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KILOGRAMMES

Perte de charge produite par chaque coude

Ge tableau montre encore combien les pertes de charge dues aux coudes augmentent rapidement avec la vitesse moyenne; avec une vitesse de 2 m ,50 un coude de m ,16 de rayon absorbe un quart d'atmosphère.

Les pertes de charge dans les coudes peuvent être considérées comme variant en raison inverse du rayon de ces coudes.

De môme les pertes de charge dues au frottement en conduite droite trouvées plus haut pour un tuyau de m ,127 de diamètre, pourront être appliquées à des tuyaux d'un autre diamètre en les modifiant dans le rapport inverse de leur diamètre.

Grâce aux données théoriques et pratiques que nous venons d'exposer, il sera possible d'évaluer, d'une manière suffisamment approximative pour la pratique, toutes les pertes de charges qui pourront se produire dans un réseau à eau comprimée.

Épaisseur des tuyaux. — L'épaisseur des tuyaux doit être suffisante pour qu'ils résistent à l'énorme pression intérieure qu'ils supportent et qui tend à les déchirer suivant une génératrice.

h étant la pression intérieure du liquide en kilogrammes par mètre carré, et d le diamètre du tuyau, la force qui tend à séparer en deux parties égales, suivant un plan diamétral, un bout de tuyau de 1 mètre de long, est égale à hd.

La surface résistante du métal est représentée par 2e, double de I'épaissseur du tuyau et, si R est la tension maxima qu'on veuille imposer à la matière par mètre carré, l'épaisseur e résultera de l'équation.

hd = 2R.e.

Soit une pression de cinquante-deux atmosphères, qui donne 53 k ,716 par centimètre carré ou 537 160 kilogrammes par mètre carré; suppo-

sons qu'on ne veuille pas faire travailler la fonte à plus de 2 kilogrammes par millimètre carré, l'épaisseur à donner à un tuyau de m ,127 de diamètre sera donnée par l'équation :

537 460 x m ,127 = 2x 2000000 x e f d'où

Cette épaisseur sera certainement suffisante si on a des tuyaux de bonne qualité et bien coulés ; il importe de se montrer très sévère pour la réception et de n'admettre que des tuyaux d'épaisseur bien régulière.

La charge de rupture à la traction des meilleures fontes varie de i 1 à 20 kilogrammes par millimètre carré ; en adoptant 2 kilogrammes pour le travail de ce métal, nous avons donc un coefficient de sécurité compris entre 5,5 et 10.

La limite d'élasticité est de quatre à huit kilogrammes.

Il faudra n'employer dans la construction des accumulateurs et de leurs accessoires que des fontes de première qualité.

Il faudra essayer les appareils par presses hydrauliques à une pression égale à une fois et demie la pression en service, soit à une pression de 78 atmosphères pour un accumulateur à 52 atmosphères.

Description générale d'un accumulateur et de se» accessoires. — Gomme type d'une installation d'eau comprimée, nous donnerons celle des docks de Marseille qui a fait grand honneur à M. l'ingénieur Barret.

1° Accumulateurs. — Chaque accumulateur se compose d'un cylindre vertical en fonte de m ,544 de diamètre extérieur et de 0"\4oi de diamètre intérieur, dans lequel se meut un piston plongeur de m ,432 de diamètre intérieur et de ra ,1465 de section transversale ; ce piston a 5 mètres de course et déplace 735 litres d'eau. 11 porte sur sa tête une caisse en tôle lestée de telle sorte que tout l'appareil mobile pèse 79 693 kilogrammes ; ce qui correspond sur la section transversale du plongeur, et par suite sur le liquide, à une pression de 53\716 par centimètre carré ou 52 atmosphères (fig. 64.). ,

3fe° Machines motrices et pompes. — La distribution d'eau comprimée et les accumulateurs sont alimentés par une machine à vapeur de 120 chevaux, qui est suffisante pour commander tous les appareils des docks ; mais pour parer aux chômages et faire face aux travaux exceptionnels, une seconde machine identique est adjointe à 1» première. C'est là, comme on sait, une précaution indispensable eu matière de distribution d'eau.

Les machines à vapeur sont des machines horizontales doubles à haute pression, à détente variable et sans condensation. Chaque machine actionne deux pompes foulantes et fait 35 tours à la minute. Nous ne

Fig. 64,

pouvons, sans dépasser les limites de notre cadre, entrer dans le détail de ces appareils.

Il en est de même pour les pompes ; ce sont des appareils à piston plongeur, à double effet, disposés de telle sorte que la résistance à vaincre soit constante dans les deux sens du mouvement.

3° Valve de gorge régulatrice. — Le travail des engins mus par l'eau comprimée est essentiellement variable ; à un moment donné toutes les grues, tous les treuils travaillent à la fois, à un autre moment une partie seule de ces engins fonctionne, il peut même arriver que tous s'arrêtent simultanément.

11 faut donc régler à chaque instant le travail moteur et même le supprimer lorsque les appareils sont au repos et les accumulateurs au sommet de leur course.

C'est à quoi l'on parvient avec la valve de gorge imaginée par sir Armstrong (fig. 65 et 66).

Fig. 65.

Fig. 66.

Le tu^au qui des chaudières amène la vapeur aux cylindres des machines traverse la chambre de l'accumulateur et c'est là que sur ce tuyau on place la valve de gorge, actionnée du dehors par un levier L qui décrit l'angle mn dans un plan vertical; lorsque ce levier est au bas de sa course en m, la valve est fermée et la vapeur n'arrive plus aux machines ; lorsque le levier est au haut de sa course en w, la valve est horizontale et effacée dans le plan médian du tuyau, les machines marchent à pleine vapeur. La course verticale du levier, c'est-à-dire la corde de l'arc mn, aune longueur d'un mètre.

II s'agit donc de donner un mouvement convenable au levier L afin de régler l'admission de la vapeur ; cette fonction est confiée au plongeur de sûreté et à un système de contrepoids.

Le plongeur de sûreté est formé d'un bout de tuyau A, de m ,125 de diamètre, placé à l'origine de la conduite maîtresse dans la chambre de l'accumulateur ; à la partie haute de ce tuyau se trouve un joint presseétoupes traversé par une tige en bronze t, de m ,038 de diamètre, plongeant dans l'eau à 52 atmosphères et recevant de celte eau une poussée de bas en haut égale à 609 kilogrammes. La tête de cette tige porte la

chape de trois poulies; une chape semblable mais immobile est fixée sous le tuyau A et constitue avec la chape mobile supérieure une moufle à 6 brins ; sur cette moufle passe une petite chaîne de m ,01 de diamètre dont le bout fixe est accroché à la chape inférieure, l'autre bout va, par les poulies de renvoi x et y, s'accrocher au levier L de la valve de gorge.

Fig. 67.

La chaîne exerce donc sur le levier L un effort égal au - de la pous-

sée de l'eau comprimée sur la tige t, soit un effort de 10i k ,5 ; mais les

frottements de la chaîne et de la tige mobile au passage de son presse -

étoupes absorbent 30 p. 100 de cet effort et le réduisent effectivement à

71 kilogrammes.

Mais sur la chaîne xy L est un maillon de raccord z> auquel s'attache

une seconde chaîne zup qui, après son passage sur la poulie de renvoi u, descend verticalement le long de l'accumulateur et se termine par un poids p de 18 kilogrammes. L'accumulateur porte un taquet o, qui s'é-

ïïowur de sûreté

/ stem * ewmww

Fig. 68.

lève avec lui et qui rencontre le poids p aux — de la hauteur d'oscilla-

tion de l'accumulateur; à ce moment le poids p est soutenu par le

taquet, la chaîne passe librement dans les trous ménagés an milieu du poids et du taquet, et l'effort de 18 kilogrammes n'est plus transmis au levier L.

Celui-ci qui recevait une traction totale de 89 kilogrammes, provenant pour 71 kilogrammes de la chaîne mouflée et pour 18 kilogrammes de la chaîne du contrepoids p ne reçoit plus qu'une traction de 71 kilogrammes.

Or, le levier L est sollicité en sens contraire, c'est-à-dire de haut en bas, par un autre contrepoids P de 82 kilogrammes.

Celui-ci est moindre que la traction totale (89 kilogrammes) des deux

- chaînes réunies ; donc, le levier est soulevé, et la valve de vapeur reste

ouverte plus ou moins tant que le poids p tire sur la chaîne uz; au

contraire, quand ce poids cesse d'agir sur la chaîne, le levier L retombe

et la vapeur ne va plus des chaudières à la machine.

Voyons donc ce qui va arriver au moment où, l'accumulateur étant au bas de sa course, on met la machine et les pompes en marche :

Le réseau des conduites se remplit, l'eau se comprime à 52 atmosphères, l'accumulateur s'élève d'une certaine quantité, les appareils de levage se mettent en mouvement et, s'il y en a beaucoup qui fonctionnent, tout le débit des pompes est absorbé par eux ; les oscillations de l'accumulateur servent de volant. Mais, à un moment donné, les appareils de levage cessent de fonctionner, l'eau comprimée s'emmagasine sous l'accumulateur, celui-ci monte et, quand il s'est élevé de 3 m ,70, le taquet qu'il porte entraîne le poids p qui s'élève avec lui; le levier L obéit à son contrepoids et s'abaisse verticalement d'une quantité égale à celle dont l'accumulateur monte, la valve de gorge rétrécit donc peu à peu le passage de la vapeur et, lorsque l'accumulateur s'est élevé de 4 m ,70, le levier L est au bas de sa course, la valve de vapeur est complètement fermée, la machine et les pompes s'arrêtent.

Les appareils de levage rentrent-ils en fonctionnement? l'accumulateur descend, la valve de gorge s'ouvre progressivement et donne à nouveau de la vapeur aux machines qui se remettent en marche.

4 a Soupape d'évacuation. — Le système que nous venons de décrire ne donne pas encore toute sécurité, car il peut arriver que, par suite d'un arrêt subit de tous les appareils de levage, l'accumulateur monte brusquement à 4 m ,70 et même dépasse cette position, parce que les machines et les pompes, sous l'influence des volants, font quelques tours de plus.

Le piston plongeur de l'accumulateur serait donc exposé à sortir de son cylindre; pour éviter cet accident grave, on branche sur le cylindre, à la hauteur de 4 m ,70, un bout de tuyau portant une soupape d'évacuation, qui s'ouvre par la traction d'une chaîne fixée à l'accumulateur et entraînée par lui; dès que la hauteur de 4"\70 est dépassée, cette soupape s'ouvre et livre passage au produit des pompes qui ne tardent pas, du reste, à s'arrêter.

5° Arrêt des machinée en cas de rupture des conduites. — S'il venait à se produire une rupture subite en un point du

réseau de distribution de l'eau comprimée, la pression de l'eau tomberait immédiatement de 52 à 1 atmosphères, l'accumulateur soulevé descendrait très rapidement au bas de sa course, et la machine, continuant sa marche sans résistance à vaincre, s'emporterait, 'risquant de tout rompre. Il importe de prévoir et de conjurer un pareil danger; c'est précisément le rôle accessoire que joue le plongeur de sûreté avec sa chaîne mouflée.

La pression de l'eau s'abaissant brusquement, la tige t du plongeur de sûreté n'est plus soumise à cet effort de 609 kilogrammes produit par la pression de 52 atmosphères agissant sur sa section droite; elle n'exerce donc plus de traction sur sa chaîne xy ; le levier L de la valve de gorge ne reçoit plus que l'effort de 18 kilogrammes du petit poids p et l'effort de 82 kilogrammes de son contrepoids P; il obéit donc à ce dernier et tombe au bas de sa course, de sorte que l'admission de la vapeur est fermée presque instantanément quand une conduite vient à se rompre.

Nous avons dit plus haut qu'en cas de rupture d'une conduite, l'accumulateur tomberait très rapidement sur son siège, chassant l'eau emmagasinée sous lui; le choc en résultant pourrait être très grave. Cepen-

Fig. 69.

dant, il est probable que la vitesse d'expulsion de l'eau confinée ne pourrait, vu les frottements, devenir excessive et, par cela même, la descente de l'accumulateur ne saurait être indéfiniment accélérée. Quoiqu'il en soit, M. l'ingénieur Barret a proposé l'adoption d'une soupape de sûreté très simple à placer sur la conduite maîtresse, à la sortie immédiate de l'accumulateur. Cette soupape A est à levier et à contrepoids, et son contrepoids est articulé sur la tige d'un petit piston p ; tant que la pression élevée règne dans la conduite, ce petit piston est soulevé et la soupape A laisse passer librement l'eau. Que la pression vienne à tomber brusquement et la soupape va s'abaisser sous l'action de son contrepoids, l'eau confinée sous l'accumulateur ne pourra plus s'écouler et celui-ci se trouvera arrêté dès l'origine de son mouvement de descente, de sorte qu'il n'y aura plus de choc à craindre. Ce mécanisme ingénieux a un inconvénient : c'est que, la pression venant à baisser dans la conduite par suite du fonctionnement simultané de tous les appareils, la soupape A se ferme; alors, la pression de 52 atmosphères serait maintenue du côté de l'accumulateur, tandis qu'elle décroîtrait encore du côté des appareils; pour obvier à cet inconvénient, M. Barret proposait

l'adoption d'un tuyau latéral mm de petit diamètre, établissant une libre communication entre les deux parties de la conduite séparées par la soupape de sûreté ; grâce à ce petit tuyau, l'équilibre de pression se rétablirait vite entre les deux parties de la conduite et, en cas de rupture, la descente de l'accumulateur ne s'effectuerait plus qu'avec une grande lenteur.

Nous ne pensons pas qu'en fait l'ingénieuse soupape de sûreté de M. Barret ait reçu de nombreuses applications.

«• Accumulateurs intermédiaires. — Nous verrons tout à l'heure qu'en plus du ou des accumulateurs principaux, situés tout à côté des machines à vapeur et des pompes, il est nécessaire d'installer des accumulateurs intermédiaires ou de renfort à l'extrémité de la conduite maîtresse et au voisinage des principaux groupes d'appareils moteurs.

Ces accumulateurs intermédiaires n'ont pas à agir comme régulateurs des machines ; il est donc inutile de les munir de la valve de gorge, du plongeur de sûreté et de la soupape d'évacuation. De même, à dimensions égales, on les charge moins que les accumulateurs d'origine; ainsi, aux docks de Marseille, on ne leur a donné qu'une charge de 76.000 kilogrammes, alors que celle des accumulateurs d'origine était de 78.893 kilogrammes, correspondant à une pression de 52 atmosphères.

De la sorte, quand les machines fonctionnent et que l'accumulateur de tête n'est pas au bas de sa course, les accumulateurs intermédiaires demeurent au sommet de leur course et, comme ils sont soumis à une poussée de 2.893 kilogrammes vers le haut, ils viennent buter contre une charpente qui les maintient et qui est calculée pour leur résister.

Ils n'entrent en fonctionnement que lorsque l'accumulateur de tête est au bas de sa course et que, cependant, le débit des machines n'est pas assez puissant pour le remonter, ce débit étant plus qu'absorbé par les appareils en marche; ils fonctionnent encore lorsque, par suite d'une forte consommation d'eau comprimée dans leur voisinage, la pression dans les conduites vient à descendre au-dessous de la fraction 0,963 de 52 atmosphères.

Frottement du plongeur des accumulateurs. — Du reste, malgré la moindre charge des accumulateurs intermédiaires, la pression à leur voisinage, lorsqu'ils sont immobiles et lorsqu'il n'y a qu'un petit nombre d'appareils en marche, est peu différente de celle qu'on trouve au voisinage des accumulateurs de tête; en effet, ceux-ci oscillent sans cesse : lorsqu'ils montent, l'eau comprimée doit vaincre le frottement du plongeur dans son presse-étoupes ; lorsqu'ils descendent, une partie de leur poids est employée à vaincre ce frottement et le reste à comprimer l'eau .

Aussi observe-t-on une différence d'une atmosphère, soit-- de la

pression normale, entre la pression de l'eau comprimée sous l'accumulateur pendant qu'il monte et la pression de cette même eau pendant qu'il descend. Le frottement, étant supposé le même dans les deux sens,

est donc égal à une demi-atmosphère pour un piston de m ,432 [de diamètre; c'est, pour ce frottement, une valeur de 757 kilogrammes.

Le piston ayant i m ,35 de circonférence, le frottement peut être évalué, dans des cas analogues, à 561 kilogrammes par mètre linéaire de circonférence frottant dans le presse-étoupes.

9° Calcul du volume des accumulateurs* — Connaissant le débit pour chaque opération de chacun des engins à actionner par l'eau comprimée et le nombre maximum d'opérations que cet engin peut être appelé à effectuer dans une journée, on en déduit le débit total journalier de chaque appareil. La somme de ces débits totaux, divisée par la durée du travail des pompes, donne le débit régulier Q de celles-ci et permet d'en calculer les éléments.

Mais il pourra se faire que, pendant un certain temps t, tous les appareils fonctionnent à la fois et consomment un débit à la seconde Q' supérieur à Q ; le supplément d'eau comprimée devra alors, pendant le temps t, être fourni par les accumulateurs.

Leur volume Y résultera donc de l'équation

Il en est, en pareil calcul, comme en matière de distribution d'eau : on ne saurait prévoir trop largement l'avenir, et il faut compter au maximum toutes les consommations d'eau; c'est le seul moyen d'éviter les mécomptes très difficiles à réparer qui se produisent lorsque l'exploitation des appareils en service devient intensive.

Le volume des accumulateurs est d'autant plus grand que l'on a à satisfaire à un travail d'allure plus irrégulière.

S'il s'agit d'actionner des appareils continus à travail constant, des machines perforatrices par exemple, les accumulateurs ne sont plus que des volants et des régulateurs de pression, et leur volume peut être réduit dans une proportion considérable.

En appelant :

d le diamètre du piston plongeur d'un accumulateur,

h sa course verticale,

m le nombre d'accumulateurs en service,

— le volume d'eau à emmagasiner par chacun d'eux,

ce volume sera égal à :

et l'on pourra écrire l'équation :

qui donne :

(,) -- Iv^T-

Or le rapport ( -J varie de — à — et peut être pris égal à0,08; l'équation (4) permet donc de déterminer d, et h se déduit ensuite de la valeur

numérique du volume — .

8» Nombre et position de» accumulateurs. — Nous avons montré déjà la nécessité des accumulateurs intermédiaires et nous n'aurons que peu de chose à ajouter.

Il est rare que l'accumulateur de tête puisse suffire seul; il faudrait, pour cela, que tous les appareils à actionner fussent groupés autour de lui à faible distance, et l'on pourrait alors recourir à plusieurs conduites maîtresses partant du pied de l'accumulateur de tête.

D'ordinaire, les appareils à desservir sont répartis sur une ligne allongée et il faut leur amener l'eau comprimée par une conduite maîtresse, commune à tous, et longue de plusieurs hectomètres, quelquefois même de quelques kilomètres.

Supposez un accumulateur unique en tête de la conduite; celle-ci est calculée pour le débit moyen des pompes, mais, lorsqu'au même moment fonctionnent la plus grande partie des appareils exigeant une consommation totale supérieure au débit moyen, la vitesse moyenne de l'eau doit croître, sur une partie plus ou moins longue de la conduite maîtresse, au delà du taux normal qui a servi de base au calcul des diamètres des tuyaux. ^

L'accroissement de vitesse détermine, comme nous l'avons vu et calculé, un accroissement beaucoup plus rapide de la perte de charge et il peut arriver que la pression de l'eau comprimée tombe, pour quelques appareils, à une valeur telle que ces appareils ne puissent plus effectuer le travail qu'on leur demande.

Us se prêtent généralement à une diminution de pression de 4 ou 5 atmosphères, sans voir leur travail compromis; mais il importe que cette limite ne puisse, en aucun cas, être dépassée.

Il sera facile de s'en assurer, car nous avons donné précédemment tous les éléments nécessaires pour le calcul des pertes de charge; il conviendra donc de calculer ces pertes en se plaçant dans les conditions les plus défavorables, c'est-à-dire en supposant que tous les appareils fonctionnent simultanément à pleine charge, même si cette circonstance ne doit se produire que d'une manière exceptionnelle. Le calcul des pertes de charge permettra d'apprécier la pression minima que l'eau comprimée sera susceptible de prendre au pied de chaque appareil et, si l'on juge que cette pression est incompatible avec le bon fonctionnement de l'appareil, il conviendra de réduire les pertes de charge en augmentant convenablement le diamètre des conduites.

Donc, on ne doit point chercher ([économie dans une réduction du diamètre des tuyaux; cette économie ne peut être que proportionnellement très faible, car le prix des tuyaux, dans les limites du choix à faire, varie seulement en raison directe du diamètre; les pertes de charge, à débit égal, sont en raison inverse de la cinquième puissance du diamètre.

L'accumulateur d'extrémité sera donc toujours nécessaire pour desservir la partie extrême de la conduite maîtresse pendant le fonctionnement simultané d'une grande partie des appareils. Le plus souvent il sera prudent de placer des accumulateurs intermédiaires près des groupes d'appareils à grande consommation.

L'emplacement des accumulateurs doit être réglé de telle sorte que la vitesse moyenne de l'eau dans les conduites principales ne dépasse pas 1 mètre, et mieux encore m ,50, à la seconde dans des installations permanentes et ne dépasse pas i",50 dans des installations provisoires.

Des calculs analogues à ceux que nous venons d'indiquer permettront de calculer, dans une combinaison donnée de fonctionnement d'appareils, le rayon d'action de chaque accumulateur. C'est un problème identique à celui qu'on résout, en matière de distribution d'eau, lorsqu'on a une conduite alimentée par deux réservoirs et qu'on veut calculer, connaissant les débits aux divers points de la route, l'endroit où l'eau du premier réservoir cesse d'arriver et où commence l'alimentation par le second réservoir.

Partant de chaque accumulateur, on s'avancera sur la conduite en calculant les débits, les vitesses moyennes et les pertes de charge; comme on sait la valeur des pressions initiales, on en déduit celle des pressions successives qui vont en décroissant à partir de chaque accumulateur; on finit donc par trouver le point de passage pour lequel la pression est la même, quel que soit l'accumulateur dont on suppose que l'eau arrive ; c'est ce point qui limite la zone d'action de chacun des accumulateurs. Il va sans dire qu'il change à chaque instant avec le nombre et la situation des appareils en marche.

On voit qu'il y a dans cette étude de la recherche du nombre des accumulateurs une série de tâtonnements délicats et d'hypothèses exigeant beaucoup d'attention et de sagacité. Avec les renseignements qui précèdent, le lecteur sera, nous l'espérons, en mesure de surmonter sans peine toutes les difficultés.

Rendement mécanique de la distribution d 9 eau primée de» docks de Marseille. — Le rendement mécanique des machines et des pompes varie avec le système adopté et nous n'avons pas à le discuter ici d'une manière générale. Nous nous contenterons d'exposer les résultats obtenus aux docks de Marseille.

La puissance brute de la machine motrice, calculée d'après le diamètre et la course des pistons, le nombre de révolutions à la minute et la pression moyenne pendant une course de piston, pression déduite des diagrammes fournis par l'indicateur de Watt, cette puissance brute était de 170 chevaux à la vitesse normale de 35 tours à la minute.

Le volume d'eau lancé par chaque coup de piston de la potope fou-

lante sous l'accumulateur augmente avec la vitesse de la machine; le rapport de ce volume au volume engendré par le piston augmente de 0,065 à 0,994.

Hais le rapport du travail emmagasiné par Peau refoulée dans l'accumulateur au travail développé sur les pistons de la machine motrice diminue avec la vitesse de la machine; il est, en moyenne, égal à la fraction 0,765, ce qui donne 131 chevaux de travail utile.

Nous avons évalué précédemment le frottement du plongeur au passage du presse- étoupes; ce frottement, qui donne une différence d'une atmosphère entre la pression à la montée et la pression à la descente, est moindre dans l'accumulateur que dans les anciennes presses hydrauliques, parce qu'on a substitué à l'ancien cuir embouti A une garniture

Fig. 70.

Fig. 71.

en caoutchouc B. Dans les deux systèmes, la pression de l'eau comprimée sous le plongeur agit sur la garniture par de petits conduits m; cette pression, transmise à l'intérieur de TU formé par le ouir embouti, l'applique sur toute sa hauteur contre le piston plongeur P; transmise sous le caoutchouc B, elle le comprime, lui fait remplir exactement la cavité qu'il occupe et ne se transmet sans doute pas latéralement d'une manière intégrale sur le plongeur P, ce qui explique l'atténuation du frottement.

Il y a toujours une certaine perte d'eau par les espaces morts, par les joints du tuyautage et par les diverses soupapes; elle varie suivant l'état d'entretien des appareils, mais elle existe toujours et la différence entre le volume de l'eau lancée par les pompes sous l'accumulateur et le volume de l'eau consommée par celui-ci n'est pas inférieure à 1 p. 100.

Le travail utile en marchandises élevées n'a pas dépassé la fraction 0,33 du ravail brut de la vapeur sur les pistons de la machine.

Ce résultat n'a rien qui doive nous surprendre; souvent même, le rendement sera moindre encore. En effet, comme le dit Gallon, l'emploi d'un premier moteur à la création d'un second moteur, qui actionne à son tour des opérateurs, n'est pas, en général, une combinaison recommandable au point de vue purement mécanique. Mais elle peut avoir, comme dans l'espèce, des avantages supérieurs, par suite des conditions différentes dans lesquelles le travail se produit sur le premier récepteur et doit se consommer sur les divers opérateurs.

Ces avantages, nous les avons signalés au commencement de cette étude : machine motrice unique pour un grand nombre d'appareils disséminés sur une vaste étendue et fonctionnant d'une manière indépendante, machine motrice installée où l'on veut, le plus commodément, le plus économiquement possible, loin des ateliers ; travail emmagasiné disponible au moment même où le besoin s'en fait sentir ; économie considérable par cela même, malgré la faiblesse du rendement mécanique.

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