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CHAPITRE VII

lemeni dans la nature le principe s'agite sourdement et dans les ténèbres; dans Irsprit, au contraire, il arrive au plein épanouissement de lui-même, à la libre conscience qui l'affranchit du fatum.

On voit comment la Philosophie de la nature interprète et exagère la loi de la continuité. Oui, avec I^eibnitz nous reconnaîtrons que l'échelle des êtres est continue, mais Schelling ne nous a pas convaincus qu'à ses différents degrés elle soit homogène. La grande erreur du pantliéisme, sur ce point, me semble être d'avoir entendu la continuité de substance là où il ne fallait entendre que la continuité de loi. La loi est continue, la substance ne Test pas ; la distinction des substances se conserve dans le progrès uniforme et constant de la loi.

C'est l'application de cette loi que je vais cssajer de faire à la définition de lu personnalité humaine, opposant cette idée complète, achevée, aux idées inférieures et incomplètes qui de loin l'annoncent et la font pressentir.

Prenons l'idée de l'individualité au plus bas degré de l'être, là où elle commence à peine à poindre, et 8uivons-là dans ses progrès, nous la verrons s'enrichissant de plus en plus d'attributs nouveaux, se complétant par des déterminations nouvelles, jusqu'à ce qu'elle vienne s'épanouir à la lumière de la conscience dans la personne morale.

Quelles sont les formes inférieures de l'individualité dans le monde inorganique? Qui dit individualité dit, comme Tétymologie même l'indique, ce qui ne peut être divisé, individuum, ce qui par conséquent forme comme un système de phénomènes, distinct de tout

autre par des caractères appréciables, clos de toutes parts dans l'espace, que ce tout soit du reste ou un organisme, c'est-à-dire un ensemble d'organes, ou un seul organe. Voilà ce que Ton pourrait appeler le 7mnimum de l'individualité.

Où l'apercevons-nous pour la première fois dans le monde inorganique? En apparence, il semble bien que tout dans le monde repose sur cette idée, car enfin nous voyons des corps astronomiques parfaitement distincts à l'œil, le soleil, la terre, les planètes. Il y avait dans le ciel une région vague qui semblait échapper à cette loi de l'individualité, la voie lactée ; mais on sait que sous le regard du télescope les nébuleuses elles-mêmes viennent se résoudre en un nombre infini de corps astronomiques distincts. Il semble donc bien que la base universelle de l'être dans la nature, c'est quelque chose d'individuel, un système de phénomènes distinct d'un autre système de phénomènes.

Il y a bien là une image de l'individualité future, mais quelque chose manque pour que ce soit une individualité réelle. Prenons le minéral, j'aperçois bien en lui un point central autour duquel, dans certaines circonstances, les affinités chimiques viennent réunir des éléments nouveaux. Je vois, par exemple, le cristal d'alun, plongé dans une certaine solution, s'accroître indéfiniment, tant qu'il restera plongé dans ce milieu préparé. Partout dans le règne minéral se révèle un principe d'unité plastique, une sorte d'architecture intérieure dépendante de certaines lois physiques et chimiques, et par conséquent une certaine individualité minéralogique ;

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