‹ Problèmes et conclusions de l'histoire des religionsChapitre 23 sur 38 · DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

DU CHRISTIANISME

Le chrisfianism.e, comparé dans son ensemble aux autres relfgions, s'élève infiniment au-dessus d'elles par son adaptation plus parfaite aux besoins du cœur humain, et par ce principe intérieur de vie qui ne se trouve nulle part ailleurs. Mais l'étude des caractères spéciaux qui sont propres au christianisme fournit en faveur de la divinité de cette religion des arguments plus clairs et plus convaincants. Il serait trop long d'examiner tous les éléments de la religion chrétienne qui n'ont pas d'analogues dans le paganisme ou qui diffèrent de leurs analogues. Nous nous arrêterons aux cinq principaux : la préparation prophétique du christianisme et sa situation dans l'histoire; la doctrine chrétienne sur Dieu et l'homme, d'où résulte cette disposition de l'âme spéciale que l'on peut nommer l'esprit chrétien; la vie du fondateur du christianisme ; ses miracles ; la conversion du monde romain au christianisme.

La prophétie , l'un des caractères spéciaux de la religion juive, a pour analogue dans les religions païennes la divination et les oracles. Mais la distance entre la prophétie juive et ce qui lui ressemble dans les autres cultes

est immense. Les oracles et les présages ont certainement joué un grand rôle dans les croyances et les préoccupations des païens. Nous ne pouvons savoir, à la distance où nous sommes, quelle a été la part de l'imposture chez les prêtres et celle de l'illusion chez les fidèles dans la croyance à ces moyens de découvrir l'avenir. Mais ce qu'il y a de certain, c'est que cette croyance n'a jamais été confirmée d'une manière frappante par l'accord entre une prophétie authentique et un grand événement historique. Nous pouvons sur ce point mettre au défi les défenseurs de l'égalité de tous les cultes, de citer une seule prophétie païenne de quelque importance qui ait été vérifiée par l'événement. Les quelques exemples de prophéties qui nous sont cités par les auteurs païens sont si équivoques, qu'on ne sait s'il faut attribuer l'accord entre la prophétie et le fait au hasard ou à l'imagination.

L'ensemble majestueux des prophéties bibliques nous présente un tout autre spectacle. Là, c'est pour ainsi dire un peuple entier qui prophétise, et c'est le même peuple qui conserve et garantit l'authenticité de ses prédictions. Toute l'histoire d'Israël est dominée par une seule idée, celle du Messie. Un homme doit venir. Cet homme, né de la race de Juda, doit renouveler la face du monde, et établir le culte du Dieu d'Israël (1). Il doit y établir un royaume qui s'étendra d'une mer à l'autre, et qui ne sera jamais détruit (2). Tous les rois de la terre doivent se prosterner devant lui, et toutes les nations doivent le servir. Considérée sous cette forme générale, l'idée messianique correspond exactement à la venue du

(1) Isaïe, Lx, 2.

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