‹ Problèmes et conclusions de l'histoire des religionsChapitre 19 sur 38 · HARMONIE DES H ESSEMB LANCES · texte numérisé non relu

HARMONIE DES H ESSEMB LANCES

aulre et qui, s'il doit s'assimiler des élémeiils étrangers, les transforme et se les approprie.

Pour que la première hypothèse fût admissible, il faudrait supposer qu'un philosophe et un énidit, connaissant les religions antériem^es, un maitre en fait d'histoire des religions comme Max Muller, ayant pour auxiliaire et pour suécesseur un corps savant, une académie, ou mÉmc si l'on veut un corps sacerdotal, ait cherché à réaliser l'accord des diverses religions de l'univers. Il est tellement évident que les choses ne se sont pas passées et n'ont pas pu se passer ainsi, qu'il semble inutile de discuter cette hypothèse. Mais il sera bon de jeter un rapide coup d'œil sur la formation de la religion catholique. Ce sera le moyen de vérifier l'hypothèse contraire, seule admissible. Ce sera aussi le moyen d'écarter d'une manière plus complète l'accusation de plagiat portée contre le christianisme, en raison de ses ressemblances avec les autres religions, accusation que nous avons déjà réfutée dans une étude antérieure (i).

L'origine du culte catholique ne se perd pas dans les légendes, ni dans la nutl des temps. Un document historique capital, sur la valeur duquel toutes les lumières de la critique sont concentrées, le Nouveau-Testament, contient à la fois le récit de la fondation de l'Église et les éléments primitifs de son dogme, de sahlurgie et de sa hiérarchie. Le Nouveau-Teslament, danp son ensemble, appartient d'une manière incontestée à l'époque apostolique. L'Église, dépositaire de ce livre, le présente aux hommes comme l'œuvre authentique de plusieurs personnages dont l'existence n'est pas contestée et qui ont. été témoins oculaires, ou témoins auriculaires au

i Voir II! chapitre t

premier degré des faits qu'ils racontent. La critique rationaliste conteste sur certains points cette affirmation de l'Église, mais elle la laisse subsister relativement à une grande partie du texte. Il y a notamment des épîtres de saint Paul que personne ne conteste, et, grâce à leur témoignage, M. Renan a pu dire que la pleine lumière de l'histoire brille sur le temps de la prédication de saint Paul, c'est-à-dire de la 15® à la 32® année après la Passion (1). Les contestations relatives aux autres parties du Nouveau-Testament ne portent que sur une difiTérence d'un petit nombre d'années, et ceux qui prétendent, comme l'école, aujourd'hui en décadence, de Baur, déterminer l'ordre historique de la formation de ce livre et montrer la superposition des parties d'origine diverse qu'ils supposent, sont obligés de renfermer toute cette histoire dans un demi-siècle (2). Aussi, nonobstant toutes ces controverses, un certain nombre de points restent inattaquables.

En premier lieu, le fondateur du christianisme, que Tacite déclare avoir été mis à mort par Ponce-Pilate, était un juif ayant toujours vécu en Judée et n'ayant acquis par des moyens humains aucune connaissance des religions étrangères. Les apôtres et les évangélistes, les auteurs du Nouveau Testament, étaient également des Juifs, ayant vécu dans le milieu juif. Saint Paul a bien eu une certaine connaissance de la sagesse grecque, mais il était pharisien, disciple de l'école juive de Ganabel, et c'était dans le judaïsme qu'il puisait ses principales inspirations (3).

Tous les apôtres ignoraient l'Inde et l'extrême Orient,

(1) Saint Paul, par M. Renan, Introduction, pages 1 et 2.

(2) Vigoureux, Manuel biblique. Introduction.

(3) Actes xxii, 3, et xxiii, 6.

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