CHAPITRE XV. , 4Î
à ce mensonge de l'amour et de l'orgueil proclaïqant l'éternité de l'homme :
Quand un eouiHe d'amour traverse tob poitrinee, Sur deB Sois de bonheur tous tenant suspenduB, Aux pieds de la beauté lorsque des maisB divines Vous jettent éperdus,
Quand, pressant Bur ce cœur qui t& bientôt s'éteindre Un autre objet souffrant, forme Taine ici-bas, Il TOUS semble, mortels, que vous allez étreindre L'infini dans vos bras,
Ces délires sacrés, ces dësiFS sans mesure.
Déchaînés dans vos flancs comme d'ardents essaims. Ces transports, c'est déjà l'humanité future Qui s'agite en vos seins.
Elle 80 dissoudra, cette argile légère Qu'ont émue un instant la joie et la douleur; Les vents vont disperser cette noble poussière Qui fut jadis un cœur.
Dans une autre pièce. Paroles d'un amant, le poëte soutient hardiment qu'il y a pour l'amour même une Borte de joie lugubre à penser que l'être idolâtré ne revivra pas ailleurs, sous d'autres cieux, séparé par rinfîni de celui qui traîne sur la terre un reste de misérables. Qu'on ne vienne pas lui parler lité:
d'un tombeau, je ne veux pas d'un monde Se dressant outre nous.
de l'éternité même. S'aimer est lant est tout, vivre plus ou moins
longtemps, qu'importe ? mais vivre séparés par Téternité, voilà Tinconsolable malheur.
Quand la mort serait là, quand Tattache invisible Soudain se délierait qui nous retient encor, Et quand je sentirais dans une angoisse horrible M'échapper mon trésor.
Je ne fEiiblirais pas ; fort de ma douleur même, Tout entier à l'adieu qui va nous séparer, J'aurais assez d'amour en cet instant suprême Pour ne rien espérer.
Mais ce n'est là que Texaltation passagère d'un amour qui sent la vie lui échapper et qui aime mieux jeter l'objet aimé dans le néant, où il. ne sera à personne, que dans une éternité qui pourrait le lui ravir. Ces' le suprême choix d'un désespéré.
Rien de morne et de lugubre comme la pensée du poëte chaque fois que cette nature invoquée et maudite lui révèle sa face meurtrière et sereine. Dans un dialogue étincelant des plus sombres beautés, la Nature dévoile enfin à l'homme son but, celui qu'elle poursuit du fond de l'éternité. Ce but, ce n'est pas l'atome humain. L'ouvrière immortelle, qui dispose du temps, de l'espace et de la matière, songe déjà à franchir l'humanité, après qu'elle l'a créée. Je ne sais quel grand désir germe dans son sein ; on dirait qu'elle prépare ses entrailles pour un suprême enfantement. Toutes les créations successives n'ont été pour elle que des essais de sa force et des avortements qu'elle rejette avec dédain. Elle tend à quelque chose de plus grand, de plus fort, de plus libre. L'homme n'est que Fébauche imparfaite du chef-d'œuvre qu'elle a rêvé. Elle