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USAGE DES TOILES IMPERMÉABLES POUR DIMINUER LES FILTRATIONS

En 1835, M. l'ingénieur Baude fit une application intéressante des toiles imperméables à la fondation des piles du pont de Saint-Maur, près Paris, descendues à une profondeur de 2 mètres sous l’étiage.

La présence d'anciens enrochements rendait difficile le battage de pieux et palplanches et on y renonça. On se contenta de battre, au maillet à deux manches, de minces pieux de 0"10 à 012 d’équarrissage aux angles de la pile; trois rangs de liernes en planches de sapin de 003 d’épaisseur furent boulonnés sur ces pièces montantes et sur ces cours de liernes espacés de 1 mètre on cloua une toile imperméable formant encaissement, non de résistance, mais d'isolement du béton, pendant le coulage, des terres étrangères qui auraient pu s’y mêler par éboulements.

Il faut dire que la fouille à l'emplacement de la pile était asséchée par épuisement, ce qui était très facile, car cette fouille était ouverte dans d'anciens enrochements agglutinés par de la glaise.

L'encaissement une fois en place, on laissa monter l’eau, puis on immergea le béton. Le béton tendit les toiles, mais n'en creva aucune et son parement s'éleva presque verticalement juxtaposé à la toile. Pendant l'intervalle des immersions, un ouvrier armé d'un balai mettait la laitance en suspension dans l’encaissement et on l’enlevait par épuisement avec des écopes.

Le procédé de fondation que nous venons de décrire n’est évidemment pas à imiter , ni à recommander; l'idéal d’une fondation est de l'effectuer à sec, et lorsqu'une fouille est épuisée, et qu’on peut facilement la maintenir en cet état, il est absolument illogique d'y laisser rentrer l'eau pour immerger du béton alors qu'on pouvait établir à l'air libre une bonne maçonnerie ordinaire.

Mais l’exemple nous a paru intéressant à citer à cause de l'usage des toiles imperméables qui nous paraissent aujourd'hui beaucoup trop délaissées.

M. de Saint-Venant voulant empêcher les sources de fond de délaver les massifs de béton coulés dans une enceinte, recommandait d’immerger au fond de ces enceintes une toile imperméable; son conseil n'a pas été suivi et ne pouvait l'être, un pareil système empêcherait toute adhérence entre le sol naturel et le massif de béton superposé.

En revanche, les toiles imperméables sont susceptibles de rendre au:

jourd'hui de grands services pour assurer l'étanchéité des enceintes en pieux et palplanches, des parois de caissons et des bâtardeaux.

M. Cauvin, le fabricant de bâches pour les chemins de fer, vend, à raison de 3 francs le mètre carré cousu, des toiles goudronnées imperméables qui donnent de bons résultats; il donne même, au prix de 2 francs, des toiles fabriquées avec des bâches de réforme, et ces toiles sont d’un emploi avantageux dans les fondations. Nous pensons qu'on pourrait s'en servir plus souvent qu'on ne le fait.

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