une certaine quantité de sang. Toute activité implique une déperdition ; le sang apporte les matériaux réparateurs ; et avant qu'il puisse y avoir croissance, la quantité de sang fournie doit être plus grande que n'en exige la réparation. 11 en est de même dans une société. S'il vient à un district qui prépare pour la communauté une marchandise particulière — les lainages du Yorkshire, par exemple, — une augmentation de commandes, et si pour répondre à cette demande l'organisation manufacturière s'étend et dépense davantage, et si, en compensation de la quantité extraordinaire de lainages expédiée, il ne revient que la quantité de maichandises remplaçant la dépense, et

comblant la déperdition de vie et de machines, il ne peut^ évidemment, y avoir d'accroissement. Pour que celui-ci s& produise, il faut que les denrées obtenues en échange soient plus que suHisanles à ces fins, et la rapidité de l'accroissement sera en proportion directe de la grandeur du surplus. D'où il est manifeste que ce que nous appelons profit dans^ les affaires commerciales, répond à l'excès de l'assimilation sur la déperdition dans le corps vivant. En outre, dans les deux cas, si l'activité fonctionnelle est grande et la nutrition imparfaite, au lieu d'accroissement il n'y a que dépérissement. Chez l'animal, si un organe quelconque est exercé à tel point que les canaux qui lui apportent le sang n'en fournissent pas assez pour la réparation, l'organe diminue, s'atrophie. Et, dans le corps politique, si quelque partie a été stimulée à une production excessive, et ne peut ensuite recevoir de compensation de toute sa dépense, quelques-uns de ses membres font banqueroute et il diminue de grandeur.

Une autre ressemblance qu'il nous reste à noter, c'est que les parties différentes de l'organisme social, comme celles de l'organisme individuel, sont en concuiTence pour la nourriture ; et chacune d'elles en reçoit plus ou moins selon qu'elle remplit plus oumoinsde devoirs. Si le cerveau d'un homme est surmené il prend le sang aux viscères et arrête la digestion ; ou bien, la digestion, trop active, affecte la circulation dans le cerveau et produit la torpeur; ou bien de grands exercices musculaires attirent une telle quantité de sang vers les membres, que l'activité digestive ou cérébrale, selon le cas, se trouve arrêtée. Ainsi de même, dans une société, une grande activité dans une direction donnée cause un arrêt partiel d'activité ailleurs, par la soustraction de capital, c'est-à-dire des marchandises;

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voyez, par «*\(Mii|)lt', la iiiaiti«'n> ilout le (lrv«'Io[)p(*mriil soudain (ir iiodr organisation (l<> rhniiinsdc ft'i* a |)ariily8^ les op(''ralions cnninicrcialcs, la lacnn ddiit lr drvidoppenuMil d'un»' ^'landc force inilitain* arnMf, tcniporaireincnt, le développement des industries princi|)ales.

Ces derniers passa^jes servent d'introduction à la dis ision suivante de notre sujet. Nous avons, presque sans nous en douter, rencontré Tanalo^'ie ([ui existe entre le sang du corps vivant et la masse de marchantlises en circulation dans le corps politique. Il nous faut, maintenant, suivre cette analogie, depuis ses manifestations les plus smiples jusqu'à celles qui sont le plus complexes.

Chez les animaux inférieurs, il n'y a pas de sang proprement dit : à travers le petit agrégat de cellules qui forme une hydre, les sucs alimentaires sMnfdtrenl. Il ii"\ a ainim appareil pour élaborer une nourriture concentrée et purifiée, et pour la distribuer parmi les unités qui composent l'hydre ; ces unités absorbent directement la nourriture non préparée, soit par une cavité digestive, soit de proche en proche. Ne pouvons-nous dire que c'est là ce qui se passe dans une tribu aborigène? Tous ses membres se procurent iiulividuellement les choses nécessaires à la vie dans leur état grossier, et les préparent individuellement, pour leurs besoins, aussi bien qu'ils le peuvent. Aussitôt qu'il se produit une dilïérenckition nette entre les gouvernants et les gouvernés , quelque échange commence entre les individus inférieurs qui, comme travailleurs, entrent cWrectement en contact avec les produits de la terre, et les supérieurs qui exercent les fondions les plus élevés, échan<;e parallèle à celui qui accompagne la dilléiencialion de l'endoderme et de l'ectoderme. Dans l'un et l'autre cas, toutefois, c'est un

transport de produits qui sont peu ou point préparés, et. qui a lieu, directement, de l'unité qui produit à celle qui consomme, sans entrer dans aucun courant général.

En passant à des organismes plus grands — soit individuels, soit sociaux, — nous trouvons un premier progrès sur cet arrangement. Là où, comme chez les hydrozoaires composés, il y a union de plusieurs groupes primitifs tels que ceux de l'hydre, ou bien quand, (?omme dans une méduse, un de ces groupes devient très grand, il existe de grossiers canaux courant à travers la substance du corps ; non point toutefois des canaux pour le transport de nourriture préparée, mais de simples prolongements de la cavité digestive, à travers lesquels le fluide chyleux- aqueux cru attemt les parties les plus éloignées, et est déplacé, en avant et en arrière, par les contractions du corps. Ne trouvonsnous pas dans quelques-unes des communautés primitives les plus avancées un état analogue? Quand les hommes, unis en partie, ou complètement, en une société, deviennent nombreux ; quand, ainsi que cela arrive d'ordinaire, ils couvrent une surface de pays dont tous les produits ne se ressemblent pas ; quand, surtout, il y a des classes considérables qui ne se livrent pas à l'industrie, alors, inévitablement, il se produit un processus d'échange et de distribution. Des routes indéfinies se forment, traversant çà et là la surface terrestre, couverte de cette végétation d'où dépend la vie humaine, et dans laquelle, avons-nous dit, les unités de la société sont baignées ; sur ces routes passent quelques-unes des choses nécessaires à la vie, pour s'échanger contre d'autres qui bientôt reviennent par les mêmes chemins. Il faut noter, toutefois, que ce ne sont guère que des denrées crues que l'on transporte ainsi : les fruits, le poisson, des porcs ou du bétail, des peaux, etc.;

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il y a encore peu, ou nu^iiie point, d»» jjntduits inaiiufaclurt^s ou d'arlii'les préparés pour la cdusoininalioii. ht il faut noter aussi cpio la (lislril»uli<»ii de ces choses nécessaires non |)réparées n"a lit'u<|*if par oecasiou, et suit un certain rylhine lent, irréi^ulicr.

Un pro^Tés ultérieur dans l"rl.ili(irali()ii cl la dislrihiitioii de la nutrition, ou des denrées, aeeonipa^^'ne, nécessairement, ladilïéreneialion ultérieure des fonctions, soit dans le corpsindividuel, soit dans le corps politi(iue.Dôsque chaciue orj^ane d'un animal vivant se trouve limité à une activité spéciale, il doit devenir dépendant du reste pour les matériaux que sa position et sa fonction ne lui permettent pas de se procurer lui-même ; de même, dès que chaque classe particulière d'une communauté s'occupe exclusivement de produire sa propre denrée, elle doit devenir dépendante des autres poiu" les autres denrées dont elle a besoin. Et, simultanément, un sang plus parfaitement élaboré sera le résultat d'un groupe très spécialisé d'organes de nutrition, adaptés chacun à préparer certains éléments; et, de la même manière, le courant des denrées circulant au travers d'une société sera de qualité supérieure à proportion de la plus grande division du travail parmi le» ouvriers, il faut observer aussi que, dans chacun de ces cas, la masse de matériaux nutritifs en circulation, outre qu'elle devient, par degrés, composée de meilleurs ingrédients, devient aussi plus complexe. Une augmentation du nombre des organes dissemblables qui ajoutent au sang leurs matériaux de déchet et demandent au sang les divers matériaux dont ils ont besoin, implique un sang d'une composition jjIus hétérogène,— conclusion a priori, qui, selon le D"" Williams, est confirmée, inductivement, par l'examen du sang à tous les degrés divers du règne animal. Sembiablement, il est

manifeste que, dès que la division du travail dans les classes d'une communauté devient plus grande, il doit y avoir une hétérogénéité croissante dans les courants de marchandise qui traversent cette conmiunaulé.

La masse circulante de matériaux nutritifs dans les organismes individuels aussi bien que dans les organismes sociaux, devenant, à la fois, meilleure parla qualité de ses ingrédients, et plus hétérogène dans sa composition, à mesure que le type de structure s'élève, y ajoute, par la suite, dans les deux cas, un autre élément qui n'est pas nutritif en soi, mais qui facilite les processus de la nutrition. Nous entendons parler, en ce qui concerne l'organisme individuel, des globules du sang, et pour l'organisme social, de l'argent. Liebig a observé cette analogie ; il dit, dans ses Fatniliar Letters on Chemistry :

L'argent et l'or ont à remplir, dans Torganisme de l'État, la même fonction que les globules du sang dans l'organisme humain. De même que ces globules, sans prendre une part immédiate au processus de la nutrition, sont Tintermédiaire, la condition essentielle du changement de la matière, de la production de la chaleur et de la force par lesquelles la température du corps est entretenue, et les mouvements du sang et de tous les fluides sont déterminés, de même l'or est devenu l'intermédiaire de toute activité dans la vie de l'État.

Et les globules du sang étant comme de la monnaie dans leurs fonctions, et n'étant pas consommés dans la nutrition, il faut indiquer en outre que le nombre de ces globules qui, dans un temps donné, traverse les grands centres, est énorme quand on le compare à leur nombre absolu, tout comme la quantité d'argent qui passe annuellement à travers les grands centres commerçants est

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énorme si on la roinparc à la (juaiitité d'arj^'cnt evislaiil dans le pays. Kl ce n'est pas tout. Liebig a omis ccllf cirl'onstaïK'f si^'iiilicalive que ce n'est i\n'ii inieccrtaiin" pliase d'or^Miiisation cpie la circulation fait son a|)parition. Parmi <les (li>isioi»s étendues des animaux inférieurs le san;^ ne <'ontient pas de globules ; cl ilirz les sociétés d'une civilisation inférieure, il n"\ a pas d'argent.

Jusqu'ici nous avons considéré i analogie entre le sang, dans un corps vivant, et les denrées de consonnnation et ile circulation dans le corps politique. Comj)arons, maintenant, les moyens par lesquels ils sont, respectivement, distribués. Nous trouverons dans les développements de ces moyens des ressemblances non moins remarquables que celles que nous avons notées ci-dessus. Nous avons déjà montré, que comme classe, des distributeurs en gros et en ilétail remplissent dans la société le rcMe que le système vasculaire joue chez l'être vivant ; qu'ils commencent à exister plus tard que les deux auh'es grandes classes, de même que la couche vasculaire apparaît plus tard que les feuillets muqueux et séreux, et qu'ils occupent également, une position intermédiaire. Ici, toutefois, il reste à indiquer qu'une conception complète du système de circulation dans une société, comprend non seulement les agents humains actifs qui dirigent les courants des denrées et règlent leur distribution, mais comprend aussi les canaux de communication. C'est vers la formation et vers l'arrangement de ces derniers que nous dirigerons maintenant notre attention.

Revenant, une fois de plus, à ces animaux inférieurs où Ton ne trouve qu'une dilTusion partielle, non de sang, mais de fluides nutritifs crus, il tant remarquer que les canaux à travers lesquels s'opère la diflusion sont de simples

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excavations dans la substance à moitié organisée du corps ; ils n'ont pas de membranes qui les doublent, mais sont de simples lacunes dans un grossier tissu. Les pays où la civilisation ne fait que commencer, offrent le même aspect. Il n'y a pas de routes proprement dites, à travers lesquelles s'effectue la distribution des denrées simples. Et tandis que, dans les deux cas, les actes de distribution ne se présentent qu'à de longs intervalles (les courants, après un temps d'arrêt, se dirigeant tantôt vers un centre général et tantôt loin de ce centre), le transport, dans les deux cas, est lent et difficile. Mais parmi d'autres concomitants du progrès, communs aux animaux et aux sociétés, vient la formation de canaux de communication plus définis et plus complets. Les vaisseaux sanguins acquièrent des parois distinctes ; les routes sont entourées de barrières et empierrées. Ce progrès se voit, d'abord dans les routes ou les vaisseaux qui sont le plus près des centres principaux de distribution, tandis que les routes périphériques et les vaisseaux périphériques continuent longtemps dans leur état primitif. Aune étape encore plus avancée de développement où le fini relatif de la structure s'observe dans tout le système aussi bien que près des centres principaux, il reste, dans les deux cas, cette différence que les canaux principaux sont relativement larges et en ligne droite, tandis que les canaux subordonnés sont étroits et tortueux, en raison directe de leur éloignement. Enfin, il faut remarquer qu'il se forme, dans les organismes sociaux supérieurs, comme chez les organismes individuels supérieurs, des canaux principaux de distribution se distinguant davantage encore par leur structure parfaite, leur rectitude relative, et l'absence de ces petites branches que les canaux inférieurs émettent perpétuellement. Et nous trouvons aussi, dans le système

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de chemins de fci'. jMnir l.i iJicmirn' fois d.iiis l'or^'anisme <ociaI, un syst(''iue de (l()iil)le.s canaux transportant discourants dans des directions opposrcs, coininc le font les

libres et les veines d'un animal bien dévrloppr.

Ces ressemMances dans révolution et la structuic des systèmes circulatoires, nous anicncnt à d aulres relatives an\ xirtes et aux proportions de inouvemenis (pii s'y produisent. Dans les sociétés rudiiuentaires, tout comme étiez les orfianisnjes inférieurs, la distribution de nourriture crue se produit par de lentes dégur^zitalions et ré^Mu-^'ilations. Chez les êtres ayant des systèmes vasculaires rudinienlaires, lout comme dans les sociétés qui commencent à avoir des r* utes, il n'y a pas de circulation régulière le long de directions définies, mais au lieu de cela les courants changent périodiquement tantôt vers un point tantôt vers l'autre. ;V travers chaque partie du corps d'un mollusque inférieur, le sang coule, pendant un temps, dans une direction, puis s arrête et coule dans la direction opposée, tout comme, dans une société grossièrement organisée, la distribution de la marchandise se fait, lentement, dans de grandes foires, qui ont lieu en différentes localités, où se dirigent périodiquement et d'où se retirent, de même, les courants. Seuls les animaux d'organisation assez complète, de même que aes communautés avancées, sont pénétrés par des courants constants qui sont dirigés de manière définie. Chez les corps vivants, les courants locaux et variables disparaissent lorsque s'établissent de grands centres de circulation qui engendrent des courants plus puissants par un rythme qui linit en une pulsatica rapide et régulière. Remarquez aussi que dans les deux cas l'accroissement d'activité, comme la plus grande perfection de structure, est bien moins marqua à la périphérie du système vasculaire. Sur les lignes

principales de chemins de fer, nous avons peut-être vingt trains par jour dans la même direction, faisant de trente à cinquante milles par heure, de même qu'à travers les grandes artères, le sang coule, rapidement, en flots successifs. Le long des grandes routes, sont des véhicules transportant hommes et marchandises avec une rapidité moindre l)i(Mi qif encore considérable, et avec un rythme bien moins décidé, de même que dans les plus petites artères la vitesse du sang est grandement diminuée, et le pouls moins mar- ()ué. Dans les chemins vicinaux, plus étroits, moins complets, et plus tortueux, le taux de mouvement est encore diminué et le rythme à peine perceptible, comme dans les dernières artères. Dans ces chemins de traverse encore plus imparfaits qui conduisent des routes vicinales aux fermes et aux chaumières dispersées, le mouvement est encore plus lent et très irrégulier : c'est ce que nous trouvons dans les vaisseaux capillaires. Enfin, dans les chemins des champs, qui, à peine tracés, sans haies, sont des sortes de lacunes^ le mouvement est tout ce qu'il y a de plus lent, de plus irrégulier, de moins fréquent, ainsi que cela se passe, non seulement dans les lacunes primitives des animaux et des sociétés, mais aussi dans celles où se perd le système vasculaire chez de vastes familles d'organismes inférieurs. *

Ainsi donc, nous trouvons d'étonnantes ressemblances entre les systèmes de distribution des corps vivants et ceux des corps politiques. Dans les formes inférieures des organismes individuels et sociaux, il n'existe ni matière nutritive préparée ni moyens de distribution, et chez les deux tout cela accompagne nécessairement la différenciation des parties, et s'approche de la perfection quand cette différenciation se complète. Chez les animaux, comme chez les sociétés, les agents distributeurs commencent à se montrer

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aux iiu^iues prricxh's rrlalivcs. et dans les ni^^mcs positions inativt'S. (llic/. les \iiis ('(nnnit' chez l«'s antres, les inatéliaux (lo inilrilion (|ui ciiculcnt sont d'alioid crus rt simples, puis, ;^'ra(lnt'll«'n»{'nl, deviennent plus élaborés et pins liétéro|jènes, et il s'y ajoute, bientôt, un nouvel élément (jui faeilite les processus de nutrition. Les canaux de comuiu- ( alion traversent plusieurs phases semblables de développement (pii les amènent à des formes analo^Mies. Et les directions, les rythmes, et les taux de circulation progressent, par des pas semblables, vers des conditions linales pareilles.

Nous arrivons enfin au système nerveux. Nous avons noté la dilïérenciation primaire des sociétés en classes gouvernante et gouvernée, et observé son analogie avec la diiïérenciation des deux tissus primaires qui se développent respeelivement, en organes d'aclivilé externe et en organes d'alimentation; ayant noté cpiehiues-unes des principales analogies entre le développement des arrangements industriels et celui de l'appareil de l'alimentation, et ayant plus haut retracé complètement les analogies entre les systèmes de distribution social et individu<'I, il nous reste maintenant à comparer les moyens par lesquels une société, connue tout, est réglée, avec ceux par lesquels sont réglés les mouvements d'un organisme individuel. Nous trouverons ici des parallélismes aussi frappants que ceux dont nous avons donné l'indication jusqu'ici.

Le classe d'où l'organisation gouvernementale tire son origine est, ainsi que nous l'avons dit, analogue, dans ses rapports, à Tectoderme des animaux inférieurs et des formes embryonnaires. Et comme cette membrane primitive d'où naît le système neuro-musculaire doit, même à la, première

Spknceu. — Pr.tbl. .„

étape de dilÏÏTeneialion, (^Ire légOrement diflerente du reste par la plus {grande s(Misibililc et la plus grande conlractilité qui caractérisent les organes auxquels elle donne naissance, de même, dans cette classe supérieure qui est, essentiellemenl, Irniisforméeen système directo-exécutif d'une société (ses instruments législatifs et défensifs), il existe, au commencement, une plus grande somme des capacités requises pour ces i)lus hautes fonctions sociales. Dans ces grossières réunions d'hommes, ce sont toujours les plus forts, les plus courageux, les plus sagaces, qui deviennent souverains et chefs; et, dans une tribu déjà ancienne, le résultat est l'établissement d'une classe dominante, caractérisée, en moyenne, par ses qualités mentales et corporelles qui la rendent propre à la délibération et à l'action vigoureuse concertée. Ainsi cette sensibilité et cette contractilité plus grandes qui, dans les types animaux les plus grossiers, caractérisent les unités de l'ectoderme, caractérisent aussi les unités de la couche sociale primitive qui exerce l'autorité et se bat, puisque la sensibilité et la contractilité sont, respectivement, les racines de l'intelligence et de la force.

Encore, dans l'ectoderme non modifié, ainsi que nous l'avons vxi pour l'hydre, les unités sont toutes douées, à la fois, de sensibilité et de contractilité, mais en nous élevant vers les types supérigurs d'organisation, l'ectoderme se différencie en classes d'unités qui partagent entre elles ces deux fonctions : quelques-unes deviennent exclusivement sensitives, cessant d'être contractiles, tandis que d'autres, devenant exclusivement contractiles, cessent d'être sensitives. Il en va de même pour les sociétés. Dans une tribu aborigène, les fonctions directrices et executives sont répandues en une forme diffuse à travers toute la classe gouvernante. Chaque petit chef commande à ceux qui sont au-dessous de

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lui, et, si besoin est, 1rs f«»ivi' lui-iii(^ini> à obéir. Le conseil des chefs exécule hii-in«Mn«' sur le elianip (b* batalHe se» |»ropres tb''oisi(»i»s. I.r cln'f priiiiilif ne fail |»as seulement lies lois, ujais adnnnislre la jiisliee de ses propres mains. Toutefois, dans les conmmnaulés plus grandes et lu'wux établies, les a^'ents directeurs ri exécutifs commeneciit à ^trc distincts lim de i'aiiln'. Des que ses devoirs s'accunuilent, le chef ou roi se borne, de plus en |)lus, à la directii>n des affaires publicpies, et conlif à daulies l'exécution de sa volimté ; il envoie des délégués pour forcer la soumission, pour inlli^'cr les |)unitions, où pour exécuter certains petits actes (ralla(pn' el de défense, et ce n'est que dans les occasions où, peut-être, le salut de la société el sa propre suprématie sont en jeu, (pi'il commence à agir, aussi bien cju à diri^'cr. A mesure que cette ditTérenciatiou s'établit, les traits caracléristiiiucs du souverain cban^'ent. Ce n'est plus, comme dans la tribu aborigène, Ibounne le plus fort et le plus lKU*di, c'est plutôt celui qui est le plus rusé, le plus prévoyant, le plus li;ibile à manier les hommes ; car, dans les sociétés qui ont passé leur première étape, ce sont surtout ces qualités (jui assurent le succès pour obtenir le pouvoir suprême, et le maintenir contre les ennemis intérieurs et extérieurs. D'où il suit que le membre de la classe gouvernante qui devient le principal agent directeur et joue ainsi le même rôle qu'un centre nerveux rudimentaire joue dans un organisme en cours de développement, est habituellement doué de quelque supériorité d'organisation nerveuse.

Dans les coni lunautés plus grandes et plus complexes, qui possèdent j ut-être une classe militaire séparée, une classe sacerdot. ; '. et des masses de population dispersées nécessitant une ulorité locale, il s'élève des agents degou-

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vernement, subordonnés, lesquels, à mesure que leurs devoirs s'aceuniulcMil, deviennent de pins en pins des agents de direetion, dont les fonctions executives vont sans cesse diminuant. Kt lorstpie, ainsi que cela arrive d'ordinaire, le roi ciuniiuMice à réunir autour de lui des conseillers qui l'aident en lui comnumi(]uanl les renseignements, en préparant les questions qu'il a à trancher, et en publiant ses ordres, nous pouvons dire tjue cette l'orme d'organisation est comparable à celle qui est très générale parmi les types inférieurs d'animaux, où il existe un ganglion principal avec quelques plus petits ganglions subordonnés dispersés.

Les analogies entre l'évolution des structures gouvernementales dans les sociétés, et celle des stnictures gouvernant les corps vivants, sont toutefois plus marquées pendant la formation des nations par la fusion des tribus, — processus que nous avons déjà indicjué ressembler, à beaucoup d'égards, au développement des êtres, qui, primitivement, sont composés de nombreux segments semblables. Parmi d'autres points qui sont communs aux anneaux successifs qui forment le corps des Annelés inférieurs, se trouve la possession de paires semblables de ganglions. Les paires de ganglions, bien que reliées par des nerfs, dépendent très incomplètement d'une force directrice quelconque. D'où il résuite que lorsque le corps est coupé en deux, la partie postérieure continue d'aller de l'avant, poussée par ses pattes multiples, et que lorsque la chaîne des ganglions a été coupée sans séparer le corps, les membres postérieurs essaient de pousser celui-ci dans une direction, tandis que les membres antérieurs essaient de le pousser dans une autre. Mais chez les Annelés supérieurs, qu'on nomme Articulés, plusieurs des paires antérieures de ganglions, outre qu'elles grossissent plus, s'unissent en une seule masse, el

L'oRIUMSME tsOCIAL 181

ce graïui f^an^lion ct''pliali«|iu' tMniil dcxcnu le (MHtrdoiin.itcur (if lous Ifs iiiuuv«Mii<Mitftdt'ror^'niiiMnt\ il irc\i.<>ti' plu^beau-

<iii|) il'iiuli'*|u*mlni»r<' locale. Ne |)uu\oiis-ii(>u.> obsener des

li.iiiffeiuenls aiiulo^nies dans la iroissaïK-e d'un ruv.iuine ^ (taltlissaDt par la iruiiidii de petites souxeraiiietés uu lunninies ? (Idimiie les ehefs cl souverains primitifs déjà .Icrrits. les M'i^MU'urs féodaux, e\cn;aiit le pouNoir suprême

ir leurs groupes re>|H»ctifs dadliérents, rem|)lissent des fonctions analogues à eelles des centres ner\ eux rudiment, lires Parmi ces centres gouvernants locaux, il y a, aux temps primitifs de la léodalilé, trtS peu de subordination. Ils sont en fréquent antagonisme, et, sont, indiviihiellenjent, surtout restreints par l'influence de leurs pairs, et ils ne

•ni soumis que d'une manière irrégulière au membre le plus puissant de leur ordre qui s'est acquis le rang de suzerain suprême, ou roi. A mesure que le développement el l'organisation de la société progressent, ces centres locaux directeur- tombent, de plus en plus, sous le eontrôle d'un centre .lirigeant principal, l'nc union commerciale plus étroite .-ntre les divers segments s'accompagne d'une union gouvernementale plus étroite, ces petits chefs de second ordre linissent par n'être guère plus que des agents administrant, dans leurs diverses localités, les lois édictées jiar le du f suprême; tout comme les ganglions locaux décrits ci-desMis finissent par devenir des agents qui font exécuter, dans leurs segments respectifs, les ordres du ganglion cépbaliqti.'. Le parallèle va plus loin encore. Nous avons remarqué plus haut, en parlant de l'origine des rois aborigènes, que. à mesure que s'augmentent leurs territoires, ils sont obligés non seulement de faire remplir leurs fonctions exénitive^ |)ar pnnuralion. mais encore de réunir auloui d'eux des conseillers qui les aident dans

leurs fonctions directrices, et qu'ainsi, au lieu d'une seule unité gouvernante, il se forme un groupe d'unités gouvernantes, comparables à un ganglion consistant en beaucoup de cellules. Ajoutons ici que les conseillers et les principaux officiers qui forment ainsi le rudiment d'un ministère, tendent, dès le début, à exercer quelque influence sur le chef. Par les renseignements qu'ils donnent et les opinions qu'ils expriment, ils influent sur son jugement et dirigent ses ordi'es. Dans une certaine mesure, il devient le canal par lequel sont communiquées aux autres leurs volontés, et au cours du temps, quand le conseil des ministres devient la source reconnue de ses actions, le roi revêt le caractère d'un centre automatique reflétant les impressions qu'il reçoit du dehors.

Beaucoup de sociétés ne dépassent point cette complexité de structure gouvernementale, mais chez quelquesunes, un développement ultérieur a lieu. Notre propre cas donne un bon exemple de ce développement et de ses analogies ultérieures. En Angleterre, il a été ajouté aux rois et à leurs ministres d'autres grands centres directeurs qui exercent une autorité qui, petite d'abord, a graduellement acquis la prédominance, de même que les grands ganglions gouvernants qui distinguent spécialement les classes supérieures d'êtres vivants. Si étrange que l'assertion puisse paraître, nos Chambres du Parlement remplissent dans l'économie sociale des fonctions qui sont à divers égards comparables à celles que remplissent les masses cérébrales d'un animal vertébré. De même qu'il est dans la nature d'un ganglion de n'être affecté que par des stimulus particuliers d'endroits particuliers du corps, de même il est dans la nature d'un chef unique d'être influencé, dans sa conduite, par des intérêts exclusivement personnels, ou de classe. De

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