LETTRE DE PIERRE DE ROHAN AU ROI LOUIS XI
(Orig. et autographe, à la Bibliothèque nationale, fonds français, ms. 2908, fol. 22.)
Syre, g’ay été averty que la dame que savez dyt que c’est besoing que parlés au persognaige dont yl est questyon.
Syre , ge vous suplye de vous vouloyr travaler quelque peu pour moy et les inyens, comme ge me quyde ayse travalé pour vous depuys que vous vys premyerement, et comme yl vous pleut me dyre a mon partement d’avesques vous.
Syre, g’ecrys a monseigneur d’Alby et du Bouschayge '’2' vous aytre solysyteurs, comme de la ligue gryse. Ge ne les suys pas de trop loin.
Syre, tousjours vous plera me mander et commander vos bons playsyrs pour les applyquer de tout mon pouvoir, pryant Nostre Seigneur vous donner bonne vye et longue.
(<) H résulte des termes de cette lettre l’ordre. Cette lettre est donc de l’année i4y3:
quelle a dû être écrite entre le départ de Pierre de Rohan avait alors dix-neuf ans.
Pierre de Rohan de la cour et son retour, (2) Le maréchal de Gié cultiva toute sa
vie l’amitié d’Imbert de Batarnay et recoupremières rut à lui au moment de son procès : il scella
soit vers 1473.
Le maréchal de Gié lit ses
armes en i4y3 et prit part aux sièges de ces relations par l’alliance de sa nièce, fille Lectoure et de Perpignan. A son retour à la de madame de Maillé, avec le fils d’Imbert
cour, il fut fait chambellan et chevalier de de Batarnay. (Voir ci-après.)
Gompiègne, 12 mai (ikqh.)
LETTRE DE LOUIS XI ÀU SIRE DU BOUCHAGE, sur la rébellion de Bourges W.
(Orig. à îa Bibliothèque nationale, fonds français, ms. 2907, fol. 6.)
Monsieur du Bouchage, j’ay receu voz lettres et vous mercye de la bonne diligence que vous avez fete. Comme vous savez, ceulx qui ont fait ceste rébellion ne doivent point joir de l’imunité de la franchise et Martin AnjoranC2' qui y estait et qu’on dit en estre consentant n’en doit pas joir. Et pour ce informez vous en au vray et m’escripvez ce que vous en trouverez. Au regard des personnes que vous avez, je vous prie que vous en fetes fere si griefve pugnicion que les autres y prennent exemple, et n’y espergnez personne ainsi que je vous ay dit.
Aussi je vueil que, apres que aurez parachevé cecy, que vous informez de ceulx qui firent l’assemblée et emoction derreniere qu’ilz voulurent oultrager Giles Milon; et ceulx que vous trouverez en estre coulpables, prenez les et les laites mectre en la tour. Et aussi vous informez si les cinq que vous avez prins en furent points consentans, car je croy qu’ilz en estaient.
Monsieur du Bouchage, je vueil que vous faites ung maire et xn eschevins ainsi que sont ceulx de Tours (3), et pour ceste foiz vous le pourrez fere et y mectre pour maire maistre Francoys Gaultier et les eschevins les parens de Raoulet : et d’ores en avant je les donneray ainsi que je faiz ceulx de Tours, et auront tels privilleges que ceulx dudit Tours.
Item je vueil que vous faites Raoulet prevost de la vjille de Bourges, et je recompenseray monsieur de Millandres î4), et ce que vault la prevosté qui est en-
m A la suite des désordres qui s’étaient produits à Bourges , le roi avait envoyé pour y rétablir l’ordre le sire du Bouchage , avec Pierre de Rohan, Yves du Fou et un certain nombre de magistrats. (Voir Raynal , Histoire du Berry, t. III, p. n4-n8.)
(a) On avait écrit d’abord : <t Martin Le Royv; ce dernier mot est rayé et remplacé par le mot trAnjorantn.
(3) A Tours, le corps municipal était nommé par le roi.
<4) Le prévôt en titre .
viron vc livres, vous fetes emploier ou paiement de tant de sergens que ladite somme pourra fournir, a quatre frans par moys; lesquelz sergens seront tousjours avec ledit Raoulet pour prandre ceulx qui feront quelque bruit et pour tenir ceulx de la ville en subgection affin qu’ilz ne facent plus de rebellions.
Au regard des cinq prisonniers que vous avez fait prandre , envoiez en une partie a Mehun et l’autre partie en la tour (1), et les séparez les ungs des autres.
Touchant la diligence que monsieur de Gyé a fete, vous l’en mercirez de par moy, et lui dictes que s’est bien raison qu’il ait sa part du prouffit, puisqu’il a fait si bonne diligence Je vous prie que vous me advertissez souvent de ce que vous aurez fait.
Escript a Compiengne, le xnc jour de may.
Tilhart.
LOYS
La Guerche, 3i juillet [ 1/174]- LETTRE DE LOUIS XI AU COMTE DE DÀMMARTIN,
•pour la collation de Tordre à Pierre de Rohan.
(Orig. à la Bibliothèque nationale, fonds français, ms. 2913, fol. 23.)
Monsieur le grant maistre, j’ay esté requis de par monsieur de Rohan de le recevoir en la compaignie de vous et autres seigneurs et chevaliers de l’ordre monsieur Saint Michel, ce que, comme savez, ne lui pourroye octroyer par autre voye que l’ordinaire sans aler contre les constitucions dudit ordre.
M[ais] , pour ce que il a libéralement délaissé tout son bien en Bretaigne (3) pour venir en mon service, ouquel il est continuellement, et quii est de bien bonne et grande maison, de laquelle je pourroye ou temps advenir [estre] grandement servy w, j’ay assemblé tel nombre desdits seigneurs et chevaliers
<’> La Grosse Tour à Bourges. (3) On a vu, dans l’Introduction, qu’il
m Voir, pages 2 44 et 288, ce qu’on n’avait pas laissé grand’chose. dit de l’avidité attribuée à Pierre de m Dès cette époque Louis XI nourrissait
gohan, des vues sur la Bretagne.
que j’ay peu icy trouver, pour en avoir sur ce leur adviz. Ausquelz , pour les causes dessusdites et autres, a semblé que sa requeste n’est pas a estre de legier reffusée.
Tou tesvoyes , pour le doubte que le[s] aucuns ont fait que, en la lui baillant, le duc qui tient p[a]rolles de la vouloir demander, par desplaisir de la veoir a ung sien subget plus tost que a luy, la voulsist délaisser a prendre, aussi que sans les oppinions de vous et des autres ne se povoit faire, on n’y a prins aucune conclusion, nonobstant que, ce doubte vuidé, la chose leur sembloit bien estre a octroyer. Toutesfoiz, pour ce qu’il est requis, sur tout ce et en tous telz et semblables cas, avoir Tadvis de vous et des autres seigneurs et chevaliers qui sont de ladite compaignie, je vous en ay bien voulu adviser afin que vous m’en escripvez ce qu’il vous en semble, pour y prendre deliberucion en la maniéré et forme deue et acoustumée.
Si le vueillez ainsi fere le plus brief que faire le pourrez.
Donné a la Guerche en Bretaigne, le derrein jour de juillet.
Constant.
LOYS
[Au clos). A nostre cbier et amé cousin le conte de Dampmarlin, grant maistre d’ostel de France.
Paris, 2 4 décembre 147/1.
REMISE D’UNE AMENDE DE 6 O LIVRES TOURNOIS A LOUIS ET A PIERRE DE ROHAN.
(Orig. à la Bibliothèque nationale, fonds français, ms. 25714, fol. 223.)
Loys, par la grâce de Dieu roy de France, a nos amez et feaulx les trésoriers de France, salut et dilection.
Savoir vous faisons que, a faveur des bons et agréables services que nous ont faiz et font chascun jour noz amez et feaulx conseilliers et chambellans Loys de Rohan, seigneur de Guymené, et Pierre de Rohan, son frere, seigneur de Gyé, en plusieurs maniérés, nous leur avons, pour ces causes et autres a ce nous mouvans, donnée et quittée, donnons et quittons, de grâce especial,
par ces présentes, la somme de soixante livres tournois, en laquelle ilz ont esté puis nagueres condennez envers nous par noz amez et feaulx conseillers les gens qui ont tenu nostre derrenier eschiquier de Normandie P*, en certaine cause qu’ilz avoient pendante oudit eschiquier a l’encontre de ung nommé Jehan de Guynes. Si vous mandons, etc. . . .
Donné a Paris le xxinT jour de décembre, l’an de grâce mil cccc soixante quatorze, et de nostre régné le xmT"8.
LOYS
Par le Roy.
Advillot.
8 février 1676 (1Û75).