‹ Problèmes de psychologie affectiveChapitre 23 sur 30 · Bévue philosophique, janvier 1909, p · texte numérisé non relu

Bévue philosophique, janvier 1909, p

Notons aussi les nombreux auteurs qui ayant usé du hachich, ont tous décrit cette période initiale d'euphorie à laquelle succèdent l'excitation et plus tard la dépression. L'un des plus anciens, Moreau (de Tours), écrit1 : « C'est un sentiment de bien-être physique et moral, de contentement intérieur, de joie intime, indéfinissable, qu'on cherche vainement à comprendre, à analyser. Sans en savoir la cause on se sent heureux... mais comment et pourquoi on est heureux, les mots manquent pour l'exprimer, pour s'en rendre compte à soi-même ».

2° Tout ceci est déjà le plaisir, mais sous la forme diffuse, indéterminée des phénomènes affectifs purs. Pour se constituer complètement il est nécessaire qu'il se fixe dans un objet, et alors il apparaît dans la conscience comme localisé dans une partie du corps à la manière des sensations, ou associé à des représentations. Il entre dans la trame de la vie intellectuelle; il est connu. Ce caractère d'objectivité relative le distingue de la subjectivité vague de l'euphorie et la distinction s'accroît en proportion de l'augmentation du plaisir. Cette phase me paraît correspondre à la « joie passive » de Dumas et au plaisir stable (tjSovy) xaTacrr^aTixT]) des moralistes de l'antiquité.

Comme mon but est non d'étudier la psychologie du plaisir en général, mais d'élucider un problème particulier, je ne m'attarderai pas à la description du plaisir physique et de la joie, sous leur forme moyenne ni à l'énumération de leurs caractères psychologiques et des phénomènes physiologiques,

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