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INSTALLATION HYDRAULIQUE ET ACCUMULATEURS DU PORT D'ANVERS

Depuis 1870, le port d'Anvers a vu doubler son trafic qui s'est élevé rapidement à plus de 3 millions de tonnes et la municipalité a dépensé un capital considérable pour le développement des bassins et des quais.

Elle a installé à la station principale de la gare maritime des accumulateurs qui alimentent un réseau très étendu de distribution d'eaucomprimée et qui desservent : 1° Sous la halle couverte, douze cabestans et 28 grues de 1,000, 1,500 et 2,000 kilogrammes de force; 2* en dehors de la halle couverte et sur les quais, 16 grues dont 4 de 5 tonnes et 3 de 10 tonnes et 12 cabestans avec poupées de renvoi.

« Ces grues et cabestans, dit M. l'Ingénieur Sartiaux , sont mis en mouvement de la manière suivante :

Dans un bâtiment spécial, situé assez loin de la gare, sont installées deux machines à vapeur horizontales, à haute pression et à. détente, d'une force totale de 75 chevaux-vapeurs effectifs , pouvant travailler simultanément ou isolément et actionnant directement deux corps de pompes foulantes à piston plongeur, capables de comprimer l'eau à

50 atmosphères et de décharger à cette pression 708 litres d'eau par minute.

A l'aide des machines et de ces pompes, l'eau tirée d'un réservoir de plus de 25 mètres cubes est jetée dans un accumulateur Armstrong où, comprimée à 50 atmosphères, elle soulève un piston de m ,43 de diamètre et de 5 m ,20 de course, lesté avec un poids de sable de plus de 71.000 kilogrammes.

Ge piston lesté, livré à lui-même, exécuterait en descendant de toute sa course un travail de 370.000 kilogrammètres environ. Il constitue donc une sorte de réservoir de force où, jusqu'à concurrence de 370.000 kilogrammètres, est accumulée la puissance dynamique produite par la machine à vapeur. De là, le nom d'accumulateur donné à cet appareil ingénieux, imaginé par sir Armstrong. On eonçoit parfaitement que si Ton adapte à cet accumulateur une canalisation de 1 kilomètre par exemple, cette canalisation dépensera à son extrémité chaque litre d'eau perdu par l'accumulateur, et que ce litre d'eau sera susceptible de produire, à l'extrémité de la canalisation, un travail égal au travail exécuté par le litre de l'accumulateur effectuant sa descente.

En un mot si, par exemple, le piston lesté de 71,000 kilogrammes produit un travail de 71.000 kilogrammètres en descendant de 1 mètre et en perdant 145 litres d'eau, ce travail (en négligeant les pertes par frottement dans la canalisation) de 71.000 kilogrammètres pourra être reproduitpar les 145 litres sortantdela canalisation et être utilisé pour faire manœuvrer des grues, des cabestans, etc.

En effet, de l'accumulateur dont il a été parlé plus haut, part une canalisation de m ,10 de diamètre, d'où se détachent des conduites de O m ,076 et m ,06 amenant l'eau motrice à de petites pompes à eau, qui mettent en mouvement les grues et les cabestans.

Telle est sommairement la description des belles installations hydraulique* de la gare d'Anvers, faites avec un soin et un talent remarquables par les ingénieurs belges, sous la direction de M. Gobert.

Précautions contre la gelée. — Quand on compare les conditions climatologiques de Londres et des villes maritimes d'Angleterre, où fonctionne le système hydraulique, avec celles de Paris, de la Belgique et surtout de certaines parties du nord de la France, on est frappé de ce fait que, si la moyenne des températures d'hiver varie peu, les températures extrêmes ont, au contraire, de grands écarts qui atteignent quelquefois jusqu'à 8 et 40 degrés. Ge sont des écarts qui sont peut-être suffisants pour paralyser, à certains jours , dans nos climats, le système hydraulique qui fonctionne en Angleterre sans accident.

A Anvers, pour parer à cette éventualité, on a placé les conduites à l m ,50 au-dessous du sol, et dans les cuves où aboutissent les canalisations et où sont placées les petites pompes à eau, on a établi de petits becs brûlant un mélange de gaz oxygène et de gaz d'éclairage, dont la chaleur doit combattre l'effet de la gelée. Ces précautions sont-elles de nature à prévenir des congélations provenant de froids de 48 à 20 degrés comme il s'en rencontre de temps en temps? J'ai

tout lieu de le croire, mais l'expérience seule résoudra déOuitivement la question. »

L'expérience a répondu et, en fait, les craintes excessives qu'on avait conçues tout d'abord au sujet de la gelée ne sont pas justifiées. On arrive, sans grande dépense, à combattre le refroidissement de l'eau.

S'il le fallait, et si on avait à redouter de trop basses températures, on substituerait à l'eau un mélange d'eau et d'alcool, ce qui n'entraînerait pas une grosse dépense, puisque c'est toujours le même liquide qui sert lorsque la distribution d'eau comprimée comporte une conduite de retour, comme c'est le cas ordinaire. La consommation du liquide comprend seulement les pertes qui se produisent dans la canalisation et dans les appareils, pertes qu'on peut réduire à peu de chose par un entretien soigné.

Dépense de linstallation hydraulique d 'Anvers. — Cette dépense s'est élevée à 874.600 francs, se décomposant comme il suit :

Appareils moteurs (machine et accumulateur, etc) 118.500 fr.

Conduites et accessoires. 105.000 —

44 grues 307.000 —

25 cabestans 145.000 —

42 galets de renvoi ou poulies folies 8.500 —

Fondation des grues ou machines 73.700 —

Bâtiment pour machine fixe 47.000 —

Conduites de retour d'eau 34.800 —

Frais généraux 35.100 —

Total égal 874.600 fr.

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