‹ Problèmes de morale socialeChapitre 21 sur 228 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

miëre de la conscience pâlit et vacille sous le coup des orages invisibles , dans ces perplexités secrètes entre deux devoirs qui {faraissent également sacrés. Chacun de nous sait bien à quel point le raisonnement abstrait est inapplicable à ces situations déchirantes et incapable de mettre un terme à ces conflits désolants des deux parties de la conscience, divisée et luttant contre elle-même. Les vraies angoisses de la vie ne sont peutêtre pas dans les luttes du devoir contre la passion ; elles sont dans les luttes du devoir contre le devoir, quand nous entendons deux voix contradictoires, dont Tune nous dit : c< tu dois ; » et Tautre : « tu ne dois pas. »

Deux exemples pris dans la littérature contemporaine, montreront ce que le cœur humain peut soufifrir dans ces incertitudes. Un drame récent' mettait en scène un jeune homme riche, prêt à donner son nom à une jeune fille qu'il aime. Il apprend tout à coup que rhomme qu'il croyait son père a été trompé, et que lui n'est pas son fils selon la nature, bien qu'il le soit devant l'opinion publique abusée et devant la loi complice. Que fera-t-il ? Acceptera-t-il un bonheur qui lui semble dès lors une usurpation ? Prendra-t-il sa part d'une fortune à laquelle, selon sa conscience, il n'a pas droit? Ou bien, en l'abandonnant aux héritiers légitimes, va-t-il révéler la faute de sa mère et renoncer au mariage où il a mis son bonheur ? L'auteur du drame a choisi ce dernier parti. C'était son droit. Mais peut-être son héros pouvait-il prendre un autre parti sans manquer à la conscience. On est souvent tenté

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