EN 1775 ÉPOQUE ACTUELLE
Appareilleur, chef de chantier,
par mois 100 livres. 180 a 350 francs.
Tailleur de pierre 2 livres 5 sous par jour. fr. 70 par heure.
Maçon I livre 12 sous — Ofr. 60 à Ofr. 65 par heure.
Manœuvres et terrassiers . . . . 1 livre 5 sous — Ofr. 30 à fr. 45 par heure. Journée d'un cheval attelé. . . . 3 livres 10 sous 7 à 9 francs.
Le salaire des ouvriers ordinaires a donc triplé depuis cent ans ; il est vrai que les prix des choses nécessaires à la vie ont augmenté parallèlement, mais l'augmentation s'est faite dans une proportion beaucoup moindre que celle des salaires, elle est même assez faible pour plusieurs éléments ; il en est résulté une amélioration très sensible du bien-être et des conditions d'existence plus relevées.
Pendant les douze années qu'a duré la construction du pont de Neuilly, le prix du pain, demi-blanc, de douze livres, à ce que nous apprend Perronet, a été en moyenne de 28 sous, soit 2 sous i/3 la
livre; le même pain coûterait aujourd'hui 16 centimes. On voit xjue l'augmentation n'est pas grande.
Examinons maintenant le prix des ouvrages du pont de Neuilly : la pierre de taille brute, de Saillancourt, était rendue sur le chantier pour 28 sous le pied cube, ce qui correspond à 37 fr. 80 le mètre cube.
Le mètre cube de maçonnerie de grosse pierre de taille, ayant cinq pieds de queue moyenne, était payé 61 fr. 80, et le mètre cube de pierre de taille, de deux pieds six pouces de queue, 64 fr. 40.
La maçonnerie de moellons ordinaires, avec mortier de chaux et sable, était payée 10 fr. 60 en fondation et li fr. 30 au-dessus des fondations à cause des frais de levage.
Notons en passant que le pied cube de chaux était payé fr. 80, ce qui met la chaux ordinaire à 22 francs le mètre cube.
Il n'y a pas besoin de faire subir à ces prix une grande majoration pour obtenir ceux d'aujourd'hui.
Nous produisons donc, en fait, à bien meilleur marché qu'autrefois, grâce au perfectionnement de notre outillage et de nos procédés, et, comme le disait M. Hersent à la Société des ingénieurs civils, en 1886, c'est à l'ingénieur moderne que revient l'honneur de ce progrès.