‹ Procédés et matériaux de construction, Volume 4Chapitre 44 sur 63 · RECETTE ANNUELLE · texte numérisé non relu

RECETTE ANNUELLE

Travail du père : 3.200 heures à fr. 40,

Travail de la mère, en fabrique, 60 francs par mois

Recette totale.

Mais, pour aller en fabrique, il faut confier les deux enfants à une garde qui prend 45 francs par mois, ce qui fait une dépense de 540 francs et réduit la recette annuelle à 1,460 francs, d'où un déficit annuel de 433 francs qui doit être couvert par la charité publique.

Dans ces conditions, il y aurait avantage à ce que la mère restât à la maison ; elle pourrait garder ses enfants, gagner fr. 50 par jour avec son travail, cultiver un bout de jardin, etc. ; la situation serait meilleure.

En fait, les enfants ne sont pas gardés, ou bien sont envoyés à la crèche ou à l'asile, et c'est par ce moyen seulement que le budget est rois en équilibre. Du reste, il serait possible de réduire dans une proportion notable plusieurs éléments de la dépense.

2° Budget d'un compagnon terrassier vivant à la cantine :

Dépense de Tannée 1.287 fr. »>

Salaire de Tannée : 2.950 heures à fr. 45 1.327 50

Reliquat 40fr.50

3° Budget d'un compagnon maçon vivant à la cantine :

Dépense de l'année i .41 1 fr. 35

Salaire de l'année : 2.981 heures à fr. 65 « 939 60

Reliquat 528fr.25

\° Budget d'un charpentier marié, ayant un jeune enfant :

Dépense du ménage 2.121 fr.GO

Salaire du mari : 3.600 heures a fr. «5 2.340 »

Reliquat 218 fr. 40

3° Budget d'un charron marié, ayant un jeune enfant :

I Habitation 150 fr.

Vêtements et chaussures. . 250 — j Nourriture, blanchissage, 1.960 fr. »

entretien 1.400— \ Gardiennage de l'enfant. . 160 —

p^„ a i Salaire du mari l.SOOfr. ) . lflA .

Recelte } Travail de la femme 360- \ ±{G0ÎC ' *

Reliquat 200 fr. »

6° Budget d'un maçon italien travaillant à l'air comprimé :

Dépense de Tannée 900 fr. »

Salaire de Tannée 2,100 »

Reliquat 1.200fr. »

Négligeant ce dernier budget, nous devons constater que tous les autres ne laissent pas une grande marge à l'épargne et manquent d'élasticité en cas de chômage ou de maladie.

Sans doute on ne peut demander à tous les ouvriers de vivre avec Féconomie sévère de l'ouvrier italien, cité en dernier lieu, qui ne pense qu'à grossir son pécule pour retourner dans son pays ; mais un ouvrier sérieux, célibataire, pourrait vivre convenablement avec M00 francs par an et faire au minimum 3,000 heures à fr. 45, soit une recette de 1,350 francs par an et une épargne de 250 francs.

Il s'agit d'un simple manœuvre; l'épargne d'un maçon célibataire pourrait facilement atteindre 500 francs par an, et celle d'un charpentier 700 ou 800 francs ; malheureusement, ces derniers ouvriers ne consentent point à vivre simplement comme le font les manœuvres.

Considérons un manœuvre, marié, avec deux enfants, il lui faut une grande vigilance pour aligner son budget, car la dépense minima doit être évaluée comme il suit :

Nourriture, 2 fr. 50 par jour 900 fr.

Blanchissage, épicerie 90 —

Logement 100—

Vêtements et chaussures 200—

Chauffage, éclairage 100 —

Dépenses diverses 100—

Tolal 1.490fr.

Le mari peut faire 300 jours par an à 4 francs, soit 1,200 francs ; il faut donc que le déficit de 290 francs soit comblé par le travail de la

femme, qui est censée cependant rester à la maison pour soigner tout le ménage, ou bien par la charité publique, ou par le produit d'un petit champ ou d'un jardin.

Les ouvriers de la campagne s'en tirent parce qu'ils possèdent souvent une maisonnette, un jardin, de la volaille, etc. ; ces petits profits cumulés tiennent une grosse place dans un ménage.

De cet aperçu nous devons conclure* qu'un ouvrier ordinaire, destiné à rester simple manœuvre, quoiqu'il soit de conduite régulière, ne peut, qu'avec beaucoup de peine, s'il est marié et père de famille, réaliser une économie telle qu'il se mette par lui-même à l'abri des chômages et des maladies; à plus forte raison est-il incapable de se constituer une retraite pour ses vieux jours. La situation est toute différente pour l'ouvrier de métier à salaire élevé ; associé à une femme capable et laborieuse, il peut, s'il le veut, parvenir à se constituer une épargne.

La situation du célibataire est toute différente ; avec la bonne conduite et la persévérance, il peut toujours réaliser une épargne assez forte qui lui permettrait, au bout de quelques années, d'entrer en ménage avec toute sécurité pour l'avenir.

Si les choses se passaient ainsi ,1a situation morale et matérielle des ouvriers parviendrait vile à s'améliorer.

Comparaison du prix, des ouvrages et du taux des salaires au siècle dernier et à l'époque actuelle. — Il

nous a paru intéressant de comparer les prix des ouvrages et les salaires d'il y a cent ans avec ceux de l'époque actuelle.

Le pont de Neuilly, construit par Perronet, n'a été achevé que vers 1780, bien qu'inauguré par Louis XVI en 1775 ; Perronet nous a laissé l'indication des salaires payés aux ouvriers employés à ce travail et nous avons indiqué en regard les salaires de l'époque actuelle pour les environs de Paris :

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