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puissance financière de premier plan. D’autre part, le conflit européen, puis la réparation des dommages matériels qu’il avait causés allaient accélérer lindustrialisation des pays neufs et priver l’Europe de ses débouchés traditionnels. Comme la dit Paul VALÉRY en une saisissante image, « le temps du « monde fini commence ».
L’appauvrissement général consécutif à la guerre, le déséquilibre des marchés et de la production, enfin la crise économique de 1921 allaient provoquer partout des troubles monétaires d’une ampleur jusqu'alors inconnue.
Dès la fin des hostilités, la rupture de la solidarité monétaire entre les anciens alliés allait hâter l’avilissement de la livre sterling et du franc français. L’Angleterre toutefois, préférant sacrifier son industrie et son commerce d'exportation à sa suprématie financière dans le monde, réussit d’abord à enrayer la chute de sa monnaie, puis à revaloriser celle-ci, qui retrouva vers 1925 son ancienne parité avec le dollar. Mais, dès 1931, la congélation en Europe Centrale des crédits consentis par le Marché de Londres rendait inévitable une amputation de la devise britannique.
En France enfin, l'effort de financement nécessité par la conduite de la guerre de 1914 à 1918, puis la reconstruction des régions dévastées, ensuite le désor-
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dre dans la gestion des finances publiques eurent pour conséquence un recours massif à l'emprunt public et aux avances de l’Institut d'émission. Aussi le franc
ne cessa-t-il de se déprécier jusqu’au milieu de 1926.
L'arrivée au pouvoir, à cette époque, du Président PoincaRÉ, et les mesures énergiques de redressement auxquelles il recourut, aboutirent rapidement à une stabilisation de fait, puis, en 1928, à la stabilisation légale de la devise nationale.
Pendant les premières années de la crise mondiale, alors que s’opposaient sur le marché monétaire le bloc-or et le bloc-sterling, le franc allait devenir une monnaie refuge. Mais bientôt, avec l’aggravation et la prolongation de la crise, la disparité entre les prix français et les prix étrangers s’accusait, et le déséquilibre budgétaire reparaissait. Puis survinrent, en 1936, des réformes sociales dont le principe était sou- vent légitime, mais dont l’application trop brusquée, dans une atmosphère de luite, par des gouvernants qui développaient dans le pays la mystique du moindre effort, eut pour l’économie nationale des conséquences dommageables. |
De la conjonction de ces diverses causes devaient sortir de nouvelles dévaluations du franc. En outre, à partir de 1935, l'incertitude politique et les menaces de conflit grandissantes exigèrent un réarmement intensif. Le financement de la préparation à la guerre allait mettre en œuvre non seulement les procédés les plus classiques, tels que l’accroissement des charges
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fiscales et l'emprunt, mais aussi les expédients les plus variés, depuis de subtiles dérogations à la règle tutélaire de l’unité budgétaire, par la création de la Caisse autonome de la Défense nationale et l’institution de comptes spéciaux d’investissement, jusqu’au recours aux avances de la Banque de France et aux alignements monétaires successifs.
Simultanément, de nouvelles techniques de financement se faisaient jour. L'Etat généralisait l’octroi d’acomptes et d’avances à ses fournisseurs. La modification du régime juridique des nantissements de marchés permettait aux banques de se montrer plus libérales dans leur concours. La création d’organismes tels que la Caisse des Marchés facilitait, par le mécanisme de laval et de l’acceptation, la mobilisation des créances des industriels sur l'Etat. Toutes ces mesures, intéressantes certes, mais encore fragmentaires, négligeaient l’essentiel du problème, l’élargissement des bases du marché monétaire.
A ce stade d'évolution de notre situation monétaire et financière survint la guerre, source de dépenses considérablement accrues, puis la défaite avec toutes ses conséquences, qui posent des problèmes de crédit et de financement d’une exceptionnelle ampleur.
Ce sont ces problèmes que nous nous proposons d'étudier dans le présent ouvrage. Mais avant de les examiner, il n’est pas inutile de préciser les circonstances dans lesquelles ils se présentent.