‹ Problèmes de morale et de sociologieChapitre 25 sur 30 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

En dehors de ces théories plus spéciales du professeur Wcisinann que j'ai traitées récemment et dont Facceplation générale par le monde biologique m'étonne beaucoup, il y a certaines de ses théories, plus générales — des théories fondamentales — donU'acceplation m'étonne encore davantage. Des deux théories sur lesquelles repose le vaste édifice de ses spéculations, la première concerne la distinction entre les éléments reproducteurs de chaque organisme et les autres éléments. Il s'exprime ainsi :

Examinons maintenant comment il se fit que les animaux et plantes multicellulaires, nés de formes de vie unicellulaires, en vinrent à perdre la faculté de vivre toujours.

La réponse à celle question est liée intimement an principe de la division du travail qui a fait son apparition, de très bonne heure, parmi les organismes multicellulaires...

L^ preiiiMT orKAiiiitnx' iiiiillicflluUin* fui |jr««b«bl«inmif a» jm>upe de c«llulf« «(«mblablet. nuu ces uiiiK^i |Mfrtlir«nl

nient adoptées à subvenir à la nourriture à U colonie, t

' nt de rn'iivn* de la reprodut Ituu.

.\ou.> avons doiu*. iri. !«• j^'rauil priinipr de la dixision du travail, qui est le prinei|>e de toute urf;a ni nation, dont on nous donne un exemple dans la division entre les cellult> n-produetriees el relies qui sont non-reproductrices ou >onialiques — les cellules destinées à la continuation de li'spcce, et les cellules qui servent à la vie de rindi\idii. Kt la si^paration dc> cellules reproductrices et Nonialiques, est considcrt^e connue s'étant passée de très bonne heure, parce que cette première division de travail est celle qui naît entre des éléments consacrés à la vie de l'espèce «-i ceu\ qui sont consacrés à la vie individuelle. Ne nous conlenlons pas de mots, mais examinons les faits,

(^hiaud Milne-Edwards employa, pour la première foi>. l'expression « division physiologique du travail »», il fut amené à ce faire en apercevant l'analogie entre la division du travail dans une société, telle que la décrivent les économistes, et la division du travail dans un organisme. Quiconque lit a été familiarisé avec la première, dans ses premières phases, lorsque les honunes étaifiit guerriers, et que la culture de la terre et les corvées fatigantes étaient le partage des esclaves et des femmes, et aussi dans les phases plus tardives, quand non seulement l'agriculture et les manufactures sont exercées par des classes séparées, mais où l'agriculture occupe des propriétaires, des fermiers et des mano'uvres, tandis que le>« manufactures, nombreuses en chaque espèce, impliquent

'\\H piunu.ftMEs m: m^haik ft hk sociologie

ic>|n'(li\ fiiifiil, l'actiN ilt' (If (M|iiliili>lf>. tlf siir\cillanls. (I(ui\ ricrs. de, cl (|ii(' l:> ^Maiule foiiclion ^\^' dislribulion est entre les luuins de eommerçanls, en ^mos et m drtail, vendant diverses niarchandis»'s. Les biologistes, entraînés par Milne Kdwards, reconnaisseni un arran;;enient parallèle chez l'organisme vivant, (pii se uKiiilif (l'aliord. t'ii consacrant les parties externes à Toccupalion générale de jjroeurer la noun'ilnrc cl d'écliaijpcr <i l'ennemi , tandis qne les parties internes utilisent la nonnilurc et s'entretiennent, et entretiennent les parties externes, et ijui se montre, en second lieu, i)ar la subdivision de ces grandes fonctions en celles de divers membres et sens dans l'un des cas, et dans l'autre cas en celle d'organes tic digestion, respiration, circulation, excrétion, etc. Mais demandons, maintenant, quelle est la nature essentielle de cette division de travail. Dans les deux cas c'est un échange de services, — un JVrangemenl par lequel, tandis qu'une partie se consacre à une sorte d'activité et fait du bien à tout le reste, tout le reste, isolé dans raccom|)lissenienl de ses activités spéciales, travaille à son bien en écliange. Autrement dit, c'est un système de dépendance mutuelle. A compte sur B, C et D, pour son bien-être , B sur A, C et D, et ainsi du reste ; tous dépendent de cliacun, et chacun de tous. Appliquons maintenant cette conception vraie de la division du travail à ce que le professeur) W'eismann apj)elle la division du travail. Où tsiVéchange^ de serfice^' entre les cellules somatiques et celles de lare|)roduetion? Il n'y en a pas. Les cellules somatiques rendent de grands services aux cellules reproductrices, en leur fournissant des matériaux pour la croissance et la mullipii- Ci-lion, mais les cellules reproductrices ne rendent aucun service aux cellules somati(|ues. Nous cherchons en vain

L^iMiti rn«A>iCt Dc u " slxEcno5( KAniicuj •• 319 une d^(Mrii(i.iiu*<* in%ttuflle fiitrt* clli*». \ou% Iniuvoii» d'iiii Aè une d('|N'iidaii(-«' («nticn*. et |Miiiil de l'aiitn'. Kntre le« irties cullMl*^l^e^ a la \ie de l'iiidixidii <-t la |»ai1 r<> tn«a Iti vi«* «le re>|MVe. il n'y a iiucuiu' Ai\Wuni de Iim I. individu Ir.iNiiille |MHir I espiVe. iiiai> l'i-si., . . i.. it , jHtiiii |N)iir liiidividii. Tant à l't'MaiM* où I • , •nl*H» par de»» eelliiles n'prodiuiriees. qu'à réla|H? où elle >l rvpreseiiltt' par les œufs, ou h colle où elle e«*t n-pnnl»*e \u\T les |K'tits. les partants font tout pour l'esinVe. *•{ olle ne fait rien pour les parents. I^i partie essentielle d«* la coneeption di>parait : il n'y a pas donnant, donnini ins d'éelian^'e. pas de inutiialité.

Mais supposons (pie nous néf^li^ions cette inteqtrt^tation fallacieuse, et que nous acconlions au pnjfesseur Weisniann son II) |Mitlu^se fondamentale et son corollaire fondamental. *^upposons (pie nous admettions (j.ie parce que la di\i>ion , riiiiaire du traxail e>t celle «qui existe entre les cellules ^omati(pies et les cellules repmducirices, ces deu\ groupes '»nt les premiers différenciés. Ayant accordé ce corollaire, • »mpantiis-le avec les faits. De même que la division priiiiain* du travail (|u'on allej^ue est universelle, de même la diffénMicialion |»riniaiiv all('*^Mi(V de\rait aussi être univer- M'Ile. Voyons s'il en est ainsi. Déjà, dans le parajrraplie doù j*ai extrait les citations ci-dessus, il y a une fêlure dans la doctrine: il y est dit que «cette différenciation n'était \ms d'abord absolue, et en réalité elle ne Test pas tiMijours aujourd'hui ". Ht puis, àla pa<;e l*2i. nous trouxons que la fêlure est devenue un trou. Il a été dit des eellule& reproductrices que «« chez les vertébrés elles ne se distinguent des autn*> cellules du corps, que lorsque l'embryon •st complètement f(»niié . C'est-à-dire que dans ivlte grande et bi im{>orlante disision du régne animal, la loi

:riO l•R0HLfcM^:^; dk mohale et de sockhucik

uiiiMTsrlIc iiiii)li(|ii(''i' ii"a pas cours. Ou aNdiic jilns (mu'oi'c. IMiis lias dans la pa^'c nous lisons: u II pciil \ axoir. en nalili'. des cas où une srndtlalil»' sr|)aration n'a |ias lien juscpràce (pieraninial soi! coinplt'lcnifnl l'oiinr, v\ d'aiilrcs. ain>i tpic je ( mi^ TaNoir nioiilrr. on elle apparaît une on deux p'nrralions plus lard, c'csl-à-dirc dans les bonr^'cons produis |)ar Ir iiarcnl >.

De sorte (jne dans d'antres ^M'andes ilivisions dn Tr'^nw animal la prétendue loi est enfri'intc, eonnnc elic/. les (lielentérès par les Hydro/oaires, comme chez les Mollns- »pies par les Ascidiens, et elie/. les Annelcs par les vers Trémalodes.

Mcnie dan.» .a vie ordinaire, un homme dont la supposition se troii\t eoiiu'edile |)ar Tobservaliou, est sujet à hésiter^ bien qut,. inalheurensement, il ne le lasse pas tonjours. V.ais dans le monde de la science, celui (pii trouve SOI! iiypothese eii opposition avec des témoignages importants l'abandonne innnédiatement. Le professeur Weismann n en fan rien. S'il ne dit pas tout à l'ail, rotniue le Krariçais mélapi;ysicien : Tant pis pour les faits, il dit, en jjratique, (juehpic chose d'équivalent : « Exposez votre liVpothèse; comparez la avec les faits; et si les faits ne s'accordent pas avec elle, admettez alors une soliiliun potentielle là (Ml vous n'en voyez pas de réelle ». Car c'est là ce qu'il fait. Après son aveu cité ci-dessus, ad sujet des Vertébrés, viennent (;U('I(;nes phrases que je souligne en partie:

Ainsi, (••Jinnio le montro leur développement, un contraste marqué existe entn^ lu substance dos cellules reproductrices immortelles et celle des cellules somaliqucs périssables. Nous ne pouvons expliquer ce fait que pat' la supposition (pie chaque c'dlule ri.'produclrice contient d'une manière pulfnliel!-', :cux sortes de substances, qui,, ù un moment variable apiès le commencement du déveloi)poment cmbryonnain \ se séparent

d0 l'aulrv, t*t liMi«ftr*nl p«r |»nK|uir«< d<»ui irroupr» <li' iiiiiei en rontntKtt' inarquiv » IV 14. K*ft«i «ur l7//r«'</i/<'.)

Kt un |M*u plti!» lMi)i, (liiiiii le m^iiiu Kt^Hiii, uouh reficmioii«» et*» li^iif!» :

b''auroup pluii Urd (|ue daim les ttxeinplc« m«iitioiiiii'4 plu* Il - ciian^'iT l<*it UMtdanc«t hér6diUir«*» dont iU tout

Cela revient a dire qu'il e;»! •> tout à fait coneevaMe •• i]n'apn>s que le» G'reaires ont, pendant des |;én('ralion>. rlr

- nuiltiplianl par f;enintatiun interne, {et* » deux sortes de

iltManees » ont, niai^n* lesi innoinlirable!» divisions des

' Unies. cons«Tvé leur nature n*s|KTtive. et i^ M'*pareiil. fina- .< nient, df nianièiv a produire des ecllules reprodurtriees. Ici, le profe.sM'ur NN eisniami ne suppose point, connue dans un cas que iioun uvuos noU* auparavant, quelque chose qu'il e«t H facile d'imaginer », mais bien (|ueique chose de ditlicile a inia<;iner, et il {leuse. apparennnen!, qu'une conclusion scientilique peut (Hrc basée eu toute s<^curité ladosus.

Mais dans quel but nous deinande-t-on de faire une supposition »' ^Tatuite. d'accepter comme \Taie qucUpio

hose d'étrange, qui est »« tout à fait concevable < . «i »litorturer nos imaginations sans nous inspirer des faits? Tout >iniplenient pour sauver l'hxpothése du professeur Wei>-

niann, — p<»urla ruettrtà couvert contre une grande m

de faits qui lui sont C(;ntraires. (Juand nous avons rvv

;ue ce qu'il regarde comme une division primaire du travail

Il en est pa» une du tout. — quand nous voyons que le

Uiire qu'il en tire concernant la difTérenciation pri-

i.wio impliquée des cellules reproductrices d'avec les

35^ PROni,f:Mr.s dk moiîale et de sociolocie

colliiles somali(|ii('s n'est, par conséquent, aucunement jiistilié, nous n'avons pas à nous élonner que sa conclusion (léduelive soit drniontie par l'induction. Nous ne sommes ])as surpris en trouvant que dans de vastes groupes d'organismes il n'apparaît aucun contraste du genre qu'exige sa lh('()ri(\ l'.l nous n'avons pas besoin de laire violence à nos j)ensées en expliquant les contradictions.

11 y a un autre corollaire qui s'associe à l'assertion que la division primaire du travail existe entre les cellules somatiques et les cellules reproductrices, et est associé aussi avec la différenciation primaire qui se produit entre elles. On prétend qu'il existe une distinction fondamentale de nature entre ces deux classes de cellules. On les décrit iîomnie étant, respectivement, mortelles et immortelles, dans le sens que celles d'une des deux classes sont limitées dans leur puissance de multiplication, tandis que dans l'autre classe cette puissance est illimitée. Et l'on soutient que cela est dû à une dissemblance inhérente de nature.

Avant de nous enquérir de la vérité de cette proposition, nous ferons une remarque sur une proposition préliminaire énoncée par le professeur Weismann. Parlant de l'hypothèse que la mort dépend « de causes qui sont de la nature de la vie même », il dit :

Je ne crois pas, cependant, que cette explication soit valable; je considère la mort comme n'étant pas une nécessité primaire, mais comme ayant été secondairement acquise comme adaptation. Je crois que la vie est d'une durée limitée, non parce qu'il est contraire à sa nature d'être sans limites, mais parce que l'existence illimitée des individus serait un luxe sans aucun avantage correspondant. (P. 22, Essai sur la durée de la Vie.)

Cette dernière phrase a un son léléologique qui convien-

l'in81'J'KIsa>ce or la - sn.KCno:< natlkelle • 353 (irait à (lit tii(''<iio<.M(M). mais 'iiii sciiililo «*lriiiif;e viMiaiit d'un liitiniiM' i<' si'ieii(*e. Tuuti'fois, adiiK'ttaiit ({ui* riiii|)li(-ation iit'lail pas iiilciitioiiiit'lle, je ferai n»man|u«*r que le profensi'ur Weisiiiaim a. selon t«nile apparence. imtcIu de vue une loi wniN«*rselle le réxulntion — non seulement ()r^Mni(|ue, mais inoi>rani<pie et li\p«M<n>Mni(pie — qui inijjliipie la né- <*essit<^ de la mort. Les elianj;eniPnls de tout a^'iï'^'at. de <juelip»e esptVe que soil ce dernier, finissent, inévitablemenl. dans un *^lat d'tWjuilibre. Les soleils et les planètes meurent, tout aussi bien que les organismes. Le processus irinté^M'alion. pii '.'onslilue le trait fondamental de toute évolution, conlinue jusqu'à ce qu'il ait amené un état se refusant à toute autre transformation, molaire ou moléculaire. — un étal d"é(juililire entre les forces de l'agréj^at et celles qui s'opposent à ces forces'. Donc, les conclusions (lu professeur NVeismann, en tant qu'elles impliipient l'alisence de nécessité de la mort, ne sont pas soulenaldes. Mais examinons, maintenant, rantilhèseét.iblie ci-dessus, entre les l*r<)tozoaires immortels et les Métazoaires mortels, l'ne partie essentielle de la théorie, c'est que les I'hh lozoaires i)euvenl continuer à se diviser et sesubdi\i>er sans limite, aussi longtemps que les conditions externes convenaldes sont conlinutVs. Mais où est la preuve de ceci? Le professeur Weismann lui-uiéme convient (ju'il n'y en a a pas. Page 331, il dit :

Je ne pourrais consentir à adopter l'hypothèse du rajeunissement (opéré par conjugaison , que s'il était rendu absulumenl certain que la reproduction par division ne pourrait jamais, en aucune circonstance, persister d'une manière indèlinie. .Mais cela ne peut pas plus être prouvé avec certitude que la proposition inverse, et il suit de là, autant que la preuve

1 Voir Premiers l^ncipft, part. Il, chap. xui : • Equilibration ». Spb.n(jm. — PruM. 23

directe est en question, que les faits sont également incertains des deux côtés.

Mais ceci semble être entièrement oublié quand il est question du contraste entre les Protozoaires immortels et les Métazoaires mortels. Selon la métliode du protessem Weismann, il serait u facile d'imaginer » que la conjugaison, à l'occasion, serait essentielle en tous cas, et cette conclusion facile à examiner pourrait, justement, être employée à exclure la sienne. En réalité, si l'on considère combien la conjugaison est fréquemment observée, on peut tenir pour difficile d'imaginer qu'il soit des cas où elle est inutile. En dehors d'imaginations d'espèce quelconque, toutefois, c'est là un aveu que l'immortalité des Protozoaires n'est pas prouvée, que l'affirmation n'a d'autre base que le fait de n'avoir pas observé la cessation de la fissiparité, et qu'ainsi un des termes de l'antithèse précédente est non pas un fait, mais seulement une supposition.

Et maintenant, que faire, pour l'autre terme de l'antithèse — la mortalité inhérente des cellules somatiques ? Je pense que nous trouverons que cette dernière n'est pas plus soutenable que l'autre. Sa plausibilité disparaît, lorsque, au lieu de contempler le vaste assemblage de cas familiers que présentent les animaux, nous en considérons de moins familiers, et de tout à fait rares. Ceux-là nous font voir que la fin ordinaire de la multiplication parmi les cellules somatiques est due, non à une cause intrinsèque, mais à des causes extrinsèques. Voyons, d'abord, toutefois, les assertions du professeur Weismann :

J'ai essayé d'expliquer la mort comme résultat de la limitalion des facultés reproductrices des cellules somatiques, et jai suggéré qu'il est concevable qu'une telle limitation soit la conséquence d'une limitation dans le nombre des gêné-

l'iNSIKFISANCK de U t< SÉLECTION NATURELLE »> 355

rations de ci-Ilules possiblo pour les cellul«'S de chaque or^'aiie et de chaqui» tissu. (1*. ii).)

Los considérations niL'nlionné«'8 ci-dessus nous montrent que le degré d'activité reproductrice présent dans les tissus est réglé par des causes int»'rn<'S, tandis <|ue la mort natun*llo d'un organisme est la terminaison — la limitation héréditaire — du processus de division des cellules qui comnien«;a par la segmentation de l'œuf, (P. 27.)

Bien que, dans les extraits ci-dessus, on fasse mention de «» causes internes » déterminant « le degré d'activité reproductrice » des cellules et bien que. page "iO. les *« causes de la perle »> de la puissance de reproduction cellulaire illimitée « doivent être cherchées en dehors de l'organisme. c est-à-dire dans les conditions externes de la vie », la doctrine est pourtant que les cellules somaliques sont devenues, par leur constitution, impropres à une multiplication cellulaire continue :

Les cellules somatiques ont perdu cette puissance à un degré graduellement croissant, de sorte qu'à la fin il y a eu limitation du nombre des générations cellulaires pour chaque tissu et chaque organe. (P. 26.)

Nous allons voir qu'il y a de bonnes raisons pour refuser cette restriction apparente. Nous allons passer en revue les diverses causes qui affectent la multiplication des cellules, et qui d'ordinaire arrêtent leur accroissement après qu'un certain point a été atteint.

II y a, d'abord, la somme de capital de vie donnée parles parents, en partie sous forme d'un corps plus ou moins développé, et en partie sous forme de matériaux de nutrition. Là où ce capital de vie est petit, et où le jeune obligé immédiatement d'entrer en fonction, physiologicjuement, pour son compte, doit faire des efforts pour obtenir des matériaux pour sa consommation journalière aussi bien

(HIC pour sa croissance, il y a une forle limitalion de la inulliplicatiou des cellules requises pour une grande laille. Evideninient, le jeune éléi)liant. débutant avec un corps gros et bien organisé, et pourvu de lait durant les premières étapes de sa croissance, commence les aft'aires, ))t)ur sou compte, sur une grande échelle, et par ses grandes transactions, son système est à môme de fournir la nourriture à ses cellules somaliques en train de se multiplier jusqu'à ce qu'elles aient formé un vaste agrégat — un agrégat tel que n'en peut jamais atteindre la jeune souris, obligée comme elle l'est de commencer ses affaires physiologiques petitement. Puis il y a le caractère de la nourriture, sa digestibilité et sa valeur nutritive. Ici, les aliments demandent beaucoup de mastication, ou, quand ils sont convenablement préparés, il? ne contiennent qu'une petite quantité de substance utilisable en comparaison avec celle de la matière à rejeter; ailleurs, la proie saisie est presque entièrement nutritive, et n'exige qu'un peu de trituration. D'où il suit qu'en quelques cas le processus physiologique n'est pas profitable, tandis qu'il Test dans d'autres ; il en résulte de petites ou de grandes provisions pour les cellules somatiques en cours de multiplication. En outre, il faut noter le degré de développement viscéral, lequel, s'il est peu élevé, ne donne qu'une nourriture grossière distribuée lentement, mais qui, lorsqu'il est élevé, sert, par ses procédés de solution, d'épuration, d'absorption et de circula tion, à fournir aux cellules somatiques en cours démultiplication un sang riche et pur. Nous arrivons ensuite au facteur d'importance suprême, le coût de l'obtention de la nourriture. Ici, une grande dépense d'énergie dans la locomotion est nécessitée, et il n'y a en que peu là; ici, de grands efforts pour de petites quantités de nourriture, et

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