Paroles de philosophie positive
toire. Cette loi n'a toute son importance qu'à la condition qu'elle représente une succession nécessaire des éléments du progrès, qu'elle marque leur ordre déterminé dans le temps, la date historique et logique de leur apparition. L'ordre chronologique de ces divers éléments dans l'humanité doit correspondre, diton, au développement des facultés dans Tindividu d'après l'analyse mentale du docteur Gall. C'est, à ce qu'il nous a semblé, toute la démonstration de M. Littré; j'avoue qu'elle ne me suffit pas. La loi de M. Comte et celle de M. Littré devraient, d'après la méthode positive, sortir de l'étude des faits, au lieu de la précéder : or, toutes deux portent l'empreinte du système d'idées dans lequel elles ont été conçues. Ce sont des lois préalables, provisoires, c'est-à-dire des hypothèses. La philosophie positive n'en est pas' plus exempte que les autres.
Le seul avantage de cette théorie du progrès est do se prêter facilement à l'explication de l'histoire et de la série des âges; elle admet la filiation, c'est-à-dire ta production des états sociaux les uns par les autres. Pour elle, l'avenir social n'est que le prolongement graduellement modifié du passé. MM. Auguste Comte et Littré doivent à cette théorie une supériorité marquée sur beaucoup d'autres de leurs contemporains; ilsont essayé de se rendre compte des états qui doub ont précédés, de la raison qui les fît prévaloir à un moment donné, de leur ordre logique et de leur mutuelle dépendance. Ils ont par là mérité ce privilège rare d'une tolérance relative pour le passé. Rien ne leur parail plus inique et plus faux que de juger les civilisations évanouieaftyttjJmMtaft d'aninnrd'lini. qui,