ROSE DER
« Trésor avait prélevées pour le même objet sur son « autre compte d’avances, 41 milliards restaient dis- « ponibles au compte courant ouvert sur nos livres à « l'administration centrale des Reichskreditkassen ; « 12 milliards environ avaient été affectés au retrait « des billets de ces caisses, et près de 24 milliards « avaient servi à de nouveaux paiements. »
Depuis lors, les avances de la Banque de France à PEtat, de ce seul chef, ont progressé de 77 à 118 milliards au 24 juillet 1941 (2). Leur contre-partie se retrouve soit dans la circulation monétaire, soit dans le compte de l'administration centrale des Reichskreditkassen à la Banque de France, compte dont le solde exigible, 58 milliards au 24 juillet dernier, représente une émission de billets en puissance, en même temps d’ailleurs qu’un moyen de pression politique.
*+ A l'heure actuelle, une fraction notable de l’émission fiduciaire, après avoir servi à régler les dépenses publiques et celles de l’armée d’occupation, reflue dans les Caisses du Trésor.
« Le contrôle des changes s’oppose aux évasions « de capitaux nationaux vers l’étranger. La rareté des
(2) Un simple calcul montre que les frais d'occupation, à raison de 400 millions par jour du 25 juin 1940 au 30 juin 1941, de 300 millions à partir de cette dernière date, atteignaient au 24 juillet 1941 155 milliards. Les avances correspondantes de la Banque à l'Etat ne dépassant pas 118 milliards, le surplus, soit 37 milliards, a été financé, au même titre que les autres besoins publics, par l'émission de Bons du Trésor. Ce fait est un nouvel indice de l’aisance du marché monétaire.
EPA LE
« produits et leur rationnement laissent inemployée « une grande partie des trésoreries. La surveillance : « des transactions sur les valeurs dites réelles, comme « l’or et les immeubles, contrecarre l’utilisation spé- « culative des capitaux. Les disponibilités s’orientent « naturellement vers la souscription des bons du « Trésor » (3). Ces coupures sont présentement recherchées par les particuliers, par les entreprises industrielles ou commerciales et par les Banques qui, bénéficiant de l’accroissement de dépôts précédemment souligné, sont en quête de nouveaux remplois à court terme.
Le circuit monétaire, pour reprendre une expression devenue classique, fonctionne dans des conditions satisfaisantes.
Toutefois, une fraction importante des disponibilités du public demeure thésaurisée dans les milieux ruraux, ainsi sans doute que dans l’ensemble du pays. Divers auteurs, dès avant la guerre, se fondant sur l'augmentation de la circulation des grosses coupures, chiffraient cette thésaurisation à cinquante milliards de francs. L’incertitude présente, dans la mesure où elle n’a pas poussé aux investissements en valeurs réelles, a dû contribuer à l’accroissement des sommes que les particuliers conservent par devers eux, et aux-
LA
.. (3) Cette description du circuit monétaire est extraite du rapport introductif à la loi du 28 juin 1941 portant fixation du budget de l'exercice 1941.
ASS LR)
en devises (4). R . Or, une recrudescence de la thésaurisation serait
particulièrement inopportune au moment où l'Etat ne
peut couvrir qu'à concurrence de 55 % par des recettes fiscales les quelque 135 milliards de crédits ouverts en 1941 au titre du budget ordinaire et du budget extraordinaire. Aussi la nécessité de lutter contre une
thésaurisation stérile et de mobiliser toutes les dispo-
nibilités du pays, d’une part au profit du Trésor, d’autre part au bénéfice de l'Economie nationale, a-t-elle
conduit les pouvoirs publics, conscients du rôle essen-
tiel que les banques peuvent jouer à cet égard, à adopter une série de dispositions destinées à assouplir le fonctionnement du marché monétaire.
(4) D'autres indices de thésaurisation peuvent être notés. Depuis 1914,
l'augmentation des dépôts dans les Etablissements de Crédit français n'a suivi
que d'assez loin le développement de la circulation fiduciaire. Leur valeur en
or, au moins jusqu'en 1938, avait même fléchi de 40 %, alors que pour les
cinq principales banques anglañses, les « Big five », elle avait progressé en
25 ans de plus de 80 % (Rapport annuel du Crédit Lyonnais sur l'exercice 1938).
quelles s'ajoutent en tout état de cause, des réserves.
f { HE