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être investi en fonds d'Etat. La loi de 1936, un peu plus libérale, supprime ce plafond, mais elle frappe les dividendes d’une taxe progressive qui atteint très rapidement 60 %.
Enfin, pour que les épargnants ne soient pas tentés d'acquérir de valeurs réelles, il a été établi en 1940, sur les plus-values immobilières, un droit d’enregistrement de 60 %.
L’épargne n'aurait d’ailleurs pu fournir à elle seule les capitaux absorbés par les investissements de l'Etat et des organismes semi-publics, par les subventions octroyées à la bonification des terres, et, plus encore, par les dépenses coloniales. Aussi PEtat a-t-il fait preuve d’autant de rigueur dans sa politique fiscale à l’égard de la fortune acquise, qu’il avait manifesté de sollicitude à l'épargne en formation.
La campagne d’Ethiopie a été financée par un emprunt forcé sur la propriété immobilière, « véri- « table chef-d'œuvre de financement de guerre, car « la propriété italienne devait non seulement sous- « crire obligatoirement à l'emprunt (9), mais encore « fournir à l'Etat, au moyen d’un impôt spécial, les « sommes que l'Etat devait lui reverser à titre d’in- « térêt » (10).
Par la suite, de nouveaux impôts ont été établis, lun de 10 % sur le capital des sociétés par actions,
(9) Pour souscrire à cet emprunt, les propriétaires fonciers ont pu bénéficier d'avances bancaires, gagées par des hypothèques.
(10) Piatier, L'Economie de guerre, p. 207.
l'autre de 7,5 % sur le capital de toutes les autres sociétés quelle que soit leur forme.
Sans doute l'Italie n’a-t-elle pu échapper entièrement à l'inflation fiduciaire et au développement de sa dette flottante. Elle a cependant su réaliser un effort de financement considérable par l'application d’une politique fondée sur le recours simultané au crédit, à l'épargne et à la fiscalité.