‹ Problèmes de morale socialeChapitre 157 sur 228 · M. Paul Janet, Histoire de la scienx:e politique, t. II · texte numérisé non relu

M. Paul Janet, Histoire de la scienx:e politique, t. II

nisme raisonnable qui ne serait plus guère que ce minimum religieux qu'on a nommé la religion naturelle. L'œuvre de Voltaire et de Lessing, considérât dans ses plus hautes parties, est la défense et rétablissement de la tolérance dans les esprits et dans las institutions. Voilà leur objectif ; mais ils ne sont pas élevés aux principes supérieurs qui dominent cette question particulière, non plus qu'au point de vue vrai 4e lliistoire d'où Ton peut juger impartialement le passé. Cette cause ne se relie pas pour eux à celle, beaucoup plus haute et plus large, du progrès dont elle dé pend.

C'est à Tui^ot, un des plus grands esprits qui honorent le dix-huitième siècle, le plus grand peut-être, si on lui avait laissé le temps de réaliser ses idées dans des actes durables, le seul qui aurait j)n désarmer la révolution en la rendant inutile, c'est à lui que revient la gloire incontestée d'avoir établi l'idée du progrès dans sa compréhension tout entière, en ajoutant à la conception de Bacon et de Pascal celle du progrès so- -^ml. C'est là une autre application de la raison, non moins étendue, non moins importante que la première, bien qu'elle soit infiniment plus délicate à saisir et plus difficile à constater. Cet objet si nouveau &it l'intérêt de deux célèbres discours qu'il prononça dès 1749 comme prieur de la Sorbonne : l'un consacré à démontrer la supériorité sociale du monde chrétien sur

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