‹ Problèmes de morale et de sociologieChapitre 23 sur 30 · G PIlOBLi^MKS DE MOHAI.K KT DK SOCIOLOGIE · texte numérisé non relu

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lait, — nous pouvons, tout aussi bien, retourner franclieiiitMit à la throric des cival ions spéciales.

Quelle est (ionc la seule interprétation défendalth^ ? Si de telles nioililications de structure produites par des modifications de fonctions telles (pie nous les voyons en clKupie nulividu, sont en cpielque mesure transmissiMes à leurs descendants, toutes ces coadaplalions , depuis la plus simple jusqu'à la plus complexe, sont e\\)['ïquées. En -quelques cas, cette hérédité des caractères acquis suffit, en soi, pour expliquer les faits, et en d'autres elle suffit, combinée avec la sélection des variations favorables. Un exemple de la première catégorie nous est fourni par le changement que nous venons d'examiner, et un exemple de la seconde est fourni par le cas, déjà cité, du développement des cornes du cerf. Si, par quelque épaississeraenl se produisant spontanément, ou par la formation d'un caractère de plus, il y a acquisition d'un avantage soit pour l'attaque, soit pour la défense, alors, si la muscularité et le rentorcement du cou et du thorax que produit le port de ces cornes plus lourdes, sont héritées à un degré plus ou moins grand, et par plusieurs générations successives sont amenées par ce processus à la puissance qui est requise, il devient possible et avantageux qu'une augmentation ultérieure des cornes se produise, et aussi une augmentation ultérieure de l'appareil qui les soutient, et ainsi de suite continuellement. Ce n'est que par de tels processus, où chaque partie gagne de la force en proportion avec sa fonction, que des parties coopérantes peuvent conserver leur ajustement, et être réajustées pour de nouvelles exigences. Une étude attentive des faits imprime plus profondément que jamais en moi la conviction que, ou bien il y a eu

L'iNSirriSANCK M. LA •< SRLKCTIO^ !«ATLIIELLE »• 3*7

liiTiMlil»' des canirtcVos ac(|ui8, ou hifii il n'y a i»îi«i iii irtHulutioii.

OUr loiirliiMuii in-s |)rononr<^c Kcra par qin-lqiu'suiis ilt''clan''«' iinp(»NNil»U'. Dcruirrcinenl . on a aflirmr. cl iK'aiHoiip uni cru. que riicrrilité des fararlrres acquis ne pcul se pnulunv. Weisniann. nous dil-on, a nionlré qu'il s'claidil de lionne heure, dans l'cvolulion de <lia<jue orj:anisn»e. une distinction telle entre les unités qui entretiennent la vie indivitluclle et celles qui sont vouées à la couM'rvation de Topèce. que les clian^'cnients dans le> unes ne peuvent alTecter les autres. Nous examinerons de près sa doctrine.

Ha>anl son ar{zuinent sur le principe de la division physiolo^'ique du travail, et admettant que la division primaire du travail est celle qui existe entre la partie de l'organisme qui entretient la vie individuelle et celle qui est réservée à la production d'autres vies. Weismann, commençant avec •< le premier orj^anisme multicellulaire » dit : « Il suit de là que le groupe uni(iue en viendrait à être divisé en deux groupes de cellules, qu'on peut appeler >omatiques et reproductrices. — les cellules du corps, m opposition avec celles qui sont intéressées dans la reprtn duction ".

Bien qu'il admette que cette différenciation «« n'était pas (I al.ord absolue, et en réalité ne l'est pas toujours aujourd'hui », il soutient cependant que la différenciation devient finalement absolue dans le sens que les cellules soniati(jues. ou celles (pii composent le corps en général, en viennent à n'avoir qu'une puissance limitée de division au lieu de la puissance illimitée quoni les cellules

> EuaiM sur l'IlértJité, p. 25.

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n'|tr()(lii('tri('('s ; cl aussi dans ce sens (iircn dcfinitive il cesse d"y avoir coinimiiiicatioii entre les deux, sauf celle (jui est in)pli(ince |)ar la nuliilion des cellules repioduclriees par les cellules somaliques. Le dernier mot de cet ar^'unienl est que, en l'absence de communication, les changements amenés dans les cellules somaticiues (jui constituent l'individu . ne sauraient influencer la nature des cellules reproductrices, et par consc(|uent ne peuvent ctre transmis à la postérité. Telle est la théorie. Examinons niaintenant quelques faits — dont les uns sont familiers, et les autres ne le sont pas.

Pasteur fut amené, par ses recherches, à conclure positivement que les maladies des vers à soie sont héréditaires. La transmission du parent au rejeton résultait non d'une contamination de la surface de l'œuf par le corps du parent pendant la ponte, mais hien de l'infection de Toeuf luimôme — par intrusion d'un organisme parasite. Des observations généralisées concernant la maladie a.j)i^e\éepêbrme, lui permirent de décider, par rinspection des (sufs,' quels étaient ceux qui étaient infectés, et quels étaient ccux qui ne l'étaient point ; certaines modifications de forme distinguant les (cufs malades. ïl y avait plus encore; l'infection était prouvée par l'examen au microscope du contenu de l'œuf : en preuve de quoi il cite ce qui suit, d'après le docteur Carlo Vittadini :

Il résulte de mes recherches sur les graines, à l'époque où commence le développempnt du germe, que les corpuscules, une lois apparus dans l'œuf, augmentent graduellement en nombre, à mesure que rembvvon se développe; que, dans les derniers jours de Tincubation, l'œuf en est plein, au point de faire croire que la majeure partie du jaune s'est transformée en corpuscules.

Une autre observntion importante est que l'embryon aussi

L'i.^SIKKISA.XCK de la «t SfXKCTION NATl'RetXB » 3iîl

est souilla de corpuscules, i>t à uu tel de^n^ qu'on peut soupruiiiicr qu«« rinri'ctioii du jauiiu tir«> huii orif:iii<' <l'i lui-

nuiin'; eu d'autres t«Tnji*s qu«» le germe est priiii ueul

iufeclé, et porte eu lui-nu^uie ces corpuscules tout coutme les vers adultes, frappés du mémo mal '.

\\u>\, ilouf. la substance de l'd'uf. et in<^iue sa partie vitale la plus interne, peut «Mre envahie par un parasite assez jn*u* pour<Mre \ isilde au microscope. Klle est. naturellement, perméable aussi pour ces invisibles molécules de protéine, dont ses tissus vivants sont formés, et par l'absorption descpieU ceux-ci croissent subscquenuuent. Mais, selon Weismann, elle n'est pas perméable pour ces in\isibles unités de protoplasnu* dont les tissus vitalement actifs du parent sont constitués, unités composées, ainsi que nous devons l'admettre, de molécules de protéine diversement arrangées. De sorte que ce qui est «;ros j)eut passer, et ce qui est petit peut passer, mais rint«'nnédiaire entre les deu\ ne peut passer.

L'n fait de nature analogue, malheureusement plus familier, peut être aussi cité à l'appui. Il concerne la transmission d'un mal fréquent chez les gens de vie déréglée. L'autorité la plus compétente en ce qui touche ce mal, dans sa forme héréditaire, est M. Jonathan Hutchinson. et les extraits suivants sont empruntés à une lettre (jue j'ai re^ue de lui, et qu'il m'a .niinrisé à publier :

Je ne pense pas qu'on puisse, raisoimableuieut, douter qu'une très grande majorité de ceux qui souHreul de la syphilis héréditaire ont reçu la souillure de leur père... Il est de règle que lorsqu'un honuue, n'ayant plus de lésion locale, se marie, sans que la tare soit détruite, que sa femme garde l'apparence d'une bonne santé, tandis que son enfant peut être atteint. Sans doute, l'enfant infecte le sang maternel, mais cela n'évoque

» Les Maladiet dei Verg à Soie, par L. Pasteur, p. 39.

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pas habitui'll<M(it^nt dt^ symptôinos évidonis de syphilis... Je suis sûr d'avoir vu des centaines d'enfants sypl)ilili<iu(>s dont les mères n'avaient jamais, autant que j'ai pu le constater, présente un seul syinplùnie de sypiiilis.

Vo\e/, donc, à quoi nous (Milraîncrail l'acceptalion de rhvjxUhôse de W'eisniann. Nous devrions conclure que, tandis (pic la cellule reproductrice peut ôtre envahie |)ar un élément vivant anormal de l'organisme paternel, les éléments vivants normaux qui conslituenl le protoplasme vital dudit organisme, ne pourraient Tenvahir; ou, s'il est admis que tous les deux envahissent, alors il est impliqué que tandis que l'élément anormal peut modifier le développement de façon à causer des changements de structure (des dents, par exemple), l'élément normal ne peut causer aucun changement de structure*.

Nous en venons maintenant à un témoignage qui n'est pas généralement connu dans le public, mais qui l'est beaucoup dans le monde des biologistes, bien que connu d'une façon si incomplète qu'il y est estimé fort au-dessous de sa valeur. Quand je l'aurai cité, il est même probable que beau-

1 11 est assez curieux de voir qae Weismann cite et reconnaît Tinfection syphilitique des cellules reproductrices. Parlant dos cas d'épilepsie hén'-ditaires de Browu-Séquard (au sujet desquels, qu'on me permette de le dire, je ne tire point de conclusions), il dit : « Dans le cas de l'épilepsie, en tous cas, il est facile d'imaginer (beaucoup des arguments de Weismann sont basés sur des choses « faciles à imaginer ») que le passafîe de quoique organisme spécifique à traTers les cellules reproductrices peut avoir lieu, ainsi que dans le cas de la syphilis » (p. 82). Voilà bien un échantillon de sa manière de raisonner. 11 est généralement connu que répilepsie est frôquemmeut causée par quelque irritation périphérique (même par la pénétration de quelque petit corps étranger sous la peau), et que, parmi les irritations périphériques qui la favorisent, on compte la cicatrisation imparfaite. Cependant quoique, dans les cas de Brown-Soquant, une Irritation périphérique causée chez le parent par une blessure locale ait été Torigine apparente du mal, Weismann préfère supposer gratuitement, que la progéniture était infectée par « quelqueorganisme spécifique » qui a produit lépiiepsie. Et alors bien que le virus épileptique, comme le virus syphilitique, puisse s'établir dans l'œuf, le protoplasme des parent» n'y peut réussir.

LINSIKUSANCK I»K LA < SÉLECTION NATlKtLU: " SM

fuup ratiut'illfiont avec un: - Mi! ImIi'. •• Le fait auquel je tais allusion a ^té recueilli, et se Inune eouservé au Muséum ilu Collège des Chirurtîiens, suus la fonue île peintures liuu poulain né d'une juuïent qui n'était pas pursau}/, et d'un père (|ui l'était, poulain «pii portr toutes le> /.éluure» ilueouaj;;.'a. i;iii>loire de er poulain remarquable ^•^t donnée par le e«»mle île Mortiui. dans une lettre adressée au Président de la Société Hoyale ^lue le 2:^ novembre 1«20). Il >' raettnle i|ue. désireux de d«»mestiquer le conaji^a. et a\aiil (d.tenii un mâle, mais pas de femelle, il essaya une expérience :

J'essayai d'obtenir un produit d'un courifr-ra et d'un.- j<-une jument couleur ah-zaii, qui avait sept builiLiiies de san^; arabe, ,1 qui n'avait jamais mis bas. Le résultat fui la production dune femelle bybride, qui a maintenant cinq ans, et (|ui i)orte dans sa forme et sa couleur, des indications très maniuées de son origine mêlée. Je me délis, plus tard, de la jument aux sept bailiemes de sang arabe en faveur de sir (iore Ouseley, qui a obtenu d'elle, par un très beau cheval noir arabe, des produits que j'examinai hier matin. Ce sont une jument de deu\ ans. et un poulain d'un an. Ils ont le caractère de la race arabe aussi marqué qu'on pouvait l'attendre, puisque quinze seizièmes de leur sang sont arabes, et ce sont de beaux échantillons de cette race; mais par leur couleur et leur crinière, ils ont une ressemblance frappante avec le couagga. Ils sont de couleur brune, marqués plus ou moins d'une teinte plus sombre, comme le couagga. Tous deux se distinguent par la ligne foncée le long de lechine du dos, les raies foncées en travers de l'avant-main et les barres foncées en travers de la face postérieure des jambes'.

Lord Morton i nlionne ensuite diverses autres correspondances. Le docteur Wollaslon, alors président de la noyai Society, qui avait vu ces animaux, rendit témoi^'uage

t Philosuphical Traruactioni of tf,e Hoyal Society fur tke yta, liil. P-til. I. pp 20-24

:\:\-l PROBLÈMES DV. MOllAI.F. ET DE SOCIOLOGIE

(1(^ rcxacliliidi' (le sa dcsci-iplioii. cl. ainsi ( nie le montrent ses remarciiics. ne gardait ancnn doiilc >ni' les faits raeontés. Mais on jxmiI donnci' de lionnes laisons de douter. La (lueslion se présente nalnrell(Mn(Mit : — Comment se fait-il (pie des résultats parallèles n'aient })as été observés en d'antres eas? Si dans une progéniture quelconcpie certains traits n'a|)parlenanl jxiint an père, mais appartenant an au \)v\v d'une portée précédente, sont reproduits, comment se fait-il (pie des traits aussi bizarrement héréditaires ne soient pas observés chez les animaux domestiques, et même chez l'homme? Comment se fait-il que les enfants d'une veuve par un second mari ne présentent aucun trait de ressemblance avec le premier mari? Aucune réponse satisfaisante ne semble s'offrir, et en l'absence de réplique, le scepticisme, si ce n'est l'incrédulité, semble assez raisonnable ^ Toutefois, il y a une explication. J'eus connaissance, il y a ([uarante ans, d'un fait qui m'impressionna par ses conséquences significatives, et qui, pour cette raison apparemment, est resté dans ma mémoire. Il est raconté dans le Journal ofthe Royal Agricultural Society, yo\. XIV (1853) pp. 214 et seq, et concerne certains résultats de croisements entre les races françaises et anglaises de moutons. L'auteur de l'article traduit, M. Malingie-Nouel, directeur de l'Ecole agricole de la Charmoise, dit que les races françaises de moulons (y compris « le mérinos 7nétis ») ayant été croisées avec une race anglaise, « les agneaux présentent les résultats suivants. La plupart ressemblent plus à la mère qu'au père ; quelques-uns ne montrent aucune trace du père ». En réunissant ce qui est dit au sujet des

1 Sur les faits analogues, voir une étude sur la Télégonie, que j'ai publiée dans la Revue des Revues du l" janvier 1894, et qui résume ce qu'en ont dit Romanes, Weismann et d'autres. — H. de V.

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