‹ Problèmes sociaux du travail industrielChapitre 33 sur 43 · Cf. C*« R. de Briey, op^ cit., p · texte numérisé non relu

Cf. C*« R. de Briey, op^ cit., p

L'ACTIONNARIAT DU TRAVAIL, 159

plus puissantes entreprises d'Angleterre, après une expérience de vingt années, établissent que l'actionnariat ouvrier n'est pas une utopie de sociologue.

Voici maintenant le résultat tout récent d'une expérience française qu'il nous est particulièrement agréable de citer après les expériences anglaises : elle n'est certes pas moins concluante, comme on pourra en juger par la lettre suivante, adressée à la Journée industrielle ^ par l'administrateur délégué de la Société de Mécanique et d'Estampage de Juçisy :

Notre usine a été organisée au lendemain des grèves de mai dernier. J'avais besoin d'une main-d'œuvre qualifiée et je n'ai pas hésité à embaucher des grévistes révoqués des Compagnies de chemins de fer et remerciés des usines. Ces ouvriers sont des militants des organisations syndicales et j'ai pensé qu'avec eux il fallait une organisation nouvelle de la production. Partant des idées générales en honneur dans leurs milieux, j'ai décidé de leur donner une part de propriété collective, en leur cédant les actions qui m'étaient atri buées comme parts de fondateur. Tous, à quelques exceptions près, ouvriers, employés, contremaitres, ont pris des actions dont ils paient régulièrement le montant par quinzaine, sans qu'il soit besoin de leur rappeler qu'ils doivent se libérer. La transmission des titres en cas de départ se fait amiablement, la propriété étant acquise, à l'ancienneté, aux ouvriers non encore pourvus d'actions.

Cette façon de régler les rapports entre patrons et ouvriers a donné les meilleurs résultats. En trois semaines J'ai pu édifier un atelier de forges avec pilons,

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