‹ Problèmes de morale socialeChapitre 47 sur 228 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

phique est une recherche et une science ; elle part de Thomme et remonte à Dieu. Elle trouve le principe moral inscrit dans la conscience, mais ce principe Télève plus haut. Ce n'est pas de l'idée de Dieu qu'elle déduit le devoir, c'est la considération de la loi qui l'amène à Dieu par l'idée de l'obligation, par l'idée de la sanction et de la fin. Elle ne reçoit pas la règle des mœurs d'une révélation surnaturelle ; elle la recueille avec respect dans la révélation naturelle et permanente de la raison. Elle se demande d'où vient cette autorité qui commande; qui oblige sans contraindre, qui ordonne sana humilier, et qui a ce privilège singulier que l'obéissance à son commandement glorifie la volonté. A ce degré sublime de la vie intérieure, l'idée religieuse se mêle à l'idée morale sans en altérer la pure essence, mais en la transfigurant. La loi n'est plus cette idée purement rationnelle, impersonnelle, perdue dans son abstraction, elle est en même temps un commandement divin. L'amour de Dieu s'ajoute à l'amour du devoir en lui prêtant sa grâce et son efficacité, sans l'affaiblir ni le corrompre. C'est la plus haute démarche scientifique et le vrai procédé de la raison . Ce n'est pas parce que je crois en Dieu que je suis amené à croire au devoir, c'est parce que je crois au devoir que je suis logiquement amené à croire en Dieu, ce Dieu étant la réalité suprême en qui coïncident la justice et la bonté absolue, la loi et l'amour. La morale ainsi comprise, s'achevant dans un acte d'adoration raisonnée, loin d'humilier l'homme, l'agrandit et le relève. L'obéissance à la loi devient une libre coopération à cet ordre des fins, dernier terme et dernière explication possible du monde et de l'humanité. :

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