‹ Problèmes de morale socialeChapitre 29 sur 228 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

de la réciprocité légitime du respect dû à la liberté des autres qu'après avoir rencontré une résistance. Ce fut cette résistance qui dut être, selon vous, la révélation de la mutualité nécessaire et par conséquent de la justice sociale. Le droit n'apparut qu'au moment précis où une force rencontra une force semblable à elle. « Tant que l'homme ne rencontre aucune opposition, le sentiment de la dignité, de l'inviolabilité humaine est unilatéral; mais le jour où l'homme trouve qui lui résiste et à qui répondre, le jour où il y a quelqu'un qui exige le même respect qu'il demande pour lui-même et où il le trouve prêt à soutenir sa demande, au besoin par la force, il s'établit entre eux un statut arbitral, qui n'est autre chose qu'un contrat de réciprocité, et dont la clause sous-entendue est celle-ci : respecte-moi, si tu veux que je te respecte, respectonsnous mutuellement ; ils se sentent dès lors liés par ce contrat, c'est-à-dire obligés. De là le droit et le dedevoir*. »

Telle est l'hypothèse qu'en désespoir de cause on ose nous proposer sur Torigine et l'idée de justice. Par crainte des principes on se réfugie dans les faits, mais dans quels faits, et combien nous voilà loin des sources pures du droit I Cette hypothèse a d'ailleurs une tout autre portée que ne l'imaginent sans doute ses imprudents inventeurs. C'est tout simplement la consécration de la force comme principe et règle de la justice* Que serait-il donc arrivé, dans votre triste roman sur les origines préhistoriques du droit, si une force n'avait jamais rencontré une force antagoniste^

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