‹ Problèmes sociaux du travail industrielChapitre 19 sur 43 · Cf. Journée industrielle^ 4 avril · texte numérisé non relu

Cf. Journée industrielle^ 4 avril

en créant ces deux équipes. Vos frais généraux n'augmenteront sensiblement pas: en tout cas, point dans la proportion de votre production nouvelle. » Et, à l'appui de cette affirmation, cet ingénieur citait l'exemple de son usine où ce système est appliqué : « Non seulement, faisait-il observer, nous n'avons pas subi une diminution de rendement, mais nous avons constaté plutôt une augmentation du rendement horaire; nous avons, par conséquent, plus que doublé notre production avec le même matériel. »

Ce résultat, singulièrement heureux, ne saurait être obtenu dans tous les genres de travaux industriels : la production, en deux postes successifs, n'est réellement pratique et même presque possible que dans les travaux de série susceptibles de se décomposer en opérations simples d'une durée courte. Quand on a une pièce montée sur une machine où elle doit rester pendant de longues heures, on éprouve, en effet, des difficultés à faire successivement travailler sur cette pièce deux ouvriers différents. Ces ouvriers devraient, dans ce cas, être associés. Et comme ils ne se voient pas et ne travaillent pas ensemble, il pourrait y avoir mécontentement de l'un à l'égard de l'autre, à moins de faire chevaucher les postes, ce qui présente des inconvénients : perte de temps et augmentation du prix de revient. C'est ce que reconnaît un partisan de la journée de huit heures dont nous avons cité précédemment l'opinion autorisée; mais M. Râteau, après avoir ainsi formulé cette constatation, s'empresse d'ajouter, dans sa

ferveur pour les deux-huit, que, dans l'avenir, il faudra s'attacher à réduire le plus possible ces opérations de longue durée, et, dans ce dessein, développer aussi largement que l'on pourra les fabrications en séries et employer des machinesoutils, très robustes, travaillant rapidement, a L'accroissement des travaux de série, conclutil, est réalisable à deux conditions principales : 1° la standardisation des produits ; 2° la répartition des fabrications dans le minimum d'ateliers possible ou, autrement dit, la spécialisation des usines. » Nous n'y sommes pas encore, bien qu'on y tende de divers côtés.

Il est une catégorie d'industries où la journée de huit heures semble d'une application quelque peu malaisée : ce sont les industries de plein air, comme les industries de la brique, du bâtiment, de la corderie ou du battage des grains, dans lesquelles le travail est intermittent et lié aux conditions climatériques.

Dans le nord et dans l'est de la France, celui-ci est même à peu près totalement suspendu en hiver. En d'autres régions, l'ouvrier ne travaille, durant cette saison, que cinq ou six heures en moyenne. Par contre, les journées d'été sont très favorables à une forte production.

Un industriel du bâtiment cite comme exemple ' la briqueterie où les installations de plein air sont nombreuses. La brique, après moulage à pied d'œuvre, reste sur l'aire pour un premier séchage

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