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PREMIERS SOINS A DONNER EN CAS DE BLESSURES OU D'ACCIDENTS

Violation des lieux habités. — Dans un espace hermétiquement clos, il faut 21 mètres cubes d'air à 16 degrés par heure pour réduire à 2 p. 1,000 la proportion d'acide carbonique exhalé par un homme, ainsi que pour évaporer les 31 grammes d'eau provenant de la transpiration pulmonaire et les 60 grammes provenant de la transpiration cutanée.

Mais en raison de l'insuffisance des clôtures et des courants d'air qui pénètrent toujours dans les dortoirs et les casernements, soit par les fissures, soit par les allées et venues, considérant en outre qu'on ne passe guère que 7 à 8 heures sur 24 dans 'un dortoir, on se contente généralement d'en fixer la capacité à 14 mètres cubes par homme.

C'est le taux admis pour les logements militaires ; il faudrait l'admettre aussi pour les dortoirs d'ouvriers, mais généralement on reste beaucoup au-dessous, ce qui est très regrettable. On allègue, il est vrai, que l'air extérieur pénètre à peu près librement dans les dortoirs de ce genre ; ce palliatif est lui-même un mal, quoique beaucoup moins grave que le manque d'air, mais le palliatif même peut venir à manquer, car les ouvriers s'empressent, lorsque régnent le froid et l'humidité, d'obstruer toutes les ouvertures.

Dans ces conditions, l'encombrement finira par amener le typhus, surtout si à l'encombrement se joignent de mauvaises conditions hygiéniques, une alimentation médiocre et un excès de fatigue.

Le typhus se développe avec une violence extrême; pour le détruire, il faut procéder à une évacuation et à une désinfection générales et brûler les effets et les résidus de tous genres.

Désinfection des bâtiments. — Il importe de désinfecter les bâtiments dans lesquels s'est produit un seul cas de maladie contagieuse et, sur les chantiers, il faut tenir sévèrement la main à cette pratique, car une simple négligence peut coûter la vie à plusieurs hommes.

C'est à tort que Ton donne le nom de désinfectant à des substances dont le rôle est seulement de masquer les odeurs, comme le camphre, le vinaigre, les huiles, le sucre brûlé, etc.

Pour désinfecter réellement, pour détruire les miasmes, il faut recourir: aux fumigations de soufre, de chlore, de brome, d'iode, do vapeurs nilreuses; aux solutions d'acide phénique; aux aspersions de permanganate de potasse, qui sont excellentes, ou de lessives alcalines, ou de mélanges phéniqués, ou d'acides chlorhydrique ou nitrique, ou de sulfate de fer, ou de chlorure de zinc.

Le charbon, la terre desséchée, le noir animal, une température élevée agissent également par effet mécanique ou physique.

On obtient des fumigations chlorées très efficaces avec la formule suivante : 200 grammes d'acide sulfurique, 125 grammes de chlorure de calcium, 100 grammes de bioxyde de manganèse et 200 grammes d'eau, pour une pièce de 110 mètres cubes; la pièce doit rester close une heure au moins.

Les fumigations sulfureuses, dues à la combustion du soufre, sont suffisantes dans les cas ordinaires.

On lave les murs et planchers avec une solution phéniquée formée de 500 grammes d'acide phénique dans 500 litres d'eau ; cette même solution convient au lavage des latrines.

Lé sulfate de fer et le chlorure de zinc, mélangés au charbon, servent à la désinfection des matières fécales et le chlorure de chaux à celle des urines.

La désinfection des vêtements s'obtient par des lessivages alcalins et par un étuvage prolongé à la température de 130 degrés au moins.

Affections et accidents divers. — Nous ne pouvons entrer dans le détail du traitement qui convient aux affections et accidents de tous genres qui peuvent se produire sur les chantiers; pour remplir notre but, il suffira de les passer rapidement en revue par ordre alphabétique et d'indiquer les premiers soins à donner avant l'arrivée du médecin.

Lorsqu'une personne est blessée ou subitement indisposée, la première chose à faire est de l'isoler et de Ja placer sur un brancard ou sur un matelas dans un endroit bien aéré et à l'abri du froid et de l'humidité.

Apoplexie. — Relever la tête et le corps, éviter toute secousse, toute gêne de la respiration et de la circulation. Compresses d'eau froide

vinaigrée ; vessie de glace sur la tête ; bains de pieds sinapisés ; purgatifs ; boissons rafraîchissantes. Sangsues à l'anus ou derrière les oreilles suivant l'âge et la force du malade.

Asphyxie, perte de connaissance, syncope. — Lorsqu'un blessé a perdu connaissance, il faut l'étendre sur le dos, la tête légèrement relevée, la face exposée au grand air. Desserrer immédiatement ses vêlements, principalement les parties qui exercent une certaine compression (la cravate, le col, la ceinture). S'assurer de la liberté de la bouche et des narines par l'exploration avec le doigt. Débarrasser immédiatement, s'il y a lieu, la bouche, les narines et les yeux des corps étrangers qui pourraient obstruer ces ouvertures. Laver la figure avec de l'eau froide simplement ou légèrement vinaigrée. Donner à respirer du vinaigre ; en frotter les tempes du malade ; ou de l'éther ; asperger la figure avec de l'eau froide, au besoin frictionner la région du cœur avec de Feau-devie camphrée. Si la perte de connaissance est due à une hémorragie, on doit arrêter le sang le plus tôt possible.

S'il y a asphyxie (absence de respiration), il faut porter pendant quelques secondes et à plusieurs reprises, sous le nez du malade, un flacon d'êther, ou même d'ammoniaque, frictionner longtemps et fortement les membres avec de l'eau-de-vie camphrée et une flanelle chaude. Dans les cas d'asphyxie complète, introduire quelques gouttes d'ammoniaque dans les narines à l'aide d'une barbe de plume.

L'asphyxie est parfois produite par les gaz de la poudre dans les mines, ou par d'autres émanations gazeuses ; elle commence par une violente céphalalgie avec pression des tempes, bourdonnements, tendance au sommeil ; puis viennent les nausées et vomissements et l'arrêt de la circulation et de la respiration. Il faut au plus vite ramener les asphyxiés au grand air et procéder par affusions froides sur le CQrps, par aspersions sur la figure ; quand la respiration se rétablit, opérer sur tout le corps des frictions ammoniacales.

Voir au mot coup de chaleur pour la respiration artificielle.

blessures et plaies. — Il faut avoir sous la main bandes, compresses et charpie.

Placer le blessé dans la position la plus commode et la moins douloureuse pour lui, d'ordinaire c'est le décubitus dorsal qui convient le mieux.

La blessure se traduit toujours par une soif assez vive. Il faut désaltérer le blessé, le ranimer par des boissons cordiales. Laver la plaie à l'eau froide pour la nettoyer des matières ou corps étrangers qui peuvent y séjourner et l'encroûter. Si la plaie a son siège à la tête ou à la poitrine, on y applique des compresses d'eau froide ; si elle existe à un des membres, on place celui-ci dans la position la plus convenable pour que la plaie ne soit pas béante ; on la maintient fermée, soit à l'aide de taffetas gommé, de bandelettes de sparadrap (toile d'Angleterre) ou de diachylon, ou bien on la recouvre avec une compresse trempée dans l'eau froide qu'on maintient avec une bande.

Si la plaie est compliquée d'un corps étranger, comme fragment de bois ou de fer, qui a pénétré dans les chairs, on en fait l' ex traction si elle peut avoir lieu sans tiraillement ou sans écoulement de sang; autrement on le laisse dans la plaie jusqu'à l'arrivée du médecin. Faire des irrigations d'eau froide. Mettre du cérat ou de la glycérine.

La blessure se traduit souvent par une hémorragie plus ou moins vive : elle peut être capillaire, veineuse ou artérielle. Dans les deux premiers cas, le sang est noir et s'échappe par nappes ou jets continus sans saccades; on arrête l'écoulement en appliquant de l'amidon, de la charpie imbibée de perchlorure de fer que l'on maintient avec une bande ou un mouchoir serrés.

L'hémorragie artérielle, qui donne un jet saccadé de sang rutilant, est toujours grave ; on ne l'arrête que par la compression et par la flexion exagérée et continue du membre que l'on replie et que l'on attache ; ainsi on replie et on attache la jambe ou le bras et la compression au coude ou aux articulations arrête l'écoulement. On peut aussi se servir d'un garrot, formé d'un mouchoir que l'on serre au moyen d'un bâton que Ton fait tourner; on applique entre le mouchoir et la plaie une plaque quelconque de bois et de cuir et il ne faut pas craindre d'exercer une compression trop forte. La compression du garrot doit s'exercer entre la plaie et le cœur, par exemple, au sommet de la cuisse ou du bras.

Brûlures — Une partie brûlée, à quelque degré, pour quelque cause que ce soit doit être recouverte, pendant une heure, de compresses trempées «ians l'eau froide et de pulpe de pomme de terre, ensuite il faut la frictionner légèrement ou la recouvrir de coton cardé imbibé d'huile fraîche (d'amandes douces) et de chlorure de chaux et *aupoudrée avec de la larine de froment.

Il y a trois degrés à observer dans les accidents de brûlures. Pour le i ir degré les soins ci dessus suffisent, en attendant le médecin. Toutefois si on se trouvait dans l'impossibilité d'obtenir dans un délai convenable les soins de la médecine, on pourrait continuer les soin» comme il suit :

2* Degré. — Piquer les ampoules et en faire écouler l'eau ; y appliquer du cérat opiacé, saturné, sur du linge ou de la charpie Cataplasmes émolieuts. Liniment d'huile et de chlorure de chaux (comme pour le i er degré).

. 3 e Degré. — Réfrigérants. — Cataplasmes de fécule ; cérat saturné ; chlore et chlorure d'oxydes, après la chute des eschares, pansement au cérat.

Les soins à donner pour les deux derniers degrés ne doivent être abandonnés qu à des personnes intelligentes et comprenant la nature et la valeur des remèdes employés.

Céphalalgie {maux de tête). — Rechercher la cause, repos absolu,

obscurité, éviter le bruit, bains de pieds irritants, boissons aromatiques, thé, tilleul, camomille, feuilles d'oranger, etc. ; café, purgatifs, élhers, chloroforme, ammoniaque en frictions ; en répandre quelques gouttes sur les mains, les frotter et respirer ensuite. Glace sur le front; chaleur aux extrémités inférieures; sinapismes.

Chute, éboulement, coup de tampon. — Quand la tète, la poitrine, le ventre, les membres sont pris entre deux tampons ou sous un éboulement à la suite d'une chute, il peut en résulter perte de connaissante, crachement de sang, fractures des côtes ou des membres^ plaies, etc. Le lecteur se reportera aux observations relatives à ces diverses circonstances.

Contusions. — Appliquer des compresses d'arnica, d'eau vulnéraire ou d'eau blanche avec alcool camphré, s'il n'y a pas de plaie.

Coupures. — Laver la plaie à l'eau froide pure, y mettre de l'arnica : comprimer, puis fermer avec du taffetas d'Angleterre.

Coup de soleil. — Affusions froides sur la tôte, repos à l'ombre, un peu de boisson cordiale : vin ou eau-de-vie.

Coup de chaleur. — Porter le malade au frais et à l'ombre, loin des curieux, relâcher les vêlements, tenir la tête élevée, lotions d'eau froide, gorgées de boissons cordiales et toniques.

S'il y a asphyxie, établir la respiration artificielle. Une personne, placée à la tôte *iu malade, sai it les bras vers le coude et les remonte à la tête pour produire l'inspiration; ce pendant, maintenir la langue avec le doigt recouvert d'un linge mouillé, afin que (a langue ne se retourne pas et ne vienne pas s'engager dans le gosier; au bout de deux secondes, ramener les bras pendant qu'une autre personne, placée entre les jambes, presse sur le ventre au bas de la poitrine pour produire l'expiration

En môme temps, on agite l'air autour du malade avec un éventail quelconque ; on frictionne la paume des mains et la plante des pieds» et de temps en temps les tempes, avec du vinaigre. Quand la connaissance revient, donner quelques cuillerées de liquide tonique ; mais ne pas faire h tire avant que la déglutition soit devenue volontaire afin d'éviter 1 iutroductiou du liquide dans les poumons.

Crachement ou vomissement de sang. — Ce symptôme survient à la* suite d'une blessure à la tôle ou d'une contusion à la poitrine: dans ces deux eus. on applique des compresses d'eau froide au siè^e de la contusion et l'on fait boite quelques gorgées d'eau froide pure ou légèrement vinaigrée.

D'arrhée. — Provient d'un refroidissement, d'une insertion d'eau froide ou malsaine, ou de l'usage d'aliments grossiers et indigentes. Se

soigne surtout par la surveillance du vêtement et de la nourriture; ne pas quitter la ceinture de flanelle.

Dyssenterie. — C'est une affection caractéristique des pays chauds et humides; elle est due aux variations de la température, aux influences marécageuses, à l'usage de pain ou d'aliments avariés, d'eau sélétineuse ou chargée de matières organiques; l'encombrement, le coucher sur la terre humide la favorisent Elle prend vile le caractère épidémique.

On la combat par une nourriture substantielle : vin et viande grillée à l'exclusion de l'èau et des fruits, par l'hygiène et la propreté absolue, par le déplacement des cantines qu'il faut soustraire à l'influence méphitique.

Empoisonnements. 1° Poisons narcotico-âcres. Asphyxie par le gaz d'éclairage, la vapeur du charbon, les fours à chaud, Vair vicié. — Exposer le malade au grand air, la tête relevée. Frictions sèches et aromatiques. Essuyer avec des linges chauds. Asperger fortement le malade avec de l'eau. Lavements vinaigrés froids. Insufflation d'air. Éviter les lits chauds, l'exposition au soleil. Ne rien faire" boire avant d'avoir rappelé la respiration. Ne pas se décourager sur les résultats que Ton attend. Insister longtemps : on a vu des asphyxiés revenir au bout de 20 heures.

2° Poisons septiques ou putréfiants. Abeilles, bourdons, guêpes. — Enlever immédiatement l'aiguillon. Eau ammoniacale sur la plaie. Potion ammoniacale et éthérée.

Gaz des fosses d'aisances, des égouts (Voir Asphyxie). — Si le malade a avalé des matières, administrer des vomitifs. S'il a des convulsions, lui faire prendre des bains froids, le mettre dans un lit chaud, le frictionner sur le dos, lui appliquer des sinapismes aux pieds.

Morsures des animaux enragés. — Laver la plaie, la faire saigner; inciser si c'est possible; cautériser au fer rouge, bains de vapeur stimulants.

Venin de serpents. — Ligature entre la plaie et le cœur. Eau tiède; ammoniaque sur la plaie. A l'intérieur, potion ammoniacale et éthérée; potion cordiale (Vin sucré avec teinture de cannelle); potion tonique au quinquina.

Entorses et foulures. — Dans ces deux cas, on met le membre dans un seau d'eau froide pend mt une heure environ, en renouvelant l'eau de temps à antre; on peut encore appliquer sur l'endroit malade des compies*es d'eau froide, salée, vinaigrée ou additionnée d'environ un vingtième d'extrait de saturne. Il est important de prescrire le repos le plus absolu.

fractures. Membres broyés ou arrachés, — Quand un os est cassé, s'il n'y a pas de plaie, on doit maintenir le membre dans l'immobilité la plus complète; opérer une irrigation d'eau froide.

Si là fracture est compliquée de plaie avec issue d'un ou plusieurs fragments, on lave la plaie avec soin avec de l'eau, on la dégage doucement des matières étrangères qui peuvent y adhérer, et on enlève avec précaution les esquilles si cela est possible. On tâche de faire rentrer les fragments au moyen de traction douces et régulières sur chaque extrémité du membre fracturé et en sens opposé, et, si l'on réussit, or» maintient la fracture en place au moyen d'un bandage. En général, il ne faut pas trop insister sur ces manœuvres dont le résultat est souvent l'inflammation de la plaie. Lorsqu'il s'agit d'une fracture du bras on le met en écharpe, en l'appliquant contre la poitrine qui sert de point d'appui. Pour les membres inférieurs, quand un seul est fracturé, on l'attache solidement à la jambe saine, ou bien on applique à son côté externe une attelle ou planchette que l'on maintient à l'aide de bandes ou de mouchoirs. Si le membre est broyé, séparé complètement ou presque complètement du corps, l'accident le plus à redouter, c'est l'hémorragie qu'il faut de suite arrêter. Si le membre est complètement séparé du corps, on l'éloignera du blessé et hors de portée de sa vue ; s'il tient encore, on le laissera attaché, quand même le lambeau sérail de peu d'étendue. Enfin, causer au blessé le moins de mouvements possible; ne le déshabiller que si cela était urgent; éviter soigneusement de lui laisser prendre quelque aliment que ce soit, ni solide, ni liquide,, proscrire toute boisson spiritueuse, le rassurer sur son ét.it, et garder le calme et le sang-froid. En général, isoler le blessé sur un lit, sur un matelas ou sur une civière, de manière à ne pas lui intercepter l'air, mais à le préserver du froid, du chaud, de l'humidité, du bruit, etc.

Froid. — Afin d'éviter la gangrène, les membres gelés doivent revenir progressivement à la chaleur; donc, pas de feu vif; frictions énergiques avec la neige ou l'eau froide; boissons stimulantes chaudes : vin, thé» café, en commençant par l'infusion de thé ou de tilleul.

Frictionner avec de la flmelle sèche l'épigastre et la région du cœur; en cas d'asphyxie complète, insuffler de l'air bouche à bouche; titiller les narines: faire respirer de l'ammoniaque avec précaution.

Quand la respiration se rétablit, frictionner avec des linges d'abord froids, puis à température croissante. Quand la vie est revenue, quelques cuillerées de bouillon et de vin chaud.

On résiste à l'inQuence du froid modéré et humide par une bonne alimentation et un bon repos; la ceinture de flanelle est excellente pour l'hygiène.

Gale. — La gale est assez rare maintenant; elle ne résiste pas à de» bains et fumigations sulfureux; les vêtements doivent être passés à l'éluveet aux vapeurs de soufre.

flérmnragie* (Voir ce qui a été dit pour les blessures). Luxations de*

membres. — Lorsque le membre est démis, on le place dans la position la plus commode pour le blessé, et on y applique des compresses d'eau froide sur les parties lésées. L'eau peut être quelquefois mélangée avec un peu d'alcool camphré et de sous-nitrate de plomb liquide (Extrait de saturne) ; mais à la condition expresse qu'il n'y ait pas de plaie.

Méphitisme du sol. — Les sols méphitiques engendrent les fièvres paludéennes ou intermittentes, la cachexie; la fermentation des vases, de la végétation et des eaux stagnantes détermine un empoisonnement lent ou aigu.

Lorsque des travaux s'exécutent sur un sol méphitique, il est indispensable de loger les ouvriers sur des points élevés, à l'abri de l'humidité et des vents du marais, dût-on faire quelques kilomètres pour se rendre au travail.

Il faut éviter l'humidité et les vapeurs du matin et du soir, arriver après le lever et partir avant le coucher du soleil, habiller les ouvriers de laine, leur donner une nourriture substantielle et tonique : vin, café, eau-de-vie, leur interdire comme boisson l'eau marécageuse, et, au besoin, purifier l'air du campement par de grands feux constamment allumés. L'usage du tabac est favorable à la préservation.

A moins de circonstances exceptionnelles, on évite généralement les accidents graves de fièvre paludéenne en suivant le régime ciaprès : « Prendre un peu de café au quinquina le matin à jeun, avant de traverser les marais.

Nourriture tonique, boire un mélange d'eau et de café non sucré; usage modéré de vin pur ;

Emploi de la glace pour rafraîchir les boissons et détruire les principes de fermentation que peuvent contenir les eaux exposées au soleil et renfermant des détritus organiques plus ou moins abondants, comme celles des canaux d'irrigation.

A défaut de glace, il faut conserver les eaux de boisson dans des réservoirs intérieurs abrités de la chaleur et faire passer l'eau sur des filtres de charbon et de gravier ».

Les hommes qui s'exposent à dormir sur la terre nue, ou qui sont surpris ayant chaud par un orage, ne tardent pas à éprouver un accès de fièvre.

Le sulfate de quinine, à haute dose, triomphe d'ordinaire assez vite de ces accès.

Noyés. — Si l'on avait affaire à un noyé, il faudrait d'abord le déshabiller, l'étendre sur le côté droit pour faciliter l'écoulement des liquides par la bouche, en ayant soin de relever la tête plus que les pieds ; exercer ensuite quelques pressions régulières sur la poitrine et sur le ventre de manière à simuler les mouvements respiratoires, pendant qu'une autre personne frictionne les membres et excite au besoin les points les plus sensibles, tels que la luette, les fosses nasales, la plante des pieds. Ces moyens mécaniques réussissent le plus souvent, surtout s'il ne s'est pas écoulé un temps trop long entre la submersion et l'appli-

cation des secours. S'ils échouaient, on aurait recours à l'insufflation de bouche à bouche, concurremment avec la respiration artificielle, et aux lavements de fumée de tabac.

Ophthalmie. — La chaleur excessive, la sécheresse de Pair pendant le jour, la fratcheur et l'humidité de la nuit, la poussière permanente, la réverbération du sable engendrent des ophthalmies.

On les prévient et on les combat en se couvrant la figure pendant le sommeil, en se lavant fréquemment les yeux avec de l'eau tiède après chaque reprise de travail.

Cette affection est souvent contagieuse et il est bon d'isoler les malades qui en sont atteints.

Scorbut. — Le scorbut est rare aujourd'hui sur les chantiers. Il provient d'une alimentation défectueuse, du froid humide, de l'usage des salaisons et du manque de légumes.

On le combat par une nourrriture fraîche, par les végétaux et par les fruits acides, par les vêtements de laine.

Observations générales sur les premiers soins à donner aux blessés. — 1° Il importe de conserver le plus grand sang-froid auprès des blessés, se garder de toute précipitation dans les soins à donner et ne pas manifester par des paroles, par des gestes, l'impression fâcheuse que l'accident peut faire éprouver;

2° On ne doit jamais laver les plaies avec l'urine, l'eau salée ou tout autre substance, l'eau seule doit être employée ;

3° Il faut éviter tout tiraillement dans le cas de blessures graves ; on ne doit enlever les vêtements du blessé que lorsqu'il y a nécessité absolue;

4° Il ne faut jamais achever de détacher un lambeau de chair, quelque mince que soit la partie qui le retiendra au reste du corps ;

En cas de foulure, entorse, luxation des membres inférieurs et sauf les cas spéciaux, définis plus haut, pour les fractures avec issues d'os, il faut éviter de faire marcher le blessé, se garder de toute traction, massage et autres attouchements sur le membre affecté ;

6° Lorsqu'il y a hémorragie, il faut éviter de placer le blessé dans un lieu chaud, ne lui faire prendre aucune boisson chaude ni spîritueuse, comme vin, bière, eau-de-vie ou liqueurs : l'eau froide, simple ou légèrement sucrée, en petite quantité doit suffire en tous les cas;

7° Un blessé ne doit prendre aucun aliment avant l'arrivée du médecin.

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