‹ Problèmes de psychologie affectiveChapitre 4 sur 30 · Sollier, Le mécanisme des émotions, p. 30 (F. Alcan · texte numérisé non relu

Sollier, Le mécanisme des émotions, p. 30 (F. Alcan

les muscles immobilisés, le regard fixe, la pensée en suspens. Mais cet arrêt doit être brusque, inopiné; l'action lente, progressive, ne produit pas le choc de la surprise. 11 se produit toujours un sentiment de malaise : « Souvent il faut de la précaution pour annoncer une très bonne nouvelle quand elle est tout à fait imprévue, invraisemblable; le premier choc gâte la joie future ' ».

On remarquera que la surprise, en éliminant les causes qui la suscitent et ce qui en résulte — prise en elle-même — se réduit à un simple état de choc et de malaise. L'affectif n'est donné que comme existant, senti; il n'est connu que par ses antécédents et ses conséquents. De plus, il y a au fond de cet état un élément moteur, puisque la surprise est un arrêt de mouvement. Ceci n'est pas affectif; mais entre la sensibilité affective et la motricité, il est impossible d'établir une séparation réelle; on ne peut les disjoindre que par une analyse idéale. 11 sera d'ailleurs nécessaire de revenir plus loin sur cette question.

Nous venons de montrer par une énumération de faits que la conscience affective, loin d'être une chimère, apparaît assez fréquemment dans la vie ordinaire. On peut la considérer sous un aspect différent, non plus dans ses manifestations particulières et transitoires, mais comme un facteur tou-

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