LI.NSl KFISA.NCK DK U « 8ÊLKCTIU.N MATI ItKLUl » a.i.t
iiu'lis avt'O les faits siil)S(''(|u<'iiiiiu'ii( riioiicrs. il est asKcz riair (|U(> dans les c^tîuù Icsa^Mieaux ne prrsenlaient uucuikî liaee du |MM"e, la mère rlail pur san;;. Parlant des résultats d«' ees enlisements dans la seconde p'-nération « ()ui avait T.'i p. KM) de san^ an^/lais ». M. Nonel dit : <« Les a^Mieanx prospèivnt. (Mit inie apparence mafj^nirKpje. et causent la joie «le l'éleveur... \ peine les a^Mieanx sont-ils sevrés (|uc leur ftirce, irur vi^'ueur et lem* beauté commencent à décroître... Knlin, la constitution s'elTondre.... ra;j:neau reste cliéiif jiour la vie », la constitution s'étant ainsi montrée instable ou inipi'opre à s'adapter aux exi;^ences. Conunent. donc. M Nouel réussit-il à obtenir une combinaison désirable «1 une IkIIc race anglaise avec les races françaises, relati- \emeiil pauvres?
Il i>! il un animal dans les « troupeau.^ issus d'un mélanj^f dos doux racos disliiulos qui sont ôlablios dans ces deux provinces (lo Borry ol lu Sologno), ol il accoupla ces moulons avec des animaux dune autre race môlée... qui combinait I<* sang touran;,M'au et oclui du mérinos indiffène de la Beauce el do la Touraine, et il obtint un mélange* do cos quatre raci"i sans caractère décidé, sans lixilé... mais possédant l'avantajLre d'otro liabitué à noire climat el à notre manioro d'élever.
En unissant une de ces brobis de sang môle à un bélier de race pure de New-Kent..., on obtient un agneau contenant cin<iuante cenliomos du sang aniMais lo plus pur et le plus ancion, avoc douze cenliomos ol tliiui do «jualro racos françaises diiïérenles, qui sont individuellement perdues dans la prédominance du sang anglais, ol (jui disparaissent presque entioromonl, laissant lo type tm porfoclionnemonl prondro le dessus... Tous les agneaux produits se ressemblaient d'une maniéro frappanto, et des Anglais eux-mêmes les prônaient pour dos animaux de leur propre pays.
M. Nouel remarque ensuite ipie lorsque cette race dérivée se nniltipliait en consanguinité, les signes des races françaises se perdaient. <» Quelques légères traces »> pouvaient
;{34 PROBLÈMKS DK MolîAf.F. K.T DK SOCIOLOGIE
<Hre découvertes par des gens experts, mais eelles-là m^me « disparaissaieni hieiilot. >
Nous avons donc ainsi la jucnvc (pic cluv. la progcnilure, les constitulions rclalivcincnl jimics |)rc(l()inincnt sur les con>liliili()ns tics niciccs. Il m'csI |);is dinicilc d'en aperccNdii' la raison. Ciiacpic organisme Icnd à s'adapler à ses conditions de vie, et toutes les parties d'une espèce, habiliK c à travers de nombreuses générations an climat, à la nourriture et aux diverses innucnces de sa localité, sont l'aconnées a une harmonieuse coopération l'avoralde à la vie dans celle localité ; le résultat en est que, dans le développement de chaque jeune individu, les tendances conspirent à produire l'organisation appropriée. Il en est autrement lorsque l'espèce est transportée dans un habitat d'un caractère diilérent, ou quand elle est de race mêlée. Dans un des cas ses organes, en partie en désaccord avec les exigences de sa nouvelle vie, se trouvent en partie en désaccord les uns avec les autres, puisque tandis, par exemple, que telle influence, comme le climat, est peu changée, telle autre, la nourriture, le sera beaucoup, et par conséquent les troubles des relations des organes sont en conflit et empêchent l'éipiilibri^ stable primitif. L'équilibre est encore plus troublé dans l'autre cas. Chez un métis, la constitution dérivée de chaque source se répète autant que possible. De là naît un conflit de tendances vers la production de deux structures plus ou moins dissendjlables. Les tendances ne conspirent pas d'une manière harmonieuse, mais produisent des séries d'organes partiellement hétérogènes. Et, évidemment, quand il s'agit d'une race en laquelle sont fondus les traits de lignées ancestrales diverses, il en résulte une organisation si pleine de petites imperfections de structure et d'action, nue son aptitude à entretenir son
«■(|uilibro se trouve fort (iiiiiiiiiKV, i*t ne |ioiiVHiit résister aussi bien au\ iiitlut'nn's advcrseti, elle m* peut aussi liii'ii M' niaiiitcnir dans sa |iro^'rnituix*. Nous drxons dont' dire d'une niaiiièn* li;;urre. de parents de raees pures el mêlées n'spi'elixeruenl et ti'udanl elwu'im de m)|» eAté à >e ivproduii*e dans sa pro«;énilure. «piuiie maison ilixisr»' contre elle-même ne ^aurait résister à la maison dont tous les membres vivent dans la eoneorde.
Si Ion pi'iil prouver ceci pdin* les races dont les plus puivs ont été adaptées à leur> habitats et à leur mode de vie pendant cpiebpies centaines d'années seulement, que dironsnous lors(pi'il s'a;;il dune raee cpii a eu im mode de \ ie constant, dans la même localité, depuis dix mille ans, ou même plus, comme le coua<;j;a? Chez celle dernière, la stabilité de la constitution doit être telle, qu'aucun animal dom<>>tique ne peut en approcher. Si stables, relativement, que puissent avoir été les constitutions des chevaux de lord Morton. c(tiiqjarécs à celles des chevaux (»nlinaires. pourtafit puis(|ue les chevaux arabes, même dans leur patrie, sont probablement au cours de conquêtes et de migrations successives de tribus, devenus de plus en plus mêlés, et puisqu'ils ont été soumis aux conditions de la vie domestique, très dilTérentcs de celles de leur vie sauvage primitive, et puisque la race anglaise a subi les elTets perturbateurs du changement «lu climat et de la nourriture de rK>l. au climat et à la nourriture de rOuest, l'organisation du cheval et de la jument en question ne pouvait a\oir rien de cet équilibre parfait produit chez le couagga par cent siècles de coopération harmonieuse. D'où suit le résultat. Ktd'où suit aussi l'interprétation du fait (pie de^ phénomènes analogues ne sont pas \islbles chez la plupart des animaux d(unestiques, ou chez nous-mêmes, puis(|ue chez eux et chez nous, il y a des
liM IMIUIILÈMES DK MOU.VI.K KT 1»K SOdlOl.iUIIK
constitutions rrlativcnu'iil iiirlres, ol cxlrriiiciiicnl im^lces, (lui. ;iiu>i (|iio unus \r liduMiiis ou uous-uiOnies, ont. été créées ^M'uoialion iipivs ^éurralion, non par la format iou d'uiu' imtUMUu.' entre deux paieuts. mais jjar l'eulremélemeut (les traits de l'un a\ee ceux de l'autre, juscjuà eecju'il n'existe entre les parties aucune tendance de nature à eonsjiirer à la répétition de^ détails de structure, chez la postérité.
Je m'étais misàrélléchirsur ce sujet, parce que je m'attendais à (luelcjuc scepticisme à l'endroit de cette anomalie présentée par le poulain, rave connue un coua^'^M, et j'étais arrivé à cette interprétation a\anl d'envoyer (ne pouvant y aller moi-même) chercher (luelques détails au Muséum du Collège des Chirurgiens, et en consulter les archives. Quand on m'apporta la copie du récit tel que le donnent les PhilosophicaL Transactions, on y joignit un récit relatif à des porcs chez qui l'on avait observé un fait de même genre. A ma demande : — « Le màlc était-il un porc sauvage? » on répondit : — « Je ne l'ai pas remarcjué ». Naturellement, je me procurai immédiatement le volume, et j'y trouvai ce que j'attendais. C'était un travail, communiqué par le docteur Wollaston. dû à Daniel Giles, Esq., concernant sa « truie et ses petits ». 11 y est dit que :
C'était une truie de la race noire et blanche de M. Western, le membre du Parlomciit pour l'ICssex. 11 y a environ dix ans que je l'accouplai à un marcassin de race sauvage, de couleur châtain foncé, que je venais de recevoir de Hatfield House, et qui fut, peu de temps aprC'S, noyé par accident. Les cochons produits (c'était sa prf mitjre porliiej tenaient à la fois du sanglier et de la truie, mais chez quelques-uns la couleur châtain du sanglier dominait fortement.
On accoupla ensuite la truie à un mâle de Ta race do M. Western (le sanglier étant mort depuis longtemps;. Lo
pr«>duit fui uiio |»ort' ' ' Iioiih dut.t ■ • ' • tre
grandi* sur|>ri8i*, ('t.'ii ^ ri mai , la
coult*ur ch&laiii qui avait duiniiié daiif* la prtMiiivro itortcu
M. fiiles ajoute quo dans uiit* siMMinde |»urli''<\ d<»ii( le (lArs ^Uit (le )a race a|i|iarl<'naiit à M. Wesleni. sou intendant el lui croient (|u'il y eut un rettuir, chez (|uelque>-uns. de la eouleurehâtain, niai> il admet que leurs « souvenirs ne sent pas aussi eomplets qu'il serait désirable ». Il ajoute au^si que. au eours de bien des années d'ex|M^rienee, il n'a jamais vu la moindre apparition de la couleur eliàtain, dans la race de .M. Western.
(Quelles sont les probabilités |)our que ces deux résultats anormaux se soient produits, dans ees deux < < iiditions exceptionnelles, entièrement parliasanl? Evideiiiuient, il y a d'énormes pndiabilités conta' une telle coïncidence. Le témoi^nap'. dans les deux cas, est si bon que, même en debors de la coïncidence, il serait déraisonnable de le rejeter ; la coïncidence, d'ailleurs, impose son acceptation. Il y a une vérification mutuelle, et en même temps une interprétation conjointement donnée, du pliénoméne étran^'e el de son absence dans les circonstances ordinaires.
Maintenant, en présence de ces faits, que devons-nous dire .' Simplement qu'ils détruisent l'hypothèse de Weismann. Ils montrent (jue cette indépendance des cellules reproductrices qu'on avait allé^'uée. n'existe point, mais 4|ue les deux séries de cellules sont en connexion intime. Ils prouvent que tandis que les cellules reproductrices se multiplient et prennent leurs positions pendant l'évolution de l'embryon, un peu de leur plasma gerniinatif passe dans la masse des cellules somaticpies constituant le coq»s du \iarent. et en devient partie inté;:rante à titre permanent. Kn outre, elles rendent nécessaire la conclusion (pie de ce
8m<M. — Probl. *i
:vM rr»oiiiiMKs de morai.f. et itK sociologie
plasma intrinliiil. répandu [tarldiil. |i,iilii' ot incliis»^ dans les (.'rllules r('|»i(Mliicliic('s t|iii sf lormciil Mdi>(i|iit'iuMii'iit. Kl si nous InuiNons la unt« drni(in>lrali(»n (jur U's iniilcs ]ui'l(|ue peu dilTiTi'nlt's d un plasma ;^'t'rminalif ôlran^^MT pcnclrcnt aussi les cellules reproductrices formées subséipicmnicid, cl alVcclcnl la sinicliirc des individus (pii en naissent, il est impHtpH- (pie la même chose arrive à CCS unités natives qui cul été rendues (|Ucl(pie peu dilTérentes par des fonctions modiliées; il doit y avoir une tendance à riiércdilé des caractères acipiis.
Il ne reste jjIus (piiin pas à faire. Il reste à demander (piel c^l le vice dans la supposition (pii est à la base de la lliéorie de Weismann. Si, ('(mune nous le voyons, les conclusions tirées ne sont pas en correspondance avec les faits, alors ou le raisonnem<'nt ne vaut rien, ou le postulat, primitif est faux. Laissant de côté toutes les {\\i >lions concernant le raisonnement, il suffira ici de démontrer la fausseté du postulai. Si r()u\ra;,'(î de Weismann avait été écrit |)eiid;iiit les |)reiiiières aniii't's de la théorie cellulaire, la su|tp(t>ilin!i (|ue les cellules sans cesse en mulli|)lication dont se composent les .Métazoaires et les Mélaph\tcs |)euvenl entièrement se séparer, n'aurait pu être contredite par un scepticisme raisonnable ; mais, à présent, non seulement le scepticisme est justifié, mais la né<,Mlion est néces.saire. 11 y a (piehiiie douze ans, on a découvert qu'en beaucoup de cas les cellules végétales sont reliées l'une à l'autre i)ar des (ils de^|)rotoplasme, — fils qui relient le protoplasme interne d'une cellule avec le protoplasme interne des cellulesenvironnantes. C'est comme si les pseudopodes des rhizopodes emprisonnés dans leur cocpiille à claire-voie en fondaient avec les pseudopodes d'autres rhi- V)podes emprisonnés adjacents. Nous ne pouvons, raison-
ii.iMriiiriit. ;^up|Mi>rr i|iic 1(* n'M-ati ouiiliiiu dt* |irutM|>laMii(*
^1 coti^liliu^ ait Hc pr<Hliiit aprt^» c|iir le*;» crlluli'i» MJiit il(v
v«MiU(*s ailullos. Os coiiii<'\ioiis pnit(»|ilaMiii(|iirA tloi\cot .i\uir «unècu au p^M*cs^U!i ilc liM»i|Mril<''. OU iiiipli(|u« >|U«' le> cflliilo foriii.tiil IViiiitryoïi ilv l.i |ilaiit«Mi(it roiiM.<n'é
- rniiiit*\ioii> pn»t(lpla^llll(p|('s |»4'iuiaiit (picllo m* iiiul-
^ lUMil . ft i\uv ces t'uiiiif vittns ont roiiliiiué a travrre («uiU'S leurs luultiplicatiuns ^ubM^quenles. — implication (|ui a, je cruis, ét^ «établie par des recherches sur des -.raines de palmier en train de^enner. Nuus arrivons main- Uiuint à une série \erilirative de faits que prt'sentent les
ji.irlirs ('«'lluiaires dt*s animaux de ' ^^ premières étapes
di- lU \«-loppemi-nt. Dans Sii Mo, . < of t/w Develop"
-tient of Perip(U%ts Vapensis , M. Adam Sedgwick, pn>fes- ^<*ur de murpliulo^ie animale à Cambridge, écrit ce qui
Tuute;» les cellules de l'œuf, ectodermiques aussi bien ju'endudenniques. sont liées ensemble par un réseau fln de protopiasni»». (P. 41.)
Lacuntinuité des diverses cellules de l'œuf qui se segrroento >l primaire, et non secondaire, c'est-à-dire que dans la segliu'iitation. les seg^nionts no so séparent pas entièrement les uns des autres, !ilai^» sommes-nous autorisés, en ce cas, à parler de cellules f L'œuf pleinement segmenté est un synrytinm, et il n'y a, et n'y a eu, à aucune phase, de limites des rdluUt. P. 41.)
11 (Ifvienl de jour en jour plus évident que les et I • '"'l'Oiiant les tissus des animaux n«* sunt pas des cei.w > -s. mais qu'elles sont liées les unes aux autres. Je n'ai î i<* d«' rappeler la connexion qu'on sait exister entre
I ics du tusus connt'clif, les cellules d«* cartila^re, les
' ellules épithéliales, etc. Et non seulement les cellules d'un 1 ( être c .n.-ijI
' -^ec les c« . . . ^ . 45.,
Rnfln, si le protoplasme du corps est primitivement un
aiU PROni.f.MF.S I»K MOn.M.E KT DE SOCIOLOGIE
svncytiuni, et si rtriif, jusqu'il in;i(urilt'' fait partit' du syuoytium, la si'paralion des produits giMU'ra tours no diffèro pas iluno maniore essoniiollo do la ffeinination intoim» d'un !*rotozoairo, et la transmissioji hiMôditairo ;i la pustiiito, ili's particularités qui se sont produites chez les parents, bien (]u'inexpliquo(>, devient moins mystérieuse, carie protoplasme df tout le corps étant continu, on s'attendrait à ce qu'un clian- {^ement dans la constitution moléculairo d'une partie qucdconque se répandit avec le temps, dans toute la masse (p. V.»).
Les recherches subséquentes de M. Sedgwick confirnKMit ces conclusions. D'une lettre du 27 décembre 1892, jexliMJs les passages suivants, qu'il m'a permis de publier :
Toutes les études oml)ryo]o,ui(|ues (pie j'ai l'aitos dopuis celle à laquelle vous faites allusion me conlirment de plus en plus dans l'opinion que les rapports entre les cellules des adultes sont des connexions non pas secondaires, mais primaires, datant du temps où l'embryon était un organisme unicellulaire... Mes propres recherches sur ce sujet ont été limitées aux Arthropodes, Klasmobranches, et Oiseaux. J'ai examiné à fond le développement d'au moins une espèce de chacun de ces groupes, et je n'ai jamais pu découvrir une seule phase où les cellules ne fussent pas en continuité, et j'ai T-ludié d'innombrables phases, à partir de la segmentation
Donc celle indépendance des cellules reproductrices n'existe pas. Le soma — pour se servir du mol employé par Weisniann pour l'agrégal de cellules formant le corps — est, selon M. Sedgwick, « une masse continue de protoplasme vacuole », et les cellules reproductrices ne sont pas antre chose que des portions de ce protoplasme séparées un jxii de temps avant d'être requises pour accomplir leurs fondions.
Ainsi la doctrine de Wcismann est deux fois contredite. Nous avons montré, par l'induction, qu'elle a réellement lieu, celle communication des caractères des cellules soma-
tit|iiM nii\ cvlluh's n*|ir<Mlur(ri('c>, qu il dÏMit n'avoir |m« lii'ii. t't nous avuii!» moutn*. ili'diuiiMMiK'nl. que cette t'uiuniunication ost uno soiiuonco nalurellc de» t*unne\ion« entre les deu\. Ies(|uelleâ il iiéf^liKe ; 6ci diverses eonclufrions sont déduito d'un postulat faux.
D'apri^s le tilR» de cet Kssai. et la plus ^Taiide partie de son contenu, neuf lecteurs sur dix concluront qu'il va à rencontre des vues de Darwin. Ils seront surpris d'apprendre qu'au contraire il i-st Mà'^c contre les opinions de ceux qui, dans une grande mesure, sont en dissentiment avec lui. Car Darw in a pleinement reconnu riiérédité des carac- U^res acquis et a souxcnt insiste sur cette lliéorie, qu'il est maintenant de mode de nier dans le monde des biologistes. Ceux des arj^'uments précédents qui concernent les opinions de Darwin impliquent simplement que la cause de révolution, qu'il croyait d'abord de peu d'impoilance, mais dont, en Nieillissant. il comprit de plus en plus la portée, est encoiv plus importante qu'il ne la cru ujéme à ses derniers jours. Toutefois, les néo-Darw inistes n'admettent pas du tout cette cause.
Qu'on n'aille pas supposer que celte explication inqilique une dés^ipprobatiou des dissidents, considérés connue tels. Il serait absurde à moi, qui ai, habituellement, montré si peu de respect pour l'aulorilé, de blâmer en quelque sorte ceux qui ont rejeté quelques-uns des enseignements de Darw in pour des raisons qui leur semblaient suffisantes. Mais, tandis que leur indépendance de pensée doit être louée plutôt que blâmée, il est, je crois, à regretter qu'ils ne se soient pas défendus contre une prévention de longue date. Il est très habituel à la nature humaine de chercher quelque excuse quand ou a été pris en faute. L'e&liuie de
:\t-l pp.oiîi.iMrs DK MORM.i: ivr DK SOCIOI.OCIK
soi-mT'iiii' (li'\;iiil r;ilt;i(|iit', se rcMli'c^ssc ))()iir so (h'^feiidro, cl l'ail aiiiic (h' loiil. Ainsi lni'si|ii(' les uroloiiiics (M les lii(»l()^;i>li'>, (|iii aiipaiMN mit ci'dNaiciil i\\\v loiilcs les csprci^s (lOririmismcs n;jissai»Mil jiar crôalioiis spéciales, se rendin'iil au feu ()u\erl sur eux par VOrir/hic des Espèces, ils essayèrenl de faire |)araître nioiudre leur manque de rationalité en aeceuluanl le hkuuiik^ de rationalité de Faulre côté. <( Eh bien, en tous cas, Lamarck avait tort ». « Il est évident que nous avions raison de rejeter sa théorie. ». Et. de la sorte, en accentuant le fait qu'il n'avait point réussi à voir la « sélection naturelle » comme cause principale, et en montrant combien quelques-unes de ses interprétations sont erronées, ils ont réussi à pallier le sentiment de leur propre erreur. Il est vrai que leur syml)ole était (pfà des périodes successives dans l'histoire de la Terre, d'anciennes flores et d'anciennes faunes avaient été abolies et d'autres inaugurées, tout comme, ainsi que l'a dit spirituellement le professeur Huxley, si la table avait été, de temps en temps, renversée, et qu'on y eût apporté un nouveau jeu de cartes. Et il est vrai que Lamarck, loul en rejetant cette croyance absurde, invoquait pour les faits des raisons dont quelques-unes étaient absurdes. Mais, par suite du sentiment que je viens de dire, ce qu'il y avait de soutenable dans sa croyance était oublié, et l'insoutenable seul rappelé. Cette appréciation partiale est devenue traditionnelle, de telle sorte qu'on montre souvent maintenant un mépris mal dissimulé pour ceux qui supposent (ju'il peut y avoir quelque vérité dans les raisonnements d'un homme dont la conception générale était en partie sensée, en un temps où les conceptions générales de ses contemporains étaient entièrement dépourvues de seuîs D'où résulte un jugement injuste, — d'où résultent les dif-
f«*ivnU'> iiiJiiuriv.H di' Irailer les idtVs île Lamarck et celles de Weismaim.
» Où sont les faits (]ui prouvent l'Iiérédit/* des raraet^res netpiis? » deiuaiiiieiit cimix qui la nient. Kli Itien. d'abord, on pourrait poser la (|ue.stion ojjposée : — >• Ou sont le» faits (pii la démentent ï » Assun-inent, si non seulement la strueture ^'énrrale des or^'anismes. mais aussi beaucoup des modilications qui se produisent en eux, sont béiV'ditaires. il sera naturel d'implicpier que toutes les modifications sont héréditaires, cl si queUju'un dit que l'hérédité est limitée à relies qui se produisent d'une certaine fa^on, c'est à lui de prouver que celles ipii se produisent d'une autre manière ne sont pas héréililaires'. Laissant de côté celte question contradictoire, il nous suflit d'en poser une autre. On aflirme que le dépérissement des organes par le non-usage est dû aux successives survivances dans la posté rite des individus chez qui les organes ont varié dans la direction de la décroissance. Où sont maintenant les faits qui soutiennent cette assertion .' Aucun n'a été ni ne peut être cité. Il n'y a pas un seul cas que l'on puisse nommer où la
1 Ou dira,]e suppose, que la uoD-héi^dlU- des muUiaUons constitue une preuve de l'espèce requise ici. La première réponse est que W témoiguage est contradictoire, ce qui n'e^t pas pour étouner. On oublie que pour avoir une preuve valide de la non-h^'rèdité des mutilatiuus, il est nécessaire que les deux pareuts les aieut subies, et cela n'arrive pas suuveiit. Quand il n'eu est pas ainsi, eu admettant l'hérédité des mutilations, il y aurait, laissant de côté d'autres cau-^es', une tendance é^^ala à lapparitiou et la uuri-apparition de la mutilation dans la postérité. Mais il y a une autre cause : la tendance à la réversion, qui est toujours k l'œuvre et tend a effacer les caractères indivi ' le retour •nx caractères des aieux. De sorte que même si l'on - '. A l'hérédité des mutilations (et quant & moi je dirai que je sul^ > ■: .1 j« la rencontre), elle ne pourrait, raisoiinableuit-nt , être ■ «ju* comme exceptionnelle : il y a deux fortes tendances : gouistes. Fuis, en second lieu, qu'on me laisse faire '
dite ou la non-hérédité des mutilations est ô c6{>- de la .^..• .-,.■,. c
que-liou est : Le» moditications d.s fonctions sont-elles, ou non, hér«-dilaires ■' tt alors, en manière •!>• preuve» contre leur her- •• i- '•■- nous renvoie & (l>-s cas où les modiliciilions des parties ne son: .il«t
par des modilications des functiuus, mai» sont produites ai.
344 PROBLÈMKS l)K MORALE ET DE SOCIOLOGIE
«< p;Minii\ip » ait t'ir prouvée rlir une cause de (liininution. M(^me si rargiiiufiit diMliiclir en faveur de la >* paiimixie » en[ été aussi valable (piil l'a été peu, ou aurait eu encore besoin, pour observer la méthode seienliTupie, de quelque preuve induetive (pii le justifiât. Pourtant, bien qu'on n'ait pas trouvé une bribe d'une telle preuve, la doctrine est acceptée avec acclamations et adoptée comme faisant partie d'une théorie biolo'.;i»pie courante. Des articles sont écrits et des lettres publiées, où Ion admet que cette pure spéculation, que ne justifie pas un iota de preuve, renverse de grandes conclusions tirées précédemment. Puis, passant dans le monde extérieur, cette croyance sans fondement y agit aussi sur les opinions; de sorte que, tout dernièrement, nous avons eu un Right HonouraUe conférencier qui , la tenant pour vraie , a représente l'hérédité des caractères acquis comme une hypothèse surannée, et a cru devoir revoir les conceptions courantes des alTaires humaines.
Enfin, arrive la réplique qu'il y a des faits prouvant l'hérédité des caractères acquis. Tous ceux qu'a assignés Darwin, avec d'autres de môme genre, demeurent debout quand nous trouvons l'interprétation par le « panmixie » insoutenable. En réalité, quand même celte hypothèse eût été tenable, elle n'eût pas été applicable ici puisque chez les animaux domestiques nourris artificiellement et souvent trop, l'avantage supposé résulter de l'économie ne peut être indiqué comme agissant, et puisque, dans ces cas, les individus ne sont pas l'objet d'une sélection naturelle pendant la lutte pour la vie, dans laquelle certains traits sont avantageux, mais sont choisis artificiellement par l'homme sans égard à ces traits. Si l'on fait observer que les faits cités ne sont pas nombreux, on peut répondre qu'il n'y a
(>a« (le pen»uiui('ii duiit If a occupatiuiiA et le» aiuiiM*iiieiiU laMiri»eiit Id mise en Itiiiiit^re de leh faiU, et qu'il» MJiit imiltAblfiiu'iit aus.si iKtiiilireux (|ue ceui (|ui auraient Mrni riivpollu^sc lie Darwin, s'il n'y avait eu les» élevfur*, l«r* .mi.iteurs el les janlinien» qui. en poursuivant l«*ur» j:ain»» et leurs f.ii»lai>ies, lui ont founii des preuves. (»n pcul ajouter (Uie les (.iils exip's ne seront jamais bien nombreux t»i le« bitdogisles se refusent à les chrreher.
Voici donc l'état de la question. La st'lection naturelle ou la surN'ivance du plus apte est presque uniipiement A l'iruvre dans l«»ut le monde végétal et dans le monde des animaux inférieurs qui est caractérisé par une pas>i\ité reialive. Mais en s'élevant vers les t>pes d animaux supérieurs, ses effets se fondent de plus en plus avec ceux que pnuluit l'hérédité des caractères acquis, jusqu'à ce que, chez les animau\ de structure complexe, l'hérédité des caractères devienne une cause importante, sinon la principale cause d'évolution. Nous avons vu que la sélection naturelle ne peut opérer de chan<;ements dans les organismes, si ce n'est ceux qui conduisent a des degrés considérables, d'une manière directe ou indirecte, à la multiplication de la race, d'où les difficultés à expliquer divers changements qu'(»n lui attribue. Et nous avons sm qu'elle ne donne pas d'explication de la coadaptation des parties coopérantes, même quand cette coopération est relativement simple, et moins encore lorsqu'elle est complexe. D'autre part, nous voyons que si, à côté de la transmission de*» caractères génériques et spécifiques, il y a des modifications naissant d'une certaine manière, qui tendent à se transmettre, il y a une forte probabilité, a priori, que la tendance a se transmettre existe pour des modifications naissant de toutes manières. Nous avons nombre de fail< confirmant cette
3l(; iMumiiMKS ni: mouai.k et de socioi.or.iE
(^U|)|)()sill(Ml. l'I moiiliaiil i\\\c Irs (•■ir.iclrirs actjiiis sont lién^ilitaiii'S ilii iiiiiiiis (Ml .uissi ;,mmii(I lutnilMC (iii'on pciil l'allfiuhv. ci)n>i(l«''ranl la (liHiciilIr de les observer, el l'alistMice lie reelierehrs. VA puis, à tous ees laits, on peut ajouler ceux par lescpieis a débuté ecl Kssai, coiieernanl la (li^liibutiou lie la sensibilité laetile. Fin voyant que ceux-ci soûl iue\|)lieables par la survivance du plus apte, nous avons vu (piiU sont claireuieut explicables comme résulta! Ai^ r hérédité des caractères acquis. Et ici, qu'on me laisse ajouter ipie cette conclusion est justifiée d'une fa^'on évidente par une des méthodes de la lo^Mqueiuductive, connue comme méthode des variations concomitantes. Car, à travers toute la série des gradations dans la puissance de perception, nous avons vu (jue la quantité d'effet est proportionnée à la (inanlilé de la cause invoquée.